Le Forum Catholique
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( 759011 )
Le Pape crée une commission spéciale... par FilsDeMarie (2014-09-21 10:27:32)
Le Pape
crée une commission spéciale sur la réforme des procès matrimoniaux.
La nouvelle a été rendue publique ce samedi dans un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège, le Pape François a décidé, le 27 août dernier, de créer une commission spéciale d’étude sur la réforme des procès matrimoniaux canoniques. C’est le doyen du Tribunal de la Rote romaine, Mgr Pio Vito Pinto qui la présidera. Le tribunal de la Rote est un tribunal d'appel qui se prononce en particulier sur les demandes de reconnaissance de nullité de mariage. Les travaux de cette commission commenceront dès que possible et auront pour objectif de simplifier la procédure du procès, de la rendre plus souple tout en sauvegardant le principe d’indissolubilité du mariage.
Cardinal Burke
ne fait pas partie de cette commission.

( 759012 )
Selon moi... par Aigle (2014-09-21 10:52:50)
[en réponse à 759011]
Le saint Père veut assouplir la doctrine sur le divorce avec habileté et obstination.
Comme il ne peut ( et ne veut probablement pas) autoriser formellement ce que l'Evangile a interdit, il a cherché à abolir l'excommunication des divorces remariés.
Mais la voie de la réforme de la discipline des sacrements semble se heurte à une forte opposition tant au sein de la curie que du synode donc il tente autre chose : l'assouplissement des annulations.
À moins que les deux tentatives soient conduites en parallèle ?

( 759021 )
Une porte de sortie possible par Athanase (2014-09-21 13:28:38)
[en réponse à 759012]
François envisage la question non plus sous un angle doctrinal, mais sous un angle procédural. face aux difficultés, il faut envisager une procédure plus efficace, plus rapide et certainement moins coûteuse. tous les couples - des plus pauvers aux plus aisés - doivent accéder à la justice ecclésiale dans les mêmes conditions.
C'est effectivement la réflexion que je me suis faite hier.C'est peut-être un moyen de désamorcer la crise en envisageant une solution qui peut satisfaire tout le monde.

( 759025 )
Excommunication par Nemo (2014-09-21 13:49:54)
[en réponse à 759012]
Les divorcés remarriés sont excommuniés ? Alors il faut leur interdire l'accès aux églises.

( 759039 )
Pour être exact... par John DALY (2014-09-21 18:44:38)
[en réponse à 759025]
Cher Nemo,
Effectivement les divorcés pseudo-remariés ne sont pas excommuniés : ils sont frappés par le fait même d’infamie canonique (Canon 2356), ce qui leur interdit d'exercer un ministère sacré mais pas d'assister aux offices (Canons 2293-4).
Toutefois, eussent-ils été excommuniés il n'aurait pas été obligatoire de leur interdire l'accès aux églises. D'après le canon 2259 seuls les excommunicati vitandi sont rigoureusement exclus d'une simple présence ; les tolerati sont, comme le mot l'indique, tolérés, mais ne doivent en aucun cas assister activement, c'est à dire "participer à la célébration des offices divins" (ibid.).
Je présume ici l'absence de sentence déclaratoire et de notoriété de la censure.
JD

( 759045 )
Merci de vos précisions par Nemo (2014-09-21 19:09:16)
[en réponse à 759039]
J'en profite pour aller plus loin dans mes questions.
Quelle est cette participation active qui leur est interdite ? Vous voulez dire qu'il n'ont pas le droit de dialoguer à la messe ?

( 759054 )
Exactement la question... par John DALY (2014-09-21 20:39:16)
[en réponse à 759045]
...que je me suis posée moi-même en relisant le canon !
Mais il n'est guère croyable que l'interdiction de participer à une messe dialoguée soit considérée comme une peine canonique alors qu'au contraire pour toute âme de sensibilité catholique la participation à la messe dialoguée est un supplice tel que l'inquisition, même dans les versions les plus exagérées des apologistes protestants, n'a jamais osé l'infliger !

( 759036 )
détournement ou enterrement ? par Luc Perrin (2014-09-21 18:23:05)
[en réponse à 759012]
Aigle a bien vu, je pense, la cause : le Synode ne sera peut-être pas l'apothéose du catholicisme néo-moderniste en matière éthique que Monseigneur de Gap appelait récemment chaleureusement de ses voeux, comme pour effacer tout le Magistère de Pie XI à Benoît XVI en passant par Vatican II, Paul VI et plus encore saint Jean-Paul II qui a quasiment tout dit à ce sujet, à l'opposé dudit évêque, d'une partie de l'épiscopat allemand, des éternels admirateurs belges des Sixties anarchiques et des lobbies théologiens habituels qui remplacent le christianisme par le néo-chistianisme du "prophète" C. Terras.
Il semble que le Sacré Collège et le Collège épiscopal, un temps sonné et désorienté voire affolé en 2012-2013 par le tintamarre libéralo-médiatique, reviennent peu à peu à ses esprits. C'est du moins le voeu ardent que je forme.
Le courant Sixties, plus fort aujourd'hui à Rome que dans l'épiscopat, cherche une voie détournée pour faire triompher ses vues aussi désastreuses en 2014 qu'en 1970. Qu'on prenne des voies à la fois obliques et autoritaires, la "synodalité"-collégialité s'évapore, à la manière de la persécution intense des Franciscains de l'Immaculée et des religieuses maintenant ne devrait pas surprendre : il faut être saint Jean-Paul II et Benoît XVI pour avoir des scrupules, veiller à entendre tous les points de vue, ne pas être l'otage d'un clan et c'est un art subtil qu'on ne doit guère cultiver au Honduras.
La voie canonique n'a du reste rien de neuf : elle fut pratiquée à Strasbourg massivement, au point de susciter des inquiétudes romaines sous Jean-Paul II. L'abbé Jean Werckmeister (RIP) en fut à la fois le théoricien et le praticien : on peut se reporter à sa bibliographie. [cher Jean, tu dois sans doute sourire de voir que tu deviens aujourd'hui une référence pour une Commission romaine]
Maintenant, l'hypothèse "optimiste" voudrait que le Saint-Père soit un adepte du Père la Victoire, en ce temps de commémoration de la Grande Guerre, Clemenceau se plaisait à dire avec sarcasme :
« Quand on veut enterrer un problème on crée une commission ».
Si le Synode ne permet pas un passage en force, l'étude de cette réforme peut aussi prendre du temps, un certain temps, un temps certain ... celui que les attentes du club libéralo-médiatique s'émoussent.
Deux hypothèses qui ne s'excluent pas.

