Le Forum Catholique
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( 759815 )
Un séminariste américain ordonné prêtre sur son lit de mort par Chicoutimi (2014-10-01 04:46:27)
La nouvelle est du 12 septembre dernier. En aviez-vous entendu parler ?
M. l'abbé William Carmona, en dernière année au séminaire de l'Assomption à San Antonio, se préparait à devenir diacre à l'automne et prêtre l'été prochain. Mais les conditions de santé du séminariste, atteint d'un cancer, s'étaient considérablement aggravées.
C'est pourquoi, Mgr David Choby, évêque de Nashville, s'est rendu au chevet du mourant et a décidé de l'ordonner prêtre, pour “circonstances d'urgence”, le 8 septembre 2014.
Dès le lendemain de son ordination, le nouveau prêtre a été transféré en unité de soins palliatifs, où il est décédé le mercredi 10 septembre 2014.
On peut visionner la liturgie d'ordination
ICI
SOURCE

( 759852 )
Remarquable, émouvant par AVV-VVK (2014-10-01 21:11:56)
[en réponse à 759815]
Seulement une question juridique: auquel canon (ou auxquels canons) l' évêque aurait -il fait appel pour cette ordination?

( 759855 )
Bonne question par Chicoutimi (2014-10-01 22:57:07)
[en réponse à 759852]
Je n'ai pas trouvé quelque chose de spécifique sur la question de l'ordination sacerdotale en cas de "danger de mort" dans le code de droit canonique.
Par contre, il y a déjà eu au moins un précédant, puisque
le SAINT PADRE PIO, qui avait une santé très fragile, avait obtenu, "à sa demande, que la date de son ordination sacerdotale fut avancée. Considéré pratiquement comme mourant, il est ordonné prêtre le 10 août 1910." Mais, comme vous le savez, son heure n'était pas venu.
Pour d'autres sacrements, le droit canonique est plus explicite :
1- Le
Baptême, en cas de danger de mort, peut être conféré par tout baptisé (homme ou femme) et même par un non-baptisé. Le code stipule que "
Si l'enfant se trouve en danger de mort, il sera baptisé sans aucun retard" (Can. 867 § 2). Et, "
En cas de danger de mort, l'enfant de parents catholiques, et même de non-catholiques, est licitement baptisé, même contre le gré de ses parents". (Can. 868 § 2.)
2- La
Confirmation, en cas de danger de mort, doit être administré à tout baptisé peu importe son âge: "
Le sacrement de confirmation sera conféré aux fidèles aux alentours de l'âge de raison, à moins que la conférence des Évêques n'ait fixé un autre âge, ou qu'il n'y ait danger de mort ou bien que, au jugement du ministre, une cause grave ne conseille autre chose" (Can. 891). Le curé, et même tout prêtre, jouit de la faculté d'administrer la confirmation dans les cas de "danger de mort" (réf : can. 883).
3- Le
Mariage, en cas de danger de mort, peut être célébré en l'absence d'un prêtre ou d'un diacre, et ce devant seulement 2 témoins : "
S'il n'est pas possible d'avoir ou d'aller trouver sans grave inconvénient un assistant compétent selon le droit, les personnes qui veulent contracter un vrai mariage peuvent le contracter validement et licitement devant les seuls témoins: en cas de danger de mort". (Can. 1116 - § 1. no 1).
Bref, la notion de "danger de mort" amène un "assouplissement" dans la loi. Ainsi, même si le code n'est pas explicite en ce qui concerne l'ordination sacerdotale, il est sûrement possible de faire appel à cette notion de "danger de mort" et de l'appliquer au sacrement de l'Ordre.

( 759862 )
Émouvant mais... par Nemo (2014-10-02 09:44:26)
[en réponse à 759855]
Ce geste ne me surprend pas d'une Église qui privilégie aujourd'hui beaucoup le coeur au détriment de la raison.
C'est effectivement un dénouement heureux et une grande consolation pour l'ordonné et pour son entourage.
Néanmoins l'Église autrefois était plus pragmatique et ne donnait pas le sacrement de l'Ordre comme récompense pour nos mérites (elle aurait plutôt donné en ce cas une dignité) mais pour qu'il serve au salut.
Dans l'ancien, et moins clairement dans le nouveau code de droit canon, elle parle d'empêchements et d'irrégularités. Il est clair que le nouvel ordonné est dans ce cas, il ne pourra dire la messe sur terre.
Donc la raison et le code suggéraient de ne pas ordonner.
On me dira qu'il est prêtre à jamais etc.
On est dans un belle histoire émouvante, propre à nous tirer des larmes, mais pas dans la tradition de l'Église, pragmatique : l'ordination n'est ni un droit, ni un dû, encore moins une distinction ou un privilège, et c'est bien ce que traduit le droit, on est ordonné au service de l'Église.

