Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=758108

( 758108 )
Le Pape François dans la continuité de ses Prédécesseurs par Chicoutimi (2014-09-06 21:59:29)
Bonjour,
Alors que certains insistent sur une soi-disant rupture entre le Pape François et le Pape Benoît XVI, il semble que le Pape François insiste pour s'inscrire dans la continuité de ses Prédécesseurs qu'il a en vénération :
A- Le Pape François se recueille sur la tombe de saint Pie V : http://www.news.va/fr/news/premier-jour-de-pontificat-du-pape-francois
B- Le Pape François se recueille sur la tombe de saint Pierre et des papes Benoît XV, Pie XI, Pie XII, Paul VI et Jean Paul Ier : http://www.news.va/fr/news/un-pelerin-en-priere-sur-la-tombe-de-saint-pierre
C- Le Pape François se recueille sur la tombe des papes saint Pie X, saint Jean XXIII et saint Jean-Paul II : http://www.news.va/fr/news/le-pape-francois-sest-recueilli-sur-la-tombe-de-je
D- Le Pape François se recueille sur la tombe de Paul VI : http://www.news.va/fr/news/le-pape-francois-se-recueille-en-priere-sur-la-tom
E- Le Pape François dit que Pie XII :
i) fut un « grand défenseur des Juifs » : http://www.news.va/fr/news/le-pape-francois-je-ne-suis-pas-un-illumine
ii) fut proche de la souffrance du peuple : http://www.news.va/fr/news/la-proximite-de-pie-xii-a-la-souffrance-du-peuple
F- Le Pape François rend hommage à saint Célestin V : http://www.news.va/fr/news/en-molise-francois-rendra-hommage-a-celestin-v-le
G- Le Cardinal Parolin constate de nombreuses ressemblances entre saint Pie X et le Pape François : http://www.news.va/fr/news/redecouvrir-la-figure-de-saint-pie-x
- Quant à Benoît XVI, il faut noter sa présence auprès du Pape François lors de 3 événements importants :
i- 05-07-2013 (Consécration du Vatican à saint Michel et saint Joseph) : http://www.news.va/fr/news/francois-inaugure-une-statue-de-saint-michel-en-pr
ii- 22-02-2014 (Consistoire) : http://www.news.va/fr/news/creation-des-nouveaux-cardinaux
iii- 27-04-2014 (Canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II) : http://www.news.va/fr/news/jean-xxiii-et-jean-paul-ii-au-catalogue-des-saints
Ainsi qu’à 2 autres occasions :
iv- 23-03-2013 (Première rencontre entre le Pape François et Benoît XVI) : http://www.news.va/fr/news/le-pape-francois-rencontre-benoit-xvi-a-castelgand
v- 23-12-2013 (Le Pape François déjeune avec Benoît XVI) : http://www.news.va/fr/news/le-pape-francois-et-benoit-xvi-ont-dejeune-ensembl
vi- Et le Pape François reprend le combat de Benoît XVI contre la "dictature du relativisme" dans son "Discours au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège le 22-03-2013" : La pauvreté spirituelle, « c’est ce que mon Prédécesseur, le cher et vénéré Benoît XVI, appelle la « dictature du relativisme », qui laisse chacun comme mesure de lui-même, et met en péril la convivialité entre les hommes » : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2013/march/documents/papa-francesco_20130322_corpo-diplomatico.html
Enfin, le Pape François a célébré à au moins 2 reprises la messe "ad orientem" comme en témoigne la page Facebook de Mgr Guido Marini :
1- Le 31-10-2013 (Devant la tombe de saint Jean-Paul II) : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.653141818063744.1073741862.375882539123008&type=1
2- Le 12-01-2014 (Fête du Baptême du Seigneur) : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.691227764255149.1073741878.375882539123008&type=1

( 758110 )
lutte contre le relativisme? par Sierra (2014-09-06 22:19:44)
[en réponse à 758108]
Au journaliste Scalfari qui demande « Existe-t-il une vision unique du Bien ? », Pape François répond : « Tout être humain possède sa propre vision du Bien, mais aussi du Mal. Notre tâche est de l’inciter à suivre la voie qu’il estime être le Bien. »
Si cela n'est pas du relativisme, qu'est-ce donc?

