Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=751491

( 751491 )
Conférence de Mgr Fellay à Fabrègues le 11 mai 2014 : où va l'Eglise ? Où va la Fraternité ? par La Porte Latine (2014-05-28 18:48:11)
Conférence de Mgr Fellay à Fabrègues le 11 mai 2014 : où va l'Eglise ? Où va la Fraternité ?
Jai pensé donner comme thème à cette petite conférence «
Où va l'Eglise ? » et puis comme conséquence «
où va la Fraternité ? ».
Vous savez que toutes sortes de rumeur circulent, surtout sur la Fraternité. Il y a même un mouvement qui a vu le jour, mouvement de prêtres qui appartenaient à la Fraternité et qui publiquement ont attaqué sa direction, en disant qu'il fallait résister, qu'il y avait des déviations, qu'il y avait des volontés de s'acoquiner avec la Rome moderniste. Les termes utilisés, c'est « vendre », « vendre la Fraternité », c'est « Judas », c'est « traître », c'est « Mgr Fellay est devenu moderniste », enfin un peu tout, toutes sortes de termes assez violents et assez forts. Il me semble que l'intention de cette conférence n'est pas de répondre à ses bêtises car ce sont tout simplement des bêtises, mais beaucoup plus sérieusement de regarder ce qui est en train de se passer dans l'Eglise. Ensuite ce ne sera pas difficile de comprendre ce qui se passe entre la Fraternité et Rome.
Je voudrais donc commencer par décrire un peu où en est l'Eglise et ce qui s'y passe.
Lire cette grande conférence ICI

( 751496 )
Excellent ! par Jean-Paul PARFU (2014-05-28 20:02:49)
[en réponse à 751491]
Tout est dans le titre !

( 751499 )
pour le coup par jejomau (2014-05-28 20:12:19)
[en réponse à 751496]
il a tout mis sur la table !

( 751501 )
Extrait sur ce que le pape pense de la FSSPX par Athanase (2014-05-28 20:15:15)
[en réponse à 751491]
Je cite ce morceau:
LE PAPE FRANCOIS ET LA FSSPX
Avec le pape actuel, comme c'est un homme pratique, il va regarder les personnes. Ce que pense, ce que croit une personne lui est finalement assez égal. Ce qui compte c'est que cette personne lui soit sympathique, qu'elle lui paraisse droite, on peut le dire comme ça.
Et ainsi il a lu 2 fois le livre de Mgr Tissier de Mallerais sur Mgr Lefebvre et ce livre lui a plu ; il est contre tout ce que nous représentons, mais comme vie ça lui a plu. Lorsque, encore cardinal, il était en Amérique du Sud, le Supérieur du district est venu lui demander un service administratif n'ayant rien à voir avec l'Eglise : problème de visa, de permis de séjour. L'état argentin qui est très à gauche profite du concordat censé protéger l'Eglise pour nous embêter très sérieusement et nous dit « vous vous prétendez catholiques, il faut donc que vous ayez la signature de l'évêque pour résider dans le pays ». Le supérieur de district est donc allé lui exposer le problème : il y avait une solution facile, c'était de nous déclarer église indépendante, mais nous ne voulions pas car nous sommes catholiques. Et le cardinal nous a dit : « non, non, vous êtes catholiques, c'est évident ; je vais vous aider » ; il a écrit une lettre en notre faveur à l'état qui est tellement de gauche qu'il a réussi à trouver une lettre contradictoire de la part du nonce. Donc 0 à 0. Maintenant il est pape et notre avocat a eu l'occasion d'avoir une rencontre avec le pape. Il lui a dit que le problème continuait pour la Fraternité et lui a demandé de bien vouloir désigner un évêque d'Argentine avec qui l'on puisse traiter pour résoudre ce problème. Le pape a dit « Oui, et cet évêque, c'est moi, j'ai promis d'aider et je le ferai ».
J'attends toujours, mais enfin il l'a dit, de même qu'il a dit « ces gens-là croient que je vais les excommunier, ils se trompent » ; il a dit autre chose d'assez intéressant : « Je ne les condamnerai pas et je n'empêcherai personne d'aller chez eux ». Encore une fois, moi j'attends pour voir.
Ce que je vois en même temps, c'est que le cardinal Müller qui est évidemment sous le pape - mais enfin, il parle -, dit : « mais ces gens-là, ils sont excommuniés ! » ; on lui dit que l'excommunication a été levée ; il répond « oui, mais il reste l'excommunication sacramentelle ! ». Je ne la connais pas celle-là ! Même dans les livres, elle n'existe pas ! Mais lui en a inventé une pour nous et il dit que de toutes façons nous sommes schismatiques. Donc le n°2, qui sur les questions morales attaque le pape, redit la vérité avec force sur cellesci et se fait reprendre par des cardinaux, a également une position contraire à celle du pape vis-à-vis de nous. Voyez-vous, il ne faut pas se faire d'illusion, vraiment pas !