( 759866 )
C'est la question ... par Cath...o (2014-10-02 11:15:19)
[en réponse à 759862]
... que je n'osais poser de peur de passer pour une sans-coeur : pourquoi (et même plutôt "pour quoi" ) une ordination à l'article de la mort ?

( 759872 )
Parallèle par Leopardi (2014-10-02 12:26:34)
[en réponse à 759866]
On peut mettre cette pratique en parallèle avec celle de se marier avant de partir au front qui a eu cours, si je ne m'abuse, durant la première guerre mondiale.
C'est une comparaison, pas une explication...

( 759873 )
Peut-être par Vincent F (2014-10-02 12:40:58)
[en réponse à 759866]
parce que ce prêtre avait la vocation sacerdotale.

( 759874 )
Vocation ? par Rémi (2014-10-02 12:47:21)
[en réponse à 759866]
Peut-être l'évêque a-t-il jugé sa vocation par le Seigneur suffisamment établie pour ne pas retarder son ordination étant donnée les circonstances ?
Si le Seigneur l'a appelé pour être Son prêtre, il ne fallait pas y faire obstacle, quand bien-même Il le rappelait mystérieusement en même temps auprès de Lui, l'empêchant de finir ses études et un cursus normal ...
In conspectu Angelorum psallam Tibi et adorabo ad templum sanctum Tuum, et confitebor Nomini Tuo Domine, super misericordia Tua ... (répons en la fête de saint Michel)

( 759885 )
Le prêtre fait don de sa vie par Lamy (2014-10-02 16:57:01)
[en réponse à 759866]
Un prêtre, à l'image du Christ, fait don de sa vie, il renonce à lui-même en entrant dans les ordres.
Le célibat, la soutane, et les voeux d'obéissance en sont des symboles ordinaires.
La vocation de ce prêtre en particulier était sans doute atypique dans la volonté de Dieu : lui a fait réellement don de sa vie au sens le plus premier qu'il soit. C'est son évêque, doté du pouvoir d'appeler aux ordres, qui a eu la lourde tâche de discerner cela...
Vu comme ça : ça ne me choque pas.

( 759876 )
Certes... par Jacques (2014-10-02 13:44:05)
[en réponse à 759862]
Votre analyse ne manque pas de bon sens, mais il me semble que si effectivement le sacrement de l'ordre est avant tout pour le service de la Sainte Eglise, il n'en demeure pas moins vrai qu'il donne à celui qui le reçoit des grâces. Or plus que jamais ce jeune prêtre en avait besoin pour affronter l'épreuve de la mort. Et puis comme prêtre il est évident qu'il servira même de là haut. Mais je comprends la réticences que certains expriment ici.

( 759878 )
N'y voyez pas de réticences de ma part... par Nemo (2014-10-02 15:49:58)
[en réponse à 759876]
C'est plutôt un regard vers la pratique constante de l'Eglise.
il y a plutôt de ma part un étonnement au sens fort qu'autre chose.
Quant au service là haut, je n'ai jamais entendu dire que la qualité de pape, évêque ou prêtre donnait un ministère ou une influence supérieure là haut. Ce n'est pas parce qu'on est prêtre à jamais qu'il faut le devenir in articulo mortis. Oui le baptême, la confirmation sont importants au niveau de la grêce et de la force qu'ils donnent, oui un mariage in articulo mortis régularise. Mais l'ordre in articulo mortis, je ne vois pas et je ne connais pas d'autre cas.
Il est arrivé qu'on anticipe une ordination mais pour quelqu'un dont la santé était fragile mais dont on n'avait aucun doute sur le fait qu'il pourrait célébrer.
Je n'ai pas regardé la vidéo mais le nouveau prêtre n'a, j'imagine, même pas concélébré puisqu'il ne pouvait déjà pas répondre au prières de l'évêque consécrateur.
Je ne connais pas assez le nouveau rite pour me prononcer sur la validité ou non de l'ordination, et je n'ai pas envie. J'avoue que je ne comprends pas, on est en plein dans les intuitions conciliaires.
On ne sait pas à quoi ça sert mais c'est émouvant.

