Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 752153 )quel sera l'état de l'Eglise après François par jejomau (2014-06-08 08:34:22) 

[Par M. l'abbé Pio Pace pour rorate caeli. Nous présentons ici la version française traduite par Notions Romaines.]


L’accession de François au trône de saint Pierre a-t-elle vraiment changé les choses en profondeur? A l’examen, il apparaît que ce pontificat est beaucoup moins novateur qu’on ne l’a cru lorsqu’il a commencé.

Pontificat moins novateur qu’on ne l’a cru

Les « gestes » multiples (ne plus habiter les appartements pontificaux, simplicité affichée), s’avèrent sans grande conséquence sur l’institution papale. Quant aux déclarations surprenantes au moyen de petites phrases sur des sujets médiatiquement sensibles, elles ne semblent pas avoir été suivies d’effets institutionnels ou magistériels. Dans le domaine crucial des nominations épiscopales et cardinalices, il en est de très bonnes, il en est de très fâcheuses, tout comme sous le pontificat précédent; la tendance générale des épiscopats continuant à se fixer sur une ligne généralement modérée.

La fameuse réforme de la Curie apparaîtra nécessairement comme très décevante à ceux qui imaginaient un chambardement de type Vatican II: elle se réduira à la fusion d’un certain nombre de dicastères, à la création de quelques autres, avec une affirmation de collégialité, mais sur fond de personnalisation du pouvoir comme jamais. Comme le remarque Sandro Magister, dans son blogue Chiesa, malgré les attaques virulentes contre la Curie et contre son personnel à l’époque du dernier conclave, les principaux chefs de dicastères sont assurés de rester en place. En fait, l’Eglise n’a plus la capacité, ni les réserves humaines, pour opérer un bouleversement semblable à celui du Concile.

En somme, le nouveau pape semble avoir cru qu’il possédait la clé de la réalisation de Vatican II grâce à un charisme de « retour à l’Evangile », mais les réalités de la crise sont persistantes: à ce sujet considérons les récentes ordinations pour Rome, avec 2 prêtres seulement pour le diocèse : il n’y a aucun « effet François » en ce domaine, le plus important pour l’avenir de l’Eglise (en effet, un effet qui demande plus de temps, et pourtant il n’y a pas non plus d’effet perceptible dans d’autres domaines).

Mais après ce pontificat ?

L’élection du pape Bergoglio s’explique comme une réaction vis-à-vis du pontificat précédent. Ceux qui ont élu le pape François ont tous voulu « tourner la page » pour des motifs divers : tourner la page d’un pontificat trop restaurationiste, d’un gouvernement impuissant, d’une papauté cible de toutes les attaques, d’une mauvaise gestion financière. Mais il est bien possible que François soit le dernier de série des pontifes somme toute « triomphalistes » de l’après-Concile, consacrés par les récentes canonisations.

En fait, peu d’entre les électeurs de Jorge Bergoglio le connaissaient vraiment. Passé le premier moment de surprise heureuse ou agacée, il est devenu évident que l’agitation peu efficace à laquelle ils assistent, les coups médiatiques, les incertitudes cultivées comme mode de gouvernement, les approximations voire même les bévues doctrinales, l’absence d’expression de la doctrine magistérielle, indisposent aujourd’hui beaucoup de hauts prélats. Tout cela peut produire deux effets après ce pontificat:

A coup sûr, une recherche de « sécurité » : les électeurs ne voudront pas se jeter dans d’autres hasards et choisiront un candidat mieux armé du point de vue théorique, ayant une image plus « modérée », et qui sera un administrateur moins brouillon.

Et surtout, une manifestation de réalisme : d’une manière ou d’une autre, on va vers une figure de papauté réellement plus modeste, mieux en phase avec ce qu’est réellement l’Eglise dans le monde contemporain. Le temps d’une papauté vitrine brillant, mais trompeuse d’un catholicisme prodigieusement affaibli ne peut se maintenir trèslongtemps.

L’affaire des Franciscains de l’Immaculée comme symptôme

Ce réalisme ira-t-il jusqu’à faire un lucide inventaire des erreurs du demi-siècle écoulé ? Rien pour l’instant n’indique qu’on veuille prendre à bras le corps les problèmes qui demeurent et qui s’aggravent: crise dramatique des vocations, évaporation du Credo et des dogmes, banalisation de la liturgie. Pour que quelque chose change vraiment, la question majeure est : existe-t-il des hommes d’Eglise pour une nouvelle donne ?

Par ailleurs, il ne faut pas se rassurer trop vite du fait que rien ne change sous le pape François. Demeurer en l’état dans une situation de déclin provoque par le fait-même une accentuation de ce déclin. Et puis, un autre scénario, beaucoup plus inquiétant peut être imaginé pour la fin du pontificat actuel. Le trouble et les incertitudes apportés sur une question comme celle de l’indissolubilité du mariage sont déjà ravageurs, même s’ils ne sont pas suivis de décisions institutionnelles en un sens libéral.