( 759042 )
Merci par Aigle (2014-09-21 18:56:25)
[en réponse à 759036]
Cher Luc de cette analyse précise .
Vous persistez à voir dans François un homme des sixties - certes avec de forts arguments. Pourtant sur d'autres sujets ( avortement , peur du Diable, ...) il ne l'est pas tant que cela ...

( 759047 )
mais si ...même sur ça par Luc Perrin (2014-09-21 19:22:55)
[en réponse à 759042]
Avez-vous oublié que le 1er à ramener le diable/satan dans le discours pontifical fut ... Paul VI en 1972 ?
Au demeurant, le très néo-moderniste Général Arrupe - l'acmé des 70's en matière de tactique ecclésiale - était un homme d'une piété très traditionnelle, aux dires de tous les témoins et biographies.
Enfin il est classique chez les néo-modernistes allemands de revêtir clergyman, soutane etc.
Il faut aller au-delà des apparences et des fumées lexicales.
Le choix du cardinal Maradiagua, de la référence W. Kasper et maintenant de Mgr Cupich, tout cela pointe dans une seule et même direction : back to 1968-1972.
Les conséquences en seront désastreuses évidemment, sauf que maintenant nous avons l'expérience et donc pas les excuses de peur frileuse et de chercher à se cacher derrière son petit doigt papolâtrique qu'avait la génération d'alors.
ps. qu'on ne se méprenne pas, Paul VI est un pape bien plus traditionnel que l'actuel Evêque de Rome. Jamais il n'aurait imaginé devoir affaiblir le ministère pontifical : au contraire, il partageait la vision du Vénérable Pie XII et de la Tradition à ce sujet. La crise qui se prépare pourrait être plus violente que celle vécue par Paul VI précisément à cause de cet affaiblissement, sauf si le Collège épiscopal se montre à la hauteur des ambitions de Lumen Gentium.

( 759046 )
Le cardinal Kasper ne risque-t-il pas de couler... par Athanase (2014-09-21 19:13:20)
[en réponse à 759036]
... le pontificat de François, comme Mgr Williamson le fait avec celui de Benoît XVI ? Ne sera-t-il pas la pierre d'achoppement du pontificat actuel, celui qui aura déteinte au point de discréditer ?

( 759048 )
sans oublier Tegucigalpa oui mais ne poussez pas trop par Luc Perrin (2014-09-21 19:40:43)
[en réponse à 759046]
Les deux cardinaux, avec le Brésilien Braz de Aviz, sont les personnages-clé du pontificat "franciscain".
C'est tout autre chose que Mgr Williamson qui n'a rien discrédité du tout puisqu'il n'était pas grand chose lui-même : mettre sur le même plan le cardinal Kasper, un théologien de premier plan, longtemps évêque influent puis préfet de Conseil pontifical, l'opposant théologique n°1 du cardinal Ratzinger et ... ce malheureux Richard Williamson dont on aura oublié jusqu'au nom d'ici la fin de la décennie ... c'est OSÉ Athanase ... violent même.
On peut désapprouver ô combien les thèses du cardinal Kasper mais il a une aura et une surface bien plus grande tout de même que l'évêque expulsé de la FSSPX. Allons pour le coup ce n'est pas respectueux envers Son Eminence.
Ajoutons que les échecs de Benoît XVI sont imputables d'abord et avant tout à Benoît XVI et aux insuffisances de l'héritage wojtylien : ces échecs n'ont rien à voir avec Mgr Williamson et sont la néo-liturgie intacte, l'interreligieux non redressé, l'épiscopat imparfaitement redynamisé, le Sacré Collège laissé en l'état ou presque de 2005 (cf. l'élection de 2013), l'incapacité à appliquer Anglicanorum coetibus, la capitulation devant les religieuses (?) défiantes des USA, la capitulation devant les lobbies théologiens néo-modernistes (cf. l'affaire inaugurale de Notre Dame University), le rythme inadéquat des réformes, l'appel à un cardinal salésien ne sachant que nommer des Salésiens et une Curie aussi divisée que celle léguée par saint Jean-Paul II, le mauvais choix d'arrêter le dialogue théologique avec Menzingen en 2011 (le ratage phénoménal de 2012 a sa cause première dans cette erreur maintes fois dénoncée par l'auteur de ce billet) ...

( 759050 )
En deux mots par Nemo (2014-09-21 20:05:22)
[en réponse à 759048]
Benoît XVI, contrairement à ce que beaucoup croient, n'est-il pas le plus mauvais pape de ces derniers temps ?
Je dis bien pape, car au niveau intellectuel, au niveau de sa dévotion personnelle, au niveau vestimentaire, il est plutôt au dessus des autres.
Mais aucun de ses projets n'a abouti et il n'a rien laissé de positif derrière lui, il n'a fait que ratifier, en levant une interdiction sur la messe traditionnelle qui avait été bien entamée par ses prédecesseurs, une tendance qui de toutes façons existait avant lui et perdure après lui.
Bref il n'a rien construit, il a plutôt aidé à faire tomber un mir (ce qui n'est déjà pas si mal)...

( 759057 )
J'aime par Quaerere Deum (2014-09-21 21:13:09)
[en réponse à 759050]
votre question car je me pose souvent la suivante : qu'est-ce qu'un bon Pape ?
On dit que le cardinal Bergoglio a été élu pour réformer la curie. Mais est-ce qu'un bon réformateur de curie est un bon Pape ?
Un Pape est-il bon lorsqu'il sait bouger les bons pions sur l'échiquier, qu'il effectue les bonnes nominations, qu'il sait jouer les bons coups par ruse ?
Un bon Pape n'est-il pas avant tout un grand spirituel, quelqu'un qui fortifie la foi de ses frêres, qui sait les guider en leur parlant des choses d'en haut ?

( 759068 )
ce n'est pas un critère en effet par Luc Perrin (2014-09-21 22:33:06)
[en réponse à 759057]
Sixte Quint, Pie X, Paul VI, Jean-Paul II par exemple ont réformé chacun la Curie. Il y a certes deux saints parmi eux mais ils sont assez différents et le procès de canonisation n'a jamais reposé là-dessus.
Je ne suis pour ma part nullement persuadé que ce soit une priorité. Mettre de l'ordre, c'est avoir de bons collaborateurs qui travaillent pour l'Église et à la Mission en pleine fidélité à la Tradition vivante.
Que le dicastère X devienne Z ou qu'un préfet soit président de Conseil pontifical me paraît une chose mineure.
Au demeurant, des papes géniaux comme Léon XIII et Pie XI n'ont pas réformé le Curie alors que pour Léon XIII, il y avait mille fois plus de raisons de le faire que François.

