Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 762096 )Toussaint : indulgences plénières par jejomau (2014-11-01 08:15:00) 

L’Indulgence est une rémission de la peine due au péché, que l’Église accorde moyennant quelques actes précis

La pratique des indulgences, loin d’être désuète, est liée au dogme de la commu­nion des saints : en effet, l’indulgence est la remise, plénière ou partielle, devant Dieu, de la peine temporelle due pour les péchés déjà pardonnés quant à la faute, que le fidèle bien disposé, et à des conditions déterminées, reçoit par l’intervention de l’Église, laquelle, comme ministre de la Rédemption, distribue avec autorité et appli­que le trésor des réparations du Christ et des saints. Les indulgen­ces, plénières ou partielles, sont applicables au fidèle qui veut en profiter lui-même, ou bien aux défunts, mais non à d’autres hommes encore vivants.



Indulgences « de la Toussaint »


Une indulgence plénière, applicable seulement aux âmes du Purgatoire, est accordée au fidèle qui :

visite dévotement le cimetière et prie pour les défunts, ne serait-ce que mentalement, entre le 1er et le 8 novembre.

ou

le jour où est célébrée la commémoration de tous les fidèles défunts (ou bien, avec le consentement de l’Ordinaire, le dimanche précédent ou suivant, ou le jour de la solennité de la Toussaint), visite pieusement une église ou un oratoire et y récite le Pater et le Credo.

Avec obligation de se confesser, de communier et de prier (Pater et Avé Maria)aux intentions du Pape, ce même jour et sans attachement aux péchés même véniels.

Normes pour gagner l'indulgence :

N. 20 - § 1. Pour gagner l’indulgence plénière, en plus d’exclure toute affection au péché, même véniel, il est requis d’accomplir l’œuvre indulgenciée et de remplir les trois conditions : confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du Souverain Pontife.

§ 2. Avec une seule confession sacramentelle, on peut acquérir plusieurs indulgences plénières ; mais avec une seule communion eucharistique et une seule prière aux intentions du Souverain Pontife, on n’acquiert qu’une seule indulgence plénière.

§ 3. Les trois conditions peuvent être remplies plusieurs jours avant ou après l’accomplissement de l’œuvre prescrite ; cependant, il convient de recevoir la communion et de prier aux intentions du Souverain Pontife le jour même où l’on accomplit l’œuvre.

§ 4. S’il manque la pleine disposition, ou si l’œuvre requise n’est pas entièrement exécutée et les trois conditions susdites ne sont pas remplies - restant sauves les prescriptions n. 24 et n. 25 pour ceux qui sont « empêchés » - l’indulgence sera seulement partielle.

§ 5. La condition de prier aux intentions du Souverain Pontife est remplie si l’on récite à son intention un Pater et un Ave ; cependant les fidèles sont libres de réciter toute autre prière selon la piété et dévotion de chacun 20.



images/icones/fssp.gif  ( 762102 )un peu plus sur les indulgences: par BONNOU (2014-11-01 11:13:18) 
[en réponse à 762096]

en lisant l'édito de novembre 2014 du bulletin paroissial de la Fssp Bordeaux http://www.fssp-bordeaux.fr/les-bulletins-de-la-fraternite-sacerdotale-saint-pierre-de-bordeaux.html
images/icones/neutre.gif  ( 762104 )Et un peu plus encore sur les indulgences... par Père M. Mallet (2014-11-01 11:46:02) 
[en réponse à 762102]

Merci, Bonnou, pour ces précisions.
Attention cependant, le texte est précis et doit être lu avec précision : par exemple, celle du chemin de croix est pour n'importe quel jour.
Par ailleurs, à mon avis, et sans avoir effectué de recherches, le § sur le rosaire est une mauvaise traduction : il s'agit du chapelet (5 dizaines).

Paul VI a modifié complètement le statut des indulgences,
la commission ad hoc - sous couvert évidemment des plus belles intentions : redonner aux indulgences la place qu'elles méritent, inciter les fidèles à les gagner, et les pousser à soigner la qualité de leurs prières plutôt que la quantité, toutes choses très louables (avec cependant ce sophisme qu'en réduisant la quantité, on va améliorer presque ipso facto la qualité de la prière) - lui a fait prendre des mesures qui ont des effets indésirables :

Par exemple, il y a une limite d'une indulgence plénière par jour, et une par communion ; et il y a cette obligation de se confesser, obligation très louable, mais le résultat de tout cela est que beaucoup moins d'indulgences sont gagnées.
Ainsi, des religieuses cloîtrées qui gagnaient plusieurs Ind. Pl. par jour n'en gagnent plus qu'une seule ; de même de saintes femmes âgées qui récitaient des tas de prières avant et qui gagnaient chaque jour plusieurs indulgences plénières n'en gagnent plus qu'une par semaine (à cause de la communion, qu'elles ne peuvent de fait recevoir que le dimanche) ; de nombreux fidèles qui vivent saintement sont l'impossibilité physique ou morale de se confesser chaque quinzaine, ce qui serait mathématiquement obligatoire : autant d'indulgences qui ne sont pas gagnées.

Les indulgences partielles... Avant, il suffisait d'une petite prière pour gagner une indulgence d'un certaine importance. Maintenant, l'indulgence se limite à un doublement de la valeur spirituelle de la prière.

