Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=753293
images/icones/vatican.gif  ( 753293 )" Vatican II a été une nouvelle Pentecôte" par New Catholic (2014-06-21 13:43:47) 

Une autre fois cette phrase, en 2014, dans un document officiel du Saint-Siège (de la Commission Théologique Internationale). En 2014. 2014!

Le sensus fidei
dans la vie de l’Église
images/icones/1v.gif  ( 753294 )je préfère l'original à la copie par jejomau (2014-06-21 13:49:07) 
[en réponse à 753293]

au moins, je suis sûr et certain qu'il s'agissait bien du Saint-Esprit promis par le Christ, Vrai Dieu et Vrai homme, 2° personne de la Trinité Sainte...
images/icones/bravo.gif  ( 753295 )Oui, moi aussi par New Catholic (2014-06-21 13:54:49) 
[en réponse à 753294]

C'est ce qu'on dit ici.
images/icones/colombe2.png  ( 753297 )ah, bien vous voyez par jejomau (2014-06-21 13:59:37) 
[en réponse à 753295]

si j'ai dit quelque chose qui a déjà été écrit quelque part, c'est bien que j'ai été inspiré par l'Esprit-Saint !

Conclusion : l'Esprit est Tradi !
images/icones/fleche2.gif  ( 753301 )On confond souvent résultat attendu et résultat obtenu. par Scrutator Sapientiæ (2014-06-21 14:23:59) 
[en réponse à 753293]

Bonjour et merci, New Catholic.

En ce qui concerne le Concile Vatican II, en tant que nouvelle Pentecôte, on confond souvent le résultat attendu par Jean XXIII et le résultat obtenu par la suite.

Imaginons

- un Jean XXIII disant, en 1961 ou en 1962 : "j'attends beaucoup de choses fructueuses du prochain Concile, mais il faut raison garder, et je n'attends donc pas particulièrement qu'il soit ce que certains appellent déjà, d'une manière exagérée, une nouvelle Pentecôte."

- un après-Concile tellement fructueux, qualitativement et quantitativement, notamment en vocations religieuses et sacerdotales, au point que tout le monde puisse dire : "malgré la prudence, la réserve de Jean XXIII, il est vraiment possible de dire que le Concile Vatican a été et est toujours une nouvelle Pentecôte."

Si les choses s'étaient passées ainsi, à la limite, l'assimilation du Concile Vatican II à une certaine forme de nouvelle Pentecôte n'aurait pas entièrement illégitime.

Considérons que ce n'est pas parce qu'un Souverain pontife attendait des résultats du Concile qu'ils soient synonymes d'une nouvelle Pentecôte que les résultats obtenus au Concile et après ont vraiment été synonymes d'une nouvelle Pentecôte.

J'avoue ne pas très bien comprendre le mode de raisonnement suivant : "le Pape a toujours raison, même quand la réalité historique le contredit", id est même quand les données factuelles les plus élémentaires contredisent, en l'occurrence, une confusion, tout à fait officielle, entre espérance et optimisme.

A présent, voici ce dont il est question, dans ce nouveau texte de la CTI :

" 127. Vatican II a été une nouvelle Pentecôte[144], qui a préparé l’Église à cette nouvelle évangélisation que, depuis le concile, les papes n’ont cessé d’appeler de leurs voeux. Le concile a mis un accent renouvelé sur l’idée traditionnelle selon laquelle tous les baptisés sont pourvus d’un sensus fidei, et ce sensus fidei constitue une ressource des plus importantes pour la nouvelle évangélisation [145]. Grâce au sensus fidei, les fidèles sont à même non seulement de reconnaître ce qui s’accorde avec l’Évangile et d’écarter ce qui lui est contraire, mais également de percevoir ce que le pape François a appelé « des voies nouvelles pour le chemin » de foi du peuple pèlerin tout entier. L’une des raisons pour lesquelles évêques et prêtres doivent être proches de leur peuple sur le chemin et doivent marcher avec lui, c’est précisément pour qu’ils puissent reconnaître ces « voies nouvelles » telles que le peuple les perçoit [146]. Le discernement de ces voies nouvelles, que le Saint-Esprit ouvre et éclaire, sera vital pour la nouvelle évangélisation.

