Le Forum Catholique
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( 754153 )
[La Croix] Les plus de 70 ans regardent avec fierté l'oeuvre accomplie par Gaspard (2014-07-04 10:25:49)
Voilà un texte écrit par Isabelle de Gaulmyn, "chef du service Religion" (sic) à La Croix, à l'occasion de la canonisation des papes Jean-Paul II et Jean XXIII le 29 avril 2014 :
Fierté légitime. Moins nombreux à Rome, parce que un peu fatigués, et sans doute aussi moins à l’aise avec la canonisation, les plus anciens, âgés de plus de 70 ans, étaient aussi représentés : la génération conciliaire, que l’on peut donc, depuis dimanche, appeler génération Jean XXIII. Ils ont vécu le concile, ont cru en lui, ont « joué le jeu », acceptant de confronter une foi, souvent forgée dans un certain classicisme, au monde moderne. Cette génération regarde avec une fierté légitime aujourd’hui l’œuvre accomplie, et l’ampleur du chemin parcouru par l’Église en un demi-siècle.
Source
Un tel déni de réalité face à l'effondrement du catholicisme en France depuis le concile est extraordinaire ! A noter tout de même un progrès: il n'y a plus de majuscule à concile...

( 754154 )
De leur point de vue, ils ont raison ! par Jean-Paul PARFU (2014-07-04 10:36:26)
[en réponse à 754153]
Mission accomplie !
De l'Eglise de Dieu, ils ont réussi à faire une Eglise à leur image, une Eglise de leur temps, une Eglise "normalisée", banalisée, une Eglise purement humaine, une Eglise qu'enfin ils comprennent, une Eglise qui ne les dépasse plus, par le haut, dans l'espace et dans le temps !

( 754157 )
Presque d'accord avec vous ! par Ion (2014-07-04 11:37:50)
[en réponse à 754154]
Retirez deux mots de votre commentaire - banalisée et purement - et j'y souscris.
Et tout cela est très bien.
Car voudriez-vous d'une Eglise qui vous dépasse par le haut ? N'êtes-vous pas, en tant que baptisé, l'Eglise ? Et du coup l'Eglise n'est-elle pas, naturellemen, à votre image, vous-même étant à l'image de Dieu ?
Autrement dit, auriez-vous mal compris ce qu'était vraiment l'Eglise ?
Alors, oui, mission en partie accomplie, rendons grâce.
Ion

( 754158 )
Je suis un disciple du Christ par Jean-Paul PARFU (2014-07-04 11:42:22)
[en réponse à 754157]
de l'Agneau de Dieu et non le Christ mon disiciple ou mon "pote" !
C'est toute la différence, Ion, entre votre religion et la mienne !

( 754162 )
Oui l'Eglise nous dépasse par Yves Daoudal (2014-07-04 12:11:46)
[en réponse à 754157]
par le haut, par le côté, par le bas, de partout.
775 " L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain " (LG 1) : Être le sacrement de l’union intime des hommes avec Dieu : c’est là le premier but de l’Église. Parce que la communion entre les hommes s’enracine dans l’union avec Dieu, l’Église est aussi le sacrement de l’unité du genre humain.
Je ne suis pas un sacrement.
L'Eglise est l'épouse du Cantique. Hélas je ne suis pas l'épouse du Cantique.
L'Eglise est la Jérusalem d'en-Haut. Hélas je ne suis pas la Jérusalem d'en-Haut.
L'Eglise est, à l'image de Marie, vierge et mère. Je ne suis ni vierge ni mère.
L'Eglise est le corps du Christ. Je suis un membre de ce corps, mais le corps est plus que moi, et sa tête infiniment plus, puisqu'elle est divine.
Etc.
Si vous êtes l'Eglise et si l'Eglise ne vous dépasse pas, c'est vous qui avez un problème.

( 754250 )
Ah ! par Griffon (2014-07-05 15:07:05)
[en réponse à 754162]
Et pourtant...
La petite Thérèse développe dans son manuscrit un verset du Cantique : "Attire-moi, nous courrons..."
Tant il est vrai que lorsqu'une seule âme est en oraison, c'est toute l'Eglise qui prie en elle.
Ah... et quelle Eglise ?
Le docteur de l'Eglise précise : elle est à "la table des non-croyants". Elle prie pour eux et tient que cette 'incroyance' fondra devant son Jésus.
Cordialement,
Griffon.

