Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 761600 )Benoit XVI s'exprime : mission ou dialogue ? par FilsDeMarie (2014-10-25 09:31:03) 

Le secrétaire privé du Pape émérite a lu un texte de celui-ci lors d'une conférence qui a eu lieu mardi à l'Université pontificale Urbaniana (un institut d'études supérieures de l'Église catholique romaine spécialisé dans la formation du clergé missionnaire et des étudiants venant des territoires dits de mission), à Rome.

"Beaucoup se demande aujourd'hui au sein et en dehors de l'Eglise : et si nous ne changions rien ?". "Ne serait-il pas plus approprié de dialoguer entre religions et que ce dialogue soit une force commune pour la paix du monde ?" Mais la question est "Est-ce que le dialogue peut remplacer la mission ?"

"La question de la Vérité, qui originalement était la principale motivation des chrétiens, est ici mise entre parenthèses. On assume que la Vérité authentique de Dieu est inatteignable. La renonciation de la Vérité semble réaliste et utile pour la paix du monde."

"Cela n'en est pas moins mortel pour la foi." "En fait, la foi perd son caractère essentiel et son sérieux, tout est réduit à des symboles interchangeables, qui se référent seulement à distance au mystère inaccessible du Divin."

"Nous ne témoignons pas de Jésus-Christ pour rassembler le plus de membres possible, mais pour transmettre la joie qu'Il nous a donnée."





images/icones/fleche3.gif  ( 761602 )Le dialogue apporte-t-il Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme ? par jejomau (2014-10-25 10:06:19) 
[en réponse à 761600]

Ces propos m'interpellent et me pousse à quelques réflexions...


"Beaucoup se demande aujourd'hui au sein et en dehors de l'Eglise : et si nous ne changions rien ?". "Ne serait-il pas plus approprié de dialoguer entre religions et que ce dialogue soit une force commune pour la paix du monde ?" Mais la question est "Est-ce que le dialogue peut remplacer la mission ?"



Une autre question en filigrane : pourquoi la mission a-t-elle été mise de côté au profit du dialogue ? Et ceci depuis quand ? On pourrait rajouter aussi : Est-ce que le dialogue existait auparavant et si non, pourquoi aujourd'hui a-t-il pris une telle ampleur ?


"La question de la Vérité, qui originalement était la principale motivation des chrétiens, est ici mise entre parenthèses. On assume que la Vérité authentique de Dieu est inatteignable. La renonciation de la Vérité semble réaliste et utile pour la paix du monde."



Pour tout catholique, pour son Eglise : la Vérité, c'est Jésus-Christ, Vrai Dieu et vrai homme, 2° Personne de la Trinité divine. Cette Vérité s'est Incarnée ici-bas et est donc une réalité dans l'Histoire des hommes. Cette Personne faite de chair et d'os a délivré un message intangible et VRAI pour tous les siècles et avec sa venue : la Révélation est close. Par conséquent il n'y a pas d'autre vérité. Il n'y en aura jamais d'autre. ET SEULE la religion Catholique possède la Vérité . Dés lors...

.... Dés lors, comment se peut-il que l'on pense aujourd'hui que "la Vérité authentique de Dieu est inatteignable ?" Comment, dans l'Eglise catholique, en arrive-t-on à penser ou à croire que la "Vérité est inatteignable" (ainsi qu'il est dit avec justesse)? La recherche da la paix du monde sans l'exigence de la Vérité n'implique-t-elle pas aussi une donnée : celle de la renonciation au martyre ? Par conséquent de l'abandon de la Foi ? Par conséquent celle de l'Apostasie ?


"Cela n'en est pas moins mortel pour la foi." "En fait, la foi perd son caractère essentiel et son sérieux, tout est réduit à des symboles interchangeables, qui se référent seulement à distance au mystère inaccessible du Divin."

"Nous ne témoignons pas de Jésus-Christ pour rassembler le plus de membres possible, mais pour transmettre la joie qu'Il nous a donnée."



Oui, c'est l'exigence du martyre. Les temps actuels qui exigent pour certains la reconnaissance des unions homosexuelles, le mariage des prêtres, la reconnaissance du "re-mariage" des divorcés, etc... sont des temps contredisant tout particulièrement la situation des premiers chrétiens qui délivraient le message du Seigneur s'incarnant dans l'Histoire des hommes et dont ils avaient encore le parfait souvenir.

Ces premiers chrétiens sont morts pour avoir refusé et rejetté les mœurs homosexuelles, la bigamie, le divorce, l'avortement, et otutes ces pratiques païennes ou sataniques.