128. Le sensus fidei est étroitement lié à l’« infallibilitas in credendo » que possède l’Église dans son ensemble, en tant que « sujet » croyant, en pèlerinage à travers l’histoire [147]. Nourri par le Saint-Esprit, il permet à l’Église de rendre témoignage et à ses membres d’opérer le discernement qu’ils doivent sans cesse faire, à la fois en tant qu’individus et en tant que communauté, afin de savoir quelle est la meilleure manière de vivre, agir et parler dans la fidélité au Seigneur. C’est l’instinct par lequel tous et chacun « pensent avec l’Église [148] », partageant une même foi et un même dessein. C’est lui qui unit les pasteurs et le peuple et qui rend le dialogue entre eux, fondé sur les dons et les vocations de chacun, à la fois essentiel et fructueux pour l’Église. "

Il y a aussi ce passage, mais j'aurais pu en choisir un autre :

" b) Le sensus fidei et l’opinion publique

113. L’un des sujets les plus délicats est celui des relations entre le sensus fidei et l’opinion publique ou majoritaire, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Église. L’opinion publique est un concept sociologique, qui s’applique d’abord aux sociétés politiques. L’émergence de l’opinion publique est liée à la naissance et au développement du modèle politique de la démocratie représentative. Dans la mesure où le pouvoir politique trouve sa légitimité dans le peuple, celui-ci doit pouvoir faire connaître sa pensée et le pouvoir politique doit en tenir compte dans l’exercice de son gouvernement. L’opinion publique est donc essentielle au bon fonctionnement de la vie démocratique et il est important qu’elle soit éclairée et informée de manière compétente et honnête. Tel est rôle des mass medias qui contribuent ainsi grandement au bien commun de la société du moment qu’ils ne cherchent pas à manipuler l’opinion en faveur d’intérêts particuliers.

114. L’Église apprécie les hautes valeurs humaines et morales adoptées par la démocratie, mais elle-même n’est pas structurée selon les principes d’une société politique séculière. L’Église, qui est le mystère de la communion des hommes avec Dieu, tient sa constitution du Christ. C’est de lui qu’elle tient sa structure interne et ses principes de gouvernement. L’opinion publique ne peut donc jouer dans l’Église le rôle déterminant qu’elle joue de façon légitime dans les sociétés politiques qui se fondent sur le principe de la souveraineté populaire, même si elle a effectivement un rôle propre dans l’Église, comme nous allons nous efforcer de l’éclaircir par la suite.

115. Les mass-media analysent souvent les affaires religieuses. L’intérêt du public pour les questions de la foi est un bon signe, et la liberté de la presse est un droit de l’homme fondamental. L’Église catholique ne craint pas la discussion ni la controverse à propos de son enseignement. Au contraire, elle accueille le débat comme un signe de liberté religieuse. Chacun est libre soit de la critiquer, soit de la défendre. De fait, elle reconnaît qu’une critique équitable et constructive peut l’aider à percevoir plus clairement certains problèmes et à y apporter de meilleures solutions. Elle-même est à son tour libre de critiquer les attaques injustes, et elle doit pouvoir avoir accès aux media afin, si nécessaire, de défendre la foi. Elle apprécie que les media indépendants l’invitent à apporter sa contribution aux débats publics. Elle ne désire pas le monopole de l’information, mais elle reconnaît la valeur de la pluralité des opinions et de leur échange. Cependant, elle sait aussi l’importance d’informer la société sur le sens véritable et sur le contenu de sa foi comme de son enseignement moral.

116. Aujourd’hui, on entend beaucoup plus souvent la voix des laïcs dans l’Église, avec des positions tantôt conservatrices et tantôt progressistes, mais en général elle participe de façon constructive à la vie et à la mission de l’Église. L’immense développement que l’éducation a apporté à la société a eu une influence considérable sur les relations au sein de l’Église. L’Église elle-même s’est engagée à travers le monde entier dans des programmes d’éducation visant à donner aux personnes leur voix propre et leurs droits propres. C’est donc un bon signe si aujourd’hui beaucoup de gens s’intéressent à l’enseignement de l’Église, à sa liturgie et à sa mission de service. De nombreux membres de l’Église désirent exercer leurs compétences propres et participer à leur manière propre à la vie de l’Église. Ils s’organisent en paroisse, ainsi qu’en divers groupes et mouvements, afin de construire l’Église et d’influencer la société dans son ensemble, et ils cherchent au moyen des media sociaux le contact avec d’autres croyants et avec les personnes de bonne volonté.

117. Les nouveaux réseaux de communication, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Église, appellent de nouvelles formes d’attention et de critique, ainsi qu’un renouveau des méthodes de discernement. Certaines influences provenant de groupes d’intérêts particuliers ne sont pas compatibles, ou pas entièrement, avec la foi catholique. Certaines convictions ne peuvent s’appliquer qu’en certains lieux ou à certaines époques et il existe des pressions pour amoindrir le rôle de la foi dans le débat public ou pour adapter la doctrine chrétienne traditionnelle aux intérêts et aux opinions modernes.

