Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 754061 )Version écrite du sermon de Mgr Galarreta du 29 juin 2014 par Jean-Paul PARFU (2014-07-02 18:22:08) 

à Ecône.

Voir ici
images/icones/fleche2.gif  ( 754070 )Je crois en une plus grande diversité des attitudes face au Concile. par Scrutator Sapientiæ (2014-07-02 21:41:36) 
[en réponse à 754061]

Rebonsoir et merci à Jean-Paul PARFU,

Ce qui suit est sans rapports directs avec le sermon que je viens de lire, mais c'est sa lecture qui m'a rappelé cette réflexion personnelle récente ; je la formule à toutes fins (in)utiles.

Je trouve que la distinction entre conciliaires et anti-conciliaires méconnaît la diversité des attitudes, donc chacun a déjà fait l'expérience, face au Concile ; par ailleurs, à l'origine, l'adjectif conciliaire n'avait pas du tout le sens qu'il a pris aujourd'hui : un document conciliaire est avant tout un document issu d'un Concile, et non avant tout un document d'inspiration "conciliaire", id est d'inspiration "rénovationniste" ou "rupturiste", la question de savoir si ce document est réellement porteur d'une telle inspiration étant "une autre histoire".

Je suggère donc, non sans candeur, qu'il soit considéré comme éventuellement envisageable de distinguer entre les diverses attitudes suivantes ; j'en dénombre au moins six : il y a en effet

- d'une part, des conciliosceptiques, des conciliophiles, et des conciliolâtres,

- d'autre part, des conciliocritiques, des conciliophobes, et des concilioclastes.

Compte tenu du fait que nous sommes en présence d'un Concile

- non seulement pastoral, mais aussi adogmatique, malgré la présence de deux constitutions dogmatiques,

- oecuméniSTE, bien plus que simplement oeucuméniQUE,

- dont la prise en compte et la mise en oeuvre continuent à être problématiques,

je crois possible d'avoir à l'égard d'au moins une partie du Concile une attitude conciliocritique, mais chez moi la critique est bien souvent avant tout synonyme d'analyse critérisée, et non avant tout synonyme d'appréciation négative.

Au sujet des "points faibles" de Vatican II, je rappelle la présence, au sein du corpus conciliaire, de deux documents, une déclaration sur l'éducation chrétienne et un décret sur les moyens de communication sociale ; il faut savoir que même les Pères du Concile, dans leur ensemble, considéraient, à l'époque, qu'ils avaient plutôt raté ces deux textes, ou, si vous préférez, qu'ils étaient plutôt passés à côté de ces deux thèmes.

Or, il me semble qu'il est quelque peu préjudiciable que l'on ait, à l'occasion d'un Concile pastoral, méconnu ou négligé l'importance de l'éducation chrétienne, l'influence des moyens de communication sociale, par rapport à l'attention que l'on accordé, au cours du même Concile, et surtout en aval du même concile, à d'autres sujets ou thèmes, dont le caractère spécifiquement pastoral ne va pas toujours de soi.

Je pense et j'espère qu'il est possible de formuler cette critique là, de ces éléments là, du Concile, sans être pour autant qualifié, à charge ou à décharge, d'anti-conciliaire intégral.

Je vous remercie de bien vouloir m'excuser pour l'exercice, peut-être un peu vain, auquel je viens de me livrer, et je vous souhaite une bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 754109 )Mais ne trouvez-vous par Jean Ferrand (2014-07-03 16:06:30) 
[en réponse à 754070]

Mais ne trouvez-vous pas un peu hardi a priori, Scrutator, de juger ou même de critiquer un concile œcuménique ? Je vais vous donner un bon conseil. Faites comme moi. Vous lisez pieusement les textes du Concile. Vous dites amen à tout, comme il se doit de la part d'un bon catholique traditionnel, au sens premier (fidèle à toute tradition, y compris celle du Concile). Puis vous l'oubliez et vous n'en faites qu'à votre tête. Je me sens très libre. (N'allez surtout pas dire ça à mon évêque. Il me blâmerait).

Vous ne vous voyez pas apprendre par cœur tous les sermons que vous attendez. Là c'est pareil.

Une question subsidiaire : quel est d'après vous le fondement théologique de la critique du magistère ? Existe-t-il, ou non, une critique légitime ?
images/icones/fleche2.gif  ( 754134 )Je ne l'oublie pas et n'en fais pas qu'à ma tête pour autant. par Scrutator Sapientiæ (2014-07-03 23:23:07) 
[en réponse à 754109]

Bonsoir et merci, Jean Ferrand.

Que je sache, tous les documents du Concile ne sont pas de même nature, n'ont pas la même portée, et une appréciation différenciée d'une constitution dogmatique, d'une part, d'une déclaration pastorale, d'autre part, ne me semble ni hérétique, ni schismatique, dès lors qu'elle ne tourne pas à la délégitimation systématique de l'une et de l'autre.

Tous les documents du Concile n'ont pas la même autorité, or, il arrive fréquemment que les documents du Concile qui ont le plus de notoriété soient aussi ceux qui ont une autorité différente de celle qui a vocation à être reconnue, plus pleinement, à d'autres documents, qui sont malheureusement moins connus et moins reçus.

Avec ce mode de raisonnement, le Concile, je ne l'oublie pas, et je n'en fais pas qu'à ma tête pour autant, ce qui ne veut pas dire que j'y pense sans cesse, mais ce qui veut dire que je ne suis pas "réglementairement en admiration" devant chacun de ces documents.

Il me semble donc que le fondement, ou l'un des fondements, théologiques, de l'analyse critérisée des documents du Magistère, est le suivant : il y a, à l'intérieur du Magistère, une hiérarchie, entre les textes, et on analyse le Magistère en respectant cette hiérarchie, et non en inversant, en nivelant ou en transgressant la signification de cette hiérarchie.

Je vous renvoie par ailleurs à ceci, qui semble dire que le Magistère est bien plus un interprète de la Tradition qu'une composante de la Tradition.

Ici.

Par ailleurs, dans le cas des documents les plus constitutifs du spécifique du Concile Vatican II, le passage de l'analyse critérisée à l'appréciation négative (ou, si vous préférez, à l'appréciation objective des limites de ces documents) est d'autant moins illégitime, d'autant moins hétérodoxe, que l'on est en présence de griefs formulables avant tout compte tenu de ce que les auteurs de ces textes ont pris bien soin de taire, et non avant tout compte tenu de ce que ces mêmes rédacteurs ont pris bien soin de dire.

C'est en tout cas "ce que je crois" ; je vous prie de bien vouloir m'excuser pour cette réponse, et je vous souhaite une bonne nuit, ainsi qu'une excellente continuation.

Scrutator.