Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 756288 )4 août 1903 - Election au Souverain Pontificat du Pape Pie X par La Porte Latine (2014-08-04 10:11:20) 

4 août 1903 - Election au Souverain Pontificat du Pape Pie X



Biographie du Pape saint Pie X - 02/06/1835 - 20/08/1914
images/icones/vatican.gif  ( 756312 )Et le 20 août 2014, centenaire du rappel à Dieu par Athanase (2014-08-05 10:46:21) 
[en réponse à 756288]

Merci pour ce rappel ! Rappelons aussi que le 20 août 2014, nous fêterons le rappel à Dieu de cette grande figure ce l'Église ! C'est bien plus intéressant que tous ces discours et cérémonies bien niais sur la Grande guerre. La mort de Saint Pie X, c'est aussi l'occasion de nous rappeler ce grand combat qui n'a toujours pas abouti: la lutte contre le modernisme. Saint Pie X a été vigilant et prophétique. Puissent tous ceux qui continuent les apôtres rappeler ce combat.

Je ne peux résister au plaisir de reproduire ce bref éloge d'un successeur de Saint Pie X: « Depuis les années où il était curé, il avait rédigé lui-même un catéchisme et au cours de son épiscopat à Mantoue, il avait travaillé afin que l'on parvienne à un catéchisme unique, sinon universel, tout au moins italien. En authentique pasteur, il avait compris que la situation de l'époque, notamment en raison du phénomène de l'émigration, rendait nécessaire un catéchisme auquel chaque fidèle puisse se référer indépendamment du lieu et des circonstances de vie. En tant que souverain pontife, il prépara un texte de doctrine chrétienne pour le diocèse de Rome, qui fut diffusé par la suite dans toute l'Italie et dans le monde. Ce catéchisme, appelé « de Pie x », a été pour de nombreuses personnes un guide sûr pour apprendre les vérités de la foi en raison de son langage simple, clair et précis et de sa présentation concrète. » (Benoît XVI - 18 août 2010)
images/icones/fleche2.gif  ( 756324 )Pie XI par Jean Ferrand (2014-08-05 13:54:11) 
[en réponse à 756312]

Achille Ratti (bientôt Pie XI) devenu archevêque de Milan en 1921 commença par imposer le catéchisme de Pie X (pas encore canonisé à l'époque) dans tout son diocèse. Référence : Pie XI d'Yves Chiron, page 175.
images/icones/fleche2.gif  ( 756334 )précisions par Lycobates (2014-08-05 22:41:16) 
[en réponse à 756288]


le cardinal Puzyna Kniaz de Kozielsko, prince-archevêque de Cracovie en Pologne, alors sous domination autrichienne, lut une déclaration de l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph prononçant un "veto d’exclusion" contre le cardinal Rampolla.



Cette phrase appelle plusieurs précisions, nuances ou corrections !

1) L'évêché de Cracovie, qui date du Xe siècle, devenu prince-évêché en 1889, ne fut élevé au rang d'archidiocèse qu'en 1925, après l'établissement de la Deuxième République.
Mgr. Puzyna fut donc, entre 1894 et 1911, date de sa mort, prince-évêque de Cracovie et en tant que prince-évêque il siégeait à partir de 1895 dans le Sejm polonais (qui dans une forme ou autre a existé sans interruption sous divers Souverains depuis 1493) et dans la Chambre seigneuriale (le Herrenhaus) de la Cisleithanie à Vienne.

2) Le nom du prélat est Jan Maurycy Paweł Puzyna von (de en latin) Kozielsko, en polonais Puzyna z Kozielska (on met le génitif). Le Kozelsk en question n'est pas Kozielsko en Posnanie, mais Козе́льск en Russie.
Kniaź signifie "prince" (parfois "duc") et ne fait pas partie du nom. Si on l'utilise, il faut le faire suivre du prédicat en polonais.