118. Il est clair que l’on ne saurait identifier purement et simplement le sensus fidei à l’opinion publique ou majoritaire. Ce ne sont en aucune façon les mêmes choses.

i) Tout d’abord, le sensus fidei a un lien évident avec la foi, et la foi est un don que chacun ne possède pas nécessairement ; le sensus fidei ne peut donc certainement pas être assimilé à l’opinion publique dans la société dans son ensemble. Ensuite, alors que la foi chrétienne est bien entendu le facteur premier qui unit les membres de l’Église, bien des influences différentes s’associent pour façonner les points de vue des chrétiens qui vivent dans le monde moderne. Comme le montre de façon implicite la précédente discussion sur les dispositions, le sensus fidei ne peut donc pas non plus s’identifier purement et simplement à l’opinion publique ou majoritaire dans l’Église. La foi, et non l’opinion, est le point de référence auquel il faut nécessairement prêter attention. L’opinion n’est souvent que l’expression, sujette à de fréquents changements et transitoire, des tendances ou des désirs d’un certain groupe ou d’une certaine culture, alors que la foi est l’écho de l’unique Évangile qui est valide pour tous les temps et pour tous les lieux.

ii) Dans l’histoire du peuple de Dieu, ce fut souvent non pas la majorité, mais bien plutôt une minorité qui a vraiment vécu la foi et qui lui a rendu témoignage. L’Ancien Testament connaissait le « reste saint » des croyants, parfois en tout petit nombre comparé aux rois, aux prêtres et à la plupart des Israélites. Le christianisme lui-même a commencé comme une petite minorité, blâmée et persécutée par les autorités publiques. Dans l’histoire de l’Église, les mouvements évangéliques tels les franciscains et les dominicains, ou plus tard les jésuites, commencèrent comme de petits groupes que certains évêques et théologiens regardèrent avec suspicion. Dans beaucoup de pays aujourd’hui, les chrétiens subissent de la part d’autres religions ou d’idéologies séculières une forte pression pour leur faire abandonner la vérité de foi et affaiblir les liens de la communauté ecclésiale. Il est donc particulièrement important de discerner et d’écouter les voix des « petits qui croient » (Mc 9,42).

119. Il est indiscutablement nécessaire de distinguer entre le sensus fidei et l’opinion publique ou majoritaire, et pour cela il faut identifier les dispositions nécessaires pour participer au sensus fidei, telles que celles qui ont été décrites plus haut. C’est néanmoins le peuple de Dieu tout entier qui, dans son unité interne, confesse et vit la vraie foi. Le magistère et la théologie doivent sans cesse œuvrer pour renouveler la présentation de la foi dans les différentes situations, en confrontant s’il y a lieu les conceptions dominantes de la vérité chrétienne à la vérité réelle de l’Évangile, mais il faut rappeler que l’expérience de l’Église montre que parfois la vérité de la foi a été conservée non pas par les efforts des théologiens ni par l’enseignement de la majorité des évêques, mais dans les cœurs des croyants. "

Vraiment merci pour la référence à ce document, que je lirai en totalité dès que possible, bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 753302 )C'est vrai par New Catholic (2014-06-21 14:47:46) 
[en réponse à 753301]

J'ai faite cette petite observation ailleurs. Merci à vous.
images/icones/fleche3.gif  ( 753307 )la question qui vient spontanément par jejomau (2014-06-21 15:13:06) 
[en réponse à 753301]

quand on lit les passages auxquels vous faites allusion est celle-ci :

le sensus fidei contredit-il (ou s'oppose-t-il) la Tradition?
images/icones/fleche2.gif  ( 753447 )Une référence au Catéchisme + Une réflexion rapide. par Scrutator Sapientiæ (2014-06-24 07:37:15) 
[en réponse à 753307]

Bonjour et merci, jejomau.

Voici :

Ici.

A ce qui précède j'ajoute ceci : à mon sens, le sensus fidei, bien compris, ne peut contredire, ne peut s'opposer, ni à l'Ecriture, ni à la Tradition, ni au Magistère, dès lors que celui-ci ne contredit pas lui-même l'Ecriture ni la Tradition, ni le Magistère antérieur, notamment ou surtout en ce que celui-ci a de plus définitoire.

Mais une ou plusieurs conceptions de l'Ecriture, de la Tradition, ou du Magistère, peuvent très bien entrer en contradiction à la fois avec le sensus fidei et avec la Tradition, et peu importe ici que l'une ou l'autre de ces conceptions soit quantitativement dominante ou marginale.

De même, le sensus fidei, en tant que tel, ne s'oppose pas à la Tradition, mais une certaine conception du sensus fidei peut amener à l'opposer ou à s'opposer à la Tradition : soumis à une approche fondamentaliste, à une lecture traditionaliste (dans l'acception condamnée par l'Eglise au XIX° siècle), ou à ce que j'appelle le "rénovationnisme", le sensus fidei ne peut que finir par s'éloigner de la Tradition ou par s'opposer à la Tradition.