( 759059 )
Benoît XVI avait deux faiblesses Nemo par Jean-Paul PARFU (2014-09-21 21:17:31)
[en réponse à 759050]
1ère faiblesse : Benoît XVI a un coeur traditionnel, mais un esprit moderne ;
2ème faiblesse : il était l'excellent second d'un pape, Jean Paul II, qui était un pape politique et qui savait s'entourer. Benoît XVI n'était pas un pape politique et n'a pas su s'entourer.
Un grand chef doit toujours savoir s'entourer et même un pape doit avoir une tête politique (au sens large du terme).

( 759060 )
Benoît XVI a fait preuve de courage Nemo par Jean-Paul PARFU (2014-09-21 21:22:34)
[en réponse à 759059]
Par contre et contrairement à ce que vous écrivez, les mesures qu'il a prises vis-à-vis du rit de toujours de la messe et de la FSSPX furent très courageuses. Elles lui tenaient à coeur. Elle lui ont en partie coûté son pontificat .... parce que, par ailleurs, il n'a pas su s'entourer.
Le groupe néo-moderniste a neutralisé la fin de son pontificat et s'est vengé en portant le cardinal Bergoglio sur le siège de Pierre !

( 759072 )
un bilan trop sévère : soyons juste par Luc Perrin (2014-09-21 23:14:31)
[en réponse à 759050]
Dieu sait que je suis critique ... mais pas à ce point tout de même.
Il a été dans une continuité, une sorte de Jean XXIII moins le Concile : qu'aurait été le pontificat de Roncalli s'il s'était arrêté 11 mois avant en septembre 1962 ? Un règne honnête mais sans plus.
Au demeurant, un pape n'a pas besoin d'être un génie politique et évangélisateur chaque fois.
Summorum Pontificum va beaucoup plus loin qu'Ecclesia Dei adflicta. Le cardinal Braz et le pape l'ont bien compris pour frapper avec autant de dureté les Franciscains de l'Immaculée.
Ce qui a manqué à Benoît XVI, c'est comme le dit Me Parfu, un sens "politique" : pour cela, il peut être en effet le plus dépourvu de tous les papes contemporains même si le Bienheureux Pie IX n'a pas été un aigle là-dessus.
Le pape Benoît XVI a été timoré, c'est évident : la lenteur des décisions extrême, les velléités en matière de nomination, la visite ratée des religieuses américaines, la capitulation en 2009 pour la révision de la néo-liturgie (renvoi de Mgr Ranjith), les pas de clercs en interreligieux - un pas en arrière puis deux pas en avant presque par lassitude et conformisme -, l'absence de politique sérieuses dans le monde intellectuel catholique qu'il connaît pourtant sur le bout du pouce, velléités encore avec les catho-anglicans sans doute pour ménager le puissant lobby oecuméniste voire oecumaniaque parfois.
La reculade de 2011-2012 avec Mgr Fellay fut la dernière de la série conduisant logiquement à la renonciation dans le climat pourri créé par Vatileaks, climat qui s'est dissipé comme par enchantement lors de cette renonciation ... un constat que j'ai toujours trouvé suspect.
Ceci dit ou redit, le pape Benoît XVI - avec ses grandes faiblesses comme pape - a pu purger en gros le scandales de pédophilie que le saint polonais avait laissé par trop couver. Il a su porter le fer chez les Légionnaires du Christ, pour le coup un vrai scandale : l'iniquité du traitement papal des Franciscains de l'Immaculée saute aux yeux quand on rapproche les 2 dossiers.
Même les plus farouches opposants à Benoît XVI lui font crédit de cela qui n'est pas rien.
Sur le plan doctrinal, Caritas in veritate est un texte qui restera et surtout l'allocution du 22 décembre 2005, texte vraiment majeur, le plus important du pontificat.
Je crois aussi que ce pape a montré qu'on pouvait être pape au XXIe siècle sans gadget, sans se prosterner devant les media libéraux, les princes de notre monde : il a surpassé Jean-Paul II en cela. Ces Lucifers modernes le lui ont fait payer au prix fort, la renonciation de 2013 vient aussi de cet assaut médiatique furieux : les loups ravisseurs qui se réjouissent aujourd'hui. Le pape doit-il être heureux d'être applaudi par les Pharisiens et les ennemis de la Croix ? Cela devrait l'inquiéter beaucoup.
Surtout Benoît XVI a dû se rendre compte assez vite et sûrement en 2009, tournant à mon sens, qu'il n'y avait pas de "génération Benoît XVI", que l'élan suscité par Jean-Paul II s'essoufflait, que le dynamisme laïc n'était plus autant là pour le soutenir dans les réformes nécessaires (à l'opposé de celles préconisées par le cardinal Kasper). Que même les cardinaux qui l'avaient élu ne l'appuyaient plus autant : le recul de 2012 avec la FSSPX vient de là, la bronca de la plenaria de la CDF en mai. D'ailleurs ce désaveu était réel et a été cinglant en mars 2013 : puisque les cardinaux de Benoît XVI ont voté pour son opposant n°1 en 2005.
Pour réussir, un pape a aussi besoin de nous, de beaucoup de catholiques pour l'aider.
ps. petite note positive, à la messe (Forme ordinaire) de rentrée de notre Faculté, une croix figurait sur l'autel et la liturgie fut digne, pas mal de chants latins et une atmosphère priante. Pour des étudiants, ce n'est pas si mal.

( 759127 )
Dernières années de Benoît XVI "bergogliennes" par Athanase (2014-09-22 14:02:43)
[en réponse à 759072]
Certes, l'élection de 2013 marque une rupture dans le style et dans la ligne, mais ne faut-il pas constater que les dernières années du pontificat de Benoît XVI ne sont-elles pas un peu "bergogliennes": relance d'Assise en 2011, hésitations sur la FSSPX, livre d'entretiens controversé de Benoît XVI, etc. En germe, n'a-t-on pas eu les esquisses du pontificat suivant ? Je ne dis pas cela pour rassurer, ni tout justifier, mais, à mes yeux, le pape émérite avait déjà des difficultés traduisant certaines ambiguïtés.

