Le Forum Catholique

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images/icones/francis2.gif  ( 750197 )Le pape Paul VI par Jean Ferrand (2014-05-10 13:32:11) 

14h15 Le pape Paul VI sera béatifié le 19 octobre (AFP)
images/icones/vatican.gif  ( 750202 )Et Pie XII? par Frère Guibert (2014-05-10 14:42:31) 
[en réponse à 750197]

Et notre cher Pie XII, rayonnant de sainteté, ce sera pour quand???
images/icones/4c.gif  ( 750209 )Après ceux-là : par Pétrarque (2014-05-10 16:47:23) 
[en réponse à 750202]

L'abbé Pierre, la Soeur Emmanuelle, Nelson Mandela et, pourquoi pas, le clown Bozo...
images/icones/1a.gif  ( 750220 )Tout devient très relatif par Nemo (2014-05-10 22:06:38) 
[en réponse à 750202]

Je n'ai pas de grâces particulières pour jauger les uns ou les autres, et encore moins pour témoigner voire proclamer la sainteté.

Néanmoins pour moi le pape Pie XII est celui qui, espérons que c'est par imprudence, mais je n'en suis pas certain, son manque d'intérêt pour les cérémonies et les liturgies solennelles m'étant suspect, aura entamé les réformes qui détruiront le missel traditionnel.

Donc au niveau liturgique, nettement plus déméritant que Saint Jean XXIII.

Mais au point où on en est je ne vois pas pourquoi on ne décernerait pas à tous les papes du XXème siècle une sorte de médaille du travail appelée maintenant béatification voire canonisation.
images/icones/4b.gif  ( 750225 )on voudrait détourner les catholiques ... par Pensassa (2014-05-11 00:26:29) 
[en réponse à 750220]

... du culte des saints qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Vous voulez dse saints ? en voilà ! Treize à la douzaine, pour tous les goûts, et jusqu'à l'écoeurement, les meilleurs exemples cotoyant ceux sans doute moins recommandables ... Banalisation des canonisations, procès menés à la va-vite, dispenses de miracles, critères revus à la baisse, la quantité au détriment probablement de la qualité.
images/icones/fleche2.gif  ( 750229 )Je vois dans ces canonisations un aveu de faiblesse compréhensible. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-11 09:05:39) 
[en réponse à 750197]

Bonjour et bon dimanche à Jean Ferrand et aux autres liseurs.

1. Par quoi l'Eglise et la papauté sont-elles menacées aujourd'hui ?

Par l'hostilité ou par l'indifférence, id est

a) par l'incrimination ou la stigmatisation,

b) par l'assimilation au passé, la ringardisation,

en provenance de l'extérieur.

Par la confusion, la division, les divergences, le pluralisme, la remise en cause, par les uns ou par les autres, de l'avant-Concile, du Concile, ou de l'après-Concile, à l'intérieur.

2. Je vois donc dans toutes ces béatifications ou canonisations récentes de Souverains pontifes récents un aveu de faiblesse compréhensible, un besoin de ré-assurance compréhensible, de la part de ceux qui dirigent l'Eglise catholique, au moins depuis la dernière décennie du XX° siècle, puisque la double béatification, celle de Pie IX et celle de Jean XXIII, date de l'an 2000.

3. D'un point de vue qui relève notamment du "média planning", il est important de pouvoir montrer, entre autres choses, que les Papes récents ne sont en aucun cas réductibles, pour ainsi dire,

- à des minimisateurs de l'importance de de la corruption financière et de la pédophilie dans le clergé, dans l'Eglise,

- à des pasteurs qui n'auraient pas tout compris

a) de ce que sont l'individu contemporain et le monde actuel,

ou

b) de ce que le clergé et l'Eglise ont vocation à dire et à faire, face à l'individu contemporain et au monde actuel.

4. Ainsi, ces béatifications et canonisations sont un moyen

- de maintenir une présence de l'Eglise catholique dans le paysage médiatique,

- de maintenir une occupation d'une partie du temps de cerveau catholique disponible,

- de redonner des satisfactions symboliques, parallèlement et simultanément, à diverses tendances du christianisme catholique,

- de redorer le blason de l'Eglise, de la papauté, donc de la hiérarchie ou de l'institution.

5. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'autres raisons, liées à la volonté de reconnaître et de faire reconnaître l'action, les vertus, l'importance et l'influence, des Souverains pontifes ainsi béatifiés ou canonisés ; il est important, notamment et surtout dans le contexte actuel, de pouvoir préciser ou rappeler que les Papes, eux-aussi, peuvent être des saints.

