Le Forum Catholique
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( 755607 )
Réduire le nombre des diocèses par Paterculus (2014-07-23 18:15:39)
A Rome, on considère que ce serait positif en Irlande. (
Apic)
Je ne connais pas la situation en Irlande, mais je sais bien pourquoi je souhaite que cela se fasse en France.
Votre dévoué Paterculus

( 755609 )
On pourrait profiter par Turlure (2014-07-23 19:10:08)
[en réponse à 755607]
de la suppression programmée des départements pour faire des maxi-diocèses correspondant aux nouvelles régions !
Comme ça tout le monde est archevêque et pas de jaloux.
De tels immense diocèses n'auraient même pas autant de prêtres, paroisses, communautés religieuses et pratiquants que les diocèses du début du XXe siècle...

( 755611 )
Pourquoi? par Rikiki (2014-07-23 19:26:32)
[en réponse à 755607]
Pourquoi souhaitez-vous réduire le nombre de diocèses en France?

( 755615 )
Nombreuses raisons par Paterculus (2014-07-23 21:55:46)
[en réponse à 755611]
Il me paraît inutile et coûteux de garder autant de structures pour quelques millions de catholiques qu'on en avait pour quelques dizaines de millions de catholiques.
D'autre part la vie s'est retirée de certaines régions, spécialement rurales, et comme les catholiques n'y sont qu'une petite minorité, beaucoup de diocèses de ces régions ne sont plus guère que des coquilles vides.
On m'objectera l'éloignement qui en résulterait entre les évêques et certains de leurs prêtres et fidèles. Mais cet éloignement, au temps du téléphone, de l'internet et de l'automobile, serait moindre, même si trois diocèses du Massif Central fusionnaient, qu'il l'était dans ces diocèses au XIXème siècle.
Et puis je crois avoir déjà fait sur ce forum le raisonnement suivant.
Prenons comme point de départ qu'en général un presbyterium fournit sensiblement toujours la même proportion d'épiscopables, dans des circonstances équivalentes. Il en suit que la tranche d'âge du presbyterium français capable de fournir des épiscopables ayant été divisée par dix, le nombre d'épiscopables a lui aussi été divisé par dix.
De plus, le "métier" d'évêque s'est compliqué, du fait des exigences de l'administration civile, des mutations de notre société, etc. Du coup la proportion d'épiscopables est moindre qu'autrefois.
Ajoutez à cela la baisse du niveau intellectuel de la population entière, et la baisse du niveau des études dans les séminaires, et vous voyez que la proportion d'épiscopables ne peut que s'être amoindrie là encore.
Bref, je crains que le presbyterium français ne soit plus capable de produire suffisamment d'épiscopables de bon niveau. Et ce d'autant moins qu'on a environ 10% de diocèses supplémentaires (région parisienne, Le Havre, Saint Etienne, Belfort-Montbéliard, et peut-être d'autres).
La solution serait à mes yeux un rattachement des diocèses les plus démunis à des diocèses moins touchés, avec quelques évêques auxiliaires de plus, qui auraient ainsi l'occasion de faire leurs preuves.
Du reste, d'un certain point de vue le Cardinal Barbarin rejoint mon analyse, lui qui suggère que les prêtres ne soient plus incardinés à un diocèse, mais à une région. Cela ne peut se faire que si les diocèses de ladite région n'ont qu'un évêque, ultimement, sinon lequel des évêques déciderait des affectations de chaque prêtre ?
VdP

( 755630 )
Je vous rejoins par Nemo (2014-07-24 09:21:02)
[en réponse à 755615]
Sauf peut-être sur un détail.
Je ne crois pas à la baisse du niveau intellectuel de la population.
Les centres d'intérêt se sont sans doute déplacés. Mais la population (grâce à l'Eglise en partie) est sans aucun doute plus éduquée dans son ensemble qu'aux temps anciens.
Et la recherche à notre époque n'a rien à envier à celles des siècles précédents, particulièrement dans les sciences.
En revanche il y a une au niveau du clergé une baisse quantitative mais aussi qualitative par rapport au niveau général de la population. Une des première conséquences visibles est le caractère long et insipide de sermons pas même appris mais lus !
Cette baisse est due au fait que l'élite fournit moins de vocations et que la formation donnée dans les séminaires est à la fois longue, inadaptée et indigente.
Dans ces conditions, il devient difficile en effet d'identifier des évêques à la fois vertueux et compétents. Mais qui dit évêque dit aussi personnel et commissions épiscopales, chancellerie, tribunal, exorciste, comptables, patrimoine etc. Et là ça devient impossible.
Je ne comprends pas votre remarque sur les évêques auxiliaires : à mon sens, à part la gloriole, ça ne sert strictement à rien aujourd'hui. Des vicaires généraux ou épiscopaux suffisent. A Paris par exemple, rien ne justifie leur caractère épiscopal.