( 759173 )
en petite partie d'accord par Luc Perrin (2014-09-22 23:28:47)
[en réponse à 759127]
Petite partie car doctrinalement, Benoît XVI est resté lui-même et fidèle à la Tradition. Il n'a pas cherché à amoindrir la fonction pontificale, sauf par sa démission calamiteuse mais tout a été dit sur cette décision monstrueuse dont on voit chaque jour la nocivité.
Il est vrai qu'il a capitulé en 2009 en renonçant à presque toute réforme - j'ignore le dicastère pré-"bergoglien" de la nouvelle évangélisation dont personne ne sait à quoi il sert pas même son préfet - sauf le dialogue avec la FSSPX. Là la capitulation est venue en deux temps : en 2011, une nouvelle velléité puis la reddition totale de 2012.
On se rappellera que c'est en 2012 qu'une série de nominations pour le moins bizarres sont intervenues de prélats notoirement anti-ratzinguériens. Dès 2011, le cardinal préfet brésilien, grand mangeur de religieux fidèles et ennemi de la Messe traditionnelle, avait été mis en selle par Benoît XVI. Il avait commencé par chercher à amadouer les religieuses néo-modernistes américaines.
En effet, Benoît XVI a creusé lui-même en partie la tombe du cardinal Ratzinger. Il reste que sans l'affolement des cardinaux à la suite de Vatileaks et du brouhaha médiatique, le retour à 1968-1972 nous aurait été épargné.
La foi est certes une Via crucis et ils nous faudra décidément subir comme nos aînés, sauf intercession divine et secours miséricordieux, la dure épreuve traversée par l'Église entre 1965 et 1975-1980.
Les fautes dans les nominations et les velléités et temporisations puis capitulations du pape précédent seront payées au prix fort en termes d'âmes perdues et d'âmes torturées, d'effondrement de la mission, de recul de l'évangélisation.
Un peu comme les atermoiements des Occidentaux face à ISIS seront payés par un tombereau de vies humaines, de même que d'avoir laissé Boko Haram (à peine 200 hommes en 2004) se paie et se paiera d'une rançon horrible ... mais là ce sont les corps qui sont torturés.
Rappelons nous la toute première homélie du pape Benoît XVI : il savait en 2005 que les loups étaient là.
"Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups. Priez les uns pour les autres, pour que le Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres." (24 avril 2005)

( 759049 )
Jugement téméraire indigne de votre part par Ion (2014-09-21 20:03:53)
[en réponse à 759012]
"Le saint Père veut assouplir la doctrine sur le divorce avec habileté et obstination". Aigle
Vous persistez ensuite en émettant des doutes sur la volonté du pape d'aller ou pas à l'encontre de l'évangile.
Vous rendez-vous compte des jugements téméraires scandaleux que vous émettez là ?
François (et je suis bien d'accord là-dessus), considère qu'une grosse proportion de mariages n'en sont en réalité pas. D'où cette commission pour les déclarer nuls plus facilement.
Et même s'il avait tort sur cette conviction, où est la volonté d'assouplir quoi que ce soir sur le
divorce ?
Ion

( 759052 )
Il est téméraire par Quaerere Deum (2014-09-21 20:28:19)
[en réponse à 759049]
de considérer qu'une grosse proportion de mariages n'en sont en réalité pas. L'Eglise a toujours été prudente lorsqu'il s'agit de déclarer des nullités de mariage car elle a la lourde responsabilité des âmes.
Que vous le vouliez où non il n'y a aucune raison, aujourd'hui plus qu'hier, d'assouplir la déclaration de nullité de mariage sauf contourner l'indissolubilité du mariage.

( 759071 )
Seriez-vous en train d'accuser ... par Ion (2014-09-21 23:07:03)
[en réponse à 759052]
... le Pape d'organiser consciemment de fausses déclarations de nullité ? Sinon, qu'entendez-vous par "contourner l'indissolubilité du mariage" ?
Ion

( 759075 )
c'est très simple mais Ion par Luc Perrin (2014-09-21 23:32:27)
[en réponse à 759071]
comme toujours dans son rôle d'apologète infatigable du libéralisme doctrinal est passé maître que dis-je Expert dans l'art de jouer avec les mots et celui de ne pas comprendre les ... évidences.
Précisément, ce qui semble en vue dans cette commission de réforme est ce que l'officialité de Strasbourg a pratiqué pendant des années et qui a entraîné une réaction très négative de Rome ... mais c'était sous saint Jean-Paul II.
Mon collègue défunt, emporté par une cruelle maladie, soutenait qu'on pouvait étendre au maximum la notion de nullité du mariage : si les causes de nullité deviennent si floues et labiles que 90% des demandes soient acceptées par les tribunaux ecclésiastiques comme par ex. pour une princesse de Monaco, de facto, cela introduira un quasi-divorce canonique.
Si l'exception devient la règle, mon cher Ion, de facto, la règle est considérablement affaiblie au point de ne plus exister que sur le papier. Le pharisaïsme que Notre Seigneur ne chérissait pas et que le pape François abhorre dans presque tous ses discours, me semble-t-il.
Le divin Pascal a écrit des pages et des pages sur les casuistes, vos modèles, et qui étaient au XVIIe huum de quel ordre déjà ... ma mémoire me fait défaut...
ps. il se peut aussi que cette commission soit là pour réfléchir et prenne son temps façon Benoît XVI ... nous verrons.

( 759087 )
Allez jusqu'au bout ... par Ion (2014-09-22 08:46:37)
[en réponse à 759075]
Tout en affirmant que le Pape François "abhorre le pharisianisme", vous êtes dans le camp de ceux qui l'accusent de ... pharisianisme. C'est grave et vous lui prêtez, sans sourciller, de bien noirs sentiments ! Il n'est plus seulement furbo, mais carrément hypocrite et malhonnête. Car accordez-lui au moins le bénéfice d'être suffisamment intelligent pour savoir ce qu'il fait, et de savoir distinguer entre hypocrisie et recherche de la vérité.
Et si tout simplement il était vraiment convaincu que de très nombreux mariages n'étaient, en réalité, que des simulacres de mariage (Très nombreux ne voulant pa forcément dure 90%, mais on reconnait bien là vos exagérations) ? Pourquoi ne pas lui accorder au moins cette hypothèse ?
Quant à mon supposé "libéralisme doctrinal", là encore, vous jugez un peu rapidement. Ma longue expérience (et réflexion) dans le domaine de la préparation au mariage me fait justement, et sincèrement, penser que de nombreux mariages n'ont pas tous les éléments nécessaires à leur validité. Ce qui ne veut pas dire que l'Eglise aurait dû, en premier lieu, les refuser, car le mariage est un droit pour tout baptisé, et on ne peut, a priori, remettre en cause la parole des fiancés, sauf évidence.
Ce problème est un problème extrêmement difficile. Je n'en connais pas la réponse. Noublions pas que la décision des tribunaux ecclésistiques n'est jamais infaillible, dans un sens comme dans l'autre. Benoît XVI le rappelait dans un discours récent à la Rote. Il faisait déjà une (petite) ouverture vis-à-vis de certains couples qui, du fait de cette non infaillibilité, pouvaient parfois, en conscience juger que la décision de refus de déclaration de nullité était erronée, et du coup accéder, à titre privé, aux sacrements malgré une situation matrimoniale non "règlée".
Je trouve dans ce fil que beaucoup ne font que raisonner théoriquement, et non pastoralement, et surtout sont à des années lumière des situations réelles au sein de notre humanité blessée par le péché. Le Pape François, avec l'assistance du St Esprit quidera le synode comme il se doit. C'est le moins qu'on puisse croire, ou alors on a perdu foi dans notre Eglise, ce qui est contraire à ce que l'on affirme à chaque Credo.
Ion

