Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 750512 )Paul VI béatifié : quelle politique pour le pape François ? par Bernard Joustrate (2014-05-14 12:00:29) 

Paul VI béatifié : quelle politique pour le pape François ?

A lire sur le Metablog de M. l'abbé de Tanoüarn.
images/icones/1g.gif  ( 750525 )François, c'est Paul VII par Jean-Paul PARFU (2014-05-14 13:42:54) 
[en réponse à 750512]

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le véritable modèle du pape François, c'est le pape Paul VI.

Quand on a compris que François, c'est Paul VII, on a tout compris!
images/icones/coeur.gif  ( 750529 )Ça le rend encore plus aimable. par Athanasios D. (2014-05-14 14:03:31) 
[en réponse à 750525]

Vous avez égayé ma journée. Merci.

Ath
images/icones/1d.gif  ( 750533 )Sûr ! par Rémi (2014-05-14 15:05:51) 
[en réponse à 750525]

Intraverti et timide, sans poigne ni autorité, intellectuel à l'extrême, homme de curie, carrière de diplomate, singulièrement francophilo'phone ... tout François !
images/icones/vatican.gif  ( 750540 )Un peu court: Evangelli Gaudium et Evangelii Nuntiundi par Athanase (2014-05-14 15:59:16) 
[en réponse à 750525]

... deux textes consacrés à l'évangélisation manifestent des tonalités très différentes. Le texte de Paul VI parle très clairement de conversion et ne conçoit le dialogue dans une optique fonctionnelle. Il est assez peu bavard sur les autres religions. Inversement, le pape François est extrêmement exhaustif et va très loin dans son éventail, au point de livrer quelques considérations personnelles.

François fait sien des présupposés qui n'existaient pas sous Paul VI (cas du dialogue interreligieux, "communication" intensive avec le judaïsme, etc.). Inversement, la crise de l'Eglise est peu présente dans le discours de François. Le "Paul VI" de la fin des années 1970 est peu optimiste et constate clairement que les fruits attendus ne sont plus là. François est encore à mille lieux de tout cela, du moins en apparence.

Paul VI donne aussi une tonalité plus doctrinale dans ses textes et interventions., alors que François est dans une approche plus centrée dans une praxis qui n'exclut pas une certaine affectivité.

Je dis tout cela en étant réservé sur les actions de Paul VI et son engouement romantique patent dans les premières années de son pontificat.

Enfin, il y a un point ou Paul VI et François se rejoignent (je mets à part leur moindre intérêt pour la question liturgique, même si Paul VI à fait preuve d'un ritualisme terne et que François est peu concerné par le débat liturgique), et il est encore assez peu souligné: leur volonté de gouverner administrativement l'Église et de mettre la main sur la curie. Paul VI le faisait jusqu'en 1975, alors que Jean-Paul II et Benoit XVI se sont désintéressés de cette gestion de la curie, laissant à leur second couteau ce soin. Autrement dit, ils ont laissé une curie livrée à elle-même.

Paul VII ? Je dirais: François... Ier !


images/icones/neutre.gif  ( 750574 )C'est à peu près ce que je viens de dire par le torrentiel (2014-05-14 22:26:50) 
[en réponse à 750525]

sans vous avoir lu dans un comme
ntaire un peu plus fouillé que je viens de poster sur le métablog.
images/icones/fleche2.gif  ( 750796 )Le Pape de la soumission "laisser-fairiste" à la trahison du Concile. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-18 15:40:58) 
[en réponse à 750512]

Bonjour et bon dimanche à Bernard Joustrate.

1. Jean XXIII a été le dernier Pape de l'avant-Concile à avoir été présent au Concile.

Benoît XVI a été le dernier Pape de l'après-Concile à avoir été présent au Concile.

2. Considérons un seul instant leurs discours du 11 octobre 1962 et du 22 décembre 2005, avec leurs mérites mais aussi avec leurs limites,

- pour ce qu'ils sont : peut-être bien : "un OUI résolu à la réforme, mais aussi un NON résolu à la rupture")

et non

- pour ce que nous voudrions qu'ils soient : peut-être bien : "une herméneutique de la continuité" au sein de laquelle le "renouveau dans la continuité" serait considéré comme l'antichambre d'un "renouveau dans la continuation", alors qu'il n'est pas cela.

