Le Forum Catholique

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images/icones/bible.gif  ( 757206 )Question aux rubricistes chevronnés par Servus Domini (2014-08-22 11:46:02) 

Est-il permis d'anticiper la célébration (dans la forme extraordinaire) de la fête d'un Saint au Dimanche précédent?
Je pose la question car le desservant de notre chapelle, dédiée à St-Michel, envisage de célébrer la fête patronale le Dimanche 28 Septembre (donc le jour précédent la fête officielle),et ceci au prétexte que ce sera la Messe de rentrée de la communauté, et que la paroisse dont nous dépendons (elle aussi dédiée à St-Michel) fêtera son saint patron ce jour-là. Cela me semble être un abus, d'auatnt que nous avons toujours célébré la fête patronale le Dimanche suivant(et non précédent).
Existe-t-il des textes réglementant cela? J'avoue n'avoir rien trouvé jusqu'à présent.
images/icones/fleche3.gif  ( 757230 )Il me semble ... par Exocet (2014-08-22 20:01:31) 
[en réponse à 757206]

... que dans la forme extraordinaire, en France, on ne peut solenniser que les fêtes qui sont d'obligation au calendrier universel mais n'ont pas de jour férié : Epiphanie et Fête-Dieu. Toujours en France, il peut y avoir deux autres solennités : Ste Jeanne d'Arc et Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, mais elles ne sont que facultatives. Vous ne pouvez donc pas solenniser la fête de la Dédicace de Saint Michel, ni le dimanche après, ni (encore moins) le dimanche avant. Il ne vous reste plus qu'à attendre que cette fête tombe un dimanche.
images/icones/heho.gif  ( 757245 )Le dimanche suivant par Lycobates (2014-08-23 00:29:24) 
[en réponse à 757206]


Est-il permis d'anticiper la célébration (dans la forme extraordinaire) de la fête d'un Saint au Dimanche précédent?



Pour la fête du patron de l'église, la réponse à votre question est "non".
Voir dans le Missel (ed. typica 1920) les Additiones et Variationes in Rubricis Missalis, IV De Occurrentia et de Translatione Festorum, nº3 et les commentaires (v.Gemert p.ex.).

Dans les églises et dans les chapelles ou oratoires publics et semi-publics (donc pas dans les oratoires privés) la sollennité extérieure de la fête du patron principal du lieu, du titulaire ou de la dédicace de l'église propre, de la fête titulaire ou du patron principal de l'ordre ou de la congrégation (à laquelle l'église appartient) peut (ne doit pas !) être célébrée le dimanche suivant (pas un autre) la fête en tant que telle, s'il s'agit d'un dimanche mineur per annum, par une seule messe chantée et une seule messe basse, sauf si une fête double de Iere classe intervient ce même dimanche.

Les dimanches mineurs sont tous les dimanches sauf ceux de l'Avent, de la Septuagésime jusqu'au Dimanche in Albis, la Pentecôte et la Trinité.
C'est votre cas.
La sollennité est aussi interdite les dimanches mineurs qui tombent le 2 février et le 25 avril, si on ne célèbre qu'une seule messe, et si à l'occasion de cette messe la bénédiction des cierges (pour le 2 février) ou la procession des Rogations (pour le 25 avril) doit avoir lieu.
Ce n'est pas votre cas.

Les dimanches où la sollennité est empêchée, on peut en faire mémoire dans une seule messe chantée et une seule messe basse, sous une seule conclusion avec l'oraison de la messe du dimanche, sauf aux doubles de Iere classe qui sont fêtes du Seigneur, s'ils tombent un dimanche, comme Pâques, Pentecôte, la Trinité, le Christ-Roi, Noël et l'Epiphanie.