( 751518 )
L'hypothèse sédévacantiste par Candidus (2014-05-29 00:03:29)
[en réponse à 751491]
Sans porter de jugement ni faire de commentaire, je relève dans cette conférence trois allusions plus ou moins explicites à l'hypothèse sédévacantiste en relation avec le pontificat actuel :
... selon toutes les indications que l'on a dans nos mains, il est pape. On verra bien si un jour des éléments nous poussent à dire autre chose.
... j'ai cru comprendre qu'un certain groupe de cardinaux était en train de préparer quelque chose ; l'un d'eux a dit « si, lors du synode d'octobre, ils font passer la communion aux divorcés, alors il y aura un schisme dans l'Eglise ». Cela veut dire que certains vont réagir ; il y a des cardinaux qui vont dire « ça, ce n'est pas possible ! ». Je ne sais pas combien ils sont ; je prie, je supplie qu'ils aient le courage de parler ; qu'ils n'attendent pas, qu'ils se dépêchent ! Il n'est pas impossible, comme je l'ai déjà dit, que l'on arrive à une situation encore plus confuse. Imaginez que le pape se trouve du côté des malfaiteurs, qu'un groupe de « bons » cardinaux réagisse et qu'il faille bien sûr soutenir les bons contre un pape schismatique [un pape "schismatique", serait-il encore pape ?]...
Je pense que ce n'est pas le moment de dire qu'il n'est plus pape ["mais ce moment pourrait venir," semble être sous-entendu].

( 751561 )
Hypothèse fausse par Alanian (2014-05-30 04:59:32)
[en réponse à 751518]
ou plutôt hérétique: elle nie deux dogmes de Foi tels que la perpétuité des successeurs dans la chaire de Pierre et la visibilité de la Tête. Perpétuité signifie que en tout temps il doit y avoir un Pape, hors bien entendu, le temps de la succession (mort ou rénonciation du Pape, Conclave, élection du nouveau Pape). La visibilité de la Tête est le fondement de la visibilité de l' Eglise selon l' évolution doctrinaire depuis le Concile de Trente qui visait à nous différencier des sectes protestantes.
Et puis, dans le pire des cas, un Pape qui aurait effectivement dévié de la Foi et donc qui aurait perdu l' office, il ne reste pas moins Pape à cause de l' erreur commun quant à sa juridiction, moyennant la suppléance de l' Eglise (jusqu' à la déclaration de l' Eglise).

( 751563 )
Si vous aviez raison, la sainte Eglise aurait canonisé un hérétique... par Vianney (2014-05-30 08:47:41)
[en réponse à 751561]
...en l’occurrence, le pape saint Pie V qui, dans son motu proprio
Inter multiplices curas du 21 décembre 1566, a confirmé les prescriptions de la bulle de son prédécesseur Paul IV :
“De notre propre mouvement et de science certaine, et dans la plénitude de notre puissance apostolique [...], concernant la constitution de Paul IV, [...] donnée en date du 15 février 1559, nous en renouvelons la teneur présentement, et encore nous la confirmons. Et nous voulons et commandons qu’elle soit observée inviolablement et avec le plus grand soin, selon son enchaînement et sa teneur”
Pour rappel, la constitution de Paul IV envisageait que des baptisés tombés dans l’hérésie puissent être élus (et reconnus) papes par les cardinaux, et il déclarait d’avance “que chacune de toutes leurs paroles, actions, entreprises de gouvernement et d’administration et tout ce qui s’ensuit seraient sans force, qu’ils ne sauraient conférer en aucune façon quelque autorité ou quelque droit” (
Cum ex Apostolatus, § 6).
Remarquez, je ne dis pas que l’entièreté de cette législation est toujours en vigueur, je suis même intimement persuadé du contraire (en raison notamment de la “suppléance” que vous évoquez). Mais de là à considérer “fausse” et “hérétique” l’hypothèse qui est à l’origine de cette législation, il y a une marge que la condamnation par Pie VI de la 78e proposition du synode de
Pistoie devrait interdire à tout catholique de franchir !
V.