Saint Tarcisius n'aurait jamais été un progressiste : il était Traditionnaliste.
images/icones/fleche3.gif  ( 761607 )Sans oublier Isaïe 57, 21 et aussi... par Sacerdos simplex (2014-10-25 11:03:51) 
[en réponse à 761602]

"Non est pax impiis, dicit Dominus" :
20 Mais les méchants sont comme une mer agitée qui ne peut se calmer et dont les eaux agitent la boue et la vase.
21 Il n'y a pas de paix pour les méchants, dit le Seigneur.


Et Jésus a envoyé ses apôtres ...faire précisément de l'apostolat (ces deux mots ont la même racines) jusqu'aux extrémités de la terre :
"Vous serez mes témoins" (Actes 1, 8).
(Témoins se dit "martyr" en grec.)
"Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups."
"Allez, enseignez toutes les nations."
"Vous serez haïs de tous à cause de moi."
Heureux serez-vous si vous êtes persécutés à cause de moi.

"Malheur à moi si je n'évangélise pas !" (St. Paul)

"Malheur à vous si tout le monde dit du bien de vous !"

"Si le sel perd sa saveur, il n'est plus bon à rien, qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds", méprisé par les païens.

Alors, un peu de dialogue, si ça peut être utile en vue de convertir les païens, oui ; mais si c'est la folle espérance d'acheter à bon compte une paix purement humaine avec les impies, avec les ennemis du Christ, c'est d'avance voué à l'échec ; ici-bas : ils auront le déshonneur et la guerre ; et dans l'éternité "ils seront nombreux" à entendre cette sentence : "Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel ! Jamais je ne vous ai connu." (Matth. 25 ; et 7, 22-23)



images/icones/vatican.gif  ( 761632 )On relira aussi ... par Pensassa (2014-10-25 15:38:11) 
[en réponse à 761607]

Mortalium animos:


Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi? Personne sans doute n'ignore que saint Jean lui-même, l'Apôtre de la charité, que l'on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d'inculquer dans l'esprit de ses fidèles le précepte nouveau: " Aimez-vous les uns les autres ", interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure: " Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas " (Joan. II, 10). C'est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c'est l'unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ.




Comment, dès lors, concevoir la légitimité d'une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu'elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires? Par exemple, au sujet de la sainte Tradition, ceux qui affirment qu'elle est une source authentique de la Révélation et ceux qui le nient? De même, pour la hiérarchie ecclésiastique, composée d'évêques, de prêtres et de ministres, ceux qui pensent qu'elle est d'institution divine et ceux qui déclarent qu'elle a été introduite peu à peu selon les temps et les circonstances? Egalement au sujet de la très sainte Eucharistie, ceux qui adorent le Christ véritablement présent en elle grâce à cette merveilleuse transformation du pain et du vin appelée transsubstantiation, et ceux qui affirment que le corps du Christ ne s'y trouve présent que par la foi ou par un signe et la vertu du Sacrement; ceux qui reconnaissent à la même Eucharistie à la fois la nature de sacrifice et celle de sacrement, et ceux qui n'y voient rien d'autre que le souvenir et la commémoraison de la Cène du Seigneur? Et aussi, quant aux Saints régnant avec le Christ et spécialement Marie Mère de Dieu, ceux qui croient qu'il est bon et utile de les invoquer par des supplications et de vénérer leurs images, et ceux qui prétendent que ce culte ne peut être rendu, parce qu'opposé à l'honneur de Jésus-Christ " seul médiateur entre Dieu et les hommes " (I Tim. II, 5)?




En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d'opinions, la voie vers l'unité de l'Eglise pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d'un magistère unique, d'une règle unique de foi et d'une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu'on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n'est pas absolue, mais relative, c'est-à-dire qu'elle s'adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu'elle n'est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu'elle est de nature à s'accommoder à la vie des hommes.




De plus, quant aux vérités à croire, il est absolument illicite d'user de la distinction qu'il leur plaît d'introduire dans les dogmes de foi, entre ceux qui seraient fondamentaux et ceux qui seraient non fondamentaux, comme si les premiers devaient être reçus par tous tandis que les seconds pourraient être laissés comme matières libres à l'assentiment des fidèles



(...)


On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n'a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques: il n'est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu'ils ont eu jadis le malheur de s'en séparer.

images/icones/carnet.gif  ( 761720 )et surtout Evangelii nuntiandi 1975 par Luc Perrin (2014-10-27 16:31:28) 
[en réponse à 761632]

de Paul VI, le nouveau Bienheureux, qui soulignait contre les tenants de l'enfouissement combien l'évangélisation explicite, la Mission, était une donnée intrinsèque à l'Église : une Église qui dialoguerait sans évangéliser serait simplement morte.

