Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 757932 )Communion sur les lèvres et à genoux par Pensassa (2014-09-04 23:14:35) 

Un prêtre de la FSSP rappelle régulièrement avant son sermon que 'dans la forme du rit extraordinaire de l'Eglise, et par respect pour Jésus-Christ réellement présent dans la sainte eucharistie, la communion se reçoit sur les lèvres et si possible à genoux.'

Cela veut-il dire que dans le rit ordinaire Jésus n'est pas présent ou bien qu'il n'est pas nécessaire de lui montrer notre respect ?

La première réponse en soi serait peut-être préférable...
images/icones/fleche3.gif  ( 757941 )la loi de l'Eglise , c'est la communion dans la bouche par jejomau (2014-09-05 07:23:29) 
[en réponse à 757932]

Mgr Marini :

les normes de distribution de la communion dans l'Église catholique sont toujours en vigueur. On a oublié en effet que la distribution de la sainte communion dans la main est liée à un indult, une exception, pourrait-on dire, accordée par le Saint-Siège aux conférences épiscopales qui en font la demande.» .... «l'usage de cette modalité n'enlève rien à l'autre modalité, recevoir l'hostie dans la main»..... «recevoir l'hostie dans la bouche met en lumière la vérité de la présence réelle dans l'Eucharistie, elle aide la dévotion des fidèles et introduit plus facilement au sens du mystère. Autant d'aspects qu'il importe aujourd'hui de souligner et qu'il est urgent de retrouver».


Du témoignage de respect à avoir en communiant si on le reçoit dans la main :

Dans l'Église ancienne, les hommes, avant de recevoir le pain consacré, devaient se laver la paume de la main (cf. JUNGMANN, op. cit., p. 461, n. 43.). En outre, le fidèle s'inclinait profondément en recevant le Corps du Seigneur qu'il portait directement dans la bouche, avec la paume de la main droite et non de la main gauche (THEODORUS MOPS., Catech. hom., 16, 27. Dans le rite de la Communion dans la main, qui se pratique dans les églises de Rite romain à partir plus ou moins de 1968, l'habitude est de recevoir le pain eucharistique dans la main gauche au lieu de la main droite comme c'était de règle dans l'antiquité. En plus, dans l'actuel rite de la Communion dans la main, le fidèle lui-même prend le Corps du Seigneur qui lui est donné dans la main et, après, il le porte avec les doigts à sa bouche). La paume de la main servait, pour ainsi dire, de patène ou de corporal (en particulier pour les femmes). C'est ce que nous pouvons lire dans un sermon de saint Césaire d'Arles (470-542) :

« Tous les hommes qui désirent communier, doivent se laver les mains. Et toutes les femmes doivent porter un voile de lin, sur lequel elles recevront le corps du Christ (Sermo 227, 5) ».

De manière habituelle, on purifiait la paume de la main ou bien on la lavait après la réception du pain eucharistique comme c'est encore la règle aujourd'hui, pour la Communion des clercs, dans le rite byzantin.


Du témoignage de respect quand on le reçoit dans la bouche:

Le Bienheureux Columba Marmion explique la cause de la vénération extérieure des espèces eucharistiques à partir de la prière de l'Église : « Seigneur, donne-nous la grâce de vénérer les saints mystères de Ton corps et de Ton sang ». Pourquoi vénérer ? Parce que le Christ est Dieu, parce que la réalité des espèces consacrées est une réalité sainte et divine. Celui qui se cache dans l'Eucharistie, c'est Celui qui est, avec le Père et l'Esprit Saint, l'Être infini, le Tout-puissant :

« O Christ Jésus, réellement présent sur l'autel, je me prosterne à vos pieds ; que toute adoration vous soit rendue dans le sacrement que vous avez voulu nous laisser la veille de votre Passion, comme témoignage de l'excès de votre amour! (Cf. ibid., p. 401) ».

