
( 761039 )
Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2014-10-17 23:40:07)
[en réponse à 761038]
CHAPITRE II
II. Acroissement de la vie spirituelle par le mérite
I. La nature du mérite
2° Comment les actes méritoires augmentent la grâce et la gloire
234. C) On pourrait sans doute objecter que, malgré cette proportion, Dieu n'est pas tenu de nous donner une récompense aussi noble et aussi durable que la grâce et la gloire. Nous le concédons sans peine, et reconnaissons que Dieu, dans son infinie bonté, nous donne plus que nous ne méritons ; il ne serait donc pas tenu à nous faire jouir de l'éternelle vision béatifique, s'il ne l'avait promis. Mais il l'a promis par le fait même qu'il nous a destinés à une fin surnaturelle ; et cette promesse nous est plus d'une fois rappelée dans la Sainte Ecriture, ou la vie éternelle nous est présentée comme la récompense promise aux justes et comme une couronne de justice (Jac., I, 12 ; II Tim., IV, 8). Aussi le Concile de Trente nous déclare que la vie éternelle est à la fois une grâce Miséricordieusement promise par Jésus-Christ, et une récompense qui, en vertu de la promesse de Dieu est fidèlement accordée aux bonnes œuvres et aux mérites.
235. C'est en vertu de cette promesse qu'on peut conclure que le mérite proprement dit est quelque chose de personnel : c'est pour nous et non pour les autres que nous méritons la grâce et la vie éternelle, parce que la divine promesse ne s'étend pas plus loin. Il en est tout autrement de N. S. Jésus-Christ, qui, ayant été constitué le chef moral de l'humanité, a mérité, en vertu de ce rôle, pour chacun de ses membres, et cela au sens strict.
Nous pouvons bien sans doute mériter pour les autres, mais d'un mérite de convenance ; et c'est déjà bien consolant, puisque ce mérite vient s'ajouter à ce que nous méritons pour nous-mêmes, et nous permet ainsi, en travaillant à notre sanctification, de coopérer à celle de nos frères. Voyons donc quelles sont les conditions qui augmentent la valeur de nos actes méritoires.
Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey, Desclée and Co, 1923
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 761069 )
A propos de l'étrange collecte. par Yves Daoudal (2014-10-18 13:29:30)
[en réponse à 761038]
Intervéniat pro nobis, quǽsumus, Dómine, sanctus tuus Lucas Evangélista : qui crucis mortificatiónem iúgiter in suo córpore, pro tui nóminis honóre, portávit. Per Dóminum nostrum.
Cette collecte (qui se trouve déjà dans le sacramentaire de saint Grégoire) est très originale, et très mystérieuse. Tellement mystérieuse que l'Année liturgique n'en dit rien, dom Pius Parsch non plus, et le cardinal Schuster dit n'importe quoi. (Pardon de paraître irrévérencieux envers le bienheureux cardinal, mais... après avoir traduit de façon audacieuse "lui qui pour votre amour infligea à son corps les stigmates de la mortification de la croix", il commente seulement que ce n'est pas vrai parce que "une tradition postérieure a prévalu qui veut que saint Luc soit mort en paix à un âge très avancé". Or, premièrement, la collecte ne semble pas parler du martyre, et deuxièmement c'est déjà une tradition du temps de saint Jérôme que saint Luc soit mort en paix à l'âge de 84 ans, comme en témoigne le texte même de saint Jérôme lu aux matines.)
Sur internet, j'ai trouvé un article de Father Z sur le sujet, mais qui ne fait pas du tout avancer le schmilblick. Alors, si quelqu'un a des lumières...

( 761074 )
Bossuet par Meneau (2014-10-18 15:33:17)
[en réponse à 761069]
traduit :
"lui qui pour la gloire de votre nom a continuellement porté sur son corps la mortification de la croix;"
ICI.
C'est ce qu'on trouve également dans le Missel de Paris
ICI
... ce qui est plus proche de l'explication de Father Z.
L'année liturgique en parle brièvement aussi :
C'est donc à bon droit que l'Eglise (3) vous fait application de la parole où Paul disait de lui-même : Sans cesse angoissés, persécutés, abattus, nous promenons tout vivants la mort de Jésus dans nos corps ; mais cette mort sans fin manifeste aussi la vie du Seigneur en notre chair mortelle (1).
(3) : collecte de la Fête
Cordialement
Meneau

( 761085 )
Je vous remercie, mais par Yves Daoudal (2014-10-18 17:39:47)
[en réponse à 761074]
vous comprendrez, je pense, que je reste sur ma faim...
Sans doute saint Luc était proche de saint Paul, mais ce n'est pas une raison pour appliquer au seul saint Luc, et d'une façon pas claire, ce que dit saint Paul de lui et de ses compagnons.
Cette collecte est vraiment très différente des collectes des fêtes des autres évangélistes et apôtres. Il doit y avoir une raison. Mais je crains que cette raison ait été oubliée au cours du temps...