( 751523 )
Merci Mgr.Fellay.... par Pol (2014-05-29 07:35:41)
[en réponse à 751491]
...merci encore une fois de nous redonner courage, de parler un language clair,un language Catholique et que l'on sait Catholique.
Vous avez redit une phrase que vous dites souvent:faisons notre devoir d'etat,et prions avec ardeur. Et vous n'oubliez jamais notre Sainte Mere au Ciel.
A ceux qui ont des doutes, lisez et relisez cette conference. Volo.

( 751542 )
"Saint" Fellay priez pour nous... par Rodolphe (2014-05-29 18:29:46)
[en réponse à 751523]
Tout est dans le titre...

( 751577 )
Encore 4 ans.... par Pol (2014-05-30 14:07:11)
[en réponse à 751542]
... a la barre de la Fsspx, nous lui souhaitons Bonne sante, courage en ces temps difficiles,et notre soutien toujours,et finalement notre reconnaissance eternelle pour ce que fait la Fsspx. A lui, Mgr.Tissier de Mallerais, Mgr.de Galaretta, les pretres,religieux, et religeuses, les fideles sont reconnaissants. Adsum.

( 751528 )
à rapprocher d'un autre discours de Mgr Fellay par jejomau (2014-05-29 09:27:25)
[en réponse à 751491]
dans les "nouvelles calédoniennes" (que je ne retrouve pas dans les archives du FC... Mais peut-être que XA saura comment s'y prendre ) dont on a de très larges extraits
ICI:
Concernant le rapprochement avec Rome
« il y a seulement un problème canonique. Il suffit d’un acte de Rome pour dire que c’est fini et nous rentrons dans l’Eglise. Ça viendra. Je suis très optimiste ».
ou bien encore :
« on a toujours soutenu qu’on ne veut pas faire bande à part. On maintient qu’on est catholiques et qu’on le reste. Nous souhaitons que Rome nous reconnaisse comme de vrais évêques. D’ailleurs, on n’ose plus le mot schismatique à notre encontre. Alors si on n’est pas schismatiques, ni hérétiques, c’est qu’on est sacrément catholiques. D’ailleurs le pape dit qu’il y a seulement un problème d’ordre canonique.
Bon... Je ne sais pas comment font les fidèles de la FSSPX pour s'y retrouver devant tant de discours aux vents contraires..
Signé :
un rallié forcément "hérétique"

