Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=757262

( 757262 )
Crise des vocations = absence de la pratique religieuse par jejomau (2014-08-23 14:41:03)
Je lis l'interview très intérressante sur le manque de prêtres en
CORSE. Intéressante parce que pleine d'enseignements. D'abord sur ces propos qui frappent d'emblée parce qu'ils viennent d'un évêque et parce que cela change de la musique habituelle qui attribue la crise des vocations à tout.... Sauf à l'absence de la pratique religieuse considérée comme un tabou dans l'Eglise-en-France :
Monseigneur de Germay explique la gravité du problème :
« La crise des vocations n’est pas spécifique à la Corse, même si elle est ici assez marquée puisqu’actuellement un seul jeune se prépare à devenir prêtre en Corse, un jeune qui est libanais.
La crise des vocations a de multiples causes. On constate en tout cas qu’elle est liée à la baisse de la pratique. Là où la pratique dominicale diminue, la transmission de la foi diminue, et par conséquent les vocations aussi. C’est la raison pour laquelle on dit souvent que la crise des vocations est d’abord une crise de la foi
.
Là, c'est chapeau ! Bravo à Mgr de Germay d'avoir été aussi franc. Il fait le même constat que les Tradis ont fait depuis des dizaines d'années et s'époumonent depuis des dizaines d'années à le crier sur tous les toits... Pour résoudre le problème, Mgr de Germay dit :
je souhaite promouvoir une pastorale qui suscite des vocations parmi les jeunes vivant en Corse.
Un institut Tradi pourrait prendre contact avec Mgr de Germay et essaimer en Corse, non ?

( 757263 )
Mgr.de Germay pourrait.... par Pol (2014-08-23 14:59:02)
[en réponse à 757262]
....adopter le Motu Proprio de Benoit XVI du 7/7/07, 'liberer' la messe de toujours, la donner a toute les eglises, en suggerant que tous les pretres commencent a l'apprendre, et tout doucement, il verrait des metamorphoses, des surprises, il verrait les eglises recommencer a se remplir, il verrait les bonnes habitudes comme la reception de la Communion sur la langue retourner. Mais pour cela, il faut avoir la volonté de la faire.

( 757267 )
Mythe de la messe traditionnelle qui remplit les églises par Nemo (2014-08-23 16:00:46)
[en réponse à 757263]
je suis surpris qu'il y ait encore des gens qui croient que le rite de la messe remplit les églises.
Si tel était le cas, tous les endroits où est offerte la messe selon l'ancien rite déborderaient.
Hors ce n'est pas le cas.
Il suffit par exemple de regarder Paris où aucune des messes traditionnelles, FSSPX ou "Ecclesia Dei", ne déborde : la messe traditionnelle atire un pourcentage faible de catholiques.
En revanche on peut dire que ce faible pourentage de catholiques engendre un nombre important de vocations.
C'est la seule bonne nouvelle.
On ne convertit pas les gens avec le rite de Saint-Pie V et des saluts du Saint-Sacrement solennel. Ce serait trop simple.
La conversion est l'affaire des laïcs, sur leurs lieux de travail, dans leurs familles, chez leurs amis, par leur exemple et leur sainteté.

( 757269 )
et pourquoi par jejomau (2014-08-23 16:39:17)
[en réponse à 757267]
cette messe engendre-t-elle un nombre de vocations ?

( 757270 )
Deux raisons principales par Nemo (2014-08-23 16:42:04)
[en réponse à 757269]
Par sa richesse intrinsèque.
Par la plus grande motivation des fidèles qui la recherchent.

( 757273 )
Un mythe? par New Catholic (2014-08-23 17:44:36)
[en réponse à 757267]
C'est vrai, je ne connais pas tous les lieux de messe à Paris, en tant que visiteur, mais les messes du dimanche où je suis allé sont toutes très fortement remplies, et les messes de semaine sont certainement plus remplies que les novus ordo. Ce n'est pas du tout un mythe, pour quelqu'un qui observe la réalité catholique en Europe avec le regard d'un observateur extérieur. La différence est remarquable.
C'est qui est d'autre part tout à fait vrai c'est que les paroisses/églises exclusives de la forme traditionnelle sont plus remplies les dimanches que les messes isolées, ceci c'est parfaitement compréhensible. Une communauté traditionnelle permanente est plus dédiée à son église qu'une communauté éventuelle seulement pour les dimanches dans une église qui n'est pas la sienne.

( 757274 )
Deux messes par MG (2014-08-23 18:06:47)
[en réponse à 757273]
Dans une messe paroisse, en Bretagne l'été, l'une selon la forme ordinaire : une belle assemblée mais une église où il reste des places. Une messe à la même heure selon la forme extraordinaire dans une église de capacité semblable : des fidèles debout, des jeunes, des familles nombreuses, une belle chorale qui est capable de s'organiser en 15 minutes.
Et la forme extra n'attire pas ?
Je précise que les églises sont distantes de trois kilomètres.

( 757276 )
Peut-être une explication par megnace (2014-08-23 19:09:06)
[en réponse à 757274]
ou au moins un élément d'appréciation :
La Messe forme ordinaire aurait une assistance de paroissiens locaux ;
la Messe traditionnelle ferait venir une assistance plus nombreuse mais pas limitée à la paroisse locale.
Après tout il y a bien des fidèles FFSP ou FSSPX qui font des kilomètres et des kilomètres pour assister à leur Messe (perso, 8 km)

( 757278 )
Oui c'est un mythe ! par Archange (2014-08-23 19:53:02)
[en réponse à 757273]
Vous avez un effet de regroupement (et d'enfermement, de rejet... à bon entendeur...).
S'il y avait plus de messe "tradi" nous aurions un effet d'éparpillement et nous verrions que nous ne sommes pas nombreux.
Vous comparez ce qui n'est pas comparable. 1 messe VOM contre combien de messes NOM ?

( 757280 )
Ah, non, non, ce sont deux choses très différentes par New Catholic (2014-08-23 21:27:17)
[en réponse à 757278]
Une chose c'est dire que les tradis peuvent remplir leur messes seulement parce qu'elles sont peu nombreuses en comparaison avec le novus ordo.
Une autre chose c'est dire que "la messe traditionelle qui remplit les églises" c'est un mythe tout court, ce qui avait été dit par Nemo.
---
Vous dites aussi que "s'il y avait plus de messe "tradi" nous aurions un effet d'éparpillement"... Mais, cher ami, c'est la tragédie catholique post-conciliaire! Nous ne savons pas comment l'église aurait évolué sans le concile et sans la réforme! Parce que, avant la réforme, quand la messe partout était la messe traditionnelle (romaine, dominicaine, etc), les églises, en général, n'étaient pas vides et les séminaires étaient, en général, très peuplés. Et après le concile et la nouvelle messe, c'est le contraire en Europe et aux Amériques (pas partout, mais plus répandue que jamais). Alors, est-ce que cela aurait été inévitable? Je ne sais pas - mais, ce qui est plus important pour votre argument, VOUS ne savez pas non plus. Ce qu'on peut dire c'est que avant la nouvelle messe, oui il y avait beaucoup plus de fidèles à la messe, en proportion à la population catholique. Et après, il y en a chaque fois moins. On ne peut pas éxiger à la Messe traditionnelle de faire d'un jour à l'autre le miracle de la multiplication des fidèles que le novus ordo a fait disparaître.

( 757281 )
Pas d'accord par Archange (2014-08-23 21:42:09)
[en réponse à 757280]
Le phénomène de "dé-catholicisation" était déjà lancé, et ce avant le concile. Le concile n'est pas la cause de tout les maux (et je ne suis pas, loin de là, un thuriféraire du concile).
Le concile, à mon sens, n'est qu'un des symptômes apparent d'une Eglise déjà malade.
Evidemment le "symptôme-remède" fut pire que le mal.

( 757291 )
À mon avis par Aigle (2014-08-24 06:41:52)
[en réponse à 757281]
Archange vous reprenez l'argument néo moderniste classique selon lequel la déchristianisation est antérieure au concile et n'a pas été créée ni accélérée par celui ci.
C'est un peu simpliste. C'est bien le concile qui a provoqué au moins la crise du clergé et le départ de milliers de prêtres . C'est à la suite du concile qu on a prêché en disant que venir à la messe est inutile, que les incroyants sont souvent meilleurs, que l'enfer n'existe pas ...et autres sottises qui ont découragé bien des fidèles .
En ce qui concerne la France ou la Belgique ou le Québec qui ont fait le choix d'une interprétation radicale du concile, la crise fut bien plus sérieuse qu'aux États Unis ou en Italie ou en Pologne ou l'application des réformes fut plus prudente. À Paris également, le cardinal Lustiger à sauvé les meubles par son esprit modéré .
En revanche, il est clair que l'affluence dans une paroisse traditionnelle ( ED ou PX) peut résulter de plusieurs biais statistiques : une zone et recrutement plus large, des fidèles plus réguliers, une église plus petite ...

( 757289 )
Je confirme l'effet rassemblement par Nemo (2014-08-23 23:47:08)
[en réponse à 757278]
En ce qui me concerne, pendant presqe la moitié de l'année, je fais à peu près 90km aller/retour pour aller chanter une messe, du reste très belle et très pieuse, dans une belle église ancienne.
La ville fait à peu près 200000 habitants. Elle est désservie par la FSSP et la FSSPX. En additionnant les deux communautés on n'atteint pas 200 personnes, on est à une pratique inférieure à 0,1% et il faut tenir compte du fait que des gens viennent de loin.
Les deux communautés ne refusent certes pas de monde, et les célébrants, dans un cas comme dans l'autre, sont de saints prêtres aimés des fidèles.
Alors qu'on ne me dise pas que la messe traditionnelle remplit à ce point les églises. On oublie aussi de dire que même dans nos familles, les jeunes générations, formées parfois dans les écoles de la FSSPX ou autres établissements traditionnels, ne pousuivent pas toujours dans le rite traditionnel, quand ils n'abandonnent pas tout simplement toute pratique religieuse. Nous connaissons tous des exemples.
Alors non, notre rite n'est pas magique, ce n'est pas lui qui remplit les églises. Je suis un peu d'accord sur le fait que l'offre précède parfois, voire produit la demande, mais pas à ce point.

( 757275 )
Très vrai par Adso (2014-08-23 18:15:49)
[en réponse à 757267]
La conversion est l'affaire des laïcs, sur leurs lieux de travail, dans leurs familles, chez leurs amis, par leur exemple et leur sainteté.
Quand on s'en donne la peine, cela paye ! A tout le moins on rencontre une forme de respect curieux qui peut déboucher sur autre chose... J'ai ainsi une collègue qui est une ancienne adepte du Boudhisme et qui me pose beaucoup de questions car comme beaucoup elle cherche des réponses suite au décès d'un proche

( 757279 )
C'est certain que si c'est pour se retrouver (se perdre) dans le Grand Tout par Castille (2014-08-23 20:47:52)
[en réponse à 757275]
ancienne adepte du Boudhisme et qui me pose beaucoup de questions car comme beaucoup elle cherche des réponses suite au décès d'un proche
Ce n'est pas "motivant" de mourir
Le catholicisme est l'unique religion qui nous donne l’espérance (En quelque chose qui ait un sens, qui "fasse sens" pour dire comme l'anglais).
Toutes les autres sont des sub-divisions de l'absurde.
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous">

( 757295 )
Oui mais elle aurait pu par Adso (2014-08-24 08:38:47)
[en réponse à 757279]
Se tourner vers qq1 d'autre ! Le fait est qu'en depit de la neutralité du monde de l'entreprise je n'hésite pas a afficher que je suis catholique

( 757352 )
Cher ami, par Vassilissa (2014-08-25 22:37:23)
[en réponse à 757267]
Comment, vous aussi, vous confondez "hors" (préposition) et "Or" (conjonction de coordination) ?
non, pas vous !!!!!

( 757361 )
Effarant... par Nemo (2014-08-26 11:14:23)
[en réponse à 757352]
Je pense que c'est en effet de la sénilité.
Je constate en effet de temps en temps ce genre d'erreur dans mes messages qui me fait bondir quand je fais cette constatation chez les autres.
Le pire, c'est que je suis certain d'avoir relu au moins une fois ce message a posteriori sans voir l'erreur.
Du coup je ne sais même plus comment me réformer.
Il est vrai que parfois, aussi, je découvre une bourde dans un message déjà publié que je ne peux corriger, le forum n'offrant pas comme facebook la possibilité d'éditer ses contributions.
Je pourrais faire un commentaire pour rectifier mais ça ne ferait qu'alourdir les échanges.
On peut accuser l'outil informatique. Je ne suis pas certain qu'il soit totalement responsable. Je suis très pessimiste vis à vis de l'évolution de la langue et de l'orthographe, car je pense qu'on y va. Comme je le disais dans un autre message, une orthographe parfaite et un vêtement impeccable sont de moins en moins liés à une élite sociale.
On peut aujourd'hui être "overdressed" assez facilement. Bientôt existera peut-être la même distinction, on sera trop correct au niveau de l'orthographe et ce sera la fin des zaricots.

( 757277 )
Le temps qu'il faudra... par Pol (2014-08-23 19:23:04)
[en réponse à 757263]
...voila , il me semble, la position de la Fsspx: elle a le temps pour elle, elle sauve les ames, donnes les sacrements que nous aimons, desirons, et dont on a un besoin vital, est sur tous les fronts, a des admirateurs partout, recoit des eloges de beaucoup, fait parler d'elle, et on ne peut pas ne pas parler d'elle. Pour ma part, je dis merci a cette Fraternité Sacerdotale, vous m'avez tiré d'un marecage,je lui dois loyauté, fidelité, soutien, tout comme je reconnais le Pape, notre Pape, Rome, notre Rome eternelle, le Siege de Pierre, la messe que nous aimons. Sans cette Messe, je crains fort que...
Bon Dimanche dans le Seigneur.
Adsum

( 757282 )
Courbe des vocations et courbe des confessions par Paterculus (2014-08-23 22:04:22)
[en réponse à 757262]
Personnellement, tout en souscrivant à l'analyse de Mgr de Germay (qui est plus courante que vous le dites, cher Jejomau), je pense que la crise des vocations, toute liée à la crise de la foi, est plus particulièrement liée à la crise de la confession.
Le sacrement de la réconciliation n'est plus pratiqué par grand monde dans notre pays. Les absolutions collectives, d'une part, la dilution du sens de la responsabilité personnelle, d'autre part, une certaine prédication psychologisante au lieu d'être spirituelle, aussi, l'occultation de la notion de péché dans la catéchèse, enfin (et la liste n'est pas exhaustive), font que peu de gens se confessent, même parmi les pratiquants réguliers.
Or les prêtres sont là pour effacer les péchés.
Donc si la courbe statistique des confessions baisse, celle des vocations baisse aussi.
Votre dévoué Paterculus

( 757294 )
Merci mon père par Aigle (2014-08-24 07:38:44)
[en réponse à 757282]
Je vous remercie cher paterculus de votre analyse qui n'est pas habituelle ( en tout cas je ne la connaissais pas) mais me semble très vraie.
Plus largement, si le prêtre est simplement vu comme un animateur local, une sorte de professeur, on voit mal pourquoi des laïcs ne pourraient pas le remplacer ! Une des raison de la dynamique des vocations dans les familles tradi est que l'image du prêtre y est probablement meilleure et certainement plus exacte et donc de nature à susciter des vocations.

( 757296 )
La différence: le sens du sacré par Pensassa (2014-08-24 08:56:29)
[en réponse à 757294]
Je rebondis sur la dernière intervention. La crise de vocation me paraît effectivement plus liée à la perte du sens du sacré avec la nouvelle messe qu'à la baisse de la fréquentation (qui est elle aussi la conséquence d'une perte du sens du sacré).
Quand le prêtre se fait replacer par des laïcs pour les lectures et pour donner la communion, quand il se fait remplacer par un diacre marié pour l'Evangile et le sermon, quand il n'insiste plus sur l'importance des sacrements que seuls une personne ordonnée prêtre peut administrer, quand il ne fait plus mettre les gens à genoux et leur fait donc perdre le sens du respect de Dieu et par conséquent aussi celui des personnes qui lui sont consacrées, quand il confie le catéchisme à des 'mamans catéchistes', quand il ne parle plus des fins dernières mais limite le rôle des cathos à 'œuvrer pour la paix' et être charitable comme n'importe quelle organisation philanthropique, quand il s'habille comme monsieur tout le monde, pourquoi des jeunes voudraient-ils s'engager dans cette voie. Que reste-t-il du rôle spécifique du prêtre dans la nouvelle liturgie et la nouvelle pastorale ?

( 757304 )
excellent par Ignacio (2014-08-24 15:30:06)
[en réponse à 757296]
Le compte est bon !
Il n'y a plus de vocations car les prêtres nouveau style n'ont plus que l'apparence; Les tradis recrutent car ils sont conformes à leur identité secundum ordinem Melchisedec. Le reste c'est de la littérature et du sentimentalisme. Lorsqu'on voit l'assemblée imiter le célébrant en levant ou élevant les mains en cadence on comprend pourquoi il n'y a pas de vocations...peuple de prêtres ...etc

( 757305 )
eh oui, on dira et redira que.... par Pol (2014-08-24 15:40:48)
[en réponse à 757304]
....la messe de toujours a fait ses preuves...et continue a faire ses preuves. La solution est simple. De toute facon, le temps est pour cette messe. Patience et charité envers ceux qui ont peur....de cette messe...

( 757306 )
L'expressin "Peuple de prêtres"... par Paterculus (2014-08-24 17:39:15)
[en réponse à 757304]
... se trouve dans Saint Paul.
VdP

( 757307 )
Oups ! par Paterculus (2014-08-24 18:13:21)
[en réponse à 757306]
J'ai écrit trop vite. Veuillez lire "Saint Pierre" : c'est lui le troll qui fait réagir certains liseurs.
(1P 2, 5-9)
Un commentaire
ici.
Il s'agit d'une allusion à Ex 19, 6.
VdP

( 757309 )
Mais tout ce qu'ils disent est "orthodoxe". C'est bien ce qui fait mal par Castille (2014-08-24 19:19:05)
[en réponse à 757307]
pourtant ils l'utilisent en induisant un sens contraire au précédent.
Même la théologie de la Libération peut prétendre avoir ses racines dans les Évangiles. Mais avant les années 60, les Évangiles ne servaient pas a tromper les fidèles en détournant l'argent qu'on leur demande pour alimenter la subversion dans les forets amazoniennes ou ailleurs.
Cette façon de jouer sur/avec les mots ne se retrouvent que dans les cellules d'intelligence des ministères de l’Intérieur des grandes puissances.
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

( 757308 )
Le vrai "troll" ... par Lycobates (2014-08-24 19:11:20)
[en réponse à 757306]
n'est pas la citation du prince des apôtres détournée, mais il s'appelle Bugnini.
Rappelons (dans sa version française) ce passage (V,1) du "Bref examen critique" du NOM, présenté par le cardinal Ottaviani et Mgr. Bacci en 1969 au principal responsable de ce méfait.
Le nouvel ORDO Missae présente le rôle des fidèles comme autonome, ce qui est manifestement faux. Cela commence dans la définition initiale du numéro 7 : "La Messe est la synaxe sacrée ou le rassemblement du peuple de Dieu". Cela continue par la signification que le numéro 28 attribue au salut que le prêtre adresse au peuple : "Le prêtre, par une salutation, exprime à la communauté réunie la PRÉSENCE du Seigneur. Par cette salutation et par la réponse du peuple est manifesté le mystère de l'Église assemblée". Vraie présence du Christ ? Oui, mais seulement spirituelle. Mystère de l'Église ? Certes, mais seulement en tant qu'assemblée manifestant ou sollicitant cette présence spirituelle.
Cela se retrouve continuellement. C'est le caractère communautaire de la Messe qui revient constamment comme une obsession (numéros 74 à 152). C'est la distinction, inouïe jusqu'à présent, entre la Messe avec peuple (cum populo) et la Messe sans peuple (sine populo) (numéros 77 à 231). C'est la définition de la "prière universelle, ou prière des fidèles" (numéro 45), où l'on souligne encore une fois "le rôle sacerdotal du peuple" (populus sui sacerdotii munus exercens) : ce sacerdoce est présenté en l'occurrence comme s'exerçant de manière autonome, par l'omission de sa subordination à celui du prêtre ; et alors que le prêtre, consacré comme médiateur, se fait l'interprète de toutes les intentions du peuple dans le Te igitur et dans les deux Memento.
Dans la "Prière eucharistique III" (Vere Sanctus, page 123 de l'ORDO MISSAE), on va jusqu'à dire au Seigneur : "Ne cesse pas de rassembler ton peuple POUR QUE (Ut) du lever du soleil à son coucher une oblation pure soit offerte en ton Nom". Ce " pour que " (ut) donne à penser que le peuple, plutôt que le prêtre, est l'élément indispensable à la célébration ; et comme il n'est point précisé, pas même en cet endroit, qui est l'offrant, c'est le peuple lui-même qui se trouve présenté comme investi d'un pouvoir sacerdotal autonome. Dans ces conditions et selon ce système, il ne serait pas étonnant que bientôt le peuple soit autorisé à se joindre au prêtre pour prononcer les paroles de la Consécration. En plusieurs endroits, d'ailleurs, c'est déjà un fait accompli.

( 757723 )
Piété ? par Virgile (2014-08-31 21:36:45)
[en réponse à 757296]
Bonjour,
C'est sans doute aussi une crise de la piété, tout simplement. Pour me rendre autant dans les liturgies traditionnelles que classiques, c'est assez frappant de voir comment la piété distingue en tout : combien de familles attachées au rite traditionnel le sont comme par "obligation", de manière très stricte, sans joie ni paix mais plus par rigidité d'un rite pratiqué mécaniquement et par obligation louable de pérenniser un rite menacé, plus qu'autre chose, mais qui semble ne réjouir ni n'épanouir intérieurement.
De même, combien de "bonne" familles pratiquent la messe classique de manière très "cu-cu" pour faire bonne figure, par obligation là encore, par demi-mauvaise conscience de pouvoir se dire catholique, par entre-soi sociologique, mais surtout pas trop et dont les enfants d'ailleurs n'attendent que leur majorité pour rejeter cette pratique en bloc.
Le coeur de la foi, et par extension des vocations, n'est pas tellement une affaire de sacré ou de rite, il est plutôt une affaire de passion pour le Seigneur, d'amour aimant, d'admiration épanouie. Qui donc peut-il donc se regarder dans la glace et se dire qu'il est vraiment pieux ? Non pas attaché à tel ou tel rite ou à telle ou telle habitude rituelle de prières, mais vraiment pieux, envahi de Dieu et rendu heureux par Lui au point de lui laisser toute place à son service le jour où il lui demandera ?
Les gens pieux, vraiment pieux et pas bigots ni coincés du cul ni illuminés sont des gens qui portent, font monter vers le haut en toute discrétion et en toute simplicité.
Peut-être qu'en Europe on manque beaucoup de gens pieux, de gens simples, pas hyper-intello non plus, et donc on manque de vocation...
Un salut amical à tout le forum...
Virgile.

( 757740 )
Virgile par Florilège (2014-09-01 10:50:48)
[en réponse à 757723]
Quel bonheur que votre retour, même furtif, sur le FC.
Vous êtes de ceux qui me manque cruellement.
Ce que vous dites de la piété est très vrai, et explique également que de nombreux "tradis" s'étonnent de découvrir parfois, une forme de sainteté, qu'ils n'auraient pas cru possible, émerger en des lieux ou pourtant, la liturgie peut apparaitre pauvre.
A mon sens, la tradition offre peut être des armes supplémentaires. Tout dépend de la manière dont elles sont ensuite utilisées. Car elles ne sont pas une fin en soi, mais juste un moyen....
Amicalement

( 757810 )
Je veux Dieu ! par Glycéra (2014-09-02 16:54:07)
[en réponse à 757723]
Dans ma vie, on me demande parfois ce que je veux..
Non que je sois indécise dans le tréfonds de ce qui compte pour vraiment vivre, mais dans le choix des modes et des modalités.
Le détail, l'écume des vagues, les définitions de style, peu me chaut... Cela me laisse ... froid, car cela importe ni ne porte vers le haut, vers le centre, vers ce qui est notre être, l'être reçu de l'Etre qui a choisi, décidé d'être pour nous donner de l'être et nosu transmettre la Vie qu'il porte.
Ce que je veux ?
Je veux Dieu !
Où ?
Partout, en tout moi.
Dans le coeur, dans les affections, dans le corps, dans l'âme, en participant autant que je sais à Son Esprit de Vie.
Dans le corps, c'est la liturgie, ce sont les signes physiques : les sacrements, ces gestes qui nous nourrissent, nous soignent, nous consolent. Voilà ce que je veux des rites, qu'ils parlent à toutes les parts de mon être, qu'ils s'adressent à toutes ses parties en les unifiant en un seul être, celui que je suis quand je suis plus près de Mon Dieu, qui est Notre et Mien.
Alors, les rites, cela compte.
Je ne vis pas en espérant le prochain repas, je mange en espérant mieux vivre, plus approcher de l'unité qui sera mienne à l'imitation de celle qui est Divine.
C'est vrai que trop de lieux de cultes, que de moments de rites ne donnent pas cette respiration complète, entière, où toutes les capacités des hommes sont tendues, aspirées vers ce qui sent bon le Bon Dieu.
Contente d'être passée par ici cet après-midi, pour vous lire lors de vos bien trop rares apparition... Je vous salue bien, et souhaite que vous alliez très bien.
Avec d'amicales pensées
Glycéra

( 757758 )
Perte du sens du sacré, oui mais pas que... par Benedicta (2014-09-01 18:28:47)
[en réponse à 757296]
Pour rebondir à mon tour sur cette dernière remarque.
La perte du sens du sacré va de pair avec la perte de la conscience du sens de l'Incarnation et du sacrifice sur la Croix. Les prêtres qui m'ont le mieux guidée dans le retour à la Foi ont été ceux qui ont su conjuguer un sens liturgique sûr et l'annonce de l'amour de Dieu pour les hommes. Même en ayant reçu les notions de catéchisme nécessaires, le sens de la messe ne m'est apparu évident que lorsque j'ai enfin compris que c'était Dieu lui-même qui descendait sur l'autel à ce moment-là.
Les vocations religieuses, tout comme la transmission de la foi, ont besoin d'un feu sacré pour être mûries. Autour de moi, il y a trop de personnes éloignées de la foi parce qu'elles n'ont rien reçu de ce feu sacré. Il ne s'agit pas de prêcher un amour cucul-les-petits-oiseaux-tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et Dieu n'a rien à redire à ce que nous faisons tant que nous l'aimons, mais d'annoncer que le bonheur apporté par la foi en Dieu est source de bonheur bien plus sure et bien plus vivifiante que tout ce que le monde prétend nous apporter, même dans les épreuves. Une messe peut être impeccablement célébrée, les rubriques entièrement respectées, si on ne sent pas le prêtre habité de ce feu dévorant, les non-convaincus de l'assistance ne ressentiront rien et n'iront convertir personne.