images/icones/mitre4.png  ( 757961 )Mgr Athanasius Schneider s'exprime sur ce sujet par Diafoirus (2014-09-05 13:24:55) 
[en réponse à 757941]

Mgr Athanasius Schneider (MAS) : Selon ma connaissance et expérience, la plaie la plus profonde dans la crise actuelle de l’Eglise est la plaie concernant l’Eucharistie, les abus du Saint Sacrement.
Beaucoup de gens reçoivent la Sainte Communion dans l’état objectif du péché mortel… Ceci se répand dans l’Eglise, surtout dans l’Occident. Là les gens vont très rarement à la Sainte Communion avec une préparation suffisante.
Quelques gens qui vont à la Sainte Communion se trouvent en situations morales irrégulières qui ne correspondent pas à l’Evangile. Sans être mariés ils vont à la Sainte Communion. Ils peuvent être divorcés et vivre dans un nouveau mariage, un mariage civil, et ils vont quand-même à la Sainte Communion. Je pense que c’est une situation extrêmement inquiétante.

Il y a aussi la question de la réception objectivement irrévérente de la Sainte Communion. Ce qu’on appelle la nouvelle manière moderne de recevoir la Sainte Communion directement sur la main est un acte très grave puisqu’il expose le Christ à une énorme banalité.

Il y a le fait préoccupant de la perte des fragments eucharistiques. Personne ne peut nier cela. Et les fragments de l’hostie consacrée sont foulés par les pieds. C’est horrible ! Notre Seigneur est écrasé par les pieds ! Personne ne peut le nier.



.../...

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Lire ici
images/icones/neutre.gif  ( 757964 )[réponse] par Aigle (2014-09-05 14:19:53) 
[en réponse à 757961]

Est ce que le concile Vatican II a dit quelque chose à ce sujet ou s agit il d'une innovation de Paul VI ?
images/icones/neutre.gif  ( 757993 )[réponse] par Yves Daoudal (2014-09-05 19:34:52) 
[en réponse à 757964]

Il n'y a rien sur ce sujet dans Vatican II, ni sur le retournement des autels, etc.
images/icones/hein.gif  ( 757967 )Depuis quand... par Pétrarque (2014-09-05 14:34:00) 
[en réponse à 757932]

... l'usage de la communion à genoux s'est-il répandu dans la partie latine de l'Eglise ?
images/icones/fleche3.gif  ( 757969 )quelques élèments par jejomau (2014-09-05 15:07:12) 
[en réponse à 757967]

de réponse peut-être...

Le soin extrême et la vénération accordés aux fragments du pain eucharistique étaient un phénomène caractéristique de la communauté chrétienne du IIIe siècle, déjà connu d'Origène :

« Vous, qui d'habitude assistez aux divins mystères, quand vous recevez le corps du Seigneur, veillez à le regarder avec tout le soin et la vénération possible, afin que pas un fragment ne tombe à terre et que rien ne se perde du don consacré (In Ex. hom. 13, 3) ».


Dans l'ancienne Église syriaque, le rite de la distribution de la Communion était comparé à l'épisode de la purification du prophète Isaïe par un des séraphins. Dans un de ses sermons, saint Ephrem met ces paroles, dans la bouche du Christ :

« Le charbon, apporté à Isaïe, a sanctifié ses lèvres. Maintenant, c'est Moi, présent dans le pain qui vous a été apporté, qui vous ai sanctifiés. Les pincettes que le prophète a vues et qui servirent à prendre le charbon sur l'autel, représentaient Ma figure dans le grand sacrement. Isaïe m'a vu, de la même manière que vous Me voyez maintenant quand j'étends ma main droite pour porter à votre bouche le pain vivant. Les pincettes représentent Ma main droite. Quant à Moi, j'exerce la fonction de séraphin. Le charbon, c'est mon corps. Et vous tous, vous êtes Isaïe (Sermones in hebdomada sancta, 4, 5) ».