( 759101 )
Quels seraient ? par Meneau (2014-09-22 10:25:11)
[en réponse à 759087]
Selon votre longue expérience (et réflexion), quels seraient les éléments manquants pour la validité de "nombreux" mariages ?
Cordialement
Meneau

( 759107 )
Question délicate ... par Ion (2014-09-22 10:52:41)
[en réponse à 759101]
... car chaque cas est différent.
La foi, (ou plutôt son absence) tout d'abord, même si je sais que ce n'est pas là une condition directe. Mais indirectement, on peut considèrer qu'un baptisé qui n'a pas nourri sa foi, et approfondi le mystère du mariage, ne peut réellement comprendre les fondements de son indissolubilité (qui repose sur l'indissolubilit de l'Alliance du Christ et de Son Eglise). Benoît XVI, qui s'est penché sur la question des rapports entre foi et validité du mariage, n'a pas franchi le pas, mais a tout au moins ouvert le débat dans cette direction.
Ensuite, je citerai rapidement : les nombreux cas où l'un des deux a fait pression sur l'autre pour avoir un mariage à l'Eglise, mariage accepté par l'autre partie mais sans réelle conviction. Les manques de maturité et manques de liberté directement issus entre autres, et paradoxalement, de la cohabitation avant le mariage. Et puis, bien sûr, les nombreux cas de mariage à l'Eglise où la déclaration d'intention, même "sincère" et écrite ne repose que sur peu de réflexion, même chez des catholiques dits pratiquants. La préparation "matérielle" (salle, invitations, ...) est parfois bien plus prenante que la préparation en tant que telle.
Et encore une fois, même dans ces situations, et sauf lorsque le problème est flagrant, l'Eglise ne peut, semble-t-il, refuser ce qui est un droit (même d'ailleurs un devoir), celui de se marier à l'Eglise, quand on est baptisé. Peut-être y a-t-il là encore, une réflexion à mener par l'Eglise ... mais je ne vois pasa bien comment Elle pourrait, même théologiquement, être plus restrictive.
Pour finir, et surtout pour ne pas laisser ici un tableau trop noirci, j'ajoute qu'il y a de très nombreux cas de cheminement de fiancés non catéchisés, de réelle conversion intérieure de certains qui sont animés par une réelle soif de découvrir ce qu'ils sentent confusément être la vérité, vérité qu'ils appellent parfois de ce terme passe-partout de valeurs.
Ion

( 759109 )
Impossible à prouver par Aigle (2014-09-22 11:07:13)
[en réponse à 759107]
Tout ce qu écrit Ion relève du for interne et est impossible à prouver !
Qui pourra justifier par des preuves que lors de son mariage il n'avait pas la foi ou n'était pas sincère dans les engagements pris ?
En outre si l'un des deux seuls est sincère devrait il considérer que le sacrement est valide pour lui seul ? Et n'est pas valide pour l'hypocrite ?

( 759118 )
Impossible à prouver ? par Cath...o (2014-09-22 12:31:37)
[en réponse à 759109]
Pas forcément : lors d'un procès en nullité de mariage, parents, famille et amis peuvent être cités par les (ou l'un des) époux comme témoins.
Des preuves écrites ne sont pas nécessaires, des témoignages concordants à partir de conversations tenues seraient suffisants.

( 759124 )
Crédibilité ? par Aigle (2014-09-22 13:47:25)
[en réponse à 759118]
Ne voyez vous pas le caractère odieux de tout cela ? Quelle crédibilité accorder aux témoignages d'amis et de membres de famille ?
" je le jure monsieur le juge mon frère est un obsédé sexuel incapable d'amour et de fidélité il n'a épousé sa femme que pour faire plaisir à ma mère "
" je le jure monsieur le juge mon meilleur ami est un gros âne qui ignorait sincèrement que le mariage catholique était indissoluble. En fait à la sortie et la messe de mariage il m'a confié que tout cela n'tait que mascarade "
" je le jure monsieur le juge mon fils est un abruti qui ne comprenait rien à rie. Et ne savait même pas ce qu'était le mariage"
" je le jure j'ai forcé ma fille à épouser ce bonhomme odieux dont je pensais qu il était très riche et très pieux"
Si les deux parties sont favorables à l'annulation, on en vient à un quasi divorce par consentement mutuel chaque partie jouant un rôle pour faire croire à l'existence des conditions légales. Ce sera ridicule .

( 759129 )
Création d'un divorce "catholique" ? Un risque évident par Athanase (2014-09-22 14:14:38)
[en réponse à 759124]
Admettons que la question des divorcés remariés soit réglée sous l'angle de la procédure accélérée. On dira que c'est très bien, que cela permet de faire évoluer l'accès à la justice ecclésiale, sans perturber la doctrine... Mais, vu le laxisme existant, l'existence de causes de nullité vagues et capables d'être utilisées pour mettre fin à une union qui a existé, ne risque-t-on pas de créer une sorte de divorce "catholique" ? Les décisions iraient toujours dans le sens des époux désireux de mettre fin à une union, etc. La solution proposée par le pape n'est-elle pas aussi dangereuse ?

( 759146 )
Mais ... par Cath...o (2014-09-22 17:20:28)
[en réponse à 759124]
... je n'y suis pour rien, moi !!!
Changez le droit canon si vous voulez, mais c'est bien comme cela que cela fonctionne actuellement !
Remarquez, si on va par là, quelle valeur a l'audition des époux ? Tout comme les témoins, ils promettent sur la Bible de dire la vérité, mais dans une société déchristianisé, quelle valeur a cette promesse ? Et si l'un décide de mentir, ou, moins perfidement, est atteint de troubles mentaux le poussant à fabuler, qui va s'en rendre compte ? D'autant plus que le contenu de son audition est gardé secret ....
Vous écrivez "Quelle crédibilité accorder aux témoignages d'amis et de membres de famille ?". Je ne suis pas loin d'être parfois d'accord avec vous. Mais comment instruire un procès autrement ?
Si vous avez des solutions cela m'intéresse, moi je ne vois pas ...

