Le Forum Catholique
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( 750230 )
l'interview inquiétante du cardinal Kasper : par jejomau (2014-05-11 09:09:54)
Dans son
interview le cardinal Kasper ne cache plus le processus révolutionnaire mi en œuvre avec le pape François pour changer l'Eglise par la base, avec l'aide de la masse des fidèles peu avertis ou manipulés par des courroies de transmission modernistes.
Mais c'est un détail qui m'a inquiété et dont je vous fais part. C'est lorsqu'il dit : "
nous avons vu à la fin du dernier pontificat des événements comme Vatileaks, donc quelque chose n'allait pas. Cela ne fonctionnait pas".
Faut-il en conclure que parce que
certains avaient jugé que "
cela ne fonctionnait pas", le pape Benoît XVI ....
devait partir... ???.
Sous la pression ?
Voilà l'extrait final :
CWL: Comment décririez-vous l'atmosphère au Vatican en ce moment? Y a-t-il beaucoup de nervosité, l'anticipation que des changements sont en cours ou seront bientôt, ou existe-t-il un sentiment que beaucoup du battage médiatique international autour du nouveau pontificat est une sorte de banalité, pas vraiment lié à la vie de l'Eglise?
Kasper: Le Vatican est une pluralité de gens, et ils sont tous différents. Au Vatican, il y a beaucoup d'entre nous qui sont très en faveur du pape François parce que nous avons vu à la fin du dernier pontificat des événements comme Vatileaks, donc quelque chose n'allait pas. Cela ne fonctionnait pas.
Beaucoup de gens sont en faveur de quelques modifications, quelques changements - et le pape le veut. Mais bien sûr, changer n'est pas facile. La Curie est la plus ancienne institution existant de façon continue en Europe. Une aussi vielle institution a ses façons de faire, de sorte qu'il n'est pas facile de changer d'un jour à l'autre. Il y a une certaine résistance. Et quand vous changez quelque chose, il y a toujours un débat, pour et contre, c'est ce qui se passe au Vatican. Mais j'ai l'impression que le pape François est déterminé à faire quelques changements. Il en a déjà fait de très importants. Je pense qu'il y a déjà un point de non-retour. Il a apporté des modifications, par exemple, dans les domaines économiques et financiers. Il veut que l'Église ait une structure plus synodale. Il veut que les Églises locales soient prises davantage au sérieux - pas d'une manière qui nie la primauté de l'Église universelle. Primauté et structure synodale ne sont pas opposées l'une à l'autre. Elles sont complémentaires, et François le veut. Nous n'allons pas juste avoir un synode sur le mariage et la famille - mais nous allons parcourir un processus synodal. Entre les deux sessions du synode, cette année et la suivante, il retourne aux Églises locales, pour que cela puisse être discuté au niveau des paroisses. Il veut apporter les voix des fidèles. Ce sont des changements qui ont rencontré beaucoup de résistance bien sûr, mais il y a aussi beaucoup de gens qui sont en leur faveur. Ainsi, le pape, très déterminé, va de l'avant. Si quelques années lui sont données, il va faire quelque chose.
CWL: Le pape a soixante-dix-sept ans. Compte tenu du fait que d'autres seront responsables de la réalisation de ses réformes, avec l'inertie institutionnelle que vous venez de décrire, quelles sont les perspectives de succès?
Kasper: Le Pape Jean XXIII a eu seulement cinq ans, et il a changé beaucoup de choses. Il y avait aussi un point de non-retour avec Paul VI. Le Pape François ne peut pas tout faire par lui-même; il pense en catégories de processus. Il veut lancer un processus qui se poursuit après lui. Il aura la possibilité de nommer, je crois, 40 pour cent des cardinaux, et ce sont eux qui éliront un nouveau pape. De cette façon, il est capable de conditionner un nouveau conclave.
Bien sûr, le Saint-Esprit est également présent (!!!). Je ne voudrais pas considérer uniquement le niveau institutionnel. L'élection du pape François a été une surprise - aussi pour nous, cardinaux, au conclave (ndt: on peut en douter!!!). Ce nouveau pape est une surprise tous les jours. Pendant le conclave, j'ai senti le Saint-Esprit à l'œuvre. Donc, je fais plus confiance à cette réalité, aux gens. Mais la popularité du pape François n'est pas seulement du battage médiatique. Beaucoup de curés, à Rome m'ont dit que l'année dernière et cette année, beaucoup plus de gens sont venus se confesser pour Pâques, des gens qui depuis des années ne se sont pas confessés. Si tous les gens qui pendant des années ne se sont pas confessés, le font de nouveau, alors ce n'est plus du battage médiatique. C'est une décision personnelle très profonde. Et ces personnes sont revenues, disent-elles, à cause de la façon dont le pape parle de miséricorde. Il y a, selon moins, une réalité plus profonde en cours. Et cette réalité profonde est, pour moi, très importante.