( 754255 )
Ah ! par Yves Daoudal (2014-07-05 17:07:00)
[en réponse à 754250]
Depuis que j'ai deux frères et mes petites soeurs les novices, si je voulais demander pour chaque âme ce qu'elle a besoin et bien le détailler, les journées seraient trop courtes et je craindrais fort d'oublier quelque chose d'important. Aux âmes simples, il ne faut pas de moyens compliqués ; comme je suis de ce nombre, un matin pendant mon action de grâces, Jésus m'a donné un moyen simple d'accomplir ma mission. Il m'a fait comprendre cette parole des Cantiques : " ATTIREZ-MOI, NOUS COURRONS à l'odeur de vos parfums. " (NHA 1131) (Ct 1,3) O Jésus, il n'est donc même pas nécessaire de dire : " En m'attirant, attirez les âmes que j'aime ! " Cette simple parole : " Attirez-moi " suffit. Seigneur, je le comprends, lorsque'une âme s'est laissé captiver par l'odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu'elle aime sont entraînées à sa suite ; cela se fait sans contrainte, sans effort, c'est une conséquence naturelle de son attraction vers vous. De même qu'un torrent, se jetant avec impétuosité dans l'océan, entraîne après lui tout ce qu'il a rencontré sur son passage, de même, ô mon Jésus, l'âme qui se plonge dans l'océan sans rivages de votre amour, attire avec elle tous les trésors qu'elle possède...
Ma Mère, je crois qu’il est nécessaire que je vous donne encore quelques explications sur le passage du Cantiques des cantiques : "Attirez-moi, nous courrons"… "Personne, a dit Jésus, ne peut venir après moi, si mon Père qui m’a envoyé ne l’attire." Ensuite par de sublimes paraboles, et souvent sans même user de ce moyen si familier au peuple, Il nous enseigne qu’il suffit de frapper pour qu’on ouvre, de chercher pour trouver et de tendre humblement la main pour recevoir ce que l’on demande... Il dit encore que tout ce que l’on demande à son Père en son nom Il l’accorde. C’est pour cela sans doute que l’Esprit Saint, avant la naissance de Jésus, dicta cette prière prophétique : Attirez-moi, nous courrons. Qu’est-ce donc de demander d’être Attiré, sinon de s’unir d’une manière intime à l’objet qui captive le cœur ? Si le feu et le fer avaient la raison et que ce dernier disait à l’autre : Attire-moi, ne prouverait-il pas qu’il désire s’identifier au feu de manière qu’il le pénètre et l’imbibe de sa brûlante substance et semble ne faire qu’un avec lui. Mère bien-aimée, voici ma prière, je demande à Jésus de m’attirer dans les flammes de son amour, de m’unir si étroitement Lui, qu’Il vive et agisse en moi. Je sens que plus le feu de l’amour embrasera mon cœur, plus je dirai : Attirez-moi, plus aussi les âmes qui s’approcheront de moi (pauvre petit débris de fer inutile, si je m’éloignais du brasier divin), plus ces âmes courront avec vitesse à l’odeur des parfums de leur Bien-Aimé, car une âme embrasée d’amour ne peut rester inactive.
Si c'est à ces textes que vous faites allusion, je ne vois pas le rapport. Sainte Thérèse ne confond pas son âme et l'Eglise. Au contraire, elle montre comment son âme peut en entraîner d'autres si elle est attirée par l'Esprit.

( 754258 )
L'attraction universelle par PEB (2014-07-05 18:01:26)
[en réponse à 754255]
Justement, la petite Thérèse décrit ici la communion des saints où les fidèles s'entrainent les uns les autres dans l'amour de Dieu.
Lorsqu'une âme s'est laissé captiver par l'odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu'elle aime sont entraînées à sa suite.
Or, la communion des saints, c'est le visage glorieux de l’Église. Le salut de chacun se communique donc à la totalité du Corps mystique.
L’Église se construit pierre vivante par pierre vivante. Chaque âme y participe selon ses dons et charismes.

( 754264 )
Oui et encore... par Griffon (2014-07-05 19:08:12)
[en réponse à 754255]
Dès le début de son manuscrit, elle reprend la cohorte des saints depuis saint Paul, en passant pas saint Augustin, saint Thomas et... en s'aventurant jusqu'au pauvre sauvage qui ne connaît pas le Seigneur.
Celui qui fait oraison, prie en Jésus.
Et comme le dit sainte Jeanne d'Arc lors de son procès, "Et il m’est avis que Jésus-Christ et l’Église, c’est tout un !"
Quant au Christ en tant qu'Epoux, Il est l'Epoux de l'Eglise et l'Epoux de notre âme. Et c'est bien là le sens de l'union mystique.
C'est pourquoi, au moment de mourir, saint Jean de la Croix demande qu'on lui lise un passage du Cantique des cantiques.
Mais bon !
"Je ne suis pas chargé de vous convaincre".
C'est vous qui vous privez.
Cordialement,
Griffon.

