
( 755768 )
De Deo trino par Jean Ferrand (2014-07-27 14:28:23)
En Dieu, il y a une seule nature : l'essence divine ; deux processions: la génération du Fils et la procession de l'Esprit ; trois Personnes, ou Hypostases: le Père, le Fils et l'Esprit ; quatre relations : la paternité, la filiation, la spiration active de l'Esprit (par le Père et le Fils), la spiration passive de l'Esprit ; et cinq propriétés : l'innascibilité du Père, la paternité du Père, la filiation du Fils, la spiration active de l'Esprit (propre au Père et au Fils comme étant un seul principe) et la spiration passive de l'Esprit.
Le Père est le principe du Fils. Le Père et le Fils sont l'unique principe de l'Esprit (comme étant un seul Dieu). Le Père est donc le principe, et l'origine, de toute la Sainte Trinité, y compris de la nature divine elle-même.
En Dieu, il n'y a rien : sauf le Père, le Fils et l'Esprit, qui sont tout.
Le Père est l'origine et la source de toutes les processions divines, et donc de la divinité même.
L'Esprit est la fin, et l'achèvement, de toutes les processions divines. Il est donc l'achèvement éternel de la divinité même.
Le Fils est le medium, l'unique medium, de toutes les processions divines, car l'Esprit procède du Père par le Fils (procession médiate), comme il procède aussi du Père seul (procession immédiate).
Le Père est donc l'origine éternelle, le Fils le medium éternel et l'Esprit la fin éternelle de la divinité. Père, Fils et Esprit sont parfaitement égaux entre eux, et ils sont, en tant qu'un seul Dieu, l'unique principe de la création.
Le Dieu unique et créateur est connu par la raison humaine, mais le Dieu trine n'est connu et accessible que par révélation, et par grâce.
Dans les missions temporelles, qui sont une image imparfaite des processions divines, le Fils est envoyé par le Père, et l'Esprit est envoyé par le Père et le Fils. Par son incarnation en Marie de Nazareth, le Fils, devenu Jésus-Christ, en même temps Dieu et homme, est l'unique medium, l'unique médiateur, entre la divinité éternelle et la création temporelle, entre Dieu et les hommes.
Marie, simple créature, est l'unique médiatrice humaine à l'égard de l'Unique Médiateur divin : nous ne recevons le Christ et nous n'allons au Christ, et par lui à Dieu, que par elle.
Jésus-Christ a fondé son Église sur les douze apôtres, dont nos évêques sont les successeurs, répartis dans le monde entier. Le Christ a donné pour tête visible, et pour chef, à son Église, l'évêque de Rome, successeur de saint Pierre. "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église." (Mt 16, 18). Et "quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié." (Mt 16, 19). Tout ce que décide le pape est voulu directement par Dieu. Obéir au pape, c'est obéir à Dieu. Désobéir au pape, c'est désobéir à Dieu. Le pape est le chef visible, et le principe d'unité, de l'unique Église visible du Christ, sainte, catholique et apostolique. De plus le pape, comme l’Église dans son ensemble, jouissent du charisme de l'infaillibilité dans l'enseignement solennel et définitif, en matière de foi et de principes moraux.
En plus d'être un organisme visible, l’Église est une réalité spirituelle, elle est le corps mystique du Christ, prolongement de son corps physique. Tous les baptisés du baptême trinitaire en font également partie. Ils sont par avance, et par grâce, les citoyens de la Cité céleste, la Jérusalem nouvelle qui descendra du ciel à la fin des temps pour prendre la place de tous les royaumes terrestres.
Les baptisés participent ensemble à l'eucharistie, célébrée par les prêtres, qui sont les adjoints des évêques. L'eucharistie est ce banquet céleste, sacrifice de commémoration et d'action de grâces, qui nous fait communier au corps et au sang glorieux du Christ, immolés pour nous une fois pour toutes au Golgotha, en rémission de tous les péchés de l'humanité.
Tous les hommes ne sont sauvés que par la grâce venue de Jésus-Christ. Mais cette grâce est offerte à toutes les âmes de bonne volonté.
Si le Christ est sorti victorieux du tombeau, le troisième jour après sa Passion, c'est pour nous attendre et nous précéder dans le ciel, d'où il reviendra glorieux à la consommation des siècles, pour inaugurer son règne éternel, celui de Dieu avec nous.