( 750232 )
Une confusion presque diabolique entre miséricorde et périphérisme. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-11 09:56:53)
[en réponse à 750230]
Bonjour, bon dimanche, et merci à jejomau.
1. Je ne me prononce pas ici sur l'objet du raisonnement, mais sur le mode de raisonnement, du cardinal Kasper.
2. Ce qu'il dit revient à dire que quand l'Eglise est miséricordieuse sans être périphériste, sa miséricorde n'est pas totalement configurée par Dieu, n'est pas au-then-ti-que-ment é-van-gé-li-que.
3. A mon sens, Dieu est Amour, mais Il est aussi Lumière, Dieu est Charité, mais Il est aussi Vérité, à commencer par la Charité en Lui-même et la Vérité sur Lui-même, qui est au coeur de la Trinité.
4. Or, le cardinal Kasper donne l'impression de ne voir en Dieu que l'Amour, un Amour exonérateur des pécheurs et oblitérateur des péchés, comme si la lumière divine n'existait pas, notamment en tant que lumière éclairante, d'une manière objective, sur le potentiel de falsification de la miséricorde qui peut être présent dans son propre discours, celui du cardinal Kasper.
5. En outre, c'est avec une habileté presque diabolique, qui me semble être aux antipodes de l'honnêteté intellectuelle, qu'il fait semblant de pouvoir prendre appui sur Jean-Paul II et sur Benoît XVI, pour "légitimer" son raisonnement.
6. La miséricorde, c'est : "va et ne pèche plus" ; je ne te juge pas, toi, mais je juge ton péché ; je te pardonne, toi, mais je ne minimise pas ton péché ; donc, tu es pardonné, pour recommencer à vivre avec l'aide de la Grâce, et non pour recommencer à te soumettre au péché.
Le périphérisme, c'est : "va, ce n'est pas un péché", au sens de : va, ce n'est plus vraiment, ou plus du tout, un péché, d'un point de vue "enfin" authentiquement miséricordieux ; et puis, "qui suis-je pour juger ?"
7. Si je ne me trompe pas, cela veut dire que nous allons avoir droit à un glissement entre "miséricorde" et "Amen à Tous", puis à un glissement entre "Amen à Tous" et "Amen à Tout".
Sauf en ce qui concerne les structures de péché, existant dans les domaines de l'économie et de la politique, génératrices des inégalités, et opposées à la justice sociale ?
8. Je termine ce message sur cette remarque : le cardinal Kasper semble avoir une vision démocratiste, et non théonomique, des choses : pour lui, se mettre à l'école des aspirations attribuée ou inculquées au Peuple de Dieu semble être plus important que se mettre à l'écoute de l'inspiration exprimée par la Parole de Dieu.
Ainsi, le Magistère ou la pastorale deviendrait avant tout un instance de légitimation, un instrument de ratification, de ce qui monte "du bas" vers "le haut", au lieu de demeurer une instance de communication, un instrument d'explicitation et d'objectivation, "du haut" vers "le bas".
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.

( 750239 )
"Point de non-retour" ou l'horizon indépassable sauce Kasper par Athanase (2014-05-11 12:45:47)
[en réponse à 750230]
Quand je lis les propos du cardinal Kasper, je note sa fréquente insistance sur cette idée de non-retour qui permet de dire que certains actes contestables ne peuvent être contestés (la réforme liturgique, l'oecuménisme flou, etc.). Le cardinal Kasper ou la version " conciliarolâtre" de l'horizon indépassable cher au père Mao...
Une sorte de théologie fumeuse où l'on s'appuie sur une certaine praxis pour justifier des entorses à la Tradition multiseculaire de l'Église. Or, ce que subodore le cardinal Kasper, c'est non plus, ni moins un verrouillage de certaines questions. On n'a pas le droit de contester, car il y a ... un "point de non-retour" ! C'est aussi une manière de justifier une visio.n purement paradigmatique de la Foi, au détriment de tout sain progrès dogmatique.
Le hic est que l'Eglise est aussi une institution de grâce où, justement, il ne saurait y avoir de "non-retour". Si on raisonnait ainsi, il n'y aurait pas de Résurrection, pas de redressement dans l'Eglise, pas de conversion de Saibt-Paul, etc, parce, car un "point de non-retour"l'en empêche !
Le hic c'est que plus on verrouille, plus on risque de fragiliser ce que l'on verrouille et qu'un jour ou l'autre un système éclatera.