Cette description permet de conclure que dans l'Église syriaque au temps de saint Ephrem, la Sainte Communion était distribuée directement dans la bouche. On peut également constater cela dans la liturgie dite de saint Jacques, encore plus ancienne que celle de saint Jean Chrysostome (Cf. L. MALDONADO, La Plegaria Eucaristica, Madrid, 1967, 422-440). Dans la liturgie de saint Jacques, avant de distribuer aux fidèles la Sainte Communion, le prêtre récitait cette prière :

« Que le Seigneur nous bénisse et qu'il nous rende digne de prendre avec des mains immaculées le charbon ardent pour le mettre dans la bouche des fidèles ».


Se mettait-on alors à genoux déjà ? Cela serait assez logique et aller de soi...

Saint Thomas d'Aquin soutenait aussi , pour résumer sa pensée, que tout sacrement possède un aspect double et inséparable : le culte de l'adoration divine de Dieu et le salut de l'homme. La forme du rite doit par conséquent garantir de la manière la plus sûre possible le caractère sacré de l'Eucharistie (Cf. Summa theol., III, q. 60, a. 5c, ad. 3).

Un texte très interressant à lire et qui se trouve à la fin du LIEN sur lequel vous n'avez qu'à cliquer. En fin de l'article vous trouverez un autre lien intitulé :"considérations sur la manière de communier"....
images/icones/1d.gif  ( 757971 )Vous avez une "logique"... par Yves Daoudal (2014-09-05 15:54:55) 
[en réponse à 757969]

pour le moins "occidentocentrée" !

La génuflexion est (était) une façon occidentale de faire hommage à quelqu'un.

En Orient c'est la métanie: on se prosterne. Il y a la petite métanie et la grande métanie. Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, le seul et unique moment... de l'année où l'on se met à genoux c'est à la Pentecôte lors de la récitation des trois grandes prières que l'on appelle donc "office de la génuflexion" ou "de l'agenouillement" (ce sont les "vêpres de la génuflexion", ou "de l'agenouillement").
images/icones/fleche3.gif  ( 757979 )Ce qui est exact par jejomau (2014-09-05 17:27:36) 
[en réponse à 757971]

c'est que le développement du Christiannisme s'est incarné dans des hommes et qu'effectivement la façon de vivre la Sainte Messe a évolué pendant deux mille ans avec la civilisation prédominante de l'homme blanc occidental.

Et vous avez raison de souligner que d'autres cultures agissent différemment.

On en vient naturellement à la question qui taraude : Est-ce que certaines civilisations ne sont pas plus portées naturellement que d'autres à élever l'homme , Et dans le cas qui nous concerne ici : on se demandera si certaines civilisations ne prédisposent pas plus que d'autres au sens du sacré dans la Sainte Messe par une certaine attitude ?
images/icones/1d.gif  ( 757999 )Hélas tous ces par Yves Daoudal (2014-09-05 20:16:38) 
[en réponse à 757979]

saints, tous ces mystiques, tous ces martyrs, tous ces pères et docteurs de l'Eglise qui, venus avant la féodalité, n'ont pas bénéficié de la civilisation qui prédisposait au sens du sacré...

Mais retournez un peu à l'origine de la chose. S'agenouiller devant un homme, c'était reconnaître qu'on était son vassal. Il n'y avait rien de sacré là-dedans. On a logiquement transposé cette marque d'hommage à l'hommage à Jésus-Christ mon divin suzerain présent dans l'hostie. Mais a priori cet agenouillement n'était pas davantage l'expression d'un sens du sacré que la métanie devant l'empereur de Byzance, ou toute autre forme de vénération.
images/icones/fleur.gif  ( 758194 )Merci à tous les deux ! par Pétrarque (2014-09-08 18:16:58) 
[en réponse à 757999]

En particulier à Yves Daoudal qui a vu où je voulais en venir.

images/icones/neutre.gif  ( 758002 )le livre de Mgr Schneider par Cathether (2014-09-05 22:01:48) 
[en réponse à 757932]

c'est ici