Depuis plusieurs semaines nous suivons avec beaucoup d’angoisse et de tristesse ce que les chrétiens subissent avec d’autres minorités en Iraq. Soudainement, nous nous sommes arrêtés devant une scène qui nous a frappé, tant elle nous a semblé inhabituelle au milieu de la folie des soulèvements de la région : la dignité, le calme et le silence avec lesquels les chrétiens d’Iraq traversent cette période la plus sombre de leur histoire. Leurs regards, leurs attitudes, montrent une noblesse et une grandeur : celle, nous croyons, des humbles disciples du Christ, élevés selon ses enseignements, ayant pris l’habitude de méditer ses gestes, ses attitudes et sa paix, même devant ceux qui l’ont maltraité, jugé, flagellé. Cette attitude va complétement à l’encontre de la barbarie dans laquelle sont perdus ceux qui n’ont pas connu le Christ, sa tendresse, son humilité et sa douceur surnaturelle.
Les centaines de milliers de chrétiens d’Iraq méritent donc d’être appelés des « confesseurs de la Foi » contemporains. Car, a priori, s’ils avaient accepté de se convertir à l’Islam, ils auraient pu sauver leurs vies et rester dans leurs maisons. Mais ils ont décidé de « tout laisser » pour suivre le Christ jusqu’au bout. Vraiment : « tout laisser » ! Car ils ont trouvé en Lui ce trésor qui ne s’use pas !
Enfin, ceux qui persécutent l’Eglise aujourd’hui ignore une vérité importante que l’histoire nous enseigne : en persécutant l’Eglise, elle ne fera que grandir, se fortifier et s’enraciner. Cela donnera plus de fils au Royaume de Dieu. Car le « Martyr », selon la tradition chrétienne, est « un témoignage » et une « confession » de la Foi avant tout. Donner sa vie – et non pas se suicider en tuant les autres avec barbarie et haine. C’est pourquoi, si on veut parler de martyrs en notre temps, ils seront d’abord des chrétiens, qui témoignent de la Vérité et l’Amour qui ne connait pas de frontières.
Firas Abedrabbo