Le récent document de la CTI nous apporte des critères d'appréciation :

" 1. Les dispositions requises pour une participation authentique au sensus fidei

88. Il n’y a pas une disposition unique, mais plutôt un ensemble de dispositions, influencées par des facteurs ecclésiaux, spirituels et éthiques. Aucune de ces dispositions ne peut être discutée de manière isolée ; ses relations avec chacune des autres et leur ensemble doivent être prises en compte. On n’indiquera ci-dessous que les plus importantes des dispositions nécessaires pour une authentique participation au sensus fidei, en les tirant d’une enquête biblique, historique et systématique, et en les formulant de telle sorte qu’elles puissent être utiles pour un discernement dans des situations pratiques.

a) La participation à la vie de l’Église

89. La première et la plus fondamentale de toutes les dispositions est la participation active à la vie de l’Église. Une appartenance formelle à l’Église ne suffit pas. La participation à la vie de l’Église signifie une prière constante (cf. 1 Th 5,17), une participation active à la liturgie, spécialement à l’Eucharistie, une réception régulière du sacrement de la réconciliation, un discernement et un exercice des dons et des charismes reçus du Saint-Esprit, et un engagement actif dans la mission de l’Église et dans sa diakonia. Elle suppose l’acceptation de l’enseignement de l’Église en matière de foi et de morale, la volonté de suivre les commandements de Dieu, et le courage d’exercer la correction fraternelle comme de s’y soumettre.

90. Une telle participation peut se réaliser de mille manières ; mais ce qui est toujours commun à ces réalisations, c’est une solidarité active avec l’Église, qui provient du cœur, un sentiment de fraternité avec les autres membres fidèles et avec l’Église tout entière, et de ce fait un instinct pour percevoir quelles sont les nécessités de l’Église et les dangers qui la menacent. Cette attitude indispensable se traduit par l’expression sentire cum Ecclesia : ressentir, éprouver et percevoir en harmonie avec l’Église. Elle est requise non seulement des théologiens, mais de tous les fidèles ; elle unit tous les membres du peuple de Dieu dans leur pèlerinage. Elle est la clef de leur « marcher ensemble ».

91. Les sujets du sensus fidei sont les membres de l’Église qui participent à la vie de l’Église, conscients que « nous, qui sommes plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres » (Rm 12,5).

b) L’écoute de la parole de Dieu

92. Une participation authentique au sensus fidei se fonde nécessairement sur une écoute profonde et attentive de la parole de Dieu. Parce que la Bible est le témoignage originel de la parole de Dieu, transmis de génération en génération dans la communauté de foi [111], la cohérence avec l’Écriture et avec la Tradition est l’indice principal d’une telle écoute. Le sensus fidei est l’intelligencede la foi par laquelle le peuple de Dieu « accueille non pas une parole humaine mais vraiment la parole de Dieu [112] ».

93. Il n’est pas demandé à tous les membres du peuple de Dieu d’étudier de façon scientifique la Bible et les témoignages de la Tradition. Ce qui est requis, c’est bien plutôt une écoute attentive et réceptive des Écritures dans la liturgie, et une réponse provenant du cœur, « Nous rendons grâces à Dieu » et « Louange à toi, Seigneur Jésus », une fervente confession du mystère de la foi, et un « Amen » qui répond au « Oui » que Dieu a dit à son peuple en Jésus-Christ (2 Co 1,20). La participation à la liturgie est la clef pour une participation à la Tradition vivante de l’Église, et la solidarité avec les pauvres et ceux qui sont dans le besoin ouvre le cœur afin qu’il reconnaisse la présence et la voix du Christ (cf. Mt 25,31-46).

94. Les sujets du sensus fidei sont les membres de l’Église qui ont « accueilli la Parole avec la joie de l’Esprit Saint » (1 Th 1,6).

c) L’ouverture à la raison

95. Une disposition fondamentale requise pour une authentique participation au sensus fidei est d’accepter le rôle propre de la raison dans sa relation avec la foi. Foi et raison vont de pair [113]. Jésus a enseigné que Dieu doit être aimé non seulement « de tout ton cœur, de toute ton âme, … et de toute ta force », mais également « de tout ton esprit [νοῦς] » (Mc 12,30). Parce qu’il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a qu’une seule vérité, connue à partir de plusieurs points de vue et selon différentes manières par la foi et la raison. La foi purifie la raison et élargit son horizon, et la raison purifie la foi et rend plus claire sa cohérence [114].

96. Les sujets du sensus fidei sont les membres de l’Église qui célèbrent un « culte raisonnable » et acceptent le rôle propre de la raison illuminée par la foi dans leurs croyances et dans leurs pratiques. Tous les fidèles sont appelés à se laisser « transformer par le renouvellement de [leur] jugement, afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait » (Rm 12,1-2).

d) L’adhésion au magistère

97. Une autre disposition nécessaire pour une authentique participation au sensus fidei est d’être attentif au magistère de l’Église et d’avoir la volonté d’écouter l’enseignement des pasteurs de l’Église, comme un acte de liberté et de profonde conviction [115]. Le magistère s’enracine dans la mission de Jésus, et spécialement dans sa propre autorité d’enseignement (cf. Mt 7,29). Il a un lien intrinsèque avec l’Écriture comme avec la Tradition ; « aucune de ces [trois] réalités ne subsiste sans les autres [116] ».