6. Mais on ne m'enlèvera pas de l'esprit la conviction selon laquelle les raisons évoquées ci-dessus, aux points 3. et 4. de ce message, entrent elles-aussi en ligne de compte.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1d.gif  ( 750238 )Et François Hollande? par Jean-Paul PARFU (2014-05-11 12:27:48) 
[en réponse à 750229]

Cette Eglise n'est plus crédible!
images/icones/1d.gif  ( 750242 )Trois raisons à ces canonisations par Jean-Paul PARFU (2014-05-11 13:38:16) 
[en réponse à 750238]

1) Il s'agit de se rassurer dans une sorte de fuite en avant.

2) Il s'agit de rendre inattaquable Vatican II institué par des saints.

3) La canonisation n'a plus pour eux la même signification. Il s'agit de canonisations séculatisées où l'on rend hommage à des hommes, comme la République française rend hommage à ses grands hommes en les faisant entrer au Panthéon.

En un mot, c'est presqu'une autre Eglise et une autre religion!
images/icones/fleche2.gif  ( 750271 )Quelle est la fécondité spirituelle d'un Concile institué par des saints ? par Scrutator Sapientiæ (2014-05-11 21:03:30) 
[en réponse à 750242]

Bonsoir et bon dimanche, Jean-Paul PARFU.

J'ai relu mon propre message, avant de répondre au vôtre ; je ne suis pas loin de souscrire aux points 1) et 3) de votre message, moins si je suis toujours moins abrupt et moins concis, plus modéré et plus nuancé, que vous.

1. Quant au point 2), je vous fais remarquer qu'il est retournable, réversible, contre l'intention attribuable à tous ceux qui espèrent que la canonisation des Papes du Concile et de l'après-Concile renforcera l'incontestabilité, l'incriticabilité, l'irréversiblité, la sanctuarisation du Concile Vatican II, id est avant tout de la dynamique pastorale lénifiante à laquelle il a donné une consécration magistérielle, et non avant tout de son dispositif doctrinal.

2. En effet, puisque, vraiment, des saints ont institué Vatican II, et puisque ces saints étaient des européens, des occidentaux, comment expliquer qu'un Concile institué par des saints

- ait débouché, jusqu'à présent, sur si peu de fécondité spirituelle,

- ait donné lieu, jusqu'à présent, à si peu de vocations religieuses et sacerdotales,

en Europe en particulier, en Occident, en général ?

3. Parmi les raisons pour lesquelles les schémas pré-conciliaires ont été rejetés, au début de la première session, il y avait des raisons de fond, mais aussi des raisons de forme, de formulation, de style.

4. En gros, on s'est dit à l'époque : ces schémas là, tels qu'ils sont rédigés, ne vont pas parler aux gens, ne vont plaire aux gens, ne vont pas les convaincre ni les séduire, ne vont pas les intéresser ni les interpeller.

5. Un tout autre style, non catégorique ni définitoire, mais plus amphigourique ou incantatoire, a été utilisé, avec l'approbation de Papes qui étaient de futurs bienheureux ou saints, et à destination d'un Peuple de Dieu que l'on souhaitait vivement voir répondre à un "appel universel à la sainteté dans l'Eglise".

6. Or, ce tout autre style ne "fonctionne" pas non plus, sous l'angle du renforcement de la fécondité spirituelle, de l'augmentation du nombre de vocations, et de la solidarité entre les générations, dans le domaine de la réception et de la transmission des fondements et du contenu de la Foi catholique et de la vie chrétienne.

7. Je veux bien croire que nul n'est prophète en son pays, mais, en l'espèce, je suis adepte d'un raisonnement a fortiori : si, vraiment, Vatican II a été institué par des saints, alors, on est encore plus en droit de s'interroger sur la génialité de ce Concile, puisque, malgré la sainteté de ces saints, cette génialité ne s'est pas transformée en fécondité.

8. Je suis tenté de dire que ce n'est pas avant tout ni seulement Vatican II qui a été dogmatisé, mais que

- c'est, d'une part, l'erreur manifeste d'appréciation qui a été à l'origine de ce que j'appelle le spécifique du Concile UR, NA, DH, GS,

et

- c'est, d'autre part, l'autorisation de s'affranchir de la lettre du Concile qui, dans les faits, a été donnée à seulement une tendance, au sein du catholicisme contemporain : la tendance rupturiste.

9. Il semble en effet qu'il soit, encore aujourd'hui, particulièrement impensable ou impossible de revenir

- sur l'erreur de diagnostic qui a été commise, à mon avis dès 1945, notamment sur l'homme et le monde modernes, en tant que modernes,

- sur le bénéfice de l'immunité, le privilège de l'impunité, qui continuent, de facto, à être accordés aux clercs qui persistent à se faire passer pour d'autant plus "à la remorque" du véhicule magistériel qu'est le Concile, qu'ils n'hésitent pas à le doubler sur sa gauche ou à lui faire emprunter une direction qui n'a jamais correspondu à l'intention officielle de ceux qui l'ont institué.