( 759888 )
L'imposition suffit mais l'Hôtel-Dieu n'est pas Notre-Dame par PEB (2014-10-02 18:31:12)
[en réponse à 759878]
Selon la tradition latine, le rit essentiel est l'imposition des mains sous réserve de:
- la vocation du candidat
- la volonté du candidat
- les aptitudes requises du candidat
- l'accord de l'autorité ordinaire signifié à l'ordinateur
- les vœux sacerdotaux de l'ordinand reçus par l'ordinateur
L'onction, la vêture et la réception des ornements sacerdotaux de l'ordonné sont des sacramentaux complémentaires qui rendent visible le don de l'Esprit qui poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification (cf. prière eucharistique IV).
Toute la question, en l'espèce, est dans les aptitudes requises. Cette notion recoupe à la fois les connaissances et le savoir-faire du candidat mais aussi la vie spirituelle, la santé physique et morale et l'équilibre psycho-social et affectif.
Dans ce cas limite, on peut penser que le candidat les avaient à l'exception d'une maladie évolutive incapacitante et en stade terminal. Cette ordination "humanitaire" a permis que reste manifesté la vocation du jeune homme à son entrée de séminaire. Oui, il était bon pour le service! Mais on ordonne pas pour faire plaisir mais pour le ministère pastoral.
Dans ce genre de situation, le sacrement des malades est manifestement préférable à cette opération de communication: une chambre d'hôpital n'est pas une basilique! Je n'ai pu visionner la vidéo car elle a quelque chose d'indécent. Cet exhibitionnisme ne colle pas avec le recueillement qui sied à une agonie.
J'aurais été l'évêque, j'aurais plutôt apporté personnellement les saintes huiles des malades. L'extrême-onction aurait donné réconfort et peut-être guérison. D'aventure, si la providence y avait pourvu, on aurait confirmé l'appel du Christ à tout quitter pour Le suivre. Sinon, les camarades de séminaire, les professeurs, le confesseur et la famille se seraient relayés jour et nuit à son chevet pour prier et pour l'accompagner vers l'ultime étape avant la claire vision du Père Éternel.
Car l'Ordre n'est pas, tout comme le mariage, un blanc-seing pour le Ciel mais un chemin de sanctification offert pour celle du prochain. En revanche, l'initiation chrétienne, la miséricorde et la communion au Bon Dieu pourvoient directement au Salut: chacun selon son mode.

( 759903 )
Bien d'accord avec vous par Turlure (2014-10-02 22:56:14)
[en réponse à 759888]
Mais vous semblez dire au début de votre message, par la manière dont vous formulez les choses, que la vocation et les aptitudes du candidat et l'accord de l'ordinaire (embarassant pour certaines communautés...) sont des conditions de validité de l'ordination, ce qui, bien entendu, est faux : ce sont des conditions exigées pour procéder à l'ordination mais leur irrespect n'empêche pas d'ordonner.

( 759911 )
Licéité et validité... par PEB (2014-10-02 23:52:44)
[en réponse à 759903]
Toujours le vieux débat...
Je posais simplement les conditions licites pour que tout se passe bien en suivant les étapes liturgiques à grosse maille. Mais le rituel prévoit justement une forme d'examen public où les choses se posent officiellement. (Il en va de même dans le questionnaire matrimonial précédant l'échange des consentements.)
L'ordinateur conclut les débats par cette sanction définitive: "Nous vous choisissons comme prêtre!" Il y a signification à la fois du consentement à l'ordination et de l'attachement ordinal du candidat à l'autorité épiscopale.
On n'est pas prêtre tout seul, on est serviteur de l’Église à travers l'obéissance à ses pasteurs souverains.
C'est pourquoi la distinction entre les pouvoirs d'ordre et de juridiction est sans doute légitime mais l'un ne va pas sans l'autre et vice-versa. L'ordinateur exerce d'ailleurs une sorte de juridiction directe durant toute la cérémonie, même si c'est pour consacrer un religieux. Le supérieur majeur la récupère à la sortie évidement.
L'usage sauvage de l'ordre sans un semblant de juridiction est folie. Dans ce champ miné, on prend bien des risques inconsidérés.

