Le Forum Catholique

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images/icones/flagD.gif  ( 762745 )Le défilé de la St Martin par Jean-Paul PARFU (2014-11-10 19:43:52) 

Le 10 novembre au soir, à Kempen, en Basse-Rhénanie (Rhénanie-du Nord-Westphalie, capitale Düsseldorf) où j'ai passé 18 mois.

C'est la chrétienté telle qu'elle est vécue ce soir dans beaucoup de villes en Allemagne.

Cela dure 17 minutes, c'est en allemand, mais ça vaut le coup d'oeil et c'est ici
images/icones/fleche2.gif  ( 762746 )Je précise par Jean-Paul PARFU (2014-11-10 19:49:49) 
[en réponse à 762745]

que Kempen est la ville de naissance de Thomas a Kempis, auteur de la célèbre "Imitation de Jésus-Christ".

Cette petite ville catholique allemande de 40000 habitants est située près de la frontière germano-néerlandaise. Elle est à l'origine de ce qu'on a appelé "la mystique rhéno-flamande".

Voir ici
images/icones/neutre.gif  ( 762747 )Merci... par Pol (2014-11-10 20:18:53) 
[en réponse à 762746]

...M.Parfu, tres interessant.
images/icones/neutre.gif  ( 762751 )C'est bizarre par Meneau (2014-11-10 21:45:35) 
[en réponse à 762745]

Chez moi dans la Hesse, la St Martin c'est demain... et donc le Martinszug aussi !

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 762759 )C'est demain par Lycobates (2014-11-10 22:45:04) 
[en réponse à 762751]

La fête de votre (et notre) St. Martin de Tours est en effet demain, et, autant que je sache, les Martinszüge où ils existent, proprement dits, aussi, mais on est la veille, et c'est une fête double, donc pourquoi pas dès ce soir.
Dans ma récollection ce sont les quêtes de sucreries, faites par les enfants, les Heischegänge aux lanternes qui se font dès la veille. Peut-être on a combiné les deux ?

Vous êtes donc dans la Hesse ? (Hesse-Cassel ou Hesse-Darmstadt ? Non, laissons, je plaisante.)
N'oubliez pas de déguster demain si vous le pouvez la Martinsgans au Rotkohl.
(Je vous fais don des Knödel, insupportables pour moi)

Une image de presque chez mes cousins :

images/icones/flagD.gif  ( 762769 )Pour Meneau et Lycobates par Jean-Paul PARFU (2014-11-11 05:21:59) 
[en réponse à 762759]

Ci-après, une petite vidéo de 7 minutes du défilé de la St Martin à Kempen, l'année dernière en 2013.

Vous pourrez voir écrit que le défilé a bien lieu le 10 novembre au soir ici
images/icones/neutre.gif  ( 762810 )Wow ! par Meneau (2014-11-11 15:03:37) 
[en réponse à 762759]

Je vous savais "traditionnaliste" mais pas au point d'en être resté à la période qui précède les "Hessenkriege" !

Néanmoins, je reste traditionnel moi aussi : mes enfants ne participent pas à "Laterne laufen", encore moins à la "Sonne, Mond und Sterne-Feier" (dont le nom est, soit dit en passant, directement inspiré d'un chant du "Laterne laufen") ou au 11.11 11:11, mais bel et bien au "Martinszug" !

La différence entre "Laterne laufen" et "Sankt Martin Umzug" ? Une question de terminologie. La même qu'entre "Fêtes de fin d'année" et "Noël"... ou qu'entre "Halloween" et la vigile de la Toussaint...

Et c'est ce soir !

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 762811 )Et pour répondre à votre question par Meneau (2014-11-11 15:18:48) 
[en réponse à 762759]


Hesse-Cassel ou Hesse-Darmstadt ?


Ni l'une ni l'autre : Grafschaft (puis Fürstentum) Isenburg-Birstein

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 762862 )Isenburg-Birstein par Lycobates (2014-11-11 23:49:13) 
[en réponse à 762811]


Hesse-Cassel ou Hesse-Darmstadt ?
Ni l'une ni l'autre : Grafschaft (puis Fürstentum) Isenburg-Birstein



Épatant !