"22. Et cependant cela reste toujours insuffisant, car le plus beau témoignage se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié — ce que Pierre appelait donner “ les raisons de son espérance ”[52] —, explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus. La Bonne Nouvelle proclamée par le témoignage de vie devra donc être tôt ou tard proclamée par la parole de vie. Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés."
images/icones/hein.gif  ( 761722 )Question par Quaerere Deum (2014-10-27 16:58:02) 
[en réponse à 761720]

un peu malicieuse : pensez-vous que le discours de Benoit XVI soit un échos aux récents voyages en Terre Sainte ou en Albanie exhaltant le "vivre ensemble", et la recherche de la paix entre religions ?
images/icones/neutre.gif  ( 761901 )plus large ce me semble par Luc Perrin (2014-10-30 00:53:38) 
[en réponse à 761722]

je crois que l'évêque émérite de Rome rappelle ceci plutôt à l'encontre du kaspérisme prêt à toutes les capitulations devant le monde moderne.
images/icones/1b.gif  ( 761725 )Et le décret de Vatican II par Yves Daoudal (2014-10-27 17:48:39) 
[en réponse à 761720]

Ad gentes, dont voici le préambule:
Envoyée par Dieu aux nations pour être « le sacrement universel du salut [1] », l’Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur (cf. Mc 16, 16), est tendue de tout son effort vers la prédication de l’Évangile à tous les hommes. Les Apôtres eux-mêmes, en effet, sur lesquels l’Église a été fondée ont suivi les traces du Christ, « ont prêché la parole de vérité et engendré des Églises [2] ». Le devoir de leurs successeurs est de perpétuer cette œuvre, afin que, « la Parole de Dieu soit divulguée et glorifiée » (2 Th 3, 1), le Royaume de Dieu annoncé et instauré dans le monde entier. Mais dans l’ordre actuel des choses, dont découlent de nouvelles conditions pour l’humanité, l’Église, sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-14), est appelée de façon plus pressante à sauver et à rénover toute créature, afin que tout soit restauré dans le Christ, et qu’en lui les hommes constituent une seule famille et un seul Peuple de Dieu. Aussi le saint Concile, tout en rendant grâce à Dieu pour les œuvres magnifiques accomplies par le zèle généreux de l’Église tout entière, désire-t-il esquisser les principes de l’activité missionnaire et rassembler les forces de tous les fidèles pour que le Peuple de Dieu, s’avançant sur la voie étroite de la croix, étende partout le règne du Christ Seigneur qui embrasse les siècles de son regard (cf. Si 36, 19), et qu’il prépare les voies à son avènement.

Ensuite il y a ceci, par exemple:
La raison de cette activité missionnaire découle de la volonté de Dieu, qui « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il n’y a qu’un seul Dieu, et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ, qui s’est livré en rançon pour tous » (1 Tm 2, 4-5) ; « et il n’existe de salut en aucun autre » (Ac 4, 12). Il faut donc que tous se convertissent au Christ, connu par la prédication de l’Église, et qu’ils soient eux aussi incorporés par le baptême à l’Église, qui est son Corps. Car le Christ lui-même, « en enseignant en termes formels la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16, 16 ; Jn 3, 5), a du même coup confirmé la nécessité de l’Église dans laquelle les hommes entrent par le baptême comme par une porte. C’est pourquoi les hommes ne peuvent être sauvés qui, n’ignorant pas que l’Église a été fondée comme nécessaire par Dieu par l’intermédiaire de Jésus Christ, n’auront cependant pas voulu y entrer ou y persévérer [19] ». Bien que Dieu puisse par des voies connues de lui amener à la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6) des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile, la nécessité incombe cependant à l’Église (cf. 1 Co 9, 16) – et en même temps elle en a le droit sacré – d’évangéliser, et par conséquent son activité missionnaire garde, aujourd’hui comme toujours, toute sa force et sa nécessité.

Etc.
images/icones/vatican.gif  ( 761644 )La traduction complète est en ligne par Jeanne Smits (2014-10-25 18:28:26) 
[en réponse à 761600]

Je viens de traduire le texte, il est ici.

Amitiés
Jeanne Smits
images/icones/ancre2.gif  ( 761732 )Merci ! par Paterculus (2014-10-27 21:38:40) 
[en réponse à 761644]

Merci à vous pour cette traduction et à Yves Daoudal et Luc Perrin pour leurs contributions à ce fil.
Vote dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 762554 )Content par XA (2014-11-07 22:09:05) 
[en réponse à 761732]

de vous relire enfin, Monsieur l'abbé !

En union de prières,

images/icones/ancre2.gif  ( 762575 )J'ai commis l'imprudence... par Paterculus (2014-11-08 11:09:36) 
[en réponse à 762554]

... de supprimer des absolutions collectives : malheur à moi !
Je compte sur vos prières pour que les droits des fidèles soient reconnus.
Merci !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 762581 )UDP par Meneau (2014-11-08 11:42:25) 
[en réponse à 762575]

Continuez ! Les comptes qu'on vous demandera ici-bas sont sans comparaison avec ceux qu'on vous demandera dans l'au-delà.

Cordialement
Meneau