( 759877 )
Réponses à tous par Nemo (2014-10-02 15:36:45)
[en réponse à 759862]
Ce n'est pas de ma part une analyse mais simplement le rappel de la discipline de l'Eglise telle qu'elle l'a exprimé dans son code de droit canon. Pour répondre sur certains points particuliers :
Le sacerdoce donne des grâces particulières, certes, mais pas de grâces supplémentaires pour une bonne mort. Ce n'est pas un viatique.
Je ne mets pas en doute que le prêtre ait pu avoir la vocation. Je ne mets pas en cause sa dignité. Mais l'Eglise n'ordonne pas des prêtre pour l'au-delà mais bien pour ici-bas. Il y a d'autres conditions requises pour être prêtre, et l'Eglise n'ordonnait pas un manchot, elle n'ordonnait pas celui qui n'avait pas le bagage intellectuel suffisant, ni même le bâtard ou l'esclave, c'est à dire celui qui avait un statut social insuffisant. Ca peut paraître injuste. Nous ne démarrons pas tous sur terre avec le même nombre de talents.
Autre injustice, on n'ordonne pas prêtresses les femmes, même si elles sentent une vocation et même en danger de mort : il y a un empêchement. Oui c'est comme ça et le sentiment n'y changera rien.
Bref être digne ne suffit pas, il faut avoir et la vocation, et les capacités.

( 759879 )
La vocation suffit par Vincent F (2014-10-02 15:51:18)
[en réponse à 759877]
Si quelqu'un a la vocation, il a nécessairement les capacités sinon Dieu ne l'appellerait pas au sacerdoce. S'il n'a pas les capacités c'est qu'il n'a pas la vocation.
Pour les femmes qui se "sentiraient" la vocation, la réponse est claire elle ne l'ont pas, il est impossible qu'elles l'aient.

( 759887 )
Vous donnez la réponse vous-même par Nemo (2014-10-02 18:22:06)
[en réponse à 759879]
On peut croire avoir la vocation et n'avoir pas les capacités, c'est le cas de toutes les femmes, c'est souvent le cas des hommes.
C'est l'Eglise qui juge.
Dans certains cas l'Eglise dispense, mais on ne fonde jamais la loi sur les dispenses et en général les dispenses ont une forte justification.

( 759908 )
Vous donnez-vous aussi la réponse par Vincent F (2014-10-02 23:14:14)
[en réponse à 759887]
C'est l'Église qui juge et en l'occurrence, elle a jugé en ordonnant ce prêtre.
Ne croyez pas que je juge vos objections irrecevables. Plus haut vous avez écrit
l'ordination n'est ni un droit, ni un dû, encore moins une distinction ou un privilège
Si l'évêque en question a conféré cette ordination comme une distinction effectivement il a eu tort. Si au contraire il l'a fait parce qu'il avait la certitude que ce jeune homme était effectivement appelé au sacerdoce, il a eu raison.
Avez-vous des éléments qui étaye la première hypothèse plutôt que la seconde ? Moi non.

( 759900 )
Les capacités par Turlure (2014-10-02 22:37:26)
[en réponse à 759879]
Ce candidat les a sans doute eues avant sa maladie. Mais au jour de son ordination, il les a perdues. Peut être ce séminariste aurait-il pu devenir un saint prêtre avec un apostolat immense, mais la Providence a disposé autrement du cours des choses.
Il me semble inapproprié de parler ainsi de la vocation, sans lien concret avec le contenu de celle-ci : la vocation d'un prêtre est d'agir SUR TERRE en la personne du Christ, par les sacrements, l'office divin, la prédication...
Certes, cet homme est devenu prêtre pour l'éternité avant sa mort, mais pas une fois le Seigneur ne sera descendu sur terre par ses paroles, pas une fois il n'aura absout un pécheur, pas une fois il n'aura récité le bréviaire, il n'aura préché personne. Bref, une sorte de sacerdoce "non consommé". Peut-on vraiment parler de vocation dans ces circonstances ? Peut-on vraiment dire que Notre Seigneur a appelé ce séminariste a pratiquer Son ministère alors qu'il l'a rendu incapable de l'exercer, même partiellement, dès avant son ordination ?
Finalement, le rôle qu'aura joué ce prêtre dans l'économie du Salut après son ordination se sera fait, nous l'espérons, par ses mérites personnels, dans la communion des saints, ce qui est sans lien avec la grâce sacerdotale, comme le rappelle Nemo, dont je partage la circonspection.