( 755798 )
Si, si par Jean Ferrand (2014-07-28 07:03:00)
[en réponse à 755774]
Si, si. C'est du Thomas d'Aquin, pur jus. Prima pars. Question 36. Article 3. Solution 1.
1. En toute action, il y a deux choses à considérer : le suppôt qui agit, et la vertu par laquelle il agit. Ainsi le feu échauffe par sa chaleur. Si donc, dans le Père et le Fils, on considère la vertu par laquelle ils spirent le Saint-Esprit, il n’y a alors aucun intermédiaire, car cette vertu est une et identique. Mais si l’on considère les personnes mêmes qui spirent, puisque le Saint-Esprit procède à la fois du Père et du Fils, on s’aperçoit que le Saint-Esprit procède du Père immédiatement en tant qu’il vient du Père, et médiatement en tant qu’il vient du Fils ; voilà en quel sens on dit qu’il procède du Père par le Fils. C’est ainsi qu’Abel procédait d’Adam immédiatement, puisque Adam était son père ; et médiatement puisque Ève était sa mère et procédait d’Adam. A vrai dire, cet exemple emprunté à une origine matérielle, paraît assez mal choisi pour représenter la procession immatérielle des Personnes divines.

( 755811 )
Que le Saint-Esprit par Jean Ferrand (2014-07-28 15:27:53)
[en réponse à 755801]
Que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils, selon les grecs, a été enseigné explicitement par le Concile de Florence dans son décret, justement pour les grecs, où il affirmait la légitimité du
Filioque. Pour bien comprendre la portée de ce décret, il importe de le citer, et de le lire,
in extenso, ce qui est assez long à recopier. Je n'ai pu trouver le texte sur le Web.
"Au nom de la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, nous définissons, avec l'approbation de ce saint Concile œcuménique de Florence, pour que tous les chrétiens croient et reçoivent et professent cette vérité de foi, que le Saint Esprit est éternellement du Père et du Fils, qu'il tient son essence et son être subsistant à la fois du Père et du Fils et qu'il procède éternellement de l'un et de l'autre comme d'un seul principe et par une seule spiration. Nous déclarons que ce qu'ont dit les Saints Docteurs et Pères : que le Saint Esprit procède du Père par le Fils, vise à faire comprendre qu'on signifie par là que le Fils, tout comme le Père, est cause, selon les Grecs, mais principe, selon les Latins, de la subsistance, du Saint Esprit. Et parce que tout ce qui est au Père, le Père lui-même l'a donné à son Fils unique en l'engendrant, à l'exception de son être de Père, cette procession même du Saint Esprit à partir du Fils, le Fils la tient éternellement de son Père, qui l'a engendré éternellement.
En outre, nous définissons que le Filioque, qui explique ces paroles, a été ajouté légitimement et avec raison au symbole pour éclaircir la vérité et parce que la nécessité était alors urgente." (DZ 691).
Le concile Vatican II, dans son décret
Ad Gentes, a repris cette doctrine des Pères grecs dans une formule synthétique, et sans la commenter :
"Ce dessein découle de l'amour dans sa source, autrement dit de la charité du Père qui, étant le principe sans principe, de qui le Fils est engendré, de qui le Saint-Esprit procède par le Fils, etc..." (N° 2).
Le Catéchisme de l'E.C. exprime cette position complémentaire des traditions grecque et latine dans son numéro 248.
Le
Filioque et la procession médiate (par le Fils), loin de s'exclure, se complètent et s'appellent mutuellement comme l'a enseigné magistralement le Concile de Florence et comme l'avait déjà fait avant lui notre cher saint Thomas d'Aquin.
J'espère ne pas avoir fait de faute de frappe. Je me suis bien relu.

( 755845 )
Si vous relisez bien par Jean Ferrand (2014-07-29 09:43:03)
[en réponse à 755801]
Si vous relisez bien le texte de saint Thomas (situé en un moment crucial de la Somme Théologique) que je vous ai allégué, vous constatez qu'il affirme bien :
1°) La procession immédiate du Saint-Esprit à partir du Père seul.
2°) La procession médiate du Père par le Fils.
Je souligne les mots essentiels :
En toute action, il y a deux choses à considérer : le suppôt qui agit, et la vertu par laquelle il agit. Ainsi le feu échauffe par sa chaleur. Si donc, dans le Père et le Fils, on considère la vertu par laquelle ils spirent le Saint-Esprit, il n’y a alors aucun intermédiaire, car cette vertu est une et identique. Mais si l’on considère les personnes mêmes qui spirent, puisque le Saint-Esprit procède à la fois du Père et du Fils, on s’aperçoit que le Saint-Esprit procède du Père immédiatement en tant qu’il vient du Père, et médiatement en tant qu’il vient du Fils ; voilà en quel sens on dit qu’il procède du Père par le Fils. C’est ainsi qu’Abel procédait d’Adam immédiatement, puisque Adam était son père ; et médiatement puisque Ève était sa mère et procédait d’Adam. A vrai dire, cet exemple emprunté à une origine matérielle, paraît assez mal choisi pour représenter la procession immatérielle des Personnes divines.
Saint Thomas donne raison aux Pères grecs, tout en réaffirmant, ici même, le
Filioque : " le Saint-Esprit procède à la fois du Père et du Fils".
C'est pourquoi l'on peut soutenir que le Fils joue, au sein de la Trinité, un rôle de
medium, au sens de moyen, ou encore d'intermédiaire, entre le Père et l'Esprit, et qu'il est le seul à tenir : si le Père est l'origine des processions divines, l'Esprit en est la fin, mais le Fils en est le moyen.
Au sein des missions divines, Jésus, Fils de Dieu, Dieu-homme, assume également ce rôle de
medium, ou de moyen, ou d'intermédiaire, puisque il est, dans son incarnation et selon notre foi, l'unique Médiateur entre Dieu et les hommes, et même entre la divinité et le cosmos tout entier. (Il ne saurait exister d'autre incarnation.)

( 755866 )
C'est un bel historique par Jean Ferrand (2014-07-29 14:05:20)
[en réponse à 755858]
C'est un bel historique de la controverse, et une série de recommandations contestables, et qui d'ailleurs ne s'imposent pas dans l’Église.
Mais moi, je ne me situe pas sur le plan de la controverse orthodoxes-catholiques. Étant catholique j'accepte pleinement le Filioque que je professe à la messe. Il ne me pose aucun problème.
Ma réflexion porte sur l'enrichissement éventuel des données d'hypostase, de medium ou médiumnité, de titulature dans l'épiscopat, de rapports entre la raison et la foi, d’historicité des Écritures en particulier de l'Apocalypse, d'origine exacte des évangiles, etc... dans le prolongement de la synthèse thomiste.

( 755868 )
C'est un texte par Jean Ferrand (2014-07-29 14:40:33)
[en réponse à 755804]
C'est un texte sans autorité. Un résumé que j'avais rédigé sur Wikipédia dans la rubrique Discussions de l'article : saint Thomas d'Aquin.
ICI. Je me suis dit : pourquoi ne le soumettrais-je pas à la sagacité des lecteurs du Forum Catholique ? Je pourrais éventuellement l'enrichir ou l'amender.
Mais patratas ! Il a été supprimé sans préavis, même de la page de discussions, avec le commentaire acidulé suivant :
Bonjour,
Certaines de vos modifications ont été annulées sur Thomas d'Aquin.
Les articles de Wikipédia ont une visée encyclopédique, c'est à dire que le texte doit être explicatif (pour la compréhension du lecteur) et basé sur des arguments sourcés (d'après des ouvrages historiques, explicatifs, etc). S'agit nullement de coller vos interprétations personnelles, ou bien d'inclure n'importe où dans les articles des odes à la gloire de dieu ou de copier des écrits anciens hors de tout contexte explicatif. Pareillement, les pages "Discussion" visent à l'amélioration des articles : c'est pas un coin pour faire votre prosélytisme religieux en copiant des vieux bouts de textes traduits.
Si vous souhaitez améliorer les articles et apporter des corrections, vous êtes le bienvenu. Si vous cherchez seulement à chanter des louanges, vous êtes au mauvais endroit : c'est pas une paroisse, ici.
En parcourant vos anciennes contributions, je remarque des corrections de très bonne qualité. Seriez-vous plusieurs personnes à utiliser la même adresse IP ? Je vous encourage à créer un compte Wikipédia.
Irønie (discuter) 27 juillet 2014 à 16:20 (CEST)
Heureusement que le même sort n'est pas arrivé à mon texte sur le Forum catholique !
Je n'ai pas encore répondu.