Le Forum Catholique
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( 761287 )
autorité parentale par ooo (2014-10-20 21:32:15)
Bonjour,
J'ai une question d'ordre moralo-pratique. Elle concerne de plus la famille, même si ça ne concerne pas les "questions sensibles" du synode.
Il s'agit en fait de l'âge jusqu'auquel on est tenu d'obéir à ses parents. Vous conviendrez, je pense, du fait qu'à 40 ans on n'est plus tenir d'obéir à tous les ordres de nos parents, et ce même si l'on vit encore chez ( je précise tout de même que ce n'est pas ma situation). Avez-vous des éclaircissements à m'apporter? Je m'intéresse à cela car j'ai remarqué que le 4ème commandement est celui que je connais le moins.

( 761289 )
L'âge de l'autonomie... par Glycéra (2014-10-20 23:34:10)
[en réponse à 761287]
2 axes : vu des parents et de ce que Dieu leur demande, et vu de l'enfant et de sa mise "en orbite" dans la vie autonome.
1 - Quand les parents ont-ils à lâcher les rênes ?
Le juste travail des parents est de mener leur enfant à la capacité d'autonomie.
L'exigence d'être obéi ne vaut que dans la mesure de non autonomie de leurs enfants : financière, morale, pratique... C'est à dire jusqu'à ce que leur fils-fille soit capable d'être responsable de ses actes.
Il en est qui sont débrouillés à 13 ans...
Cela devient rare ? En effet...
C'était l'âge de la majorité des rois de France, la régence s'arrêtait là.
Les enfants des rues du Brésil se débrouillent seuls avant cet âge.
2 - Quel est le devoir des enfants ?
Le commandement ne demande pas d'aimer les parents ni de leur obéir !
Il est demandé d'honorer ses parents, de leur rendre un juste honneur, de ne pas leur manquer de respect.
Un juste honneur demande de ne pas mentir, de ne pas dire que ses parents étaient de l'or quand ils étaient du toc. La Vérité doit être servie jusque là. Ainsi on ne réclamera pas non plus une adulation de ses propres enfants, ce ne serait pas non plus juste. La Vérité est de tous les angles et de tous les temps.
3 - Devoir des parents quand les enfants grandissent ?
Dès que possible, les lâcher selon leurs capacités, autant pour apprendre à marcher, à tenir seuls leur cuiller, à essayer leurs forces et leur préparer ces étapes d'initiation responsable, degrés par degrés, que l'enfant soit conscient de la porte qu'il a su franchir. On faisait cela très bien dans les peuples pasteurs où il y avait un âge pour aller seul avec le troupeau qui était confié après vérification de compétence. Ainsi les adolescences ne seraient plus des combats entre parents contraignants et jeunes rouspéteurs contre "mes vieux" car on ferait la différence entre les injonctions (encore nécessaires quelques temps) et les personnes que sont les parents.
3 - Quand est-on adulte ?
Quand on est capable d'accéder aussi à la parenté, physique ou spirituelle.
Les parents doivent-ils continuer à donner leur avis ? Ou des conseils ? Oui, si c'est demandé. Non si c'est refusé. Parfois, devant la gravité d'une situation et/ou l'ignorance des jeunes gens devant l'inconnu, les parents peuvent forcer avec respect ce silence.
"Je ne peux dîner avec vous, car ma mère m'attend, et je n'aime pas ses reproches..." dit un digne homme de 73 ans qui n'a jamais su prendre ses responsabilités...
Etre responsable, c'est être capable d'avoir du poids.
Capable de prendre un poids sur ses épaules, et capable d'être "sponsa" (époux-se) de Dieu dans sa vie. "Sa" vie dont on est responsable devant Dieu. Pas de jupon de Maman pour entrer au Paradis.
Rester vivre chez ses parents ?
Pour quoi ? et pourquoi ?
Quelle est la raison : cocooning, paresse, incapacité d'autonomie ? Autonomie assumée et choisie de travailler avec son père-sa mère ? Aide et assistance à des parents malades ?