3. Ecoutons ces discours,

a) sans recourir à l'appareil auditif intellectuel utilisé, entre autres, par Hans KUNG,

b) sans recourir à un appareil auditif intellectuel qui serait un "Audika inversé", par rapport à celui utilisé par Hans Kung.

4. Il me semble que la question qui se pose à tout Souverain pontife, depuis Jean XXIII, est à peu près la suivante : comment (faire ou laisser) servir le Concile sans (faire ou laisser) trahir le Concile ; quel Magistère mettre en forme, quelle pastorale mettre en oeuvre, pour exhorter à (faire ou laisser) servir et suivre le Concile, sans inciter à la trahison, à la transgression (y compris par évacuation ou par occultation de certains exigences) du Concile ?

5. Jean XXIII est mort avant le début de la deuxième session du Concile ; c'est DONC Paul VI qui a été et qui est LE Pape du Concile, en ce sens que c'est sous son autorité, son absence ou son déficit d'autorité, que l'on est passé de la suite, puis la fin, de la mise en forme, à la première décennie de mise en oeuvre du Concile.

6. Il n'est peut-être pas encore impossible ni interdit de dire que Paul VI a été AUSSI le Pape de la soumission (a minima "laisser- fairiste") à la trahison du Concile, cette trahison ayant été le fait de nombreux clercs, docteurs et pasteurs, notamment, mais pas seulement, entre 1965 et 1974, si l'on veut bien voir en son exhortation apostolique sur l'évangélisation, en 1975, l'amorce ou l'esquisse d'un sursaut tardif.

7. La question qui s'est posée aux deux premiers successeurs de Paul VI a été la suivante : pour pouvoir continuer à servir le Concile, ne devons-nous pas commencer à résister (davantage) à la trahison dont il est l'objet, qui n'est pas uniquement d'avant-hier, mais qui est également d'aujourd'hui, et qui n'est pas uniquement le fait des médias situés à l'extérieur de l'Eglise ?

8. J'ai bien peur que le Pape François n'ait pas la même analyse de la nocivité de la trahison du Concile, ni de la nécessité de la résistance à cette trahison.

9. D'abord, pour lui, y-a-t-il eu trahison illégitime, transgression inacceptable, ou simplement anticipation ou extrapolation téléologique, apparemment hétérodoxe, en réalité avant-gardiste, des intuitions du Concile ?

10. Ensuite, pour lui,

a) est-ce vraiment la trahison du Concile qui pose un double problème à l'Eglise (fragilisation du message et des messagers) ?

b) n'est-ce pas plutôt la résistance à la prétendue trahison du Concile qui pose un autre problème (le renforcement d'un déficit d'attractivité que le Concile avait justement essayé de combler) ?

11. Enfin, à partir de là, quel sens donner au gouvernement de l'institution effectué par le Pape François, à la lumière de la prochaine béatification du Pape Paul VI ? J'ai bien peur que ce gouvernement soit condamné à une relative ambiguité et à un relatif aveuglement, même s'ils sont quelque peu différents de ceux qui ont caractérisé le pilotage effectué par le Pape Paul VI :

- l'ambiguité : la doctrine ? Pour ne pas inquiéter les uns, on ne la change pas, ou on la change le moins possible ; pour rassurer les autres, on ne la rappelle pas, ou on la rappelle le moins possible ;

- l'aveuglement : il me semble en effet qu'il faut porter en soi une petite dose d'aveuglement, pour ne pas voir la différence entre la miséricorde et le périphérisme, ou pour croire que le périphérisme est, à chaque fois, et à coup sûr, plus "authentiquement évangélique" que l'acception antérieure, non périphériste, justement, de la miséricorde.

12. A la limite, du point de vue qui relève notamment du gouvernement de l'institution, la question de savoir quelle sera la signification la plus précise ou la plus probable de la prochaine béatification de Paul VI sera articulée ou conditionnée, par rapport à celle de savoir si le Pape François conçoit son pontificat

- comme la poursuite de la résistance à la trahison, progressiste et rupturiste, du Concile,

ou

- comme un infléchissement ou une suspension, sinon un reniement ou une élimination, de cette résistance à cette trahison.

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.