( 751623 )
Au risque d'étonner ceux qui me font l'amitié de me lire, par le torrentiel (2014-05-31 00:24:31)
[en réponse à 751491]
je trouve que cette conférence de mgr Fellay est remarquable, d'abord parce que, malgré un style dont peut agacer le côté puérile et chafoin, mgr Fellay fait preuve de beaucoup de perspective, et je crois que c'est la première fois que je comprends à la fois le combat de la FSSPX, et surtout sa continuité, sous la plume de son supérieur général.
D'autres ont déjà relevé l'ouverture un peu plus appuyée que de coutume à un sédévacantisme qui ne se contenterait plus d'être pratique. Mais même cette position acquiert ici de la dignité, lorsque mgr Fellay déclare en substance que le Seigneur ne nous demandera pas si François était pape, mais ce que nous avons fait de nos journées et des Grâces que nous aurons reçues pour faire advenir Son Règne.
Je dois dire que l'histoire qu'il a retracée du Concile aurait de quoi faire chanceler, surtout quand il rappelle que des théologiens disgrâciés dix ans auparavant y font une entrée triomphale. A cela on peut objecter que Jeanne d'Arc ou le padre Pio ont été considérés de toutes sortes de manières avant d'être canonisés.
Mgr Fellay méconnaît dans ces retours de manivelle le phénomène commun à toutes les sociétés (et l'Eglise est une société): l'alternance des disgrâces et des réhabilitations qui réévaluent périodiquement des personnalités fortement engagées. Le caractère inédit du Concile en al matière est la brièveté de ces retournements, qui peut aller de paire avec l'accélération du temps historiques, dans une interprétation bienveillante.
L'analyse que fait mgr Fellay de la diversité d'intériorisation du concile par les successeurs de Paul VI est particulièrement perspicace, même si l'on sent qu'envers Jean-Paul II, la rancune est tenace. Mais mgr Fellay est le premier qui, à ma connaissance, explique les raisons pour lesquelles François ne parle plus du Concile alors que ses prédécesseurs le ressassaient.
La peinture à la fois tendre et sans concession que fait mgr Fellay de Benoît XVI est drôle, attachante et particulièrement bien sentie. Dans la spéculation, "ça part dans les étoiles"; mais dans la pratique, le pape émérite reste attaché aux traditions.
Je pense que mgr fellay tord le cou à juste raison à la distinction faite dans un discours-testament, mais qui aurait gagné à être clarifiée, entre "le vrai concile" et "le concile des médias". D'ailleurs, ce distinguo a fait long feu.
Mgr fellay nous donne enfin l'histoire longue (si j'ose dire) de l'échec des accords Rome-FSSPX vu de Menzingen. Cet échec, à l'en croire, tient au manque de logique qu'il y avait à souhaiter d'abord des discussions doctrinales qui devaient aboutir à une pure et simple acceptation du concile et au flou de la position de Benoît XVI dont je comprends mieux en ayant lu l'autre acteur de cette histoire qu'elle n'était qu'aggravée par la fatigue du pape, mais qu'elle reflétait plus profondément la relation à la fois contrastée et floue de Benoît XVI à ce Concile, ne pouvant ni intellectuellement le renier ou le corriger, ni spirituellement le faire tout à fait sien.
L'exemple que donne mgr Fellay de la traduction théologique de la Cène en transsubstantiation est un bel exercice de tradition appliquée, démontrant la continuité dogmatique entre la Tradition apostolique et la traduction du dogme dans le langage philosophique et ontologique de la Substance.
Fidèle à son option fondamentale, mgr Fellay pense que l'Eglise Est Tradition et se réduit à être Tradition. Elle est Tradition en ce que le dépôt de la Foi ne peut subsister qu'en se transmettant. Elle est donc Tradition en tant que Corps subsistant. Mais l'Eglise ne se contente pas de subsister, elle est aussi. Elle croît jusqu'à atteindre "la pleine stature du christ". Elle croît jusqu'à atteindre la Vérité du Christ.
L'erreur des traditionalistes est double: elle est premièrement de tenir pour nulle la question de Ponce PIlate: "Qu'est-ce que la vérité?", qui n'est rien de moins que la question de toute la philosophie.
Elle est secondement d'oublier que le Christ-Vérité nous montre d'abord la Vérité d'une Vie et son Chemin de Croix et de gloire. Ce n'est pas avant tout une vérité morale, ni même une vérité philosophique.