Si on veut le beurre d'un toit gratuit, on garde la politesse de respecter le mode de vie de qui héberge... Mais est-ce bien de jouer le "Tanguy" cramponné ? Le travail de l'âme passe aussi par le fait de s'assumer dans tous les sens pratiques de la vie. Sinon, sera-t-on capable d'assumer sa charge de famille ? De donner l'exemple aux enfants ? De les mener à leur propre autonomie ?
Voilà les pistes qui me sont venues.
Les parents ne peuvent obliger que peu de temps, et c'est bien ainsi : les corvées ne durent pas toute la vie ! Un jour naît le bonheur réel des relations adultes avec ses enfants...
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 761291 )
Pour une fois par Meneau (2014-10-20 23:51:05)
[en réponse à 761289]
j'ai tout compris, et je suis d'accord avec tout ce que vous écrivez ! Il n'y a pas d'âge pour solliciter les sages avis de ses parents, et les suivre, c'est aussi cela "honorer".
J'ajoute que le 4ème commandement, par le devoir d'honorer, impose donc également de subvenir à leurs besoins et de s'occuper d'eux en fin de vie.
Et autre corollaire : ce commandement ne s'arrête pas à l'autorité parentale, mais englobe aussi tout forme d'autorité (juste).
Cordialement
Meneau

( 761300 )
En envoyant mon message... par Glycéra (2014-10-21 09:00:31)
[en réponse à 761291]
j'avais noté le point que vous soulignez... qui est un juste retour du don de la vie que nous avons eue. C'est une monnaie à payer, comprise dans le "Merci Seigneur de m'avoir créé".
Mais je n'ai pas fait d'ajout hier soir.
Merci à vous de l'avoir écrit.
J'essaierai qu'il y ai d'autres "pour une fois" ...
Bonnes salutations
Glycéra

( 761326 )
Merci... par ooo (2014-10-21 13:15:28)
[en réponse à 761289]
..pour vos réponses.
Mais si donc un adulte vivant chez ses parents en est encore dépendant (au moins économiquement) il leur doit obéissance malgré son âge? N'y a-t-il pas un moment où il devient fautif de rester chez ses parents?

( 761328 )
Quel est son âge ? par Glycéra (2014-10-21 13:51:31)
[en réponse à 761326]
Celui de ses artères, de sa carte républicaine ?
Ou celui de son âme ? De sa capacité propre ?
Ce n'est pas parce qu'on héberge chez soi le foyer d'un de ses enfants en coup dur qu'il doit à nouveau obéissance en tout ! Ni lui, ni son époux-se, ni leurs enfants.
Il reçoit, il respecte à la mesure de gratitude juste.
Il est nourri, il mange ce qui est présenté, et y arrive à l'heure.
Il est logé, et vit pour ne pas perturber les tâches de ses hôtes, fussent-ils de son sang.
Il est "blanchi", et fait attention à ne aps ajouter de surcroît de travail.
Et on a à dire ce qui est à dire ; le jeune foyer n'est pas là pour casser la baraque... et mettre sa sono à fond à minuit ou laisser son chien crotter au salon !
Services rendus à la mesure de son énergie disponible. Faible s'il est malade, dépressif, ou trop occupé à rechercher un autre job, ou importante dans des travaux domestiques s'il a la volonté et du temps.
Obéir à quoi ?
Question d'intention de son acte, et selon le motif de la question qui se pose.
Agir librement n'est pas désobéir... ou alors les parenta sont lors de leur mesure.
Dieu n'a pas fessé Adam et Eve, ni ne les a débusqués de leur buisson avec un sermon. Relire la Genèse en lisant comment Dieu a agi, Père des hommes, pour les amener à assumer leur chemin propre, et choisi.
Regarder cette histoire avec les yeux d'un Père aimant et maternel à ses enfants qui peinent dans leurs démarches.
Si vosu avez une question précise, par exemple pour répondre un conseil à quelqu'un de proche de vous, je suis disponible au moins un peu. Mail glycera chez wanadoo.fr
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 761331 )
Sur quel sujet ? par Cath...o (2014-10-21 14:13:40)
[en réponse à 761326]
"il leur doit obéissance malgré son âge ?"
Sur quel sujet ? Il s'efforcera bien entendu de respecter les règles de vie de ceux qui l'hébergent, mais je dirais plus en invité adulte qu'en fils, ce n'est plus de l'obéissance mais de la politesse.