98. Les sujets du sensus fidei sont les membres de l’Église qui tiennent compte des paroles de Jésus à ceux qu’il envoie : « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé » (Lc 10,16).

e) La sainteté — L’humilité, la liberté et la joie

99. Une participation authentique au sensus fidei requiert la sainteté. La sainteté est la vocation de l’Église tout entière et de chaque croyant [117]. Être saint signifie fondamentalement appartenir à Dieu en Jésus-Christ et dans son Église, être baptisé et vivre la foi dans la puissance du Saint-Esprit. La sainteté est en effet une participation à la vie de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, et elle tient ensemble l’amour de Dieu et l’amour du prochain, l’obéissance à la volonté de Dieu et l’engagement en faveur des frères humains. Une telle vie est soutenue par le Saint-Esprit, que les chrétiens ne cessent d’invoquer et de recevoir (cf. Rm 1,7-8,11), particulièrement dans la liturgie.

100. Dans l’histoire de l’Église, les saints sont les porte-lumières du sensus fidei. Marie, la Mère de Dieu, la Toute-Sainte (Panaghia), dans son acceptation totale de la parole de Dieu, est le modèle même de la foi et la Mère de l’Église [118]. En conservant comme un trésor dans son cœur les paroles du Christ (Lc 2,51) et en chantant les louanges de l’œuvre salvifique de Dieu (Lc 1,46-55), elle illustre parfaitement la manière dont le sensus fidei produit dans les cœurs des croyants la joie de la parole de Dieu et l’empressement à annoncer la bonne nouvelle. Dans la succession des générations, le don de l’Esprit à l’Église a produit une riche moisson de sainteté et le nombre total des saints n’est connu que de Dieu seul[119]. Ceux qui sont béatifiés et canonisés sont proposés comme des modèles visibles de foi et de vie chrétiennes. Pour l’Église, Marie et tous les saints sont, avec leur prière et leur passion, des témoins exceptionnels du sensus fidei en leur propre temps et pour tous les temps, en leur lieu propre et pour tous les lieux.

101. Parce qu’elle requiert fondamentalement une imitatio Christi (cf. Ph 2,5-8), la sainteté implique essentiellement l’humilité. Une telle humilité est aux a ntipodes de l’hésitation ou de la timidité ; elle est un acte de liberté spirituelle. La franchise (παρρησία), à l’exemple du Christ lui-même (cf. Jn 18,20), est donc liée à l’humilité et elle est également une caractéristique du sensus fidei. Le premier endroit où pratiquer l’humilité est dans l’Église elle-même. L’humilité n’est pas une vertu que les seuls laïcs devraient exercer envers leurs pasteurs, mais elle est aussi un devoir pour les pasteurs eux-mêmes dans l’exercice de leur ministère pour l’Église. Jésus a enseigné aux Douze : « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35). L’humilité se vit en reconnaissant habituellement la vérité de la foi, le ministère des pasteurs et les besoins des fidèles, spécialement des plus faibles.

102. Un indice sûr de la sainteté est « la paix et la joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17 ; cf. 1 Th 1,6). Ces dons se manifestent avant tout sur un plan spirituel, et non psychologique ou émotionnel . Ce sont la paix du cœur et la joie tranquille de celui qui a trouvé le trésor du salut, la perle de grand prix (cf. Mt 13,44-46). La paix et la joie sont de fait deux des fruits les plus caractéristiques du Saint-Esprit (cf. Ga 5,22). C’est le Saint-Esprit qui meut le cœur et le tourne vers Dieu, qui « ouvre les yeux de l’esprit et donne “à tous la joie et la douceur de consentir et de croire à la vérité [omnibus suavitatem in consentiendo et credendo veritati]” [120] ». La joie est le contraire de l’amertume et de la colère qui contristent le Saint-Esprit (cf. Ep 4,31), et elle est la pierre de touche du salut[121]. Saint Pierre exhorte les chrétiens à se réjouir de partager les souffrances du Christ, « afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4,13).

103. Les sujets du sensus fidei sont les membres de l’Église qui entendent l’appel pressant de saint Paul et qui y répondent : « Mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments : ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment ; n’accordez rien à l’esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi » (Ph 2,2-3).

f) La recherche de l’édification de l’Église

104. Une manifestation authentique du sensus fidei contribue à édifier l’Église comme un seul corps, et elle n’entretient au sein de celle-ci ni division ni particularisme. Dans la Ire lettre aux Corinthiens, cette édification constitue l’essence même de la participation à la vie et à la mission de l’Église (cf. 1 Co 14). Édifier signifie construire l’Église, à la fois dans la conscience intérieure de sa foi et en terme de nouveaux membres qui désirent être baptisés dans la foi de l’Église. L’Église est la maison de Dieu, un temple saint, constituée des fidèles qui ont reçu le Saint-Esprit (cf. 1 Co 3,10-17). Construire l’Église signifie s’efforcer de découvrir et de développer ses dons propres, ainsi qu’aider les autres à découvrir et à développer leurs charismes, corriger leurs fautes et accepter soi-même la correction dans un esprit de charité chrétienne, collaborer avec les autres et prier avec eux, partager leurs joies et leurs peines (cf. 1 Co 12,12,26).