( 754276 )
Attention aux illusions. par Yves Daoudal (2014-07-05 20:16:26)
[en réponse à 754264]
Le problème de sainte Thérèse est que certains croient être saint Jean de la Croix parce qu'ils ont cru comprendre "l'histoire d'une âme".
J'espère que vous avez un père spirituel. Sinon c'est urgent d'en trouver un.
A moins que vous soyez vraiment saint Jean de la Croix, évidemment.

( 754332 )
Ne pas faire la confusion entre analogie et... confusion. par Yves Daoudal (2014-07-06 16:08:44)
[en réponse à 754264]
Origène a été le premier à commenter le Cantique des cantiques, en faisant la distinction entre d'une part l'union de l'âme et du Verbe, et d'autre part l'union du Christ et de l'Eglise. Il y a analogie entre les deux, mais pas (con)fusion.
Il y a analogie, et il y a participation. Toujours sans confusion. Saint Bernard, 12e sermon sur le Cantique des cantiques:
Et bien que nul d'entre nous n'ait l'audace de s'arroger le privilège d'appeler son âme épouse du Seigneur, il n'en reste pas moins que nous appartenons à l'Eglise, qui se glorifie à bon droit de ce nom et de la réalité qu'il exprime. Nous avons donc le droit de revendiquer une participation à cette gloire. Car ce que tous ensemble nous possédons en sa plénitude et en son intégrité, sans contredit, chacun en particulier, nous y participons.
Quod etsi nemo nostrum sibi arrogare praesumat, ut animam suam quis audeat sponsam Domini appellare; quoniam tamen de Ecclesia sumus, quae merito hoc nomine, et re nominis gloriatur; non immerito gloriae hujus participium usurpamus. Quod enim simul omnes plene integreque possidemus, hoc singuli sine contradictione participamus.

( 754334 )
Débat un peu stérile par Ion (2014-07-06 16:20:37)
[en réponse à 754332]
Personne ne prétend qu'on est, à soi tout seul, l'Eglise. Et pourtant c'est sur ce terrain que vous avez souhaité me répondre.
En revanche, que nous réalisions, particulièrement depuis le Concile, que l'Eglise n'est pas d'abord une hiérarchie ou qui nous dépasse par le haut, mais l'ensemble du Peuple de Dieu dont nous faisons partie, ou encore le sacrement de notre union avec le Christ, est très heureux. Et cela c'est une réalité, convenez-en, car vous savez très bien que l'ecclésiologie ante-conciliaire, ou en tout cas celle que connaissait la majorité des fidèles, était plutôt déficiente.
Ion

( 754161 )
Oui, mais vous déformez le propos du journaliste... par Rodolphe (2014-07-04 12:04:01)
[en réponse à 754153]
Voici la suite de l'article:
"Et entre les deux [générations, celle de Jean XXIII et celle de Jean-Paul II]? Qu’en est-il de ceux qui sont nés dans les années 1960 ? Trop jeunes pour Jean XXIII, ils ont eu cependant dans leurs aumôneries pour aînée cette génération conciliaire, qui a souhaité sincèrement leur transmettre une foi « dépoussiéré », la possibilité du questionnement, voire du doute. Mais sans toujours donner avec la culture religieuse nécessaire… Ces catholiques nés dans les années 1960, les baby-boomers, ont vu à partir des années 75 leurs « grands frères » partir, quitter l’Église pour des combats politiques ou idéologiques,les laissant orphelins.
Les empoignades autour de Humanae vitae
Ils sont restés, eux, mais comme au milieu d’une rivière sans savoir atteindre l’autre berge. Ils n’ont pas vraiment lu l’encyclique Humanae vitae lorsqu’elle est parue, mais les débat autour de ce texte, les divisions dans l’Église, les empoignades violentes ont marqué leur jeunesse. Difficile pour eux de s’y retrouver, d’autant plus qu’à l’époque d’un « Libération » en pleine gloire, et de la politique érigée en valeur suprême, il ne faisait vraiment pas bon être jeune catho. Beaucoup ont préféré quitter l’Église. Sans révolte, et sans bruit. Mais massivement : il suffit de fréquenter les paroisses et mouvements chrétiens pour s’apercevoir combien manquent aujourd’hui les fidèles entre 50 et 60 ans, dans des assemblées soit plus vieilles, soit plus jeunes.
Elle n’a pas mené les combats de ses aînées. Mais pas non plus senti le besoin d’un Jean-Paul II pour affirmer sa foi plus haut : car même peu nombreuse aujourd’hui, cette génération n’est pas « complexée », quoique l’on en dise. Si elle est discrète, elle vit tranquillement sa foi. Et ne se reconnaît pas plus d’un pape que d’un autre. Bref, elle ne s’appelle surtout pas la « génération Paul VI ».
Visiblement, la crise n'est pas niée et l'auteur ne prétend pas que tout va bien dans l'Eglise.
Il est vrai cependant que cette crise est présentée de façon édulcorée et que la question du rôle joué par le concile dans celle-ci est soigneusement éludée. Quant à la responsabilité des "conciliaires" et du tour d'esprit qui fut le leur, elle est indûment minorée...

