Histoire de la ville de Laon et de ses institutions, t. 2, livre IX, chap. XI, M. Menneville, Laon et Paris, 1846.
P. 351-352 :
Peu de jours après, la guillotine se teignit encore du sang de deux autres prêtres, Nicolas Lépousé, âgé de 56 ans, ancien curé de Grougis, et Pierre-Robert Longuet, âgé de 72 ans, ex-curé de Mennevret.
Ils se trouvaient l’un et l’autre sur la liste des prêtres réfractaires émigrés comme ayant prêté puis rétracté le serment, et quitté la France en 1792. Réfugiés à Mons depuis cette époque, ils y avaient été arrêtés tous deux quand cette ville fut tombée au pouvoir des troupes françaises, dans les premiers mois de 1794. Ramenés ensuite à Laon, le conseil permanent reconnut leur émigration constante, et le tribunal criminel prononça contre eux la peine de mort. Ils montèrent ensemble sur l’échafaud le 19 thermidor an 2 (6 août 1794).
P. 353 [liste des affaires portées au tribunal criminel] : 9° Nicolas Lépousé et Pierre-Joseph [sic ! en réalité, Pierre-Robert] Longuet, ex-curés des communes de Mennevret et Grougis, condamnés à mort le 19 thermidor an 2, exécutés le même jour.
.....D’après les documents les moins niables et contrairement à une légende audacieusement fabriquée, la nation française, comme masse populaire en dehors d’une certaine noblesse, d’un certain clergé, et d’une certaine bourgeoisie, était alors profondément catholique et royaliste. Au même moment où l’on massacrait les prêtres, où l'on détruisait avec le plus de rage tout ce qui était de la Religion traditionnelle, on avait dû renoncer à interdire les processions dans Paris, où le peuple, comme l'établissent aujourd'hui les témoignages les plus précis, obligeait, en pleine Terreur, les patrouilles de sectionnaires à rendre dans la rue les honneurs au saint Sacrement 1.