( 759155 )
Évidemment par Aigle (2014-09-22 18:32:26)
[en réponse à 759146]
Il s'agit à mon avis et reprendre la distinction du for interne et externe.
S'il y a mensonge sur l'identité de la personne, si l'un des époux est déjà marié,s'il y a un empêchement dirimant ( inceste par ex) bref s'il y a des éléments objectifs graves on peut le constater et établir la nullité .
Mais on ne devrait jamais l'établir en considération d'éléments internes tels que les convictions personnelles réelles des époux que seul Dieu peut connaître . Il y a la un risque trop évident de mensonge et de manipulation du tribunal ( éventuellement par accord des deux époux).
D'une façon générale la nullité correspond à des cas très précis et qui était peut être fréquent il y a deux siècles mais aujourd'hui ils me semblent très rares .

( 759170 )
Ne faudrait-il alors juger ... par Cath...o (2014-09-22 22:53:44)
[en réponse à 759155]
... que lorsqu'il y a des preuves formelles ?
Que faire alors du canon 1095, en particulier le §2 qui malgré une importante jurisprudence peut toujours donner lieu à des interprétations variées:
"Sont incapables de contracter mariage les personnes :
2° qui souffrent d’un grave défaut de discernement concernant les droits et les devoirs essentiels du mariage à donner et à recevoir mutuellement... "
Ne faut-il laisser aucune place à l'intime conviction des juges ?
N'oublions tout de même pas que le jugement est un acte purement humain. Sinon comment serait-il possible que les deux instances successives d'une même affaire, "après l'invocation du saint Nom de Dieu" comme le prévoit le droit, rendent deux sentences contradictoires ?

( 759183 )
Franchement par Aigle (2014-09-23 07:31:22)
[en réponse à 759170]
Je voudrais savoir et quand date ce canon et ce qu il voulait dire au départ !
À part les attardés dites moi qui " souffrent d’un grave défaut de discernement concernant les droits et les devoirs essentiels du mariage à donner et à recevoir mutuellement... "?
Et "Ne faut-il laisser aucune place à l'intime conviction des juges ? " ouvre la porte à l'arbitraire ... Et in fine à une annulation qui confine au divorce !

( 759188 )
Grâce à St Jean-Paul II ... par Ion (2014-09-23 08:49:50)
[en réponse à 759183]
... cette dimension essentielle du don a enfin été mise au premier plan dans la théologie du mariage, don qui est le reflet et trouve sa source dans le don du Christ à son Eglise. Mais qui a lu St Jean Paul II parmi les fiancés baptisés qui se préparent au mariage ?
Alors oui, ce discernement fait bien souvent défaut, sans qu'on soit pour cela "attardé", et je pense que Catho a raison. Et le monde d'aujourd'hui, ou la notion de devoir a été remplacée par celle de droits ou d'acquis, bref d'individualisme forcené, n'est pas propice a faire cheminer les époux, quand le discernement de départ était isuffisant, vers un meilleur discernement de ce don, comme cela était sans doute davantage le cas avant. Un peu comme les mariages "arrangés" d'une époque révolue, qui si les conditions de liberté n'étaient pas vraiment remplies au départ, pouvaient devenir petit à petit des mariages solides et authentiquement libres.
Ion

( 759190 )
Vous trouverez un peu partout sur le net ... par Cath...o (2014-09-23 09:37:14)
[en réponse à 759183]
... des explications sur ce canon, des extraits de jugement, des cours en pdf ... Je vous laisse chercher si cela vous intéresse. Tiens, je vous le redonne même en entier, je sens qu'il ne va pas vous plaire ...
Can. 1095 - Sont incapables de contracter mariage les personnes:
1 qui n'ont pas l'usage suffisant de la raison;
2 qui souffrent d'un grave défaut de discernement concernant les droits et les devoirs essentiels du mariage à donner et à recevoir mutuellement;
3 qui pour des causes de nature psychique ne peuvent assumer les obligations essentielles du mariage.

( 759157 )
D'accord, et c'est justement parce que ... par Ion (2014-09-22 19:23:00)
[en réponse à 759109]
... tout ceci est difficile à prouver que l'Eglise cherche désormais d'abord une réponse pastorale avant une réponse doctrinale.
Et à cet égard, je trouve la position orthodoxe intéressante, qui met l'accent sur la faiblesse humaine et le péché, mettant le deuxième "mariage" sur le plan non pas de la célébration joyeuse (signe couronnement des époux) mais de la pénitence (signe du pardon et de la miséricorde). Nous, catholiques occidentaux, sommes tellement cartésiens qu'il est nécessaire, là où les orthodoxes parlent de péché, de pénitence et de pardon, de parler de procès en nullité.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! J'ai seulement parlé de position "intéressante", sans plus ... ni moins.
Ion

( 759176 )
mais Ion on vous connaît depuis des années par Luc Perrin (2014-09-23 00:13:55)
[en réponse à 759087]
vous n'êtes pas un nouveau né sur le Forum et on se connaît même physiquement, le GREC rappelez vous.
Votre libéralisme doctrinal, sous couvert de "pastorale" (!!!), il est dans les archives du Forum. Chacun peut vérifier : la liste des vos suggestions "pastorales" en opposition avec la doctrine du Magistère et des Ecritures est déjà longue.
Il est vrai que vous vouliez en finir avec la transsubstantiation contre Trente-Vatican II - Paul VI et Jean-Paul II.
Alors c'est sûr que dynamiter "pastoralement" le sacrement du mariage est, à vos yeux, une broutille.
Quant à l'Église, elle survivra j'en ai la conviction : elle a tant subi déjà et même un Jules II (pape) et même un Clément VII (pape) et même un Clément XIV (pape quoiqu'au moins il a posé en 1773 un acte "prophétique") elle a survécu à tant et tant de papes mal inspirés et dont les choix furent désastreux, elle a survécu au Grand Schisme d'Occident (avec 3 papes à la fin), elle a survécu à Luther et elle a aussi survécu aux fumées de Satan détectées par Paul VI en 1972 (il ne pensait pas aux traditionalistes du tout en disant cela) ... je n'ai aucun doute qu'elle survivra au cardinal Kasper, au cardinal Maradiagua et à Mgr Bonny et même à La Croix ou Témoignage chrétien ou G*lias. Et aux égaré(e)s de la "pastorale" néo-libérale et néo-moderniste - les "fumées de Satan" de 2014 toujours enjoleuses, toujours séduisantes, toujours faussement compatissantes et in fine toujours mortifères - que vous admirez tant.
En Albanie le Saint-Père a justement dit le mal qu'il pense de l'individualisme moderne, à savoir la philosophie qui sous-tend la fausse "pastorale" néo-moderniste.
Ce qui nous sépare, c'est que de voir les âmes souffrir ne m'amène pas une paix intérieure, de voir le sel s'affadir me remplit d'effroi (cf. Saint Matthieu, chapitre V - tout le chapitre est à relire avant le Synode et en parallèle des thèses du cardinal Kasper :
"Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
Vous êtes le sel de la terre; mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors pour être foulé aux pieds par les hommes.")