Pour le reste il est adulte devant sa conscience et n'a aucun compte à leur rendre ...
Si la cohabitation semble pesante à ce point, peut-être est-il temps d'envisager une autre possibilité de logement ?

( 761294 )
Mais pourquoi cet ajout ? par Ewondo (2014-10-21 03:35:52)
[en réponse à 761287]
Honore ton père et ta mère ...
"afin de jouir d'une longue vie dans le pays que l'Éternel ton Dieu te donne" ?
Je me suis souvent posé la question.
Pierre.

( 761301 )
Le Cinquième commandement : un peu beaucoup de détails... par Glycéra (2014-10-21 09:56:06)
[en réponse à 761294]
Si je pouvais revenir au texte hébreu... (je ne l'ai pas ici, ni les commentaires que j'en avais eus)...
La terre ?
La boule temporelle où nous sommes posés, dont nous sommes faits de poussière ramassée ?
Le royaume éternel qui sera pour plus tard... ?
La terre intérieure, le jardin au centre de soi donné à travailler à chacun, le royaume des Cieux à conquérir ?
Sans doute un mélange de tout. Mais ...
Allonger la durée sur terre : ce n'est pas stupide, puisque nous le demandons en prières, notamment pour les mariages, en comptant les générations qui bénissent l'union. Mais c'est limité...
L'éternité : comment l'allonger, elle qui est hors des comptes du temps ?
L'intérieur de l'homme, sa terre (Adamah en hébreu, la féminine d'Adam) qui lui est donné à travailler pour que sa terre porte fruit, pour qu'en lui soient les graines dans les fruits jusqu'à engendre "la Semence" qui est le Verbe que Dieu veut faire naître en nous. (ST Augustin, les Orientaux).
Quand on sait s'où on vient, qui a reçu sa vie et nous l'a donnée, quand on respecte cette pro-création, quand on lui donne sa vraie valeur, alors, on peut durer, recevoir la joie dès ici-bas, peu à peu, au point de rendre jaloux les Anges si cela était possible. (Lucifer l'a bien été au point de proférer son "non serviam" lui qui n'a pas eu de parents).
Quelques notes sur ce cinquième commandement :
C'est celui de la gratitude.
C'est la reconnaissance de la grâce reçue, jamais "méritée", mais qui nous inonde et que nous devons garder et vivifier au long des jours pour être à soi et aux autres une source vivante.
C'est le premier commandement qui donne une récompense.
- Le respect est infini. C'est une manoière d'honorer DIeu, refuser c'est Le méprise dans ses oeuvres. Le respecxt réside au coeur et s'exprime en actes et paroles.
- Beaucoup d'histoires dans la Bible : Abraham devenue père des peuples, Lot, Ruth (et sa fidélité à sa belle-mère et au peuple de celle-ci, Moïse, David, Joseph, Jacob-Israël ...etc.)
- Le reconnaissance est essentielle à notre être. Noua avons reçu. Le nier est se tuer, et tuer ses ancêtres.
- La gratitude est enseignée : histoire de Joseph qui ne consomme pas l'acte tentant avec la femme de Poutiphar. L'image de son père le fit fuir cet acte qui aurait été de l'ingratitude.
- L'ingratitude est montrée du doigt : Lot dont la femme désobéit et dont les filles abusent sera fait prisonnier. Pas de remerciement à Abraham qui le sort de là. Ingratitude que Lot transmet aux peuples qui sortent de lui.
- La femme symbole de la gratitude : Ruth dont descendra le Messie. Une étrangère descendante de Lot redresse la barre ! Elle est inscrite dans le don et le dévouement de gratitude envers la mère de son époux. Ce qui la sauvera.
- La reconnaissance de David : dans son testament à Salomon, il demande la fidélité et l'accueil aux descendants de celui qui l'a sauvé d'Absilon. La reine de Saba est impressionnée par ce respect de Salomon, et cela la convertit.
- Juste après ce commandement est l'interdiction de l'adultère... Ce n'est pas un hasard.
- Vieillir, augmenter ses jours est un devenir possible. Sara, Elisabeth ont été dans ce devenir dit tardif par les autres hommes. Tous nosu avons connu de ces gens devenus sages qui ont enfanté spirituellement dans l'enseignement dans leur vieillesse. Heureusement que St Jean a vécu vieux assez pour voir et rédiger l'Apocalypse !