( 759910 )
La Providence, ne vous en déplaise par Vincent F (2014-10-02 23:37:07)
[en réponse à 759900]
a disposé les choses de manière à ce que ce ce jeune homme soit finalement ordonné (l'évêque aurait pu choisir de ne pas l'ordonner, il aurait pu aussi ne pas en avoir le temps).
Peut-on vraiment dire que Notre Seigneur a appelé ce séminariste a pratiquer Son ministère alors qu'il l'a rendu incapable de l'exercer, même partiellement, dès avant son ordination ?
N'est-ce pas un peu utilitariste ?
Car mes pensées ne sont pas vos pensées,mes voies ne sont pas vos voies : oracle du Seigneur. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, mes pensées au-dessus de vos pensées.(Isaïe 55,8-9)
Passe derrière moi, Satan : Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. (Marc 8,33)

( 759951 )
merci Vincent F de ramener un peu par Luc Perrin (2014-10-03 14:19:10)
[en réponse à 759910]
de foi "surnaturelle" dans un fil qui sombrait dans la statistique et la quantification.
Dire que la démarche de ce jeune homme et de son évêque était sans impact et vide de sens, ce que prétendent une bonne part ici à ma grande stupéfaction, revient à nier l'évidence de l'action de Dieu parmi les hommes et les femmes.
Ce fil est la preuve éclatante par lui-même que l'acte a un écho qui va très au-delà du séminaire où il a eu lieu.
Il me paraît insensé ou d'un matérialisme plus étroit que celui d'un Staline ou d'un banquier de la City de ne pas voir l'énorme impact de cette acceptation de la "vocation" ne serait-ce que sur les séminaristes présents, leurs familles etc. L'abbé Carmona, combien de divisions ? Et bien les voilà ses divisions.
La vitalité du ministère ne se détermine pas par un nombre d'absolutions données ou de communions distribuées ou de baptêmes célébrés. Tout cela est excellent et nécessaire mais il y a tout de même autre chose, le supplément d'âme qui vaut chez le prêtre et chez tout baptisé d'ailleurs. L'abbé Carmona a eu un bref ministère invisible mais certainement très puissant pour ceux qui l'ont approché. Puissant et durable.
Tout de même aucun des censeurs de cet évêque n'a entendu parler de la crise des vocations sacerdotales en Occident ?

( 759955 )
Qui ou quel est l'objet de votre attaque ? par Nemo (2014-10-03 15:56:50)
[en réponse à 759951]
Je n'ai fait que rappeler la loi, qu'expliquer que ce qui est sensationnel et émouvant n'est pas forcément justifié dans l'ordre de la raison. Ce n'est pas moi qui fais la loi qui demande les capacités mêmes physiques des ordinands ni la tradition. Encore moins moi qui dirait que la tradition était idiote.
Je ne vois pas non plus pourquoi la loi serait opposée à l'oeuvre de Dieu.
Et je trouve vos arguments sur impact et crise des vocations un peu faibles.
C'est un peu celui de ceux qui vantent la grandeur d'âme et la largeur d'esprit du Cardinal Kasper. On n'explique plus la loi, mais on se donne le beau rôle en faisant revenir à la table de communion tous ces braves gens qui attendent depuis des années : quel beau geste médiatique. Sûr que ça va faire revenir à l'Eglise plein de gens.
Je suis personnellement ému par cette ordination d'un homme qui n'exercera pas son sacerdoce mais je ne me l'explique pas. Je ne la conteste pas mais le côté médiatique de la chose ne me séduit guère.

( 759956 )
J'entends ce que vous dites. Néanmoins par Yves Daoudal (2014-10-03 15:59:05)
[en réponse à 759951]
je crains qu'il y ait un mélange des genres. On n'imagine pas une seconde saint Paul imposer les mains à un mourant pour le faire presbytre.
Le prêtre, disait le merveilleux abbé Houghton, est un plombier: il est là pour établir et réparer les canalisations de la grâce. Entre Dieu et le croyant. Il est "ordonné" à cela. Il est un auxiliaire de l'évêque pour faire venir Dieu sur l'autel, pour absoudre les péchés, et pour délivrer les autres sacrements, et pour prêcher l'Evangile. Il n'est pas "ordonné" à autre chose. Et s'il ne peut rien faire de cela il n'y a aucune raison de l'"ordonner"... à rien. Ce que le droit canonique traduit en canons qui sont de simple bon sens.
Il peut aussi avoir un "supplément d'âme" et rayonner de "foi surnaturelle", mais n'importe quel laïc le peut aussi, comme vous le dites vous-même. Ce n'est pas du même ordre.