Le cardinal fut Prince à plusieurs titres: en tant que prince-évêque de Cracovie, depuis 1894, en tant que cardinal (prince de l'Eglise, depuis 1901), et à son propre titre, puisque la maison Puzyna, d'origine biélorusse, pas d'abord polonaise !, est d'une ancienne noblesse (quoique difficilement traçable avant le XVe s.), et reconnue avec le titre de princes en Pologne par le Sénat depuis 1823/24 et en Russie depuis 1910/1915.

3) "La Pologne" ne fut jamais "sous domination autrichienne" !
Il faut bien distinguer historiquement les différentes principautés polonaises, unies et désunies, et leurs alliances et obédiences respectives et changeantes.
Demandez (je l'ai fait) des jeunes Polonais du Sud du pays quelle était, selon eux, la période la plus heureuse de leur pays ces derniers 200 ou 250 ans; ils répondent: la période autrichienne.

Le royaume de Galice (auquel appartient le Grand-Duché de Cracovie depuis 1846) est depuis 1772 un pays de la Couronne habsbourgeois (Kronland), après avoir eu plusieurs souverains slaves (pas tous polonais !) et hongrois avant.
Cracovie en tant que ville possède depuis 1257 le droit de ville de Magdebourg, fut donc régie selon un droit allemand.

Il est malsain d'appliquer les concepts aberrants d'un romantisme illuminé (en fin de compte tributaire de la Révolution) à une époque et un système où personne de loyal et de sensé ne se considérait (et ce à juste titre) "citoyen", mais "sujet" d'un suzerain.
C'est en tant que sujet de son Souverain et prince de son Eglise que le cardinal Puzyna a cru agir, et c'est dans cette perspective qu'il faut le juger.
images/icones/neutre.gif  ( 756353 )Sur la colline du Wawel par Yves Daoudal (2014-08-06 12:18:52) 
[en réponse à 756334]

se trouvent quand même le château des rois de Pologne et la nécropole des rois (et présidents) de Pologne. Je connais bien l'impérialisme allemand (notamment pour avoir fait un voyage en Pologne avec des Allemands), mais il est quand même difficile de faire du Wawel, de Cracovie et de la Galice un territoire allemand...

(Ce qui n'empêche qu'en effet, des trois occupations simultanées de la Pologne, l'autrichienne fut de loin la plus vivable.)
images/icones/fleche2.gif  ( 756356 )Et bien entendu la cathédrale par Yves Daoudal (2014-08-06 12:22:14) 
[en réponse à 756353]

est d'abord le tombeau de saint Stanislas, symbole de l'unité polonaise.
images/icones/neutre.gif  ( 756357 )plans divers par Lycobates (2014-08-06 12:27:20) 
[en réponse à 756353]

Vous êtes, cher Monsieur, dans une autre logique, dans une logique d'Etat. Ce n'est pas la mienne, ce n'est pas celle de l'Empire, et ce n'est pas celle de l'Eglise.

Il va de soi que la Galice, et notamment Cracovie, et d'autres parties de la Pologne n'est pas et n'a jamais été "un territoire allemand", même si un certain impérialisme, hérité de la Révolution, au XIXe s. et plus tard, l'a voulu.
C'est un pays de la Couronne habsbourgeois, habité par plusieurs nationalités, qui ne revendiquent, s'ils sont sages, aucune appartenance étatique, sinon la loyauté envers une personne sacrée, celle de l'Empereur.
Vous ne voyez pas la différence ?
images/icones/neutre.gif  ( 756359 )Et cela va donc jusqu'à par Yves Daoudal (2014-08-06 13:07:06) 
[en réponse à 756357]

nier qu'il y ait un roi de Pologne résidant à Cracovie...
images/icones/neutre.gif  ( 756362 )Mais certainement ... par Lycobates (2014-08-06 13:30:23) 
[en réponse à 756359]

Décidément, je me fais mal comprendre !

Je parle de l'après 1772. Qui était, après cette date, le roi de Galicie et de Lodomérie, Król Galicji i Lodomerii ? et donc en quelque sorte, le roi d'une partie de la Pologne ?

Et les "rois de Pologne", vous ne l'ignorez pas, qu'ils aient résidé à Cracovie ou à Varsovie ou ailleurs, n'ont jamais tous été (ethniquement) Polonais, ils étaient aussi ruthènes, russes, saxons, hongrois, lithuaniens, ... et cette Pologne dont ils étaient souverains ne couvrait jamais tout le territoire habité (ethniquement) par des Polonais, et a toujours compris par ailleurs de larges portions de territoires habités par d'autres peuples. Et pourtant, ils étaient tous, Polonais ou pas, "Rois de Pologne" d'une manière ou d'une autre, même si certains Polonais n'étaient pas leur sujet, et certains autres, non-Polonais, l'étaient.
Cela ne pose aucun problème !

Donc, on ne nie rien, M. Daoudal, au contraire : on assume tout !

Mais votre logique, celle de l'abbé Grégoire, ne marche pas dans nos latitudes.
Il faut se défaire une fois pour toutes de l'idée d'un état comme d'une entité fixe et immuable, à laquelle il faudrait adhérer et qui resterait imparfaite et à parfaire tant que certains territoires ou certains groupes de population n'y font pas encore partie. C'est un concept aberrant.
images/icones/carnet.gif  ( 756382 )L'idée d'empire d'après A. de Benoist par Jean-Paul PARFU (2014-08-06 15:14:01) 
[en réponse à 756362]

Pour départager Daoudal et Lycobates.

C'est à lire ici


En ce qui me concerne, je définirais les termes de "nation", "patrie", "Etat", de la manière suivante :

1) La nation, c'est le peuple ethnique.

Le peuple ethnique repose sur la famille, les groupes de familles, comme les "Gens" à Rome ou les "tribus" d'Israël.


2) La patrie, c'est la terre des pères.

La terre des pères est donc également un concept géographique et culturel.


3) L'Etat, c'est la forme qu'a prise l'autorité civile (et militaire) en Occident, au plus tard entre le XVIème siècle et la Révolution française.

L'autorité civile a pris d'autres formes au cours des âges : cité, cité-empire, féodalité, St Empire ...

L'Etat est un cadre idéologique et administratif qui régit un territoire de manière plus ou moins centralisée et qui s'identifie ou ne s'identifie pas à une nation ; qui reconnaît, ou ne reconnaît pas en son sein, l'existence de différentes nations.

Ainsi, le Danemark est un Etat mono-ethnique, ouvert d'abord sur les peuples frères de Scandinavie : Norvège, Islande, Suède, tandis que la Suisse, la Belgique et la France sont des Etats multi-ethniques.

La Belgique et la Suisse, selon des modalités différentes, reconnaîssent en leur sein des nations différentes, tandis que la France ne les reconnaît pas !

En effet, si l'Allemagne, par exemple, est une nation qui s'est donnée un Etat, la France, au contraire, est un Etat qui prétend construire une nation.

L'Allemagne, c'est la nation de culture romantique et particulariste ; la France, c'est l'Etat de culture classique et universaliste qui a vocation à absorber ou reproduire en lui l'universel ...

Mais, il s'agit alors d'une "nation" idéologique et administrative. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas à l'origine, à proprement parler, une ethnie française. Mais celle-ci n'occupait en gros seulement que le Grand Bassin parisien.

La difficulté pour s'y reconnaître vient du fait que tous ces termes ont une très forte charge émotionnelle et ont été utilisés, notamment ces dernières siècles, à tort et à travers, avec des sens différents ou/et en prenant l'un pour l'autre.

En Occident, la difficulté vient aussi du fait qu'après la chute de l'Empire romain et de l'Empire carolingien, ce sont des familles, des dynasties, qui ont pris le pouvoir, dont le seul horizon était l'accumulation et l'administration de territoires, selon des modalités souvent très différentes les unes des autres et où pouvaient vivre ou cohabiter des peuples de nationalités et de cultures différentes dans des ères géographiques différentes.
images/icones/neutre.gif  ( 756384 )J'avoue que je n'imaginais même pas par Yves Daoudal (2014-08-06 15:22:31) 
[en réponse à 756362]

que vous puissiez considérer l'occupation d'un territoire comme l'hommage de ce territoire à l'empire qui l'a conquis.

Vous connaissez pourtant le terrible témoignage de Frédéric II sur le dépècement de la Pologne par la Prusse, la Russie et l'Autriche: "L''impératrice Catherine et moi sommes de simples voleurs, mais j'aimerais savoir comment l'impératrice [Marie-Thérèse] s'est comportée devant son confesseur: elle pleurait quand elle prenait, mais plus elle pleurait plus elle prenait."
images/icones/fleche2.gif  ( 756336 )le véto de l'Empereur par Lycobates (2014-08-06 00:56:46) 
[en réponse à 756288]

On a beaucoup discuté de la motivation pour le véto de l'Empereur François-Joseph (qui n'était pas une personne spécialement pieuse ou religieuse, mais solidement pragmatique et down to earth, le contraire de son triste et insipide successeur, le gazeur d'Isonzo de 1917, que Dieu l'ait en sa miséricorde) contre l'élection possible du secrétaire d'Etat du Pape Léon XIII, le cardinal Rampolla, qui ne fut peut-être pas très religieux lui non plus, mais un fin diplomate de la vieille école, homme du monde, pragmatique et coulant, mais aussi le fidèle et loyal exécuteur de la volonté du pape Léon, finalement très vieillissant. On l'a accusé des crimes les plus odieux, d'être libéral, franc-maçon, voire pire (oublions les ignobles calomnies de certains marquis fantaisistes et d'autres qui n'ont pas digéré le rapprochement voulu par le Pape à la France de 1871, chose discutable certes, mais assez insignifiante sub specie aeternitatis, surtout au vu du fracas de 1905). Certainement le saint Pape Pie X ne l'aurait pas fait secrétaire du Saint-Office, de 1908 jusqu'à sa mort en 1913, pour présider à la lutte anti-moderniste, s'il y avait pu avoir le plus léger soupçon à son égard. Noble Sicilien, borbonien, intransigeant dans la question italienne, comme il se doit, mais gardant les formes, philofrançais on l'a dit (depuis François I il est vrai toujours un péché majeur de la politique papale du point de vue de l'Empire) et aussi philorusse, et pas très penché vers le monde germanique, ça oui. On le regrette mais on lui pardonne. N'oublions pas que tous les cardinaux espagnols, à l'époque un indice de saine politique ecclésiastique, au nombre de 5, antiliberaux como Dios manda, le cardinal de Curie, un capucin antimoderniste intransigeant, Vives y Tutó (surnommé par les Italiens Vives fa tutto) en tête, ont finalement (après quelques tergiversations) favorisé jusqu'au bout son élection. C'est un bon indice d'orthodoxie pour Rampolla. Je lui reproche uniquement d'avoir ruiné, par la restauration un peu sauvage de son titre de Sainte Cécile à Rome, les colonnes antiques de la nef de la basilique. Mais sa tombe y est un monument grandiose.

Il est donc très probable, sinon sûr, que les raisons de l'Empereur (ou du cardinal Puzyna, car il n'est pas clair à qui revient l'initiative) furent d'ordre politique, exclusivement (et peut-être aussi d'ordre personnel: le coeur de père de François-Joseph n'aura pas pu pardonner à Rampolla d'avoir voulu refuser l'enterrement ecclésiastique à l'assassin et suicidaire héritier Rudolf; cela aussi se comprend, même si tout catholique sensé suivra Rampolla sur ce point sans hésitation).

images/icones/info2.gif  ( 756345 )À propos de ce veto autrichien... par Vianney (2014-08-06 10:24:23) 
[en réponse à 756336]

 
...je vous rejoins quant aux motivations essentiellement politiques de l’Empereur, bien éloignées de la légende répandue notamment dans nos milieux. Mais j’ajouterai qu’il est très peu probable que le veto ait eu sur l’élection de saint Pie X l’influence que lui prête cette légende.

On peut tout d’abord citer l’abbé Chanut, auteur d’une étude récente sur ce sujet (L’élection de saint Pie X, 2003, p. 207) :

A vrai dire, si cette intervention de la puissance séculière portait atteinte à la majesté du conclave et à l’indépendance de l'Eglise, elle était surtout inutile, car l’opposition à l’élection du cardinal Rampolla del Tindaro était majoritaire et si tenace qu’il ne pouvait guère espérer parvenir jamais au nombre de voix nécessaire pour être élu.


Mais surtout, il existe plusieurs témoignages de première main (notamment ceux sur lesquels l’abbé s’appuie), et en premier lieu celui du secrétaire du conclave de 1903, le futur Cardinal Merry del Val (Pie X. Impressions et souvenirs, 1951, p. 18) :

Le jour précédent avait été le témoin de l’odieux « veto » de nature politique porté par l’Autriche au Cardinal Rampolla.

Celui-ci – c’était ma conviction – n’aurait pas été élu Pape car la majorité des cardinaux était absolument décidée à désigner un autre candidat. Il gardait cependant la possibilité de réunir le nombre de voix nécessaires en sa faveur à la suite de la forte indignation soulevée par l’intervention du Cardinal Puzyna, au nom de l’empereur d’Autriche-Hongrie, qui provoqua une violente réaction affective parmi le Sacré Collège et le détermina à élever une protestation solennelle pour la défense de la liberté du Conclave et des droits de l’Eglise.


On voit que le Cardinal est loin d’estimer que cet “odieux veto” ait pu favoriser l’élection de saint Pie X. Du côté des partisans du Cardinal Rampolla, les témoignages vont dans le même sens, par exemple celui du Cardinal Mathieu dans un article (“Les derniers jours de Léon XIII et le conclave”) publié dans La Revue des Deux Mondes du 15 mars 1904 :

Il n’y a pas à discuter l’hypothèse. Les témoins les plus autorisés affirment que le veto n’a été qu’un incident et, comme disait l’un d’eux, un coup d’épée dans le Tibre. Au moment où il se produisit, le Sacré-Collège était divisé au sujet du cardinal Rampolla en deux moitiés égales qui ne se seraient jamais accordées sur son nom, et l’on commençait à redouter un conclave prolongé.


Je pourrais encore ajouter que, lors du conclave précédent, la France républicaine avait opposé un veto similaire à l’encontre d’un “concurrent” de Léon XIII, mais curieusement, de cette intervention-là, on parle beaucoup moins !

Ce qui est certain, c’est qu’à peine élu, saint Pie X, a défendu aux cardinaux, sous peine d’excommunication spécialement réservée au Souverain Pontife, de faire état du veto d’un pouvoir séculier.

M.
 
images/icones/neutre.gif  ( 756360 )Je vous remercie par Lycobates (2014-08-06 13:07:09) 
[en réponse à 756345]

de ces précisions utiles, cher Vianney.

Vous connaissez sans doute l'article de Don Francesco Ricossa, paru dans la revue Sodalitium, je crois en 2009, sur la "légende noire" qui accable le cardinal Rampolla dans certains milieux.
A mon avis (sans nécessairement partager les opinions de l'auteur sur tous les points) cet article clot ce mesquin dossier de façon convaincante.
images/icones/fleche2.gif  ( 756365 )Oui, cet article a le mérite... par Vianney (2014-08-06 14:07:40) 
[en réponse à 756360]

 
..., comme vous le soulignez, de remettre en question les prétendues “preuves” de cette légende noire. Mais, à mon avis, sans le blanchir pour autant. La même année que la parution de l’article, un ami m’écrivait :

Je vous ai dit que j'étais très réservé concernant les sources invoquées par les bouffeurs de Rampolla (comme il y a des bouffeurs de curé). Cependant, je n'exclus rien le concernant. Un ami espagnol a très récemment étudié l'affaire de l'examen des ordres anglicans sous Léon XIII. L'ami en question a pu étudier les travaux des commissions romaines sous Léon XIII. Il en ressort qu'un certain nombre de personnalités, dont le Secrétaire d'Etat Rampolla, ont joué un très mauvais jeu à ce sujet. Rampolla a patronné les membres des commissions favorables à la validité. Le plus connu n'est autre que Mgr Duchesne... l'historien crypto-moderniste qui avait mis le jeune Abbé Loisy dans les pattes d'Ernest Renan, avec les résultats que l'on sait ! Rampolla a donc joué un très mauvais rôle dans cette affaire, et sans doute aussi dans d'autres : heureusement, Léon XIII se prononça tout autrement que son Secrétaire d'Etat.


V.
 
images/icones/vatican.gif  ( 756387 )Saint Pie X a voté Rampolla par Ennemond (2014-08-06 16:33:43) 
[en réponse à 756345]

... lors de tous les scrutins en tant que cardinal Sarto, électeur au conclave de 1903. C'est-à-dire six ou sept fois. C'est ce que rappelle l'ouvrage de l'abbé Chanut. Les travaux des abbés Chanut et Ricossa sont à ce sujet fort utiles.
images/icones/bravo.gif  ( 756389 )Et il l’a nommé secrétaire du Saint-Office... par Vianney (2014-08-06 17:04:22) 
[en réponse à 756387]

 
...après son élection, ce qu’il n’aurait certainement pas fait s’il n’avait pas eu confiance en lui.

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 756354 )Le texte du véto par Lycobates (2014-08-06 12:19:16) 
[en réponse à 756288]

Il est peut-être intéressant de lire in extenso le texte (assez bref) de ce fameux véto d'exclusion contre le cardinal Rampolla, présenté au nom de l'Empereur par le cardinal Puzyna le matin du 2 août 1903 au conclave.

Je suppose que ce texte est désormais disponible sous divers supports en dans diverses publications, je le connais par les mémoires du cardinal (Pietro) Gasparri, qui le cite.

Ces mémoires, largement inédites, ont été partiellement éditées et commentées par l'historien (et politicien) italien Giovanni Spadolini, dans son livre extrêmement intéressant (même si on ne doit pas partager toutes les positions de l'auteur) Il Cardinale Gasparri e la questione romana (con brani delle memorie inedite) (1972); le véto est cité à la page 91.
Il faut dire que ces mémoires (non destinées à être publiées) sont intéressantes, mais qu'elles ne font pas honneur au cardinal Gasparri. Elles sont peu édifiantes, parfois sulfureuses, assez désobligeantes, parfois ignominieuses.
On peut comprendre le choc qu'a pu éprouver un homme de la Curie, comme Gasparri, à se voir confronté à ce véto, mais ses propos vis-à-vis de Puzyna ("un Cardinal aulico di nessuna cultura e di men che mediocre intelligenza") sont absolument inacceptables, et par ailleurs incorrectes. Puzyna fut, comme Gasparri, un bon juriste, il avait été formé aux universités de Lemberg et de Prague. Mais il ne portait pas les scarpe grosse du futur père du CIC.
Quant au latin (Gasparri s'en moque aussi) s'il n'est pas très élégant, il n'est pas pour autant incorrect. Il faudrait savoir qui a rédigé le texte, certainement pas l'Empereur (qui ignorait le latin, même s'il a dû voir le texte : il reçut Puzyna en route de Cracovie à Rome), peut-être Puzyna lui-même ou un collaborateur.

Voici le texte :

Honori mihi duco, ad hoc officium jussu altissimo vocatus, humillime rogare Vestram Eminentiam, prout Decanum Sacri Collegii Eminentissimorum Sacrae Romanae Ecclesiae Cardinalìum et Camerarium Sanctae Romanae Ecclesiae [il s'adresse au cardinal-doyen Oreglia di Santo Stefano qui présidait], ut ad notitiam suam percipiat idque notificare et declarare modo officioso velit nomine et auctoritate Suae Majestatis Apostolicae Francisci Josephi, Imperatoris Austriae et Regis Hungariae, jure et privilegio antiquo uti volentis, veto exclusionis contra Eminentissimum Dominum meum Cardinalem Marianum Rampolla del Tindaro. Romae, die 2 Augusti 1903. Card. Puzyna


Et les têtes des intervenants, qui disent souvent plus que des paroles:

Rampolla, Puzyna, Gasparri