En revanche, quand on les célèbre, on chante (ou dit) ces sollennités avec Gloria et Credo et la Préface de la Trinité (si la fête n'a pas de préface propre, ainsi dans votre cas) et mémoire et dernier évangile du dimanche empêché.
On fait les autres mémoires comme dans les messes votives solennelles, sauf si dans la même église une messe conventuelle ou une autre messe chantée a lieu de l'office du jour.

L'indult Caprara (relevé par Exocet) est autre chose. Il oblige la sollennité le dimanche suivant de certaines fêtes d'obligation abrogées avec le Concordat. Cet indult ne concerne pas les fêtes patronales, en principe.

Une remarque pour votre "desservant" : On ne fait pas ce qu'on veut en liturgie. Les rubriques et les décrets de la SCR ne sont pas un self service. Quand on veut jouer dans le Wonderland "extraordinaire", il faut en connaître les règles. High Church oblige.
images/icones/livre.gif  ( 757249 )Autre réponse (différente) par BdM (2014-08-23 10:49:20) 
[en réponse à 757245]

La réponse de Lycobates est parfaitement exacte si l'on s'en tient aux rubriques en vigueur (comme il l'a d'ailleurs indiqué) en 1920.

Mais selon les rubriques en vigueur en 1962, la réponse serait différente: là il peut y avoir une solennité extérieure le dimanche précédent. En effet:

Solemnitas externa (...) fieri potest aut ipso die quo festum impeditur, aut in dominica immediate praecedenti vel immediate sequenti officium festi impediti, aut alio die ab ordinario loci determinando, etc...


(Rubricae generales missalis romani, VI, C, V)

NB: je n'entre pas ici dans le débat de savoir s'il vaut mieux suivre les rubriques de 1920 plutôt que celles de 1960 (qui sont celles du missel de 62). Mais dans la mesure où nombre de lecteurs du FC semblent vouloir suivre celles de 1960/62, j'ai pensé qu'ils seraient contents d'avoir la réponse correspondante.

Au passage, je ne pense pas que la rubrique citée puisse s'appliquer au cas de la solennité de l'épiphanie, puisque là il existe une règle particulière contenue dans le décret Caprara dont il a été question plus haut.
images/icones/livre.gif  ( 757252 )Ce qui montre une fois de plus... par Nemo (2014-08-23 11:07:47) 
[en réponse à 757249]

Que le missel de 1962 est révolutionnaire et augmente l'arbitraire, créant ainsi la division entre ceux qui sont pour une option et ceux qui sont pour l'autre. Arbitraire arrivé à son comble en 1969.
Sans parler du fidèle moyen qui, arrivant à la messe, ne saura plus quel choix aura été fait par le célébrant.
Ces choix existaient peut-être autrefois, mais beaucoup plus rarement.

Heureusement dans la plupart des lieux de culte traditionnels on suit les rubriques plus anciennes en cas de choix ou de doute.

Mais BdM ne prend pas position sur ce point.

Je précise aussi qu'en France on reporte la solennité de Saint Pierre et Saint Paul du 29 juin, obligatoirement.


images/icones/fleche3.gif  ( 757255 )En ce qui me concerne ... par Exocet (2014-08-23 11:24:08) 
[en réponse à 757252]

... je n'ai jamais vu de solennisation de la fête du patron de la paroisse le dimanche après ou avant. Mais comme le dit Nemo, ça fait partie des "surprises" du code des rubriques de 1962, période où le RP Bunigni était déjà à la manoeuvre. Peut-être que les réformateurs ont pris en considération le fait que le fête du patron de la paroisse est automatiquement une fête de 1ère classe, fût-elle de 3ème classe au calendrier liturgique. Donc pas d'inconvénient pour la "caser" un dimanche de 2ème classe. Et quand en plus la fête est de 1ère classe, comme la Dédicace de Saint Michel !
images/icones/1a.gif  ( 757268 )Je ne connais pas l'anticipation par Nemo (2014-08-23 16:12:21) 
[en réponse à 757255]