( 750243 )
Un Latran V qui n'aurait pas été suivi par Trente. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-11 13:43:31)
[en réponse à 750239]
Bonjour, bon dimanche, et merci, Athanase.
1. Vous pointez du doigt à juste titre une volonté kaspérienne d'instaurer un effet de cliquet ; ce n'est pas une herméneutique du renouveau dans la continuité, mais une herméneutique du renouveau contre la continuité, qui semble l'inspirer.
2. Imaginons un peu ce que serait devenue l'Eglise catholique, si cet état d'esprit,
- "inéluctabilisateur" de certaines décisions (pas assez consistantes), avant qu'elles soient prises,
- "irréversibilisateur" de certaines décisions (pas assez fortifiantes), après qu'elles soient prises,
avait prévalu, à la tête de l'Eglise, aux lendemains du Concile de Latran V : aurions-nous eu la possibilité de bénéficier du Concile de Trente ?
3. Imaginez tout d'abord un système éducatif au sein duquel la très grande majorité des élèves qui sauraient vraiment lire le sauraient, non grâce aux méthodes d'apprentissage utilisées par leurs instituteurs, mais grâce aux méthodes d'apprentissage utilisées par leurs parents...
4. Imaginez ensuite un "système confessionnel" au sein duquel la très grande majorité des enfants qui connaîtraient et comprendraient vraiment la structure qui exprime la substance de la Foi, de l'Espérance, de la Charité, la connaîtraient et la comprendraient, non grâce aux discours tenus par les clercs, mais grâce aux explications données par leurs parents...
C'est la dernière phrase de votre message qui m'a donné l'idée d'écrire ces numéros 3. et 4.
Et si la crise majeure était devant nous, et non derrière nous, et portait désormais, encore plus que jusqu'à présent, non seulement sur la liturgie, mais aussi sur le kérygme ?
Bon courage et bon dimanche.
Scrutator.

( 750257 )
Pour Scrutator par Aigle (2014-05-11 18:51:47)
[en réponse à 750243]
Avez vous reçu mon message ?