La centralité de la Vérité dans ce tryptique définitoire du Christ par Lui-même ("Je Suis le Chemin, la Vérité et la Vie", est sans doute à l'origine de cette erreur et de cette focalisation sur la vérité.On oublie que le mouvement se prouve en marchant, mais surtout qu'on ne connaît la destination qu'au bout du chemin. Les tribulations et les viciscitudes font partie du sens de la marche et, si j'ose dire à nouveau, de l'histoire, qui, justement parce que la finalité en est constamment détournée par le langage événementiel, ne peut être prédéterminé, et certainement pas par l'homme.
L'erreur comune des traditionalistes et des conciliarocentristes est de se focaliser sur le caractère apostolique disent les premiers, pastoral disent les seconds, qui font découler la pastorale de l'apostolat, de la Tradition dans l'Eglise.
Mgr fellay aurait peut-être gagné aussi à expliquer comment, de son point de vue, l'Eglise est Tradition alors que le Christ s'oppose aux traditions, parce qu'il y a une différence fondamentale entre la Tradition et les traditions.
Evidemment, le "personnalisme" (presque "intégral") du pape François n'est pas pour rencontrer l'assentiment de mgr Fellay. Et pourtant, je crois que c'est sur ce terrain personnaliste que la fracture entre la FSSPX et l'Eglise "main stream" a encore une chance de se refermer, malgré l'obstination non accordiste et qu'il fonde en raison, de mgr fellay, qui tient au passage à démontrer que tous ceux qui ont voulu faire de lui un "accordiste conciliant" n'ont rien compris à la ligne directrice de son apostolat: un accord sur une base logique, peut-être trop rigide et tellement intransigeant qu'il manque d'amour, mais rationnellement inattaquable et ne cédant pas à l'opportunisme.
Il est heureux que la biographie de mgr Lefebvre par mgr Tissier de Malerais ait plu au pape au point qu'il l'ait lue deux fois et que ce jésuite, qui sait le poids des dilemmes et la valeur des choix, ait pu trouver que "ça lu plaisait comme vie", encore une chose à quoi mgr fellay ne peut acquiescer: il aurait fallu que le pape aimât le combat de mgr Lefebvre pour sa vérité et l'honorât en fonction de celle-ci.
François n'ira pas jusque là, mais il ne condamnera pas. Mgr Fellay a l'air d'en douter, et pourtant si François, qu'on sait d'un tempérament autoritaire, avait voulu agir d'une main ferme, cela aurait fermé à tout jamais la porte de l'Eglise romaine à la Fraternité Saint-Pie X, qui n'en aurait plus été qu'un courant persistant dans une dissidence groupusculaire et s'atomisant encore en groupuscules. Le danger était grand après le refus de signer qui a suivi les discussions, puis le préambule doctrinal. Il ne se passera probablement rien pendant ce pontificat, mais les personnes réapprendront à se respecter, ce qui est un cadre favorable à une réintégration.
puisque de ce respect de chacun dans son être, l'un tapant ferme et l'autre laissant faire, soit par esprit évangélique, soit parce qu'il pense qu'il le mérite, pourra jaillir la discussion, d'où jaillit la lumière!
J'avoue être tellement favorablement impressionné (et tellement surpris de l'être) par cette conférence que, si je n'y avais réagi avec mes résistances intérieures autant qu'intellectuelles, et mes propres prêts-à-penser d'une part; et si je n'avais, d'autre part, entendu une homélie le jour de l'Ascension qui semblait répondre à cette conférence, en l'ayant ou en ne l'ayant pas lue, homélie qui expliquait (en substance) que le disciple n'est pas maître du Temps et doit insuffler par l'Esprit des valeurs à ses contemporains qui en partagent certaines et en rejettent d'autres, l'allocution de mgr fellay retranscrite par "la porte latine" aurait eu de quoi m'ébranler.
Je la reçois avec le même enthousiasme qui avait été le mien à la lecture de "Pascendi":c'est un merveilleux document descriptif, mais son pouvoir d'infléchir l'histoire de l'Eglise est limité, à suppposer que ce soit souhaitable, parce que l'évolution de la Foi satisfait aussi des besoins tellement profonds du coeur de l'homme que tout ce qui ne relève pas d'une volonté concertée de pervertir est impuissant à mourir. Le modernisme exprimait un besoin d'immanence; l'après-Concile avait faim que l'Eglise du verbe incarné s'incarne dans la nature humaine et que la religion de l'Incarnation n'ait plus un problème avec l'incarnation. Ce besoin n'est pas tari et ne le peut guère. Mais mgr Fellay comme Saint Pie X en son temps nous a donné là une perspective d'où notre vision du monde peut s'éclaircir.