10. Totem et tabou, suis-je tenté de dire : là où il y a canonisation d'un double totem, il y a aussi dissimulation d'un double tabou :

- le caractère désastreux de l'élévation au rang de dogme du postulat iréniste et optimiste qui a donné naissance à ce qui est propre à ce Concile, sous l'angle des relations ad extra de l'Eglise catholique,

- le caractère tout aussi désastreux de l'autorisation qui a été donnée, aux sabordeurs ou aux saboteurs de l'après-Concile, de continuer à s'auto-proclamer plus fidèles, au Concile, que quiconque.

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 750274 )Fruits et Vérité par Aigle (2014-05-11 22:41:39) 
[en réponse à 750271]

Au risque de simplifier les choses, j'ai le sentiment que bien des clercs ne jugent point le Concile à ses fruits mais à son contenu qui serait bon par lui même . Bref les textes conciliaires parce qu ils sont iréniques et non polémiques seraient plus vrais que le magistère antérieur, lequel aurait été trop éloigné de l'impératif de pardon et de charité qui serait posé par les Évangiles.

Les textes conciliaires seraient peut être pastoralement moins efficaces mais ils seraient théologiquement plus exacts. Bref bon en eux même et indépendamment de leurs effets concrets.
images/icones/fleche2.gif  ( 750287 )L'attribution aux non catholiques des intentions les plus chrétiennes. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-12 08:02:41) 
[en réponse à 750274]

Bonjour et merci, Aigle.

J'ai la conviction que nous subissons, depuis bientôt trois quarts de siècle, le règne de l'attribution aux non catholiques des intentions les plus quasiment chrétiennes.

Pourquoi mettre en garde les catholiques face au communisme ? Les communistes n'agissent-ils pas, eux-aussi, à leur manière, en faveur de la justice ?

Pourquoi mettre en garde les catholiques face à l'atlantisme ? Les atlantistes n'agissent-ils pas, eux-aussi, à leur manière, en faveur de la liberté ?

Pourquoi mettre en garde les catholiques face à telle ou telle confession non chrétienne ? Les orthodoxes, les protestants ne croient-ils pas, eux-aussi, à leur manière, en Dieu, Père, Fils, Esprit ?

Pourquoi mettre en garde les catholiques face à telle ou telle religion ou tradition non chrétienne ? Les croyants non chrétiens ne croient-ils pas, eux-aussi, à leur manière, en Dieu, ou en une ou plusieurs entités assimilables ou équivalentes à un principe créateur de l'univers ?

Quand je parle de mise en garde, je pense à l'activation du discernement et de la vigilance, en l'absence desquelles il n'y a plus avant tout configuration du croire et de l'agir en fonction d'une hétéronomie chrétienne, mais il y a de plus en plus configuration de la Foi et de moeurs en fonction

- d'une altéronomie, c'est-à-dire, d'un alignement, globalement appréciateur et approbateur, sur au moins une partie des "valeurs" que l'on croit pouvoir attribuer à tel ou tel non catholique, ou que l'on croit pouvoir constater chez lui, comme si ces valeurs étaient quasiment chrétiennes,

- d'une irénolâtrie, qui n'est pas l'amour de la paix, mais l'adoration de l'irénisme, au point que pour beaucoup, dans les faits, l'auto-censure pacifiste intra-catholique tient lieu de condition sine qua non de la coexistence pacifique interreligieuse.

C'est le règne du modalisme pluraliste : à chacun sa manière de se tourner vers Dieu, l'Eglise, l'homme, le monde ; ce qui importe,

- ce n'est pas la réalité de son positionnement, mesurable au moyen d'un contenu doctrinal objectif, mais aussi au regard des résultats obtenus,

- c'est la raccrochabilité de tous les wagons à la même locomotive.

Le non dit de toute cette affaire, c'est une forme ou une sorte d'annexionisme axiologique, au contact duquel on comprend pourquoi l'exhortation explicite à la conversion, l'exigence explicite de conversion, sont devenues escamotables ou facultatives.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 750289 )Il faut lire : "telle ou telle confession non catholique". par Scrutator Sapientiæ (2014-05-12 08:05:12) 
[en réponse à 750287]

Rebonjour,

Tout est dans le titre.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 750293 )Oui et .... par Aigle (2014-05-12 08:49:37) 
[en réponse à 750287]

Oui cher scrutator vous avez parfaitement raison.

J'ajouterais prudemment ceci :

Il y a depuis 50 ou 60 ans une façon de penser qui consiste à toujours s'autocritiquer : c'est l'excès de la paille et de la poutre. Il faudrait que les catholiques soient parvenus à l'absolue perfection pour commencer à évoquer les défauts des autres.

À l'inverse, il faudrait s'extasier devant les moindres qualités des autres, communistes, protestants ou musulmans !

MAIS je me dis que cet état d'esprit très bien illustré par Mauriac pendant la guerre d'Algérie est très daté. Les jeunes générations sont moins complexées .