Mais la réponse serait peut-être "Et l'une et l'autre", puisque la principauté de Isenburg-Birstein, médiatisée en 1815, s'est répartie en 1816 entre Hesse-Cassel et Hesse-Darmstadt, la première devenue à son tour province prussienne après 1866, la dernière restée Grand-Duché souverain jusqu'en 1918.
Mais arrêtons-nous là. Les détails sont compliqués et ne sauraient intéresser ce forum.

C'est touchant en tout cas de voir comment vous vous êtes familiarisé avec les vicissitudes de votre Wahlheimat !

Un détail cependant encore : la branche Isenburg-Birstein est catholique, mais je dois dire, hélas conciliaire.
L'autre branche survivante en 2014, Ysenburg und Büdingen, est évangélique (les branches protestantes s'écrivent de préférence avec Y-).

Une fille du prince actuel de Isenburg-Birstein, Sophie, a épousé en 2011 l'héritier et le chef de la Maison de Prusse, le prince Georg-Friedrich, qui serait, si mens non laeva fuisset, en tout cas de jure mon souverain actuel, je suppose sous le nom de Friedrich IV.
Ils ont deux enfants, des jumeaux, deux mâles, Carl Friedrich et Louis Ferdinand, nés à Brème le 20 janvier 2013.
La Prusse, n'en déplaise à ses détracteurs, est bien alive and kicking.

Mais aucune démarche légitime n'a été entreprise pour rendre possible cette union. Et honnêtement, je ne saurais pas comment la rendre possible aujourd'hui, sinon par une conversion en toute forme du chef de la maison royale de Prusse (la branche brandenbourgeoise) à la foi de ses ancêtres d'avant 1525 (la branche souabe des Hohenzollern elle, est toujours restée catholique).
Une dispense de l'autorité compétente (Rome, dormante actuellement) aurait exigé des noces catholiques, exclusivement, pas "oecuméniques" comme ce fut le cas à la Friedenskirche de Sanssouci, et une promesse écrite de baptiser et d'éduquer tous les enfants dans la religion catholique, exclusivement.
Ce ne fut pas le cas (le Hausgesetz des Hohenzollern prussiens l'interdit par ailleurs et aurait rendu impossible l'union en question, tout comme le droit canon de son côté), sans que (autant que je sache, et ce qu'à Dieu ne plaise) la princesse n'ait apostasié pour autant.

Mais la solution la plus probable, et qui sauverait, aussi canoniquement, la validité de ce mariage, et la légitimité des deux princes, est de le considérer comme une union entre deux ressortissants de deux variantes du protestantisme.
Et ce n'est pas loin de la vérité. Hélas.
La princesse étant née en 1978 fut baptisée dans le rite conciliaire.

Alors, malgré tout : vive le Roi, et vive la Reine !

images/icones/neutre.gif  ( 762869 )Les lignées Isenburg... par Meneau (2014-11-12 09:02:41) 
[en réponse à 762862]

En fait c'est un peu plus compliqué : le patelin où je vis fut donne en échange par l'archevêché de Mainz à Johann Philipp von Isenburg-Büdingen (également Isenburg-Büdingen-Offenbach ou Isenburg-Offenbach) et appartint ensuite au comté d'Isenburg-Philippseich de son neveu.

Les branches de la famille Isenburg sont multiples !

Ensuite effectivement, à la dissolution de la principauté d'Isenburg-Birstein, le village fut rattaché au Grand-Duché de Hesse.

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 762877 )Bravo ! par Lycobates (2014-11-12 11:41:25) 
[en réponse à 762869]


En fait c'est un peu plus compliqué : le patelin où je vis fut donne en échange par l'archevêché de Mainz à Johann Philipp von Isenburg-Büdingen (également Isenburg-Büdingen-Offenbach ou Isenburg-Offenbach) et appartint ensuite au comté d'Isenburg-Philippseich de son neveu.



Et ce fut je pense en 1706, par un rejeton de l'anciennement illustre maison de Schönborn, Électeur et archevêque de Mayence de 1695 à 1729.

Je crois avoir deviné où vous résidez !