105. Les sujets du sensus fidei sont les membres de l’Église qui reflètent ce que saint Paul dit aux Corinthiens : « À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun » (1 Co 12,7). "

Je vous souhaite une bonne journée et vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 753316 )Tout à fait d'accord par Aigle (2014-06-22 10:19:44) 
[en réponse à 753301]

Avec vous scrutator
images/icones/bulle.gif  ( 753310 )Les fruits de cette "Pentecôte".... par FilsDeMarie (2014-06-22 09:24:18) 
[en réponse à 753293]

Les chiffres, hélas, ne mentent pas :


Le journal La Croix a publié le 6 juin un article très intéressant qui dresse l’état des lieux de la situation de l’Eglise catholique en France. Outre le fait que les données rapportées sont précises et clairement énoncées, on ne peut accuser ce journal réputé progressiste de vouloir donner une image négative et pessimiste de l’Eglise de France.

On y apprend notamment qu’en 2000, si 50% d’une classe d’âge était baptisée, aujourd’hui ce taux est passé à 32 %, soit une baisse de plus de 1% par an. Pour rappel ce taux était de 71% en 1980 !

Les mariages eux, ne pourront hélas plus chuter tellement leur nombre devient faible : si 61 % des mariages se faisaient à l’église en 1980, ils n’étaient plus que 16% en 2010.

Pour le nombre de prêtre, le constat est le même, passant de 38291 en 1980 à 13822 en 2011, avec une moyenne d’âge de 72 ans !

Personne ne peut se réjouir d’un tel désastre, car il ne constitue pas seulement le péril d’une institution, mais un péril pour la civilisation sur laquelle nos pays se sont forgés durant 2000 ans. Nos modes de vie et notre modèle – ou ce qu’il en reste – ne pourront être sauvés que par une restauration de l’Eglise catholique.

La boussole de Vatican II, ce concile qui devait donner une nouvelle jeunesse à l’Eglise, semble avoir indiqué le gouffre.

Xavier Celtillos



Source : Média Presse Info.


images/icones/rose.gif  ( 753322 )oui mais à l'inverse ailleurs ... par Luc Perrin (2014-06-22 15:18:11) 
[en réponse à 753310]

en Afrique et en Asie, les chiffres qui ne mentent pas disent le contraire exactement !

Le "Renouveau" a été un hiver calamiteux ici en France, en Europe de l'Ouest même en Italie et en Espagne-Portugal : c'est brutal mais évident.

Il a été très mitigé en Amérique latine aujourd'hui on voit la concurrence croissante des Communautés néo-pentecôtistes : majoritaires au Guatemala et qui prospèrent dans le sous-continent, grâce notamment à la "théologie de la libération" qui a embourgeoisé l'Église et a contribué à détourner les couches populaires du catholicisme.

En revanche, en Afrique et en Asie, le Renouveau catholique est réel, flamboyant même. Je sais bien qu'en France et en Europe, on se refuse à regarder les réalités en face mais il ne fait aucun doute que le catholicisme en 2050-2060 aura un visage africano-asiatique premier.
Je note qu'en Afrique une "herméneutique de la réforme dans la continuité" a prévalu, moins en Asie (cela dépend des pays).

Or qui prétend donner des leçons de "pastorale" à l'Église universelle ?
Le cardinal Kasper et l'Église allemande en pleine décapilotade, souvent l'Église de France qui ne cuit plus guère de pain comme dans les années 1930-1950, le cardinal hondurien Maradiaga dans une Amérique centrale gagnée par les néo-pentecôtistes, le cardinal Braz dans un Brésil catholique qui subit une poussée laïciste et une vague néo-pentecôtiste ...

Quelle cruelle ironie ! Les prélats champions de l'échec pastoral sont-ils les plus aptes à guider l'Église universelle du XXIe siècle ?

C'est un peu comme si le sélectioneur de l'équipe de France de football était allé chercher les joueurs de 2010 pour la Coupe 2014.
images/icones/neutre.gif  ( 753324 )Quelle Asie? Quelle Afrique? par New Catholic (2014-06-22 17:19:17) 
[en réponse à 753322]

Ça dépend beaucoup, cher ami: en Corée du Sud, peut-être, pas au Japon; en Chine, personne ne sait vraiment ce qui se passe, mais tout laisse croire que l'avancée protestante est beaucoup plus importante que la catholique; dans les Philippines, la vague latino-américaine arrivera, mais la source de croissance a été exclusivement biologique. EN outre, les amis philippins nous disent que la connaissance de la doctrine est si pénible dans les Philippines que partout en Europe et Amérique. Dans le sous-continent indien, la connaissance de la doctrine est contaminée par un dialogue interreligieux farouche. Et, finalement, dans l'Asie occidentale, le Moyen-Orient, c'est la fin de 2000 ans de communautés chrétiennes.