( 758113 )
Saint Thomas d'Aquin par Chicoutimi (2014-09-06 22:51:57)
[en réponse à 758110]
1- Le problème, avec cette citation sur la conscience, est d'abord de savoir si c'est bel et bien ce que le Pape a dit.
2- D'autre part, bien que je ne sois pas à l'aise non plus avec la formule que vous citez, j'avoue - en même temps - que le domaine de la conscience morale est, à mon avis, complexe.
Que dire, par exemple, de cet enseignement de saint Thomas d'Aquin ?
Respondeo : "...de soi, toute volonté qui n'obéit pas à la raison, que celle-ci soit droite ou dans l'erreur, est toujours mauvaise".
Explicatio:
1. "Sans doute, lorsque la raison se trompe, son jugement ne dérive pas de Dieu; néanmoins elle le propose comme vrai, et, par suite, comme dérivé de Dieu, source de toute vérité".
2. "... lorsque par erreur [la raison] propose quelque chose comme prescrit par Dieu, le mépriser serait mépriser Dieu lui-même".
(SOMME THÉOLOGIQUE Ia IIae Pars, q. 19, a. 5)

( 758129 )
Ne mêlez pas saint Thomas au relativisme... par Vianney (2014-09-07 10:03:52)
[en réponse à 758113]
...contenu dans les propos prêtés, à tort ou à raison (¹), par le journaliste à son interlocuteur : saint Thomas d’Aquin n’a jamais écrit que “notre tâche est d’inciter chacun à aller dans la direction de ce qu’il estime être le bien”. À ce compte-là, il serait impossible d’édicter la moindre loi : le musulman devrait être encouragé à pratiquer la polygamie, le protestant à divorcer, etc.
Saint Thomas reconnaît bien que nous avons tous le devoir d’obéir à notre conscience, même erronée, mais que le devoir de l’Église est de propager la vérité, et celui de l’État de la protéger dans cette mission divine. Le respect des consciences ne peut en rien être opposable à cette (double) obligation.
V.
(¹) Remarquez que, quand bien même ce serait à tort, ces propos n’ont pas été démentis par l’intéressé, qu’ils ont été reconnus authentiques par son porte-parole le père Lombardi, et qu’ils sont restés un mois durant sur le site du Vatican !

( 758172 )
La conscience individuelle ne peut être la norme de la moralité ! par Jean-Paul PARFU (2014-09-08 12:15:52)
[en réponse à 758129]
La morale se fonde sur l'anthropologie et sur la métaphysique.
Le problème, comme le rappelle Roberto de Mattei dans une conférence donnée à Paris en mars 2014 et reprise par le n°147 de "Nouvelles de Chrétienté", de mai-juin 2014, pages 6 et suivantes, c'est que si la morale traditionnelle est fondée sur l'absolu de la loi (morale) naturelle, elle a malheureusement été remplacée par une nouvelle morale (d'ailleurs présente dans le texte "Gaudium et Spes") fondée sur la personne humaine.
Seulement, un homme n'est pas d'abord une personne. En réalité, c'est parce qu'il a, d'abord, une nature humaine (soumise à des lois) qu'il est une personne !
Et c'est ainsi que depuis les années 60, la conscience individuelle est peu à peu devenue la norme de la moralité, jusqu'à l'inversion des valeurs actuelle.

( 758273 )
votre liste est disons amusante et votre myopie comique par Luc Perrin (2014-09-09 22:36:50)
[en réponse à 758108]
Elle récapitule des petits gestes ici ou là, des paroles furtives et sans portée doctrinale réelle (une petite phrase à la sauvette n'est pas équivalente à un motu proprio ou à une encyclique).
En revanche, il ne fait aucun doute que le Pape régnant a tenu à se démarquer non seulement de Benoît XVI mais de tous les papes post-Vatican II sur certaines prises de parole en éthique, pour le moins "à la sauvette", que sa vraie fausse interview à La Repubblica a causé un émoi certain, au point d'entraîner des rectifications ultérieures, que les cardinaux qui lui sont proches et qu'il a poussé en avant comme Son Eminence hondurienne ont eux aussi "dérapé" pour user d'un doux euphémisme et que, sauf erreur, le cardinal Kasper n'a jamais été la référence favorite de Benoît XVI en matière de théologie, ni pour Jean-Paul II d'ailleurs, à l'opposé donc du pape François.
De là à lancer le mot "rupture" non. S'il doit y avoir "rupture", c'est au Synode qu'on le verra : si la ligne de l'évêque de Gap est dominante ou si la ligne wojtylienne ferme de l'épiscopat américain prédomine.
Pour l'instant, le Pape a géré les affaires courantes en se démarquant sans rompre ouvertement justement. Ce sont des clins d'oeil en faveur d'une rupture, d'une sympathie envers l'esprit chaotique des années de plomb 1965-1975, rien de bien grave à ce stade.
Reste toutefois une rupture bien nette mais encore réduite : la persécution terrible des Franciscains de l'Immaculée et maintenant des Franciscaines dont le cardinal Braz veut clairement la suppression.
Or tant Jean-Paul II que Benoît XVI avaient encouragé ces 2 admirables et exemplaires congrégations.