Cela dit, il est vrai qu'il faut soigner la qualité de sa prière.
Notamment, n'avoir aucune attache au péché délibéré - ce qui suppose une certaine vie spirituelle.
On rapporte que Pie XII avait donné la bénédiction à une foule sur la place St Pierre (bénédiction à laquelle est attachée une Ind. Pl.). Il lui fut révélé que seules 2 personnes - dont lui ! - avaient gagné cette indulgence...



images/icones/hein.gif  ( 762122 )toties quoties ? par Lycobates (2014-11-01 22:51:20) 
[en réponse à 762104]


effets indésirables : Par exemple, il y a une limite d'une indulgence plénière par jour, et une par communion ; et il y a cette obligation de se confesser, obligation très louable, mais le résultat de tout cela est que beaucoup moins d'indulgences sont gagnées. Ainsi, des religieuses cloîtrées qui gagnaient plusieurs Ind. Pl. par jour n'en gagnent plus qu'une seule ; de même de saintes femmes âgées qui récitaient des tas de prières avant et qui gagnaient chaque jour plusieurs indulgences plénières n'en gagnent plus qu'une par semaine (à cause de la communion, qu'elles ne peuvent de fait recevoir que le dimanche) ; de nombreux fidèles qui vivent saintement sont l'impossibilité physique ou morale de se confesser chaque quinzaine, ce qui serait mathématiquement obligatoire : autant d'indulgences qui ne sont pas gagnées.



Ce que vous écrivez est assez étonnant.
Le droit canon (1917) précise (can. 928-1) qu'on ne peut gagner une seule indulgence plénière par jour, sauf exception, très rare, quand il est précisé que l'indulgence plénière est applicable chaque fois qu'on accomplit l'oeuvre prescrite.
C'est par exemple le cas pour la visite d'une église ou oratoire public ou (seulement pro legitime utentibus, attention !) semi-public (donc pas un oratoire privé), le jour où on célèbre les morts (lundi 3 novembre cette année), en y ajoutant communion, confession sacramentelle, et, ce à chaque visite, 6 Pater, Ave et Gloria Patri à l'intention du Souverain Pontife (actuel ou virtuel).
En revanche pour la visite du cimetière pendant la semaine qui suit le Jour des Morts, cette indulgence n'est possible qu'une fois par jour, donc pas toties quoties. Ici, de plus, une oraison purement mentale pour les défunts suffit, à côté des suetae condiciones de la Communion et de la Confession.
(Les détails dans l'Enchiridion indulgentiarum nºs 588-592.)

Je ne vois donc pas d'où vos religieuses cloîtrées et bobonnes âgées d'antan sortiraient leurs multiples indulgences plénières par jour.

Les règles de la Communion et de la Confession pour gagner les indulgences plénières sont par ailleurs assez strictes.

On peut faire valoir une seule confession sacramentelle (même sans absolution, s'il n'y a pas matière à absoudre, ce qui peut arriver chez vos saintes femmes âgées, voir p.ex. le décret nº 295 du 15.12.1841 et nº 359 du 6.5.1852), pour plusieurs indulgences plenières, mais seulement pour ceux qui ont l'habitude de se confesser une fois par semaine ou plus (décret nº 231 du 9.12.1763 et nº 364 du 12.3.1855, condition élargie dans le can. 931-3 à : une fois tous les 15 jours). Ceux-ci peuvent donc gagner, avec une seule confession par semaine (ou 15 jours), chaque jour de cette semaine (ou 15 jours) une indulgence plénière en accomplissant l'oeuvre prescrite et en communiant.
En revanche qui ne se confesse que plus rarement, une fois par mois p.ex., voire moins, ne saurait faire valoir cette règle et devra ajouter une confession sacramentelle spéciale à l'oeuvre prescrite pour gagner l'indulgence. Cette confession peut se faire dans les huit jours avant ou huit jours après l'oeuvre prescrite.
La Communion prescrite peut se faire la veille de l'oeuvre prescrite, ou dans les huit jours après.
Mais il demeure que sauf exception explicitement indiquée, et je répète, c'est rare, les indulgences plénières se limitent à une par jour et par oeuvre.

Pour les indulgences plénières du Jubilé (qui ne sont pas d'actualité)
il faut une confession et une communion spécialement attachées à l'oeuvre prescrite, exclusivement (voir décret nº 327 du 10.5.1844).

Les décrets anciens cités sont repris de l'édition officielle des Decreta authentica Sacrae Congregationis Indulgentiis Sacrisque Reliquiis praepositae 1668-1882, Rome 1883 (édition autant que je sache jamais continuée depuis).
images/icones/fleche2.gif  ( 762120 )Rectif. : confession dans les 20 jours... par Père M. Mallet (2014-11-01 22:14:24) 
[en réponse à 762102]

...qui précèdent ou qui suivent, et non 8 jours.
Sauf erreur.
Cela permet ainsi à ceux qui se confessent environ chaque mois d'en bénéficier.
Voir ici le "rappel à caractère général" du document du Saint-Siège, § 5 :
http://www.vatican.va/roman_curia/tribunals/apost_penit/documents/rc_trib_appen_pro_20000129_indulgence_fr.html