Cordialement, et en union de prières
images/icones/neutre.gif  ( 762774 )La St Martin en France et en Allemagne, par UNEC (2014-11-11 09:46:40) 
[en réponse à 762745]



ST MARTIN DOIT PARTIR ? (ru, 11 novembre 2013). En France il ne reste des grandes traditions de la fête St Martin que… le marché St Martin de Pontoise, avec ses délicieux harengs braisés qu’on mange debout, en se servant uniquement des doigts, autour du 11 novembre, fête de Saint Martin. Tout le reste a disparu, la Révolution Française y est passée. Les révolutionnaires, pour extirper le culte à ce saint légionnaire romain, et plus tard moine et évêque, n’ont pas trouvé mieux que de faire passer deux routes à travers l’immense bâtisse romane St Martin à Tours, centre de pèlerinage de toute l’Europe, afin qu’elle ne soit jamais reconstruite.

C’est en fait à Tours que Saint Martin (+400), évêque de la ville, a été enseveli et d’où son culte s’est répandu à travers l’univers catholique.

En Allemagne où la Révolution Française a moins sévi, son culte est encore très vivant. Chaque 11 novembre les rues s’illuminent le soir des lampions faits mains portés par les enfants. Les chants à St Martin résonnent des jeunes gorges, et Saint Martin en personne parade à cheval devant la foule, partageant d’un geste généreux son grand manteau rouge de légionnaire romain avec un mendiant accroupi par terre et gelant de froid. Les chants de St Martin, souvent en patois régional, datent de fort longtemps, même de l’aire païenne, et sont souvent même pas écrits, ils se transmettent oralement de génération en génération. Les enfants les font entendre de toute leur force. Rentrés à la maison, des délicieuses viennoiseries « Hezemänner » attendent les enfants, pendant que les adultes se partagent un grand canard préparé pour la fête. La nuit venue les « feux de St Martin », des immenses bûchers montés par les jeunes gens, embrasent les hauts des collines, notamment le long du Rhin. Beaucoup de traditions germaniques survivent dans ces rites que l’Eglise a su baptiser et sublimer vers la Vérité du Christ. Vive la fête Saint Martin !

Mais voilà, des voix se lèvent aujourd’hui pour arrêter cette fête en Allemagne aussi. Un député de la gauche (« Die Linke ») de Westphalie, Rüdiger Sagel, a même exigé que la fête St Martin soit transformée en « fête soleil-lune-étoiles », soit-dit pour ne pas heurter les non-catholiques et notamment les Musulmans. Mais la mairesse de Düsseldorf, Marie-Agnès Strack-Zimmermann, a répondu que, lors de la fête St Martin, on rappelle utilement dans les écoles les bienfaits de St Martin et l’importance de l’amour du prochain. Elle ajouta : »On ne peut contraindre personne à croire en Dieu, mais ce n’est pas une raison pour transformer la société en une communauté sans Dieu. ». Entre temps des groupes musulmans de Düsseldorf ont fait savoir par la presse qu’ils ne sont pas du tout choqués par les fêtes St Martin dans la ville, et qu’eux-mêmes y participent avec joie. Il faudra revoir nos méthodes de mission catholique ! L’Eglise d’antan savait mieux baptiser les paganismes.
images/icones/flagD.gif  ( 762780 )Le 10 au soir et non le 11 par Jean-Paul PARFU (2014-11-11 10:42:27) 
[en réponse à 762774]

Peut-être aussi parce qu'en Basse-Rhénanie, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (capitale Düsseldorf, la Ruhr, Cologne, Bonn etc ...) le 11 novembre, et spécialement le 11 novembre à partir de 11 heures, est consacré à la "réouverture" de la période du Carnaval, évènement, je le répète, très important et très officiel en Allemagne.

On ne veut peut-être pas que les deux évènements se "téléscopent".

Voir la première page du journal de Mönchengladbach, ville importante située à 20 km au sud de Kempen, consacré aujourd'hui à la "réouvertue" du Carnaval ici
images/icones/heho.gif  ( 762800 )le 11.11 à 11:11 par Quodvultdeus (2014-11-11 13:47:52) 
[en réponse à 762780]

Cher Maître,
Pour être plus précis, ce n'est pas le 11.11 à partir de 11:00 mais le 11.11 à 11:11 très précises.
Et il y a trois ans, le 11.11.2011, ce fut exceptionnel !
Les Allemands aiment beaucoup les traditions populaires et la ponctualité.
images/icones/bravo.gif  ( 762802 )Oui exact ! par Jean-Paul PARFU (2014-11-11 14:18:11) 
[en réponse à 762800]

Merci Quodvultdeus !
images/icones/1b.gif  ( 762849 )Un soldat à évangéliser par PEB (2014-11-11 20:48:24) 
[en réponse à 762774]

La Saint-Martin (et son oie) a été supplanté par l'armistice de 1918.