( 759884 )
Des bâtards par Jean-Paul PARFU (2014-10-02 16:27:41)
[en réponse à 759877]
Des évêques, Nemo, le furent. Voir
ici
Je vous rappelle par ailleurs que Charles Martel, Guillaume le Conquérant, Dunois (Jean de Dunois, bâtard d'Orléans), compagnon de Ste Jeanne d'Arc, ou encore Don Juan d'Autriche, vainqueur de la bataille de Lépante, pour ne citer qu'eux, étaient des bâtards !
Il y a aussi de nombreuses personnes qui pensaient ou croient être le fils (ou la fille) de leur père. L'hebdomadaire "Der Spiegel" , il y a quelques années, estimait de 1 à 2 millions les Allemands qui ne sont pas les fils (ou les filles) de leur père et qui ne le savent pas ...

( 759886 )
Je le sais par Nemo (2014-10-02 18:19:38)
[en réponse à 759884]
Il fallait des dispenses.
Je ne suis pas juge, je cite le droit.
Vous devriez comprendre.

( 759892 )
le Bienheureux Karl Leiser vous contredit depuis les autels célestes par Luc Perrin (2014-10-02 20:37:27)
[en réponse à 759877]
mon cher Nemo.
Il a été ordonné dans des conditions extrêmes à Dachau alors qu'il était dans un état de faiblesse et d'épuisement : il n'a pu célébrer qu'une seule fois la sainte Messe avant son décès. Il est mort 8 mois après son ordination.
Au moment de l'ordination, rien n'assurait qu'il vivrait "autant".
Le cas est donc proche.
Les raisons que vous donnez sont belles et bonnes, canoniques en effet.
Il demeure qu'Ecclesia supplet domine tout et que le sens missionnaire d'une telle ordination justifie sans doute aux yeux de l'évêque la décision.
Il y a les raisonnements humains, rationnels, et il y a la Charité du Christ. Le sacerdoce étant folie pour ce monde libéral et pour le christianisme "kaspérite", une ordination hors norme mais licite et opérée selon le rituel est un témoignage de foi.
Au-delà du sentimental, si ce n'était que cela je vous suivrais entièrement, il me semble qu'on peut comprendre cette décision ainsi.

( 759901 )
Justement par Turlure (2014-10-02 22:39:50)
[en réponse à 759892]
Il a célébré la sainte messe, ne fut-ce qu'une fois.

( 759915 )
Le cas n'est pas comparable. par PEB (2014-10-03 00:27:47)
[en réponse à 759892]
Le bienheureux Karl Leiser a été ordonné à Dachau pour exercer un ministère: incarner le Crucifié au milieu de la folie meurtrière et industrielle de mort.
Certes, il ne célébra la messe qu'une seule fois, mais sa présence était prédication de l'Espérance au milieu du désespoir. Ses compagnons d'infortune furent, d'une certaine manière, sa paroisse au milieu de laquelle le Seigneur l'a envoyé proclamer aux captifs la libération.
Dans l'affaire qui nous intéresse, le brave abbé ne put exercer aucun semblant de ministère terrestre. C'est peut être magnifique mais on peut légitimement se sentir gêné.

( 759948 )
très proche au contraire par Luc Perrin (2014-10-03 14:04:06)
[en réponse à 759915]
l'abbé Karl Leisner tombait sous le coup des empêchements canoniques listés par Nemo.
Quand Mgr Piguet a pris sa décision, ses chances de survie et de pouvoir exercer un ministère étaient très faibles.
L'évêque a jugé comme vous le dîtes que l'ordination était un témoignage de foi à portée missionnaire, bien au-delà des compagnons de détention.
L'évêque américain a jugé exactement de même : le Moloch libéral est comparable dans sa philosophie au Moloch nazi, il entend réduire, amoindrir, avilir "l'homme", pour reprendre une terminologie secondovaticanesque, en le privant de sa dimension spirituelle chrétienne.
Les deux évêques ont, à mon sens, eu le même jugement.
L'Église n'a pas désavoué Mgr Piguet bien au contraire ! et déjà Pie XII s'était hautement félicité que la vie religieuse ait pu subsiter malgré les entorses aux règles et rubriques : Ecclesia supplet.

