Cela fait des années que la messe dominicale est associée dans mon esprit à une heure de martyre dont je me passerais volontiers. Une heure d’embarras, d’ennui. Des homélies banales et interminables. Des chansonnettes pop aux paroles crétines. Des harangues exténuantes et rhétoriques au Père Éternel conclues par « … ô Seigneur, écoute-nous ». Des signes de la paix moites. Une mini-procession ridicule pour porter les « offrandes » à l’autel. Des avis paroissiaux sans fin à écouter debout avant de recevoir la bénédiction finale (donc englobés abusivement dans la liturgie). Un « Nous rendons grâce à Dieu » qui (m)’échappe comme un cri de soulagement avant de pouvoir, enfin !, sortir et revoir les étoiles. Je répète : je ne recherche aucune polémique. Il s’agit juste de mes impressions personnelles.
Aujourd’hui, toutefois, j’ai découvert que, dans la petite ville du Lac Majeur où je passe d’ordinaire l’été, il y a un prêtre qui dit l’ancienne Messe. Une seule, le samedi après-midi. J’y suis allé, par curiosité. En effet, quand celle-ci était encore en vigueur, je n’allais pas à la Messe du tout. C’était donc pour moi une vraie nouveauté. À mon étonnement, le célébrant faisait quasiment tout de lui-même, les participants devant « répondre » seulement de temps en temps. Et quel silence ! Le tabernacle était au centre de tout, et non le show du prêtre. Dans un coin, quelqu’un entonnait les anciens hymnes en latin et, à ma grande surprise, je sentais quelque chose se dénouer en moi. Je ne me rendais pas compte du temps qui passait et étais attentif et concentré comme jamais, je « participais » pour de vrai. Je sortis encore habité d’un sens du sacré que je n’avais jamais ressenti auparavant. Il y avait des livres pour suivre la Messe, de ceux avec les rubans rouges pour marquer les pages. Je ne comprenais pas grand-chose mais – autre surprise – une Bengalaise, assise à mes côtés et ayant saisi mes difficultés, se mit à m’indiquer les gestes justes. Etc.... etc....
Rassurez-vous, à la fin de l’été, à mon retour en ville, je n’ai aucune intention de faire des kilomètres pour chercher une Messe selon la forme « extraordinaire » (sic). J’offrirai, comme toujours [comme tous les silencieux d'Italie, de France et d'ailleurs, ndlr], ma peine dominicale au Seigneur dans ma paroisse habituelle, pour le rachat de mes péchés.