Il y a plus : des tentatives de réduction à la norme de « l’esprit du Concile » ne sont pas à exclure. La remise au pas des Franciscains de l’Immaculée pourrait parfaitement s’étendre à l’ensemble du catholicisme traditionnel. Sous quelle forme ? Tout simplement par une mise en veilleuse de la dynamique Summorum Pontificum, à savoir celle de la reconnaissance d’un droit de cité accordée à toute une frange du catholicisme qui se trouve, au moins liturgiquement, en réaction contre « l’esprit du Concile ». Il faut avoir bien présent à l’esprit que, pour François, l’autorisation de célébrer la messe traditionnelle n’est une tolérance accordée par Benoît XVI à une minorité en voie de disparition : « Il s’agit d’une sorte de mode, et si c’est une mode, c’est une chose à laquelle il ne faut pas tellement faire attention » (audience avec les évêques tchèques). Que ce sentiment du Pape repose sur une méconnaissance étonnante de la réalité concernée n’est pas le problème. Le problème est que le Pape ait cette opinion.

Très concrètement, la disparition de la petite Commission Ecclesia Dei est tout à fait possible lors du remaniement des dicastères qui se dessine. Il est vrai que, du point de vue de la célébration de la messe traditionnelle, cette Commission n’a jamais exercé de véritable activité de protection ou de promotion, mais sa disparition aurait une portée symbolique hautement négative : si elle se produisait ce serait un véritable coup de tonnerre. Quant au transfert de sa compétence sur l’ensemble des communautés Ecclesia Dei à la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, dont le cardinal Braz de Aviz est le préfet, et Mgr Rodriguez Carballo le secrétaire, elle serait désastreuse pour cette frange du catholicisme.

images/icones/iphone.jpg  ( 752163 )C'est faire beaucoup de cas... par Nemo (2014-06-08 10:19:23) 
[en réponse à 752153]

C'est faire beaucoup de cas de la commission Ecclesia Dei qui n'a jamais servi à rien. Elle était incompétente dans son domaine mais ce n'était pas grave puisqu'elle n'agissait jamais. Le retour à la tradition n'a été ni accéléré ni freiné par elle.
De même il ne faut pas exagérer l'influence des souverains pontifes dans ce domaine. C'est le peuple catholique qui fait évoluer les choses et les motu proprio, pas l'inverse.
images/icones/neutre.gif  ( 752167 )Braz de Aviz par Mingdi (2014-06-08 11:18:00) 
[en réponse à 752163]

C'est un peu "les grenouilles qui ne veulent pas changer de roi". Mais si les incompétences de Mgr Pozzo passent chez Mgr Braz de Aviz, les dites grenouilles risquent de se faire bouffer une par une, comme les franciscains de l'Immaculée. Scenario catastrophe qu'il ne faut pas envisager puisque, comme chacun sait, le pape François a horreur des affrontements. Les communautés ED n'ont pas toutes la mansuétude de ces franciscains. Nada de olas, y sigamos bebiendo mate.
images/icones/neutre.gif  ( 752168 )Lecture limitée par New Catholic (2014-06-08 11:26:33) 
[en réponse à 752163]

Ecclesia Dei seulement un des éléments de cet article, pas même le principal - et l'auteur est tout à fait d'accord avec votre critique de la commission. Il me surprend toujours l'absence se subtilité de certains ici qui clairement ont des difficultés à lire entre les lignes et comprendre les enjeux et les signes.
images/icones/1a.gif  ( 752169 )DE subtilité par New Catholic (2014-06-08 11:28:46) 
[en réponse à 752168]

Pardonnez les doigts et la tablette
images/icones/neutre.gif  ( 752170 )Analyse par Bertrand (2014-06-08 11:56:10) 
[en réponse à 752153]

lucide et, hélas, réaliste en ce qui concerne la CED et le mouvement traditionnel qui pour prendre une réelle influence dans l'Eglise aurait sans doute besoin d'un pontife plus favorable...
Une résistance plus dure des instituts Ed aurait, de fait, comme conséquence de marginaliser et de fragiliser toute la mouvance. Les évêques qui tolèrent plus qu'il ne promeuvent, à de très rares exceptions, auraient alors vite fait de reprendre le peu qui a été donné depuis 1988...
images/icones/neutre.gif  ( 752175 )Pour le moment, ça baigne par Mingdi (2014-06-08 14:39:57) 
[en réponse à 752170]

"En célébrant les mystères sacrés selon la forme extraordinaire du rite romain, les membres de la Fraternité Saint Pierre contribuent, dans la fidélité à la Tradition vivante de l'Eglise, à une meilleure compréhension et mise en oeuvre du concile Vatican II" (lettre du pape François à la FSSP le 29/10/2013)
images/icones/2a.gif  ( 752180 )Comme l'iPhone d'XA ,ça baigne... par Semper parati (2014-06-08 18:20:50) 
[en réponse à 752175]

Bon je me retire sur la pointe des pieds....

Sp
images/icones/fleche2.gif  ( 752209 )Dans votre titre par Bertrand (2014-06-09 10:06:57) 
[en réponse à 752175]

il y a toute l'instabilité de la situation dont on sait jamais si elle sera définitivement réglée!
Sans doute Est-ce mieux ainsi, ça nous évite l'embourgeoisement!!!