Mais en revanche je peux confirmer ce que dit avec beaucoup d'érudition Lycobates, les paroisses françaises ont depuis longtemps l'habitude de célébrer leur fête patronale au dimanche dans l'octave, sauf empêchement, et ce bien avant les rubriques de 1960. Sous l'ancien régime, ces fêtes étaient d'obligation donc on a pris l'habitude de les solenniser le dimanche suivant.
Le dimanche avait beaucoup moins d'importance et le sanctoral bousculait assez facilement le cycle. Mais il y avait les mémoires pour, comme leur nom l'indique, ne rien oublier.
images/icones/hein.gif  ( 757271 )Quand vous parlez ... par Exocet (2014-08-23 16:56:08) 
[en réponse à 757268]

... des paroisses qui ont depuis longtemps l'habitude de célébrer leur fête patronale au dimanche dans l'octave, je suppose que vous parlez des paroisses NOM ? Parce que dans tous les lieux de culte VOM que j'ai fréquentés et que je fréquente toujours, aucun n'avait l'habitude de solenniser la fête patronale le dimanche suivant, que ce soit avant ou après les "réformes".
images/icones/livre.gif  ( 757290 )Je ne parle jamais du NOM par Nemo (2014-08-24 00:39:07) 
[en réponse à 757271]

Je le connais assez mal. Si je le faisais je serais explicite.
La pratique de solenniser le saint patron le dimanche dans l'octave se faisait et se fait dans la plupart des endroits que je connais. je parle bien entendu de paroisses.
Le Cardinal Caprara dans son indult exige que la fête du saint patron de la paroisse soit traitée à l'égal de l'Epiphanie, de la Fête-Dieu, de la Saint-Pierre et Saint-Paul, et celle du patron du diocèse.
Voir Indult Caprara en pages 128 et 129.
Si des paroisses ont cru devoir s'en dispenser, c'est pas abus.
On m'a souvent signalé la non application des propres diocésains dans des lieux de culte traditionnels. C'est une grave anomalie.
images/icones/fleche2.gif  ( 757312 )fête patronale par Bertrand (2014-08-24 20:08:36) 
[en réponse à 757290]

J'ai pu voir à Rome,lieu de culte fssp, bien avant la Santissima Trinità dei Pellegrini, la fête de sainte Catherine de Sienne prendre le pas sur la vigile de l'ascension !
La sainte est en effet patronne principale de l'Italie.
images/icones/livre.gif  ( 757453 )Précision sur l'indult Caprara par Nemo (2014-08-27 21:46:04) 
[en réponse à 757290]

Je découvre en lisant le cérémonial lyonnais une précision qui manquait dans l'interprétation de l'indult du Cardinal Caprara. Quand on parle du dimanche proche, il s'agit du suivant et non du précédent.
Le grand vicaire de Malines a dû poser la question puisqu'on voit cette référence en page 20, note 4, réponse que lui fait le Cardinal Caprara lui-même.


Cérémonial de la Sainte Eglise de Lyon
images/icones/heho.gif  ( 757468 )Lisons jusqu'au bout... par BdM (2014-08-27 22:49:24) 
[en réponse à 757453]

Intéressant, en effet.

Sauf qu'à la page suivante (21) on dit que:

Si ce dimanche [=le suivant] était empêché, on devancerait la solennité.


Preuve que les solennités "anticipées" n'étaient pas si inconcevables que ça, et existaient, au moins à Lyon en 1838 !

NB: je ne dis pas que je suis pour. Je suis même plutôt contre. Mais je me contente de relever le fait.
images/icones/1d.gif  ( 757473 )Mea culpa par Nemo (2014-08-28 00:07:17) 
[en réponse à 757468]

Je ne suis pas allé jusqu'au bout... Je n'ai pas que ça à faire moi... Bon je plaisante bien sûr. Vive Google...

Je n'aime pas du tout l'anticipation non plus (et guère les solennités, c'est un pis aller).