( 750251 )
ce sur quoi repose l'argumentation du cardinal Kasper par jejomau (2014-05-11 16:51:00)
[en réponse à 750239]
c'est
l'ignorance totale des baptisés en matière catéchétique.
Par exemple, concernant les divorcés-remariés, il use d'une rhétorique très argumentée en insistant sur le fait qu'il a étudié la théologie dogmatique pour pouvoir enfoncer le clou. Il veut démontrer que le divorcé-remarié a le droit à une autre chance, qu'il peut donc être pardonné et par conséquent qu'il doit pouvoir communier. L'intervieweur (
c'est-à-dire : "CWL" ) le suit dans son argumentation jusqu'au moment où il en arrive au même point que tout un chacun, c'est-à-dire : jusqu'à quel point peut-on goûter à la miséricorde de Dieu...
Voilà la réponse de Mgr Kasper :
CWL: Donc, pour être clair, quand vous parlez à un divorcé et remarié catholique qui n'est pas en mesure de satisfaire aux exigences de rigoristes sans encourir une nouvelle culpabilité, qu'est-ce qui le rendrait coupable?
Kasper: L'éclatement de la deuxième famille. S'il y a des enfants, vous ne pouvez pas le faire. Si vous êtes engagé avec un nouveau partenaire, vous avez donné votre parole, donc ce n'est donc pas possible
.
Ainsi, l'éclatement de la "première famille" et ses malheurs n'a que peu d'importance. En revanche, un deuxième divorce et un troisième "mariage" ne serait pas possible, vous deviendriez un "pestiféré" qui n'aurait plus le droit de communier sacramentellement.
Pourquoi ?
Parce que le cardinal Kasper l'a décidé. Tout simplement.
C'est là qu'on voit que ce genre d'argumentation repose non sur l'étude et l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin , non sur l'étude et l'enseignement du catéchisme et du Magistère tel que celui-ci a défini la question depuis l'enseignement du Seigneur.. Mais uniquement sur ce que veut un homme au grand pouvoir dans l'institution ecclésiastique, un homme qui modèle l'enseignement Traditionnel sur la question à son gré et qui le peut: parce que simplement cet enseignement Traditionnel n'est plus transmis depuis le Concile Vatican II dans le cadre de la catéchèse..
C'est un fait indéniable. Que même le cardinal Kasper ne peut nier puisqu'il le sait. En effet il nous en parle concernant le mariage. IL nous souligne combien beaucoup de baptisés se marient sans savoir pourquoi en réalité. Voilà l'extrait :
CWL: Dans votre allocution au consistoire, vous demandez si nous pouvons «dans la situation actuelle, présupposer sans balancer que les fiancés partagent la croyance dans le mystère qui est signifié par le sacrement, et qu'ils comprennent vraiment et affirment les conditions canoniques pour la validité du mariage». Vous demandez si la présomption de validité dont procède le droit canon est «souvent une fiction juridique». Mais l'Eglise peut-elle se permettre de ne pas faire cette présomption? Comment l'Église peut-elle continuer à marier des couples de bonne foi si elle suppose que beaucoup d'entre eux ne sont pas vraiment capables d'entrer dans le mariage sacramentel, car ils étaient, comme vous dites quelque part dans votre discours, des «païens baptisés»?
Kasper: C'est un vrai problème. J'ai parlé au pape lui-même à ce sujet, et il a dit qu'il croit que 50 pour cent des mariages ne sont pas valides. Le mariage est un sacrement. Un sacrement présuppose la foi. Et si le couple veut seulement une cérémonie bourgeoise dans une église parce que c'est plus beau, plus romantique qu'une cérémonie civile, vous devez vous demander s'il y avait la foi, et s'ils acceptaient réellement toutes les conditions d'un mariage sacramentel valide - c'est-à-dire unité, exclusivité, et aussi indissolubilité. Les couples, quand ils se marient, le veulent parce que c'est stable. Mais beaucoup pensent: «Eh bien, si nous échouons, nous avons le droit». Et donc le principe est déjà nié. Beaucoup de canonistes me disent qu'aujourd'hui dans notre situation pluraliste nous ne pouvons pas supposer que les couples donnent vraiment leur accord à ce que l'Eglise requiert. Souvent, c'est aussi de l'ignorance. Donc il faut mettre en valeur et renforcer la catéchèse pré-matrimoniale. C'est souvent fait d'une manière très bureaucratique. Nous devons fournir une catéchèse. Nous devons faire beaucoup plus dans la catéchèse pré-matrimoniale, et utiliser le travail pastoral et ainsi de suite, parce que nous ne pouvons pas supposer que celui qui est un chrétien formel a aussi la foi. Cela ne serait pas réaliste
On lui répondra que certes, il a raison MAIS, ce qui est vrai, c'est que ce fait concernant le mariage est surtout une réalité concernant TOUS les sacrements distribués aujourd'hui par l'Eglise catholique issue du Vatican II simplement
parce qu'elle ne transmet plus l'enseignement dans la catéchèse qui n'est pas faite non seulement concernant le mariage mais d'une manière générale . Les fils de Dieu ne peuvent pas savoir d'une manière innée ce qu'on ne leur transmet pas !
Ainsi, telle jeune fille de 15 ans qui vient de faire sa confirmation dans le cadre de la pastorale de son lycée a assisté à la messe pour la première fois, puis n'y est plus jamais retourné...
Veut-on des exemples vrais à foison ? C'est sans fin...
En conséquence, le raisonnement de Mgr Kasper est spécieux s'il s'attache uniquement au sacrement du mariage. On se demande en effet pourquoi on s'attacherait ainsi à "re-marier" des gens qui n'ont que faire du sacrement et n'y comprenne goutte . Si l'on est logique et que l'on va jusqu'au bout dans ce cas : pourquoi ne pas refaire un sacrement de confirmation par exemple pour la jeune fille (dans l'exemple ci-dessus) en partant du principe que Dieu est miséricorde et que l'Eglise a besoin de "vivre la Miséricorde" (sic!) etc... etc.. Et de même pour tous les sacrements auxquels aujourd'hui les baptisés accèdent dans l'ignorance...
simplement parce que les prêtres et les évêques n'enseignent plus la catéchèse et les vérités élémentaires !