( 759186 )
Vous êtes sans doute capable ... par Ion (2014-09-23 08:37:09)
[en réponse à 759176]
... de raisonner sur le fond, mais là, rien sur le sujet qui nous occupe, pas la moindre réponse aux points que j’essayais de développer. Vous préférez divaguer sur la longue liste de mes prétendues oppositions au Magistère, alors même que vous seriez bien incapable de trouver une telle opposition, même en cherchant bien. Et si vous en trouviez une avérée, vous savez très bien que je ferais immédiatement amende honorable.
C’est tellement plus facile de se laisser emporter par ce type de dialectique vide d’intérêt, et cela n’honore pas un forum qui se veut de discussion non sur les personnes mais sur le fond.
Ion

( 759090 )
[réponse] par Quaerere Deum (2014-09-22 09:04:17)
[en réponse à 759071]
Il n'y a pas de fausses déclarations de nullité. Seulement des conditions de nullité plus "lâches".
C'est facile à mettre en oeuvre, ça ne coute rien, car la doctrine en matière d'insolubilité ne peut changer.
Tout cela est conforme à la pensée du cardinal Bergoglio, et à celle du cardinal Kasper dont les idées sont encouragées par le Pape François.

( 759103 )
Des conditions de nullité plus lâches ? par Ion (2014-09-22 10:25:56)
[en réponse à 759090]
Plus lâches, je ne crois pas. Les conditions ne changeront pas, car ce serait remettre en cause la doctrine sur les conditions de validité d'un mariage : liberté, fidélité, conscience de l'indissolubilité, fécondité.
Que les situations actuelles introduisent de nouvelles raisons légitimes de justifier qu'une des conditions n'était pas remplie, sans doute. Mais pas les conditions elles-mêmes.
La nuance est de taille.
Et en tout état de cause, la décision des tribunaux n'est jamais infaillible. C'est une histoire de conscience entre l'homme et Dieu. Entre un époux dont la mariage a été déclaré nul alors que sa conscience lui dit le contraire, mais qui aura tout loisir de se "re"-marier officiellement et un autre dont le tribunal a refusé la déclaration de nullité, mais qui en conscience sait que son mariage n'en n'était pas un, lequel, à votre avis, peut vraiment communier ?
Ion

( 759106 )
Pas tout mélanger... par Meneau (2014-09-22 10:51:10)
[en réponse à 759103]
Entre un époux dont la mariage a été déclaré nul alors que sa conscience lui dit le contraire, mais qui aura tout loisir de se "re"-marier officiellement et un autre dont le tribunal a refusé la déclaration de nullité, mais qui en conscience sait que son mariage n'en n'était pas un, lequel, à votre avis, peut vraiment communier ?
Aucun des deux, mais pour des raisons différentes !
Cordialement
Meneau

( 759085 )
Qui êtes vous Ion par Aigle (2014-09-22 08:40:20)
[en réponse à 759049]
Pour me juger ?

( 759089 )
Je vous ai d'autant moins jugé ... par Ion (2014-09-22 08:49:15)
[en réponse à 759085]
... que j'ai justement émis des doutes sur le fait que vous vous rendiez compte de ce que vous écriviez.
Ion

( 759024 )
Pour Benoît XVI, les nullités étaient trop facilement concédées par Ennemond (2014-09-21 13:39:19)
[en réponse à 759011]
Quelques extraits des discours de S.S. Benoît XVI à la Rote romaine, en début d'année, à propos des reconnaissance de nullité :
« Il peut en effet se produire que la charité pastorale soit parfois contaminée par des attitudes complaisantes envers les personnes. Ces attitudes peuvent sembler pastorales, mais en réalité, elles ne répondent pas au bien des personnes et de la communauté ecclésiale elle-même; en évitant la confrontation avec la vérité qui sauve, elles peuvent même avoir un effet contraire en ce qui concerne la rencontre salvifique de chacun avec le Christ. Le principe de l'indissolubilité du mariage, réaffirmé avec force par Jean-Paul II en ce lieu appartient à l'intégrité du mystère chrétien. Aujourd'hui, il nous est malheureusement donné de constater que cette vérité est parfois voilée dans la conscience des chrétiens et des personnes de bonne volonté. » (28 janvier 2006)
« Il semble à certaines personnes que la doctrine conciliaire sur le mariage, et concrètement la description de cette institution comme "intima communitas vitae et amoris" (Const. past. Gaudium et spes, n. 48), doive conduire à nier l'existence d'un lien conjugal indissoluble, car il s'agirait d'un "idéal" auquel ne peuvent pas être "obligés" les "chrétiens normaux". De fait, s'est également diffusée dans certains milieux ecclésiaux la conviction selon laquelle le bien pastoral des personnes en situation matrimoniale irrégulière exigerait une sorte de régularisation canonique, indépendamment de la validité ou de la nullité de leur mariage, c'est-à-dire indépendamment de la "vérité" à propos de leur condition personnelle. La voie de la déclaration de nullité matrimoniale est de fait considérée comme un instrument juridique pour atteindre cet objectif, selon une logique dans laquelle le droit devient la reconnaissance des prétentions subjectives. » (27 janvier 2007)
« Dans certains cas, on peut malheureusement ressentir encore vivement l'exigence dont parlait mon vénéré prédécesseur: celle de préserver la communauté ecclésiale "du scandale de voir, en pratique, détruite la valeur du mariage chrétien par la multiplication exagérée et presque automatique des déclarations de nullité dans le cas d'échec du mariage, sous prétexte d'une quelconque immaturité ou faiblesse psychique des contractants" (Allocution à la Rote romaine, 5.2.1987, cit., n. 9, p. 1458). (29 janvier 2009) »
« Assurément, certains courants anthropologiques "humanistes", tournés vers l'autoréalisation et l'autotranscendance égocentrique, idéalisent tellement la personne humaine et le mariage qu'ils finissent par nier la capacité psychique de nombreuses personnes, en la fondant sur des éléments qui ne correspondent pas aux exigences essentielles du lien conjugal. » (29 janvier 2009)
« Certains considèrent que la charité pastorale pourrait justifier toute décision en direction de la déclaration de nullité du lien matrimonial, pour aider les personnes qui se trouvent dans une situation matrimoniale irrégulière. La vérité elle-même, bien qu'invoquée par les paroles, tendrait ainsi à être considérée dans une optique instrumentale, qui l'adapterait à chaque fois aux diverses exigences qui se présentent. » (29 janvier 2010)
« Il faut se garder des rappels pseudo-pastoraux, qui situent les questions sur un plan purement horizontal, où ce qui compte est de satisfaire les demandes subjectives pour parvenir à tout prix à la déclaration de nullité, dans le but de pouvoir surmonter, entre autres, les obstacles à la réception des sacrements de la pénitence et de l'Eucharistie. Le bien très précieux de la réadmission à la Communion eucharistique après la réconciliation sacramentelle, exige en revanche de considérer le bien authentique des personnes, qui est inséparable de la vérité de leur situation canonique. Ce serait un bien factice, et un grave manquement à la justice et à l'amour, que de leur aplanir la voie vers la réception des sacrements, avec le danger de les faire vivre en opposition objective avec la vérité de leur situation pastorale. » (29 janvier 2010)
« Il faut œuvrer afin que s’interrompe, dans la mesure du possible, le cercle vicieux qui a souvent lieu entre une admission facile au mariage, sans une préparation adéquate et un examen sérieux des qualités prévues pour sa célébration, et une déclaration judiciaire parfois tout aussi facile, mais de sens inverse, où le même mariage est considéré nul uniquement sur la base de la constatation de son échec. » (29 janvier 2011)
« Il faut résister à la tentation de transformer les simples manquements des époux au cours de leur existence conjugale en défauts de consentement. La véritable exclusion ne peut, en effet, avoir lieu que lorsque vient à manquer ce qui est ordonné au bien des conjoints, et qui est exclu par un acte positif de volonté. Les cas où vient à manquer la reconnaissance de l’autre comme conjoint, ou bien où l’on exclut d’ordonner la communauté de vie conjugale au bien de l’autre, sont sans aucun doute vraiment exceptionnels. L’évaluation de ces hypothèses d’exclusion du bonum coniugum devra être attentivement validée par la jurisprudence de la Rote romaine. » (29 janvier 2011)