En Afrique, c'est très bien dans vos chères Rwanda et Burundi, en plusieurs parties de l'Afrique centrale (en général, les mêmes qui rejèttent plus fortement les doctrines pro-homo). Dans le sud du continent, c'est la chute - en Afrique du Sud, Angola, Mozambique...

Il y a des très bon lieux en Afrique, beaucoup moins en Asie. De toute façon, dire simplement "Asie" et "Afrique" est très simpliste, vous le savez bien.
images/icones/fleche2.gif  ( 753339 )pas si simpliste car les chiffres sont là par Luc Perrin (2014-06-22 20:43:00) 
[en réponse à 753324]

imperturbables.

Les vocations sacerdotales et religieuses sont là en Afrique et en Asie (j'avais en tête en 1er l'Inde bien sûr pas l'Indonésie ou la Chine pour laquelle, en effet, on a peu de données et on le sait le régime réprime les confessions religieuses). Massivement : l'Afrique pèse autant que l'Asie (Rome donne des statistiques par continent) pour les séminaristes. On est donc bien au-delà des 2 petites Polognes d'Afrique centrale qui me sont chères en effet.

Ce n'est pas un hasard si Boko Haram attaque au Nigéria : la croissance des chrétiens (et catholiques) y a été fulgurante depuis 1960.

Autre exemple : le Nord Cameroun (un mien étudiant travaille là dessus) avait UN prêtre en 1959, plus de protestants que de catholiques dans une région partagée entre islam et religions traditionnelles africaines ... il y a maintenant 1/3 de la population qui est catholique, un archidiocèse avec plusieurs diocèses suffragants ; la région (vaste) a donné un cardinal (Mgr Toumi) à l'Église.

Quand je conférence en Afrique, je dois expliquer le mot "crise" du clergé : on me regarde avec des yeux ronds. C'est la crise occidentale de l'Église qu'on devrait dire.

Quant au document, le n°118 est à mon sens plus net ; le 119 plus ambigu.

Je me suis borné à votre post ici dans ce fil.

L'important demeure le débat crucial sur un possible détournement du "sensus fidei" par une conception libérale démocratique de la souveraineté populaire.

Cette tentation des catholiques néo-libéraux et néo-modernistes existe fortement depuis 30 ans et Jean-Paul II l'a systématiquement réfutée en des termes forts, comme Benoît XVI.

Qu'en est-il du Pape régnant ? A-t-on des textes à ce sujet ?
images/icones/neutre.gif  ( 753349 )Pour être sur par New Catholic (2014-06-22 22:15:40) 
[en réponse à 753324]

Quand je parle de l"Afrique centrale", je parle de la grande région entre le Nord (au nord du Sahara) et le sud. J'avais parlé des régions anti-homo pour cette raison, et le Nigéria est certainement dans cela.

La division claire entre le sud et le centre a eu un symptôme cette année - Nigéria contre SABC.

J'ai beaucoup d'espoir dans cette Grande Afrique centrale, on verra ce qui se passe.

images/icones/carnet.gif  ( 753321 )attention au petit bout de la lorgnette : un texte qui mérite réflexion par Luc Perrin (2014-06-22 14:59:28) 
[en réponse à 753293]

cher New Catholic, je crois que vous tombez ici dans ce travers.

D'abord deux remarques quasi canoniques :

- un document de la C.T.I. n'est PAS un document magistériel : c'est le fruit d'une consultation de cette Commission.
Le jour où le pape s'appuiera sur ce document pour en tirer un motu proprio, une encyclique etc., là nous aurons un texte magistériel.

- d'autre part, la phrase renvoie dans une note à l'expression utilisée par saint Jean XXIII qui, en 1962-1963, pouvait croire à cela puisque la Crise sans précédent est venue après sa mort.

Une double relativisation de cette formule galvaudée dont j'use de comme celle de "Renouveau" et qui désormais fait sourire (jaune) même les plus conciliaires dans un auditoire. Mais il est possible, surtout chez des théologiens, qu'il se trouve encore quelques uns pour y croire vraiment.

Surtout le texte est important et intéressant et se fixer sur ce détail, c'est détourner l'attention du sujet. Très clairement, certains, y compris dans la Rome du pape François, misent sur "l'opinion publique majoritaire" - libérale, pro-mort etc. - pour tenter de la faire passer frauduleusement pour la notion traditionnelle de sensus fidei.

Là est l'enjeu du texte, c'est une bataille sourde mais réelle en vue du Synode de 2014 notamment. Va-t-on effacer en 2014, ou commencer à effacer, ce que Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont maintenu avec détermination et énergie ?