( 750259 )
Compétences et poids réels du cardinal par Rémi (2014-05-11 19:35:37)
[en réponse à 750251]
Kasper au synode ?
Il a pour lui
- la bienveillance et l'intérêt du Saint-Père pour ses travaux en général. Il n'est pas le seul.
- probablement comme tout cardinal de curie important, un réseau à Rome et sûrement un autre auprès de l'épiscopat allemand.
Mais il a contre lui
- son âge: plus de 80 ans il n'est plus électeur au conclave, ni membre d'aucune instance curiale, sauf à titre émérite
- sa carrière: il n'a jamais été membre ni de la Congrégation pour la discipline des sacrements, ni du Conseil pontifical pour la famille, ni de la Rote romaine, concernés au premier chef par les questions dont nous parlons
- alors seulement évêque, il avançait dès les années 90 ses opinions sur un assouplissement de la discipline quant à l'accès à la communion des divorcés "remariés" mais se voyait recalé par "Rome" , c'est à dire à l'époque l'actuel Pape émérite alors cardinal-préfet, soutenu par saint Jean-Paul II ... ce n'est pas rien.
- il sera au synode un cardinal parmi d'autres, au milieu de nombreux évêques.
Ne serait-ce pas de ces derniers, plus "anonymes" mais pouvant se parer de la "consultation" de l'an passé, qu'il faudrait un peu se méfier ?
Et quoi qu'il en soit, compte tenu du fonctionnement synodal tel que l'a façonné saint Jean-Paul II, assez en deçà je crois de la lettre comme de l'esprit (le fameux, du moins le plus dangereusement innovateur ) de Vatican II, tout demeure entre les mains du Saint-Père en dernier ressort, comme c'est bien normal.

( 750262 )
il a le soutien des hérétiques NSAE par jejomau (2014-05-11 19:54:27)
[en réponse à 750259]
le mouvement "
Nous Sommes L'Eglise" soutient Mgr Kasper. Benoît XVI avait , en son temps, insisté sur le fait que ce mouvement n'était pas en communion avec l'Eglise (sur ce
LIEN)

( 750263 )
Il a évidemment le soutien par Rémi (2014-05-11 19:57:31)
[en réponse à 750262]
de ceux qui partagent ses opinions. Est-ce que cela ajoute à son crédit dans le cadre du synode ? Dans ce cas précis on peut assez en douter ...

( 750264 )
Question par Meneau (2014-05-11 20:00:13)
[en réponse à 750251]
CWL: Dans votre allocution au consistoire, vous demandez si nous pouvons «dans la situation actuelle, présupposer sans balancer que les fiancés partagent la croyance dans le mystère qui est signifié par le sacrement, et qu'ils comprennent vraiment et affirment les conditions canoniques pour la validité du mariage». Vous demandez si la présomption de validité dont procède le droit canon est «souvent une fiction juridique». Mais l'Eglise peut-elle se permettre de ne pas faire cette présomption? Comment l'Église peut-elle continuer à marier des couples de bonne foi si elle suppose que beaucoup d'entre eux ne sont pas vraiment capables d'entrer dans le mariage sacramentel, car ils étaient, comme vous dites quelque part dans votre discours, des «païens baptisés»?
Kasper: C'est un vrai problème. J'ai parlé au pape lui-même à ce sujet, et il a dit qu'il croit que 50 pour cent des mariages ne sont pas valides. Le mariage est un sacrement. Un sacrement présuppose la foi. Et si le couple veut seulement une cérémonie bourgeoise dans une église parce que c'est plus beau, plus romantique qu'une cérémonie civile, vous devez vous demander s'il y avait la foi, et s'ils acceptaient réellement toutes les conditions d'un mariage sacramentel valide - c'est-à-dire unité, exclusivité, et aussi indissolubilité.
Que faut-il exactement comme compréhension du sacrement pour que deux baptisés soient validement mariés ? 50% des mariages invalides ? Y a-t-il vraiment 50% des mariés à l'église qui ne savent pas que le sacrement du mariage suppose unité, exclusivité et indissolubilité ? Ca m'étonnerait quand même !
Quant aux arguments du Cal. Kasper... c'est dramatique. Je le
disais dans l'autre fil, tout y passe. Pour la plupart de purs sophismes :
Si vous êtes engagé avec un nouveau partenaire, vous avez donné votre parole
Sauf que vous n'étiez pas libre de la donner cette parole.
Donc, s'ils peuvent recevoir la communion spirituelle, pourquoi pas aussi la communion sacramentelle?
Différence de nature entre communion spirituelle et communion sacramentelle ? Niveau catéchisme... allez... 2ème année pour pas être trop méchant.
Etre en communion spirituelle avec le Christ signifie que Dieu a pardonné cette personne.
Luther n'aurait pas dit mieux.
Ainsi, l'Eglise, à travers le sacrement du pardon, devrait également être capable de pardonner si Dieu le fait.
Qu'est-ce que la confession ? Catéchisme première année.
Je ne suis pas en faveur de l'ordination des femmes.
Heureusement ! Puisque c'est doctrinalement impossible ! Quelle formulation !
Et on pourrait en trouver encore d'autres malheureusement. Du coup je me demande pourquoi il affirme en tête d'interview :
Le travail pastoral sans un certain fondement doctrinal n'est pas possible. Il devient arbitraire ou tout simplement un simple comportement sympathique.
Cordialement
Meneau