( 755635 )
pas de baisse ? par jejomau (2014-07-24 10:28:59)
[en réponse à 755630]
Je n'ai pas de statistiques sous la main mais je ne vous rejoins pas quand à votre "credo" sur la "non-baisse" du niveau de la population. Quatre éléments déjà abondent en ce sens :
- la baisse que vous constatez quand même dans les séminaires est aussi le miroir de celui d'une population dans son ensemble
- la baisse continue et relevée chaque année du niveau scolaire et étudiant sur le plan national par rapport aux grandes écoles dans le monde
- le fait que les Grandes écoles Préparatoires aient été obligées de supprimer les examens de culture générale et qu'en revanche elles aient été obligées de ré-introduire des cours de grammaire, d'orthographe et de dictée...
- le fait que des écoles hors-contrat se montent régulièrement en France est aussi un indicateur du niveau décadent de l'Education Nationale qui n'arrive plus à assumer son rôle
mais je rajouterai aussi, contrairement à l'idée que vous avancez sur le niveau de la recherche
- que nous entrons en pénurie de profs de mathématiques
- que nous manquons de médecins
etc... etc...

( 755636 )
Comme Jejomau... par Paterculus (2014-07-24 10:43:11)
[en réponse à 755630]
... je pense sérieusement que la baisse du niveau général des études primaires et secondaires est catastrophique. Régulièrement des enquêtes internationales constatent cette baisse pour la France.
On peut m'objecter que c'est compensé, par rapport au XIXème siècle, par une augmentation de la proportion de ceux qui accèdent aux études secondaires ; mais ce n'est pas vrai par rapport à il y a cinquante ans.
Et même si en certains domaines la recherche reste compétitive, on a besoin pour les études théologiques des matières les plus saccagées par ceux qui veulent faire du passé table rase : lettres (pour l'exégèse), histoire (encore pour l'exégèse, mais aussi pour la patristique, l'histoire de l'Eglise, l'histoire du dogme), philosophie...
Bref, nous sommes mal partis !
VdP

( 755639 )
N'oublions pas par Bertrand (2014-07-24 11:42:08)
[en réponse à 755636]
Les langues anciennes, en particulier le latin et le grec,désormais ignorées presque totalement par la plupart des universitaires, sans parler des ecclésiastiques (l'omission de ces matières dans votre post est d'ailleurs symptomatique), ce qui les empêche bien souvent d'avoir un accès direct aux sources et les oblige à recourir à des traduction...

( 755650 )
Pas oubliées ! par Paterculus (2014-07-24 14:55:29)
[en réponse à 755639]
L'étude des langues anciennes est pour moi incluse dans celle des lettres ; d'ailleurs voyez le contexte, je parle de l'importance des lettres pour l'exégèse.
Merci pour l'intérêt que vous portez à mes cogitations.
VdP

( 755666 )
oui par Bertrand (2014-07-24 18:54:26)
[en réponse à 755650]
je l'ai compris après avoir publié mon message.

( 755653 )
Nous ne sommes pas à la même époque par Nemo (2014-07-24 15:09:29)
[en réponse à 755636]
Ceux qui peuvent prétendre à l'épiscopat aujourd'hui ont fait leurs études supérieures avant les années 80, et c'est de cette époque que je parle.
Les connaissances du clergé n'étaient de toutes façons pas mirobolantes puisqu'on dit du Curé d'Ars qu'il comprenait à peine le latin.
Il est certain que la connaissance des langues anciennes est devenue très minoritaire. On peut le déplorer mais leur utilité dans le monde d'aujourd'hui est comparable à celle des études musicales, et encore (beaucoup écoutent de la musique, très peu savent ce que sont le latin, le grec et l'hébreu classiques).
De même la connaissance de l'orthographe sera de moins en moins nécessaire dans le monde de demain et on peut envisager (je n'y suis pas favorable) un essort d'une écriture phonétique, en admettant que lire et écrire soient encore nécessaires.
En revanche je maintiens que nous avons encore des sciuentifiques de haut nivau, que tous les diplômes ne sont pas bradés (grandes écoles en particulier).
Ce qui est certain, c'est que les clercs ne sont plus recrutés dans l'élite de la société depuis nombre d'années et ça se ressent. Même si aujourd'hui on peut voir nouveau des exceptions. Et pour faire un bon évêque, une tête bien formée compte, mais il faut aussi la sainteté.