( 754163 )
"Cette génération regarde avec une fierté légitime aujourd’hui l’œuvre accomplie" par New Catholic (2014-07-04 12:20:21)
[en réponse à 754153]
"Si monumentum requiris, circumspice."

( 754164 )
ils ont enfin par jejomau (2014-07-04 12:32:10)
[en réponse à 754153]
leur pape... le seul et le dernier...

( 754303 )
Le Catéchisme de 1992 est l'oeuvre accomplie qui contredit la leur. par Scrutator Sapientiæ (2014-07-06 08:44:03)
[en réponse à 754153]
Bonjour et bon dimanche à tous,
Pour ma part, je raisonne davantage
- en termes de "moment Jean XXIII" qu'en termes de "génération Jean XXIII",
- en termes de "génération Vatican II" qu'en termes de "génération Paul VI",
mais là n'est pas le plus important.
Le plus important, c'est ceci : le Catéchisme de l'Eglise catholique a été publié en 1992, notamment pour contredire, corriger, s'opposer et se substituer à l'oeuvre accomplie par la génération Vatican II, la génération des décennies 1960 et 1970.
Si l'oeuvre accomplie par cette génération avait été si féconde, si géniale, l'Eglise catholique n'aurait probablement pas ressenti ce besoin d'un catéchisme, ni répondu à ce besoin par ce Catéchisme.
La structure même de ce Catéchisme de l'Eglise catholique, qui comporte les quatre points cardinaux les plus classiques et normatifs qui soient, entre en contradiction avec l'oeuvre de non transmission de la Foi qui a été accomplie par la génération Vatican II.
Sans qu'il s'agisse pour moi de chercher à opposer, d'une manière partisane ou polémique, les générations de catholiques, je crois qu'à un moment donné, il faut arrêter d'avoir une attitude tellement "oecuméniste" ou "unanimiste" qu'elle conduit à dire en substance :
"Ce qu'a fait telle génération de catholiques ? C'est très bien ainsi !"
"Ce qu'a fait la génération suivante ? C'est très bien aussi !",
notamment et surtout quand ce qu'il y a de plus marquant, dans ce qu'a fait la génération suivante, a été fait pour tenter de contrecarrer ou de contredire, et non pour compléter ou prolonger, ce qu'a fait la génération précédente.
Celle-ci a entendu "dépasser" les certitudes doctrinales inhérentes à la Foi catholique, alors que la Foi comporte notamment un ensemble de certitudes doctrinales, et non pas, il est vrai, un ensemble d'"évidences" intellectuelles ou d'"habitudes" personnelles et collectives.
A partir de là, on peut toujours, évidemment, se poser la question de savoir si l'on est allé jusqu'au bout de la remédiation au bilan laissé par la génération Vatican II, donc si l'on est allé jusqu'au bout de l'appropriation et de la communication de ce qui figure dans le Catéchisme de l'Eglise catholique de 1992, mais se poser la question revient à y répondre, dans le contexte français.
Si je devais un jour "interroger" et "interpeller" une "génération" de catholiques, je le ferais à peu près en ces termes : "Dis-moi ce que tu as accepté ou refusé de recevoir, dis-moi ce que tu as accepté ou refusé de transmettre, et je te dirai quelle est l'oeuvre que tu as accomplie."
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.