( 750266 )
qui l'a nommé par Aigle (2014-05-11 20:20:29)
[en réponse à 750264]
Comment le saint pape Jean Paul avait il pu appeler un tel personnage à la curie ?

( 750269 )
oui par jejomau (2014-05-11 20:31:49)
[en réponse à 750264]
s'il peut dire tout ce que vous relevez là (et bien d'autres choses encore ) c'est que justement la catéchèse étant devenu inexistante, plus aucun baptisé(e) ne relèvera toutes ses sottises. Le travail de sape a été fait .
C'est le propre du modernisme qui consiste à s'appuyer sur les émotions et les sentiments, d'en jouer avec pour faire passer toutes les âneries.. après avoir éradiqué toute connaissance et savoir catéchétique fondé sur le raisonnement ET SEUL apte à s'opposer à cette hérésie en répondant avec des argument lumineux fondés sur l'exigence de la Vérité à laquelle toute intelligence humaine pourtant aspire .

( 750288 )
C'est vraisemblable par Leopardi (2014-05-12 08:04:45)
[en réponse à 750264]
Un aumônier non suspect de modernisme me disait la mêeme chose récemment.
Faites un test : allez demander à des fiancés s'ils sont prêts à adhérer à 100% à Humanae Vitae. Je pense qu'on descendra sous les 50%. CQFD.

( 750295 )
Effectivement par Meneau (2014-05-12 09:33:52)
[en réponse à 750288]
Je suis bien d'accord, mais est-ce un prérequis indispensable à la validité d'un mariage ?
Cordialement
Meneau

( 750310 )
Tout du moins par Rémi (2014-05-12 13:23:47)
[en réponse à 750295]
dans le
CEC l'ouverture à la fécondité est-elle traitée avec l'unité, l'indissolubilité et la fidélité.
Et quelle serait la valeur d'un mariage qui ne se proposerait pas comme but la génération (et l'éducation) des enfants, ou pis, s'y refuserait ?

( 750330 )
Entièrement d'accord par Meneau (2014-05-12 18:30:23)
[en réponse à 750310]
Mais ma remarque tournait autour d'un point précis : l'ouverture à la fécondité n'est pas mentionnée par le Cal. Kasper dans ses conditions d'un mariage sacramentel valide (c'est un comble, mais c'est un fait !). Donc à s'en tenir aux strictes conditions énoncées par lui, comment peut-il déclarer que 50% des mariages sont invalides ? Y a-t-il vraiment plus de 50% de catholiques qui ne savent pas que le mariage catholique implique unité, exclusivité et indissolubilité ? J'en doute.
Nous sommes cependant bien d'accord, l'ouverture à la fécondité est requise.
Maintenant, une question personnelle : suffit-il à la validité du mariage une intention générale de respecter ce que veut l'Eglise en la matière, ou bien faut-il impérativement avoir lu en détail, compris et fait sienne Humanae Vitae ? Le discours aux sages-femmes de Pie XII ? Casti Connubii de Pie XI ? Le CEC ? L'un des quatre ? Les quatre ?
Et si d'aventure l'enseignement de l'Eglise se développe sur un point précis après le mariage, et que l'un des mariés n'y adhére pas et n'y aurait pas ahéré à l'époque du mariage, le mariