Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=756921
images/icones/coeur.gif  ( 756921 )Divine surprise par XA (2014-08-17 23:06:53) 

Lorsque l'on part en vacances, il est logique, il est normal, il est indispensable, il est tout simplement catholique de regarder où l'on met les pieds afin de s'assurer que l'on pourra assister à une messe dominicale digne de ce nom. Parfois, la requête préalable est compliquée. Parfois il est incertain de concilier économie et spirituel. On recherche un lieu de vacances qui ne fasse pas exploser le budget familial mais qui ne sera pas forcément à proximité d'un lieu de messe digne. Un vrai dilemme. Parfois aussi, soyons honnêtes, on recherche le lieu de vacances et on se dit que l'on s'adaptera. (Pas vous ? Bravo, je vous félicite.)

Cette année, allez savoir pourquoi, la Providence nous a conduits, ma petite famille et moi-même, du côté de Mallemort, entre Aix en Provence et Avignon (en gros et pour faire vite).

Arrivés le samedi, la question de la messe s'est vite posée dés le lendemain, dimanche 10 août. Nous voici donc entrant à Onze heures en l'église de Mallemort, accueillis sur le parvis par le Curé. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit de l'abbé Fabrice Chatelain, curé des paroisses de Mallemort et Alleins.

En entrant, l'impression est immédiatement bonne. Les enfants de choeur sont dans un tenue impeccable. On remarque d'emblée le crucifix au centre de l'autel, entre le célébrant et le peuple. L'église est manifestement bien entretenue, avec un baptistère impeccable, sans araignée ni poussière.

Et quand la messe commence, on sent tout de suite que le Bon Dieu est là. Pas de vieille cathole pour entonner le chant d'entrée. Monsieur le Curé tient la baraque.

La messe débute et se poursuit en toute dignité, sans fioriture, de façon ordinaire. Ici on aime le Bon Dieu et on le montre. De manière simple. Ordinaire, allais-je écrire. Mais sommes-nous vraiment tenus à l'extra quand l'ordinaire est déjà assuré ?

Nous arrivons vite au sermon. Impossible ici d'en rendre le ton ni l'esprit. Monsieur le Curé a une gouaille impossible à restituer. Un régal, un délice. Une sucrerie au milieu de l'été. Un truc à vous faire demander votre mutation dans cette contrée plus ou moins perdue. Certes, on est loin de bien des homélies policées auxquelles on a le plus souvent droit dans nos communautés extraordinaires. Mais on sent ici le feu de l'Amour. l'Amour du Bon Dieu, l'amour du Beau, du Bien, de la Vérité. Nemo aurait apprécié la durée (allez, cinq minutes passées trop vite hélas).

Et la messe suit son cours. Avec mon oeil critique de touriste catho-franchouillard, vous pensez bien que je guette le moment où M. le Curé va fauter. La forme ordinaire qu'il célèbre, il va bien nous la rendra banale…

Eh bien ! globalement, non. Enfin, si… (On ne se refait pas, n'est-ce pas ?) Mon regret, c'est qu'il ait choisi la Prière eucharistique II (ce qu'il réitérera le vendredi 15 août), là où le Canon romain serait à mon oeil (DMLA oblige) bien supérieur, rendant à la forme du rite son caractère ordinaire plutôt que banal.

Même au moment de la Communion, l'église étant bien remplie, je me suis dit qu'on allait bien voir Germaine ou Robert sortit d'un rang pour l'épauler. Mais non. Monsieur le Curé n'a pas bronché d'un cil et c'est seul qu'il donnera la Communion à qui s'avancera.

Vendredi 15 août, nous sommes retournés à la messe célébrée à Mallemort. Nous en sommes ressortis avec la même joie. Une joie que personnellement je n'avais pas revécue en assistant à une messe célébrée selon la forme ordinaire du rite romain depuis la grande époque de M. l'abbé Largier et du père Gérentet à Lyon, en la paroisse de la Ste Trinité à Lyon.

Au risque de choquer quelques bonnes âmes qui me liront, j'ai trouvé bon, vraiment, de pouvoir m'unir dans la prière à un prêtre et à des fidèles attachés à cette forme ordinaire du rite romain sans éprouver de gêne, sans me sentir scandalisé à tel ou tel moment (bon, allez, ce fameux baiser de paix est un mauvais moment à passer).

Bref. Rien n'a entaché cette bonne semaine de vacances.

Merci mon Dieu !

XA
images/icones/neutre.gif  ( 756925 )Merci XA par Aigle (2014-08-18 00:08:35) 
[en réponse à 756921]

Merci de ce beau témoignage

J'ai pour ma part fait une expérience comparable ( avec prière eucharistique n°1 en prime mais hélas peu de latin) à Lectoure dans le diocèse d'Auch .
images/icones/coeur.gif  ( 756926 )Certains prêtres célèbrent le NOM avec une telle componction par Castille (2014-08-18 00:10:51) 
[en réponse à 756921]

que des larmes vous perlent aux yeux.

Un d'entre eux chuchotait le Canon avec une tendresse filiale si douce, si touchante que nous pouvions sentir Dieu pencher vers lui a l’écouter.

On en avait le coeur tout remué. Il n'existait plus que lui et son Dieu et pour le coup oui, nous, profanes fidèles "assistions" a la messe, comme lorsqu'on ne voyait pas le prêtre.

Bien entendu ce n'est pas tout a fait un hasard si les sermons de ce prêtre ne cherchaient pas a ménager la sensibilité du mondain. Il ne blessait personne, mais vous alliez devoir entendre ce qu'il lui semblait juste et droit de dire.

Ah ! Si les prêtres savaient l’autorité dont ils jouissent encore MALGRÉ TOUT...

Merci pour ce témoignage.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"
images/icones/find.gif  ( 756928 )à quand le guide... par Ph.M (2014-08-18 06:22:21) 
[en réponse à 756921]

...des meilleures adresses pour la messe selon le NOM? Un réseau comme ce forum pourrait peut-être y arriver.

Pour ma si vous passez dans ma région, j'ai deux adresses sûres à vous refiler. Il est vrai que ce n'est pas tout à fait comparable à une paroisse, vu que ce sont des abbayes. Dans les deux cas le grégorien à été conservé pour les parties habituelles de la messe, alors que la langue de célébrant est le français.

La Fille-Dieu à Romont (cisterciennes) avec un aumônier (passé par Solemne) qui célèbre et prêche très bien.

L'abbaye d'Hauterive (cisterciens), près de Fribourg, avec en particulier une messe dominicale très belle.
images/icones/1e.gif  ( 756943 )Un projet par AVV-VVK (2014-08-18 11:20:11) 
[en réponse à 756928]

à élaborer peut-être par et pour le site internet Pro Liturgia
images/icones/rose.gif  ( 756929 )le NOM par jejomau (2014-08-18 08:29:31) 
[en réponse à 756921]

Quand on ne peut pas faire autrement (ex les vacances), d'accord. Le NOM préconisé au même titre que la forme extraordinaire entraîne systématiquement un affaiblissement de la Foi ou , si l'on préfère : l'abandon de la pratique et la perte des vérités de la Foi dans le temps.

C'est un fait constaté à chaque fois....
images/icones/iphone.jpg  ( 756934 )Vous devriez trembler par Ritter (2014-08-18 09:28:16) 
[en réponse à 756929]

Ceux qui préconisent des interventions en Irak
Sont ainsi alors car pratiquants systématiquement le Nom

"Le NOM préconisé au même titre que la forme extraordinaire entraîne systématiquement un affaiblissement de la Foi ou , si l'on préfère : l'abandon de la pratique et la perte des vérités de la Foi dans le temps. "

Ref: votre message sur l'église vat2 et les croisades.
images/icones/neutre.gif  ( 756959 )Quel idéalisme ! par Aigle (2014-08-18 19:20:19) 
[en réponse à 756929]

Cher Jejmeau je me demande en vous lisant comment l'athéisme et l'anticléricalisme ont pu connaître un tel développement avant 1970 ...vous semblez idéaliser la réalité de la liturgie telle qu'elle était pratiquée ... Les messes de la FSSP ou de la FSSPX me semblent être d'un niveau et d'une rigueur sans rapport avec la pratique courante d'avant la réforme !
images/icones/ancre2.gif  ( 756980 )Adhérez-vous à Sacrosanctum Concilium ? par Paterculus (2014-08-18 23:27:30) 
[en réponse à 756929]

Je vous pose la question parce que ce document de Vatican II sur la liturgie a été rédigé par des évêques qui pratiquaient le VOM.
VdP
images/icones/fleche3.gif  ( 756994 )oui par jejomau (2014-08-19 08:24:25) 
[en réponse à 756980]

j'adhère à ce document.

Mais je maintiens ce que j'ai dit. C'est un fait incontestable que deux jeunes absolument identiques allant l'un, à la messe NOM, l'autre, à la messe célébrée sous sa forme dite extraordinaire finiront par avoir une perception du Sacré et du Mystère de Dieu totalement différente à la longue.

Ce n'est pas dû à la validité de la messe en tant que telle. Elle est valide dans les deux cas.

C'est dû au contexte qui environne ces célébrations.

Pour la faire court, dix ans après, quand le jeune a grandi, celui qui a été à la messe NOM, entre dans les églises les mains dans les poches et appareil photo en bandouillère, ne se signe jamais, va à la messe s'il en a envie.... Et par ailleurs, sa vie quotidienne aussi est empreinte de ce manque de respect dont il témoigne pour la religion.

Celui qui a connu la messe VOM a peut-être abandonné la pratique mais quand il rentre de nouveau dans une Eglise, il le fait avec respect, cherche instinctivement le bénitier, se signe, se tient dans le silence, etc.. Et sa vie aussi témoigne en général de sentiments qui vont à l'encontre des marques du monde moderne.

Le matérialisme moderne dit-on, est à l'origine de la perte de la manifestation de la Foi dans la vie. Certainement. Mais la "sécularisation" de la messe avec le NOM joue un rôle certain à mon avis... Qu'on refuse de voir.

images/icones/1e.gif  ( 757001 )Oh le cliché !! par Cath...o (2014-08-19 09:53:30) 
[en réponse à 756994]


Pour la faire court, dix ans après, quand le jeune a grandi, celui qui a été à la messe NOM, entre dans les églises les mains dans les poches et appareil photo en bandouillère, ne se signe jamais, va à la messe s'il en a envie....



... a les cheveux longs, se fournit en pétards aux dealers du coin et couche avec une fille différente tous les samedis soirs ...

"Portnawak" comme dirait ce jeune qui fréquente trop la bande de la cité voisine ...
images/icones/1a.gif  ( 757002 )si vous voulez par jejomau (2014-08-19 10:02:39) 
[en réponse à 757001]

cliché ou pas, c'est un fait.

Mais inversement, celui qui est nourri au lait de la messe NOM mais qui rencontre la messe VOM un jour et l'adopte vous dira toujours qu'il ne comprend pas ce qui est dit mais qu'il y vient parce qu'il perçoit enfin DIEU dans le sens du Sacré qui y est manifesté et le Mystère qui imprègne cette Liturgie. La conséquence de ceci c'est qu'on s'aperçoit surtout du respect qu'il témoigne par son silence et son attitude durant la messe ou dans l'Eglise quand celle-ci n'a pas lieu.

On vérifie la même chose chez les orthodoxes dont les célébrations sont toujours empreintes de grand respect.

Certaines causes ont toujours certains effets et vice-versa....
images/icones/1x.gif  ( 757003 )"C'est un fait" ? par Cath...o (2014-08-19 10:37:17) 
[en réponse à 757002]

Nan mais oh ! Ca va les chevilles ? Vous décrétez à vous tout seul que c'est comme ça que ça marche ?

Eh bien ouvrez les yeux et descendez de votre nuage : il y a de nombreux jeunes "nourris au lait de la messe NOM" qui se tiennent aussi bien dans une église, pendant ou hors de la messe, que des tradis pur jus !

Et puis hein, le coup de "l'appareil photo en bandoulière", à d'autres siouplait : la prise de photo à l'élévation est une habitude toute tradie ...
images/icones/1v.gif  ( 757006 )nan, pas d'accord par jejomau (2014-08-19 11:26:17) 
[en réponse à 757003]

messe NOM classique de nos jours:






Eglise qui a conservé ici les agenouilloirs (présents dans la messe VOM) induisant instinctivement une attitude de prière et de recueillement dans une paroisse célébrant sans doute la messe NOM :







images/icones/1e.gif  ( 757008 )Votre 2° photo... par Père M. Mallet (2014-08-19 11:53:49) 
[en réponse à 757006]

...vous n'avez pas l'impression qu'il y a un peu de désordre sur la partie droite de l'église, non ?...
Et pas grand chose dans la nef ?...


Quant à la première photo, j'aime bien le visage du célébrant qui se confond remarquablement avec la muraille située derrière...



images/icones/1d.gif  ( 757010 )Dites donc vous, ... par Cath...o (2014-08-19 12:06:34) 
[en réponse à 757006]

... vous ne seriez pas un chouïa de mauvaise foi ??

La première photo représente manifestement une cérémonie (mariage ?), ce qui (oui, ça, je vous l'accorde) occasionne malheureusement souvent un b*rdel sans nom dans l'église lorsque les familles ne sont pas catholiques pratiquantes.

Je ne vois pas s'il y a des agenouilloirs entre les bancs ? La photo aurait été prise à un autre moment peut-être aurait on vu comme sur la seconde des gens en train de prier à genoux, qu'en savez vous ?


Je veux bien que les messes NOM comme celle décrite par XA restent rares : il y a souvent des petits arrangements avec le Ciel par ignorance ou fatigue du prêtre (faut-il lorsqu'on arrive dans une paroisse vider l'église en faisant du jour au lendemain ce qui est exactement prescrit, c'est un autre débat ...). Mais enfin chez nous on se signe en entrant, on s'agenouille à la consécration, et les enfants apprennent dès leurs premiers pas le classique "on ne court pas dans une église !"

On m'a surnommée Mémé KGB pour ma capacité à fouiner dans les entrailles d'internet, mais vous côté désinformation primaire vous êtes un as !

PS : allez, pour enterrer la hache de guerre, je suis (malheureusement !) tout à fait d'accord avec vous sur ceci
images/icones/ancre2.gif  ( 757013 )Croyez-vous vraiment... par Paterculus (2014-08-19 13:36:33) 
[en réponse à 756994]

... qu'un jeune ayant été formé dans la paroisse décrite par XA en tête de ce fil aura cette attitude que vous attribuez aux jeunes ayant eu la messe selon le NOM ?
Pour ma part je ne le crois pas.
VdP
images/icones/fleche3.gif  ( 757014 )bah par jejomau (2014-08-19 14:13:50) 
[en réponse à 757013]

je n'ai pas dû être explicite....

Aujourd'hui, vous pouvez entrer dans n'importe quelle église célébrant le VOM : votre enfant est soumis à la même loi Liturgique, aux mêmes conditions d'accueil, à la même participation que celle qu'il connaît dans sa propre paroisse, il rencontre le même recueillement aux mêmes moments, reconnaît le temps liturgique aux couleurs, etc...

Dites maintenant à votre enfant que ce dimanche il ira à la messe à Triffouillis . Là il rencontrera un prêtre battant des mains au moment de l'offertoire puis qui vous fera communier au calice (vécu). Le dimanche suivant vous le conduirez à la messe à laquelle XA a participé. Votre enfant sera un peu médusé du contraste mais en ressortira certainement heureux. Le dimanche suivant, vous le mènerez alors dans un autre village où la messe restera correcte mais où il entendra un sermon surprenant qui sera une reprise de la dernière lubie de Mgr di Falco .

C'est cela qui entraîne la perte de la Foi chez les jeunes : cette forme de chaos permanent en matière liturgique, en matière de doctrine, les deux ensemble, etc..

C'est en revanche la certitude de retrouver des repères sûrs et en particulier ordonnés vers la recherche du Sacré et consubstantiel à l'essence même du Mystère dans le rit tridentin qui lui fait conserver sa Foi dans un monde ... chaotique à l'image des messes NOM qu'il fréquenterait.

Dans la messe VOM, tout, je dis bien "tout", est ordonné pour que l'homme s'incline devant la Majesté reconnue du Seigneur en Trois Personnes : l'agenouilloir, l'orgue, la façon de se tenir, le petit bénitier qui dans son coin rappelle le sacramental de l'eau bénite, etc... Dans une messe NOM, rien n'est évident .
images/icones/neutre.gif  ( 757029 )1930 par Aigle (2014-08-19 18:35:02) 
[en réponse à 757014]

Mona Ozouf allait à la messe VOM et au catéchisme et a perdu la Foi quand le recteur de sa paroisse bretonne avant guerre lui a expliqué qu elle serait heureuse au Ciel pendant que son père franc maçon et anticlérical brûlerait éternellement en enfer. Elle a simplement considéré qu un enfant ne pouvait être heureux ou que ce soit en sachant que son père souffrait. Le curé n'ayant pu répondre à l'objection soulevée elle s'est dit qu un Dieu aussi injustement cruel ne pouvait exister...

C'etait en 1930 avec le VOM et le catéchisme de St Pie X.


Elle le raconte dans son livre de souvenirs " composition française "
images/icones/rose.gif  ( 757038 )franchement ? par jejomau (2014-08-19 19:51:10) 
[en réponse à 757029]

Que voulez vous que je réponde à cela Cher Aigle ?

Pour résumer ma position, je reste persuadé que vous avez dans la forme extraordinaire un cadre qui ne permet 1°) guère la fantaisie, 2°) oriente l'être vers la découverte du Sacré et le respect du Mystère qui se déroule sous ses yeux

Dans la forme ordinaire, vous avez exactement l'inverse.

Les conséquences qui en découlent , vous les comprenez aussi bien que moi ! Cela ne veut pas dire que la perte de la Foi n'est pas possible dans la forme extraordinaire du rit latin : cela signifie simplement que la forme ordinaire est une source de préoccupations constantes pour des parents chargés de l'éducation de leurs enfants.