Mais l'apôtre des Gaules fut d'abord un soldat. Il est l'image à la fois de la bravoure et de la générosité. C'est la Providence même qu'il ait comme donner sa fête à la Nation, pas encore tout à fait française, mais dont il sema le paysage d'innombrables clochers.
images/icones/fleche3.gif  ( 762861 )Voici une très belle image de Saint Martin par UNEC (2014-11-11 23:20:18) 
[en réponse à 762745]

images/icones/1a.gif  ( 762865 )En finale: le Chant (allemand) de la Saint Martin, par UNEC (2014-11-12 02:15:23) 
[en réponse à 762861]

Strophen des Martinsliedes:
Les 8 strophes du chant diocésaint allemand "Saint Martin"
(traduction tentée en français par UNEC):

1. Sankt Martin, Sankt Martin, Sankt Martin ritt durch Schnee und Wind, sein Ross das trug ihn fort geschwind.
Sankt Martin ritt mit leichtem Mut, sein Mantel deckt ihn warm und gut
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin chevauchait par neige et vent, son cheval l’emportait rapidement, saint Martin galopait joyeusement, son manteaux le couvrait bien et chaudement.

2. Im Schnee saß, im Schnee saß, im Schnee, da saß ein armer Mann, hat Kleider nicht, hat Lumpen an.
Oh, helft mir doch in meiner Not, sonst ist der bittere Frost mein Tod.
Dans la neige, dans la neige, dans la neige était assis un pauvre homme, il n’avait comme vêtement que des chiffons. Oh, aidez-moi dans ma misère, sinon le gèle sera ma mort.

3. St. Martin, St. Martin, St. Martin zieht die Zügel an, sein Ross steht still beim armen Mann.
St. Martin mit dem Schwerte teilt den warmen Mantel unverweilt.
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin tire les brides de son cheval, celui-ci s’arrête près du pauvre homme, Saint Martin divise sans hésiter son chaud manteau de son épée.

4. St. Martin, St. Martin, St. Martin gibt den halben still, der Bettler rasch ihm danken will
St. Martin aber ritt in Eil hinweg mit seinem Mantelteil
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin en donne la moitié, le mendiant veut vite le remercier, mais Saint Martin s’éloignait rapidement avec sa moitié du manteau.

5. St. Martin, St. Martin, St. Martin legt sich müd zur Ruh‘, da tritt im Traum der Herr hinzu,
er trägt des Mantels Stück als Kleid, sein Antlitz strahlet Dankbarkeit
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin se couche, fatigué, pour le repos, le Seigneur lui apparaît en rêve, Il est habillé de la moitié de son manteau, sa Face reluit de reconnaissance.

6. St. Martin, St. Martin, St. Martin sieht ihn staunend an, der Herr zeigt ihm die Wege dann,
er führt ihn in die Kirche ein, St. Martin will sein Jünger sein.
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin Le regarde avec étonnement, Notre Seigneur lui montre ensuite son chemin, il l’amène vers l’Eglise, Saint Martin veut devenir son disciple.

7. St. Martin, St. Martin, St. Martin wurde Priester gar, er diente treu an dem Altar,
zuletzt trug er den Bischofsstab, der ziert ihn wohl bis an sein Grab.
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin devint même prêtre, il servait fidèlement à l’autel, enfin il portait la crosse d’évêque qui le décorait jusqu’à son tombeau.

8. St. Martin, St. Martin, St. Martin liebt nicht Lobesschall, verkroch sich schnell im Gänsestall.
Die Gänse kamen all herbei, verrieten ihn durch ihr Geschrei.
Saint Martin, Saint Martin, Saint Martin n’aime pas les honneurs, il se cacha vite dans l’étable des oies. Les oies vinrent vers lui, et le trahirent par leur cris.