Voici ce qu'écrivent les théologiens de la C.T.I. et c'est plutôt du Jean-Paul II que du Hans Küng :

"118. Il est clair que l’on ne saurait identifier purement et simplement le sensus fidei à l’opinion publique ou majoritaire. Ce ne sont en aucune façon les mêmes choses.

i) Tout d’abord, le sensus fidei a un lien évident avec la foi, et la foi est un don que chacun ne possède pas nécessairement ; le sensus fidei ne peut donc certainement pas être assimilé à l’opinion publique dans la société dans son ensemble. Ensuite, alors que la foi chrétienne est bien entendu le facteur premier qui unit les membres de l’Église, bien des influences différentes s’associent pour façonner les points de vue des chrétiens qui vivent dans le monde moderne. Comme le montre de façon implicite la précédente discussion sur les dispositions, le sensus fidei ne peut donc pas non plus s’identifier purement et simplement à l’opinion publique ou majoritaire dans l’Église. La foi, et non l’opinion, est le point de référence auquel il faut nécessairement prêter attention. L’opinion n’est souvent que l’expression, sujette à de fréquents changements et transitoire, des tendances ou des désirs d’un certain groupe ou d’une certaine culture, alors que la foi est l’écho de l’unique Évangile qui est valide pour tous les temps et pour tous les lieux.

ii) Dans l’histoire du peuple de Dieu, ce fut souvent non pas la majorité, mais bien plutôt une minorité qui a vraiment vécu la foi et qui lui a rendu témoignage. L’Ancien Testament connaissait le « reste saint » des croyants, parfois en tout petit nombre comparé aux rois, aux prêtres et à la plupart des Israélites. Le christianisme lui-même a commencé comme une petite minorité, blâmée et persécutée par les autorités publiques. Dans l’histoire de l’Église, les mouvements évangéliques tels les franciscains et les dominicains, ou plus tard les jésuites, commencèrent comme de petits groupes que certains évêques et théologiens regardèrent avec suspicion. Dans beaucoup de pays aujourd’hui, les chrétiens subissent de la part d’autres religions ou d’idéologies séculières une forte pression pour leur faire abandonner la vérité de foi et affaiblir les liens de la communauté ecclésiale. Il est donc particulièrement important de discerner et d’écouter les voix des « petits qui croient » (Mc 9,42)."

Toutefois le n°123 est ouvre la porte à Golias et ses amies... :

"123. Des problèmes surgissent lorsque la majorité des fidèles demeurent indifférents aux décisions doctrinales ou morales qu’a prises le magistère, ou lorsqu’ils les refusent absolument. Ce manque de réception peut être le signe d’une faiblesse dans la foi ou d’un manque de foi de la part du peuple de Dieu, dû à l’adoption insuffisamment critique de la culture contemporaine. Mais dans certains cas, cela peut être le signe que certaines décisions ont été prises par les autorités sans que celles-ci aient pris en compte comme elles l’auraient dû l’expérience et le sensus fidei des fidèles, ou sans que le magistère ait suffisamment consulté les fidèles [137]."

La note 137 renvoie au § 78-80 et le n°80 n'est pas sans toucher directement à des questions qui nous sont très chères, de façon un peu raide à mon sens car l'abus de pouvoir n'y est pas évoqué.

"80. Il arrive pourtant qu’en certaines occasions la réception de l’enseignement du magistère par les fidèles rencontre difficulté et résistance ; il faut alors, en de telles situations, agir de part et d’autre de façon appropriée. Les fidèles doivent réfléchir sur l’enseignement qui a été donné, s’efforçant de leur mieux de le comprendre et de l’accepter. Résister par principe à l’enseignement du magistère est incompatible avec un authentique sensus fidei. Le magistère doit pareillement réfléchir sur l’enseignement qui a été donné et examiner s’il n’y a pas lieu de le clarifier ou de le reformuler afin de communiquer de façon plus efficace son message essentiel. Ces efforts mutuels en temps de difficulté expriment eux-mêmes la communion qui est essentielle à la vie de l’Église, ainsi qu’une aspiration à recevoir la grâce de l’Esprit qui conduit l’Église « dans la vérité tout entière » (Jn 16,13)."


Un texte de réflexion donc, pas magistériel, mais qui est d'une brûlante actualité dans un pontificat flottant précisément sur la question du sensus fidei et de "l'opinion".
images/icones/neutre.gif  ( 753325 )Si vous aviez lu ici... par New Catholic (2014-06-22 17:23:23) 
[en réponse à 753321]

... vous auriez vu que j'avais fait exactement référence au n. 119:

c'est la note finale:

This is not a dismissal, of course, of the whole document -- recalling the consultative and advisory nature of the commission. As every committee-based document of the past five decades, however, it is often confusing and unclear. In any event, there is one excerpt in particular that should be highlighted: "The magisterium and theology must work constantly to renew the presentation of the faith in different situations, confronting if necessary dominant notions of Christian truth with the actual truth of the Gospel, but it must be recalled that the experience of the Church shows that sometimes the truth of the faith has been conserved not by the efforts of theologians or the teaching of the majority of bishops but in the hearts of believers." (n. 119)]