( 758516 )
Ses prédécesseurs n'étaient pas des anti-intellectualistes post-modernes. par Scrutator Sapientiæ (2014-09-13 14:41:36)
[en réponse à 758273]
Bonjour Luc Perrin,
1. Jean-Paul II et Benoît XVI n'étaient pas des Souverains pontifes anti-intellectualistes post-modernes, tandis que le Pape François aurait plutôt tendance à donner souvent l'impression qu'il est le premier Souverain pontife anti-intellectualiste post-moderne.
2. De mon point de vue, l'anti-intellectualisme est l'une des caractéristiques fondamentales de la civilisation contemporaine, qui est apparue à partir de 1945, même si l'on ne s'en est pas aperçu tout de suite.
3. C'est ainsi que, dans les années 1950 et 1960, il y a eu à la fois beaucoup d'intellectualisme, dans l'esprit public, et beaucoup d'anti-intellectualisme, dans le corps social.
4. Les décennies suivantes ayant été des décennies de désidéologisation, de désintellectualisation de l'esprit public, seul l'anti-intellectualisme, mais je pourrais aussi bien parler de sensationnalisme et de superficialisme, ou de confusion entre émotion et opinion, a survécu, au sein du corps social.
5. Face à l'anti-intellectualisme contemporain, Jean-Paul II et Benoît XVI ont voulu faire réfléchir, d'une manière exigeante et objective, tandis que le Pape François, lui, ne semble pas avoir la même attitude "contrapositionnelle", "intellectualiste".
6. Avant le Pape actuel, ses prédécesseurs n'avaient pas peur de mettre en avant et en valeur la part de complexité, et même de difficulté, inhérente au discours chrétien, à la doctrine chrétienne, et ne craignaient pas, par voie de conséquences, de passer pour des "élitistes".
7. Cela ne veut pas dire qu'à mes yeux le Pape François est "un neuneu, qui s'adresse à des neuneus, ou qui nous prend pour des neuneus", mais cela veut dire qu'à mes yeux le Pape François met davantage l'accent sur la schématisation ou la simplification de son discours, jusqu'au risque de l'appauvrissement, dans l'espoir d'être accessible à tous.
8. Mais en quoi enrichit-on qui que ce soit, en quoi incite-t-on qui que ce soit à s'enrichir, doctrinalement et spirituellement, au contact et au moyen d'un discours que l'on a préalablement appauvri, dans l'espoir de le rendre totalement accessible, ce qui d'ailleurs n'est pas toujours le cas, quand on lit bien le Pape François ?
9. Quand je parle d'anti-intellectualisme, je parle de culture intellectuelle et morale générale, je ne parle évidemment pas
- de la culture intellectuelle "régionale" spécialisée, propre à telle ou telle composante de telle ou telle discipline académique ou scientifique,
ni
- de la culture intellectuelle "sectorielle" spécialisée, propre à telle ou telle activité économique ou technologique.
10. Sans doute le Pape François n'est-il pas responsable de l'inculture intellectuelle générale, qu'il connaissait sans doute déjà (et qui existe au sein et autour de l'Eglise), quand il a été élu Pape, mais n'a-t-il pas vocation à pratiquer davantage, non, bien sûr, un ésotérisme intellectualiste isolationniste, mais un enseignement bien plus propice à l'édification intellectuelle des catholiques, dans la mesure où elle est à la fois nécessaire et ordonnée à leur édification théologale ?
Bon après-midi et à bientôt.
Scrutator.

( 758560 )
Plutôt dans la continuité d'un cardinal contempteur de leurs positions. par Scrutator Sapientiæ (2014-09-14 14:05:06)
[en réponse à 758108]
Bonjour et bon dimanche, Chicoutimi.
Je ne raisonne pas en termes de filiation explicite, mais en termes de proximité objective, et celle à laquelle je pense ici n'est évidemment pas exclusive d'autres proximités.
Posons-nous, posez-vous, la question de savoir quel cardinal a été l'un des principaux contempteurs de plusieurs des principales positions exprimées ou formulées par Jean-Paul II puis Benoît XVI.
Vous avez sans doute déjà entendu parler du cardinal archevêque de Milan, Mgr Carlo Maria MARTINI.
Encore une fois, cela n'a pas fait de Mgr Bergoglio, et cela ne fait pas du Pape François, un "martinien" ou un "martiniste" explicite, mais je crois vraiment que le spécifique du positionnement du Pape actuel est bien plus proche de celui qu'avait Mgr MARTINI que de celui qui, dans l'ensemble, était commun à Jean-Paul II et à Benoît XVI.
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.