Cela, les prêtres s'en étonnent toujours. Mais les parents savent bien de quoi ils retournent quand des abus maifestes ont eu lieu avec des dégâts sur les esprits de leurs enfants.

Est-ce dû à la forme ordinaire ?

Peut-être pas . En tout cas : telle qu'elle est mise en place , oui. Je n'ai jamais assisté à une messe dite de Paul VI telle que - parait-il - la communauté Saint-Martin estime qu'elle devrait être célébrée selon les textes du Concile.... Mais peut-être que justement, c'est qu'il existe un problème, non ? N'Est-ce pas cette messe que le Concile voulait voir célébrée partout avec la même discipline liturgique dont je vous parle depuis le début que celle du rit tridentin ?
images/icones/neutre.gif  ( 757040 )Franchement ! par Aigle (2014-08-19 20:19:44) 
[en réponse à 757038]

Je crains que vous n'idéalisiez la forme extraordinaire parce que vous n'en connaissez que des applications convenables voire parfaites. Ce qui est le cas général aujourd hui , reflétant ainsi la forte motivation du clergé et des fidèles tradis.

Avant 1970, il y avait beaucoup de Liturgies traditionnelles bâclées avec des fidèles inattentifs. J'en ai recueilli de nombreux témoignages crédibles . On peut d'ailleurs accuser des crypto modernistes d'un sabotage discret du VOM ( je ne le crois guère néanmoins ).

Des assemblées inattentives, des vieillards marmonnant leur chapelet, d'autres commentant la météo ou le cours des œufs pendant que le prédicateur menaçait des feux de l'enfer ceux qui écoutaient Elvis Presley....

Un exemple parmi d'autres : ma mère,pourtant fort conservatrice sur tous les plans : "dans l'ancienne messe, il y avait des temps morts pour pouvoir parler à son voisin" !!!

Rien d'édifiant !


Pourquoi à votre avis les pères ont ils vote sacro sanctus concilium à la quasi unanimité ? Parce qu ils aspiraient TOUS à une réforme ( pas forcément à la réforme radicale de Paul VI made by Bugnini évidemment ) car le VOM leur semblait lourd et vieilli ...
images/icones/1g.gif  ( 757074 )Non. par XA (2014-08-19 22:20:29) 
[en réponse à 757014]

A Lyon, nous avons l'exemple malheureusement imparfait d'une communauté dont les enfants rejettent ce qu'ils ont vécu.

Faites le bilan dans 5 ans des enfants qui auront communié à St Georges; Voyez ce que seront devenus les jeunes gens et jeunes filles scolarisés au Collège Bx François et Jacinthe de Fatima. Je crains que l'on ne pleure amèrement. Personnellement, je me réjouis d'avoir été expulsé de la dite paroisse et que ma fille ait été refusée de cette école aux fruits manifestement amers.

Et pourtant, la forme extraordinaire du rite romain est soi-disant le faire-valoir de l'un et de l'autre. Saurait-on y exclure une part de malsain communautarisme ? Je ne crois pas.

XA
images/icones/1a.gif  ( 756937 )Egalement... par Lucas (2014-08-18 10:06:58) 
[en réponse à 756921]

Je profite de votre post pour témoigner de ma satisfaction, quant à la messe à laquelle j'ai assisté , cet été, au Muy, dans le diocèse de Monseigneur Rey, dans le Var, spécialement le jour de l'Assomption.
Dans son sermon, le prêtre a parlé de l'apparition de la Sainte Vierge, devant Paris, en 1914, repoussant les armées Allemandes .Malgré l'interdiction faite, par les officiers, aux soldats d'en parler , il y eut de nombreux témoignages.
En sortant de l'Eglise, je suis allé le remercier pour un tel sermon . Quand il a vu ma médaille miraculeuse, que je porte ostensiblement au cou, il m'a raconté , que, jeune, il était monté à Paris faire la fête. On lui a offert cette médaille, et dès qu'il l'a porta, il reçu sa vocation....
Je compris alors, pourquoi, il parla également de la rue du Bac ce jour là avec tant de ferveur.
L'autel était particulièrement soigné , avec de belles fleurs et dans le respect des normes liturgiques...
Lucas.
images/icones/5a.gif  ( 756968 )Je me permets de mentionner par XA (2014-08-18 20:19:57) 
[en réponse à 756921]

le fait que le site Pro Liturgia a relevé mon message en en publiant la quasi-totalité ce jour sous la forme suivante :

ACTUALITE DU 18 AOÛT 2014

* * * * NOUVEAU 18/8/2014 : Sur le site du « Forum catholique » et sous le titre « divine surprise », on trouve le témoignage suivant :
« Lorsque l’on part en vacances, il est logique, il est normal, il est indispensable, il est tout simplement catholique de regarder où l’on met les pieds afin de s’assurer que l’on pourra assister à une messe dominicale digne de ce nom. Parfois, la requête préalable est compliquée. Parfois il est incertain de concilier économie et spirituel. On recherche un lieu de vacances qui ne fasse pas exploser le budget familial mais qui ne sera pas forcément à proximité d’un lieu de messe digne. Un vrai dilemme. Parfois aussi, soyons honnêtes, on recherche le lieu de vacances et on se dit que l’on s’adaptera. (Pas vous ? Bravo, je vous félicite.)
Cette année, allez savoir pourquoi, la Providence nous a conduits, ma petite famille et moi-même, du côté de Mallemort, entre Aix en Provence et Avignon (en gros et pour faire vite).
Arrivés le samedi, la question de la messe s’est vite posée dés le lendemain, dimanche 10 août. Nous voici donc entrant à onze heures en l’église de Mallemort, accueillis sur le parvis par le Curé. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit de l’Abbé Fabrice Chatelain, Curé des paroisses de Mallemort et Alleins.
En entrant, l’impression est immédiatement bonne. Les enfants de chœur sont dans un tenue impeccable. On remarque d’emblée le crucifix au centre de l’autel, entre le célébrant et le peuple. L’église est manifestement bien entretenue, avec un baptistère impeccable, sans araignée ni poussière.
Et quand la messe commence, on sent tout de suite que le Bon Dieu est là. Pas de vieille cathole pour entonner le chant d’entrée. Monsieur le Curé tient la baraque.
La messe débute et se poursuit en toute dignité, sans fioriture, de façon ordinaire. Ici on aime le Bon Dieu et on le montre. De manière simple. Ordinaire, allais-je écrire. Mais sommes-nous vraiment tenus à l’extra quand l’ordinaire est déjà assuré ?
Nous arrivons vite au sermon. Impossible ici d’en rendre le ton ni l’esprit. Monsieur le Curé a une gouaille impossible à restituer. Un régal, un délice. Une sucrerie au milieu de l’été. Un truc à vous faire demander votre mutation dans cette contrée plus ou moins perdue. Certes, on est loin de bien des homélies policées auxquelles on a le plus souvent droit dans nos communautés extraordinaires. Mais on sent ici le feu de l’Amour. L’amour du Bon Dieu, l’amour du Beau, du Bien, de la Vérité. (...)
Et la messe suit son cours. Avec mon œil critique de touriste catho-franchouillard, vous pensez bien que je guette le moment où M. le Curé va fauter. La forme ordinaire qu’il célèbre, il va bien nous la rendra banale…
Eh bien ! Globalement, non. Enfin, si… (On ne se refait pas, n’est-ce pas ?) Mon regret, c’est qu'il ait choisi la Prière eucharistique II (ce qu’il réitérera le vendredi 15 août), là où le Canon romain serait à mon œil (DMLA oblige) bien supérieur, rendant à la forme du rite son caractère ordinaire plutôt que banal.
Même au moment de la Communion, l’église étant bien remplie, je me suis dit qu’on allait bien voir Germaine ou Robert sortit d’un rang pour l’épauler. Mais non. Monsieur le Curé n’a pas bronché d’un cil et c’est seul qu’il donnera la Communion à qui s’avancera.
Vendredi 15 août, nous sommes retournés à la messe célébrée à Mallemort. Nous en sommes ressortis avec la même joie. (...)
Au risque de choquer quelques bonnes âmes qui me liront, j’ai trouvé bon, vraiment, de pouvoir m’unir dans la prière à un prêtre et à des fidèles attachés à cette forme ordinaire du rite romain sans éprouver de gêne, sans me sentir scandalisé à tel ou tel moment (bon, allez, ce fameux baiser de paix est un mauvais moment à passer).
Bref. Rien n’a entaché cette bonne semaine de vacances. »
Quand on sait que ce témoignage est signé de « XA » qui n’est autre que le responsable du « Forum catholique » qui a tant de fois critiqué ou mal compris la position de « Pro Liturgia », on ne peut être que reconnaissant et admiratif. On ne se trompera pas en disant que ces lignes rejoignent la position sur la liturgie que Benoît XVI a demandé de suivre.
Merci à « XA », merci à M. le Curé de Mallemort.
Signalons au passage qu'il existe d'autres paroisses où la forme ordinaire du rite romain est ainsi célébrée ; elles sont cependant bien trop rares en France et, généralement, les prêtres qui en ont la charge ne bénéficient guère du soutien franc de leurs évêques respectifs.


Je ne saurai laisser passer cette occasion de préciser que je crois avoir toujours prôné la fidélité au Souverain Pontife. Mon message n'a donc rien d'extraordinaire sur ce point. En revanche, je maintiens, oui, que j'ai rarement assisté à une messe célébrée dans la forme ordinaire du rite romain aussi bien célébrée, et surtout qui ne soit pas un pâle copie de la forme extraordinaire, ce qui m'a par exemple perturbé lorsque j'ai connu la Fraternité st Thomas Beckett.

XA
images/icones/fleche2.gif  ( 756970 )Une pâle copie par AVV-VVK (2014-08-18 20:52:10) 
[en réponse à 756968]

De quelle façon? Merci.
images/icones/1g.gif  ( 756972 )"Tout ça pour ça ?" par XA (2014-08-18 22:53:39) 
[en réponse à 756970]

C'est l'expression qui m'est venue à Blois (lire Chaumont) lorsque j'ai assisté à une puis plusieurs messes célébrées par la jeune (alors) FSTB. C'était froid. En aucune façon on voyait l'intérêt de changer la forme du rite. Cela remonte à 2001/2002. (Cela a peut-être changé depuis.)

Je suis né avec la messe dite de Paul VI. J'ai connu la messe dite de st Pie V en 1988. Depuis lors, je n'avais que rarement réussi à prier correctement au cours d'une messe célébrée selon la forme ordinaire. En ce dimanche d'août, je me suis pris à rêver que chaque curé de France se lève, et célèbre comme le fit le curé de Mallemort. Humblement. Sans volonté de tirer la couverture à lui. Avec le même sens de la liturgie qu'il exprime sur son blog. (Bon, le 1er janvier dernier, il avait dû avoir un réveil difficile, hmmmm…) Ce jour là, la fameuse ligne de démarcation, que définissait en son temps Philippe Maxence, sera plus facile à franchir entre catholiques romains.

Si seulement nous songions à nous aimer et à discuter pour nous élever vers le Bon Dieu plutôt qu'à nous diviser…

XA
images/icones/abbe1.gif  ( 756985 )Seconde anaphore par Paterculus (2014-08-19 00:02:43) 
[en réponse à 756972]

Cher XA,

Tout d'abord merci de votre témoignage qui me confirme dans la position que je tiens sur ce forum, que dit correctement le NOM est un véritable moyen de sanctification.

Je voudrais juste parler de la deuxième prière eucharistique.

On a critiqué sa brièveté. Mais c'est ce qui fait son utilité. Je veux dire que souvent ma fatigue est telle que je ne pourrais pas rester "tendu" vers Dieu le Père tout au long de la prière eucharistique en priant avec un texte plus long. Or j'y parviens avec cette prière.
De plus, même si un prêtre jeune peut sans fatigue excessive dire deux messes à la suite, ce n'est la plupart du temps pas facile d'en dire deux à deux endroits différents : le temps du déplacement s'ajoute à celui des messes. Ainsi avec la prière eucharistique numéro deux, on peut y arriver sans devoir précipiter le tout.

Personnellement, j'aime l'archaïsme de cette prière. Certes, je refuse de privilégier une époque liturgique par rapport à une autre, car la liturgie est reçue, non fabriquée, et c'est déjà une façon de mépriser ce principe que de vouloir privilégier une époque.
Mais c'est impressionnant de prier avec les phrases d'un temps où la foi n'avait pas des siècles de réflexion théologique pour s'exprimer. Je vois un signe d'archaïsme dans le fait que le mot de Père est absent de ce texte (sauf au Per Ipsum).
Un autre aspect est le passage où est dite la séparation du clergé d'avec les fidèles - passage évidemment très amoindri dans la traduction dont il ne faut surtout pas dire de mal... Ce passage s'explique très bien quand on connaît la mentalité qui a conduit à certaines époques à isoler le chœur du reste de la nef par un mur.

On a relevé que le texte actuel a été mis en forme en très peu de temps, sur la table d'un boui-boui du Trastévère, et c'est vrai, comme le Père Bouyer le note dans ses mémoires. Mais justement le Père Bouyer et dom Botte qui l'accompagnait étaient particulièrement qualifiés de sorte que même accompli en peu de temps le travail est correct.

Bref j'aime ce texte même si je serais désolé qu'il fût le seul employé !

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 756987 )Traductions par Aigle (2014-08-19 00:47:51) 
[en réponse à 756985]

Cher paterculus vous évoquez souvent la faible qualité des traductions liturgiques. Je crois qu'elle est volontaire en ce qui concerne notre langue. J'avais lu il y a longtemps une explication : les traducteurs souhaitaient employer une langue classique, intemporelle, comme celle de Racine. Il leur fallait donc simplifier les richesses baroques et les précisions qui vont avec ...je crois aussi qu ils avaient le sentiment que certaines redondances latines auraient été ridicules en français .

Je crois que le tout à été relu par un grand poète, adepte de austérité : patrice de La Tour du pin .

Peut être le P Bouyer en parle t il dans ses mémoires ? Je vais les acheter de ce pas !
images/icones/ancre2.gif  ( 756989 )Traductions par Paterculus (2014-08-19 02:31:20) 
[en réponse à 756987]

Mon cher Aigle,

Je n'ai pas le temps d'aller voir depuis combien de temps vous êtes sur le FC, excusez-m'en, alors voici.

Il y a trois ans, pour le dixième anniversaire de Liturgiam Authenticam, instruction de la Congrégation pour le Culte Divin sur les traductions, j'ai publié dans l'Homme Nouveau un article sur celles en français.
Je les critiquais, comme le font les autorités romaines. Par exemple le Cardinal Arinze, préfet de cette Congrégation, avait dit qu'elles sont idéologisées.
Figurez-vous que trois évêques ont exigé un droit de réponse, pour défendre ces traductions ! Ils signaient es-fonctions au sein des instances épiscopales nationales et même internationales. Ils ont donc ainsi manifesté leur incompétence, et celle des épiscopats qui les ont élus, car ces traductions sont indéfendables depuis la parution de Liturgiam Authenticam, dont le principe sous-jacent a été énoncé par Benoît XVI lors d'une plenaria de cette Congrégation : les traductions liturgiques ne sont pas le lieu de l'adaptation.

Ils n'ont pas manifesté leur incompétence seulement en matière de liturgie. Ils sont tout autant incompétents en latin : par exemple ils affirment que labes est adéquatement traduit par "séquelle".

Ils ont d'ailleurs étalé leur parfaite mauvaise foi, puisqu'à mon affirmation que les traductions masquent le rôle particulier de prêtre à la messe, ils ont répliqué que les fidèles aussi offrent le sacrifice. Mais justement, nous demandons que soit rétabli l'orate fratres et son répons où sont mentionnés et le rôle du prêtre et celui des fidèles !

Ils manquent par ailleurs de la plus élémentaire des charités, manifestant leur mépris à l'égard de ceux qui ne pensent pas comme eux.

Et puis ce sont des menteurs. J'avais dit que les épiscopats francophones réclament des droits d'auteur, et non de traducteur qui sont cinq fois moindres. Ils ont osé dire que cela était "hautement fantaisiste", alors qu'un procès avait eu lieu vers 1990, à l'issue duquel l'éditeur du missel Ephata a été condamné à ne plus diffuser son missel, parce qu'il était incapable de payer ces droits. L'argument du CNPL avait été que ces traductions étaient des adaptations, précisément !

En plus leurs arguments sont imbéciles. J'avais dit, pour exempter l'Eglise d'une part de sa responsabilité dans l'approbation de traductions fautives, que le problème des traductions liturgiques officielles est nouveau dans l'Eglise. Ils ont répliqué que le problème des traductions liturgiques n'est pas nouveau - ce que personne ne conteste ! Mais si ce problème n'est pas nouveau, l'Eglise est lourdement en faute : je maintiens que le problème des traductions liturgiques officielles se pose seulement depuis le XXème siècle. Et si les traductions liturgiques en français existent depuis bien longtemps, il est immoral d'avoir demandé des droits de traduction pour un travail élaboré depuis des siècles !

Bon, pardonnez-moi de revenir si souvent sur ces faits. Mais c'est d'une part que cela m'a "cassé", de voir que les épiscopats francophones en sont encore à persécuter de la sorte les petits prêtres qui soutiennent le point de vue romain ; et d'autre part parce que cela peut nuire à mon ministère qu'on puisse dire que trois évêques m'ont critiqué : j'ai donc le devoir de me défendre.

Bref, ne manquez pas de lire les mémoires du Père Bouyer. Vous y verrez entre autres son avis sur l'Abbé à qui les évêques français ont confié le CNPL après se l'être approprié au détriment de ses fondateurs (il s'appelait alors CPL) : selon le Père Bouyer cet Abbé avait fait du CNPL une pompe à fric, et mes trois évêques ont bien montré qu'il en était toujours ainsi !

Votre dévoué Paterculus