( 759027 )
La nullité n'estpas le divorce par Aigle (2014-09-21 14:10:35)
[en réponse à 759024]
On voit bien que la dérive est ancienne. Pour contourner la prohibition absolue du divorce on a recours trop facilement à l'annulation qui ne devrait être pourtant reconnue que dans dans des cas très rares et en pratique est assez largement accordée ...

( 759028 )
Grrrrr !!! par Cath...o (2014-09-21 14:20:40)
[en réponse à 759027]
Tant que même les tradis utiliseront "annulation" au lieu de "reconnaissance de nullité", comment voulez-vous que les medias et le grand public aient une vision exacte du sujet ??

désolée Aigle si c'est tombé sur vous ...


( 759051 )
"Annulation" par Turlure (2014-09-21 20:12:08)
[en réponse à 759028]
Je n'ai jamais très bien compris la répugnance de nombreux catholiques à parler d'annulation s'agissant des mariages.
En droit (et le droit civil actuel emprunte justement au droit canonique historique), dire qu'un juge prononce l'annulation d'un acte signifie qu'il affirme que celui-ci est nul dès l'origine en raison d'un vice de formation sur lequel on lui a demandé de se prononcer.
"Annulation" veut bien dire ce que ça veut dire : avant votre jugement, vous êtes considérérée comme mariée et ne pouvez épouser quelqu'un d'autre, après, vous ne l'êtes plus.
On passe ainsi d'une validité présumée à une nullité déclarée.
Mais peut-être qu'une subtilité du droit canonique contemporain m'échappe...

( 759053 )
Je laisse ... par Cath...o (2014-09-21 20:31:32)
[en réponse à 759051]
... à de plus cultivés que moi le soin de vous répondre.
J'émets juste une hypothèse : si le droit civil actuel découle du droit canonique ancien, n'y a-t-il pas eu à l'usage un changement de terme ? Comme celui qui est justement en train de se produire en droit canonique sous la plume de beaucoup ?
En tout cas après vérification le terme d'annulation n'apparaît pas plus dans le Code de 1917 que dans celui de 1983.

( 759055 )
Non pardon, ... par Cath...o (2014-09-21 20:41:48)
[en réponse à 759053]
... je suis idiote, la fonction "recherche" n'a évidemment pas épluché tout le Code, juste la partie sur laquelle j'étais.
Oubliez donc ma dernière phrase, je suis confuse ...

( 759073 )
On parle de nullité! par Ubique Fidelis (2014-09-21 23:18:08)
[en réponse à 759051]
En droit français comme en droit canon, lorsque les conditions (du mariage) exigées ad validitatem ne sont pas remplies, on parle de nullité et non d'annulation. En revanche, lorsque l'acte est entâché d'une telle nullité, cette dernière emporte, il est vrai techniquement, annulation du mariage, dès lors, réputé ne jamais avoir existé.

( 759113 )
Effectivement par Turlure (2014-09-22 11:50:49)
[en réponse à 759073]
Je n'ai pas été précis. Le terme propre est la nullité. Mais lorsqu'un juriste parle d'une annulation, il s'agit bien de la prononciation d'une nullité, par opposition avec, par exemple une résolution.
Dire qu'un mariage est annulé ne me semble dès lors pas une "hérésie".

( 759148 )
Ca fait tache... par BdM (2014-09-22 17:33:51)
[en réponse à 759073]
"entaché", et non pas "entâché"...

( 759026 )
sur Newsva en langue française on a la même info mais par jejomau (2014-09-21 13:55:36)
[en réponse à 759011]
on occulte la composition des personnes qui siègeront :
LIEN..... Sans commentaires.....

( 759056 )
D'un autre côté... par Justin Petipeu (2014-09-21 21:04:23)
[en réponse à 759011]
...il est vrai que l’Église a marié n'importe qui n'importe quand depuis au moins 30 ans. J'en ai été témoin à plusieurs reprises. Il suffisait que le curé de la paroisse soit l'ami de la famille "un tel" pour que le couple passe à l'église, fut-il croyant ni à Dieu ni à diable, pilulé jusqu'aux oreilles ou n'entendant goutte au mariage chrétien...et tout le monde le savait !
Cette commission pour faciliter les annulations n'est qu'une réparation d'un laxisme général et scandaleux qui a bien eu lieu de la part du clergé.

( 759058 )
D'une pierre par Quaerere Deum (2014-09-21 21:14:59)
[en réponse à 759056]
deux coups, somme ?!!

( 759179 )
Mais alors si le mariage la confession par Ritter (2014-09-23 01:41:22)
[en réponse à 759011]
Si l'on a pas la contrition parfaite, la nullité de la confession peut-elle être invoquée?