- Vieilir c'est avoir un temps plus long à offrir, à découvrir la richesse des autres. Et un temps pour transmettre aussi ce que Dieu a mis en nous au fil des jours : se laisser lire par qui le demande.
- Observer le père et la mère, leurs relations c'est comprendre ce qui se passe en nous, entre notre masculin et notre féminin. Dieu est ainsi mâle et femme en lui même. Il est doux d'avoir du temps pour apprendre de plus en plus ce fait. Sans séparation des personnes, il n'est pas de langage... pour se donner et se recevoir. Pour concevoir ce qu'est l'Esprit qui relie ces deux êtres.
- Ne pas manger de fruit, c'est ne pas manger ses enfants qui sont les fruits de l'union. Ne pas manger le fruit de la connaissance quand ce n'est pas encore le moment, c'est aussi ne pas prétendre tout connaître de ses enfants. Ils n'appartiennent pas, ils sont là pour être eux-mêmes.
- Nous avons pour chemin de devenir ad-verbe du Verbe (Maître Eckhart), c'est à dire être chacun à sa place une image de Dieu. Nos enfants ne sont pas le même ad-verbe !
- Ne pas vivre ou refaire la vie de ses parents. Ils ont ce qu'il faut de Dieu pour la comprendre et la mener.
- res-ponsa... (res : chose, ponsa : poids) d'où responsabilité, c'est donner du poids à l'histoire de ses parents. En donner suffisamment pour ne pas avoir à la répéter soi-même. Puissent-ils eux-mêmes avoir été de même vis à vis de celle de leurs propres parents !
- Ne pas être léger... sans poids. On leur doit cela, et en remontant le fil ancestral, on le doit à Dieu. Léger en hébreu c'est qal... bien proche de qelel qui veut dire mau-dire !
Donner du poids, de la gratitude, c'est cela bénir ses parents.
Et nourrir sa propre vie.
Voici mes souvenirs.
Mais du mot précis "terre" que Dieu te donne, je n'ai plus rien en tête. Comme pour ce qu'on n'a pas bien ingéré, digéré...
En vous priant de m'excuser.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 761320 )
Le numéro change entre l'hébreu et le catéchisme par Glycéra (2014-10-21 11:59:57)
[en réponse à 761294]
C'est bien le quatrième dans le catéchisme.
C'est dans la traduction hébraïque qu'il est en 5ème place.
Pourquoi a-t-on enlevé l'allusion à la sortie d'Egypte ?
Pourquoi a-t-on ajouté un commandement spécial chasteté ?
Qui sait depuis quand ?
Glycéra
Voici (Wikipédia) les deux versions lues sur le site du Vatican :
Ainsi la version catéchistique adressée aux catéchumènes actuellement recommandée par le Vatican5 est la suivante :
Premier commandement : Un seul Dieu tu aimeras et adoreras parfaitement.
Deuxième commandement : Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment.
Troisième commandement : Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement.
Quatrième commandement : Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement.
Cinquième commandement : Meurtre et scandale éviteras, haine et colère également.
Sixième commandement : La pureté observeras, en tes actes soigneusement.
Septième commandement : Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement.
Huitième commandement : La médisance banniras et le mensonge également.
Neuvième commandement : En pensées, désirs veilleras à rester pur entièrement.
Dixième commandement : Bien d'autrui ne convoiteras pour l'avoir malhonnêtement.
La version de la tradition juive aussi donnée par le Vatican5 est :
Premier commandement : Je suis le Seigneur ton Dieu Qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte.
Deuxième commandement : Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi.
Troisième commandement : Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.
Quatrième commandement : Souviens-toi du jour du sabbat.
Cinquième commandement : Honore ton père et ta mère.
Sixième commandement : Tu ne tueras point.
Septième commandement : Tu ne commettras pas d’adultère.
Huitième commandement : Tu ne voleras pas.
Neuvième commandement : Tu ne feras pas de faux témoignage.
Dixième commandement : Tu ne convoiteras ni la femme, ni la maison, ni rien de ce qui appartient à ton prochain.