( 759957 )
Je n'aime pas ces justifications par Nemo (2014-10-03 16:08:07)
[en réponse à 759948]
Nous sommes à chaque fois dans des cas d'exception, des dérogations à la loi générale.
Je n'ai jamais vu que les exceptions fassent jurisprudence contre la loi générale.
Ces exceptions n'aident pas à la visibilité des finalités du sacerdoce, qui n'est pas un bien que l'on reçoit pour soi mais qui est orienté vers les autres, vers un ministère.
Chaque fois qu'on veut nous justifier l'avortement, on nous cite toujours de pauvres adolescentes violées dans des conditions particulièrmement atroces pour nous apitoyer.
Que se serait-il passé si l'abbé en question était mort sans être ordonné ? Il serait mort diacre, sans doute de façon tout aussi édifiante, mais tellement moins médiatique.

( 759963 )
48 h < 8 m: un homme pour les autres? par PEB (2014-10-03 17:39:10)
[en réponse à 759957]
Je vous suis tout à fait, cher Nemo.
Le cas du bienheureux confesseur de Dachau est toutefois d'une autre nature. Cette ordination fut le moyen de signifier la présence royale du Christ ès liens parmi les détenus et en contradiction avec les infâmes geôliers, sectateurs d'une idéologie démoniaque. Ce prêtre eut une sorte de paroisse symbolique constitué des germanophones du camps. Les 8 mois où il a continué à vivre est la preuve rétrospective que les ordinaires et ordinateur avaient souhaiter qu'il exerçât, malgré la maladie, un ministère sacerdotal plénier et inscrit dans la durée. Il était infirme mais toujours capable et non à l'agonie. La Providence a permis une ordination dans les règles et secundum artem. Il devait donc être suffisamment alerte pour vivre pleinement l'intégralité de la liturgie dans sa complexité gestuelle.
Bref, comme l'aurait dit si bien le saint archevêque de Cracovie au séminaire clandestin des tchécoslovaques, c'était bien "un homme pour les autres," en tous cas, pour un peuple définissable.
Dans l'autre cas, tout à fait respectable au demeurant, on peut rester dans l'incompréhension. Pour qui et pour quoi faire a-t-on imposé à un mourant cette lourde cérémonie? Ce ministère éclair de chambre d'hôpital ne me paraît ni consistant, ni comparable à celui de l'Abbé Leisner, qui a sans doute sauvé bien des âmes.
Le bref visionnage de la cérémonie me met d'autant plus mal à l'aise que l'on est à la limite de l'exhibitionnisme, du voyeurisme et de l'instrumentalisation d'un homme en état de faiblesse manifeste, incapable de fait au vu de son état physique.

( 759995 )
Sauf que si un homme peut-être ordonné par Ritter (2014-10-04 11:55:57)
[en réponse à 759963]
Prêtre a quelques instants de sa mort, cela à des implications dans notre monde.
Je suis assez d'accord sur le fait que le libéralisme soit pire que le nazisme.
La différence entre l'Eglise et le monde, est manifestée.
Sachant qu'il allait mourir, le monde l'euthanasie, l'Eglise le fait vivre.
Et :
Ces exceptions n'aident pas à la visibilité des finalités du sacerdoce, qui n'est pas un bien que l'on reçoit pour soi mais qui est orienté vers les autres, vers un ministère.
Cette phrase ne veut plus rien dire alors, si le sacerdoce est orienté vers les autres, alors la transmission par l'évêque justifie pleinement cela.
La possibilité des exceptions cette fois rend sa plénitude à la visibilité du Sacerdoce.
On ne raisonne plus sur l'exception mais sur la loi générale qui permet cette exception.

( 759859 )
[réponse] par jean_droit (2014-10-02 07:47:23)
[en réponse à 759815]
Video émouvante, sobre et juste.
Qui vous invite à la prière par et pour ce jeune prêtre.

( 759905 )
Emouvantable ! par Semetipsum (2014-10-02 23:02:00)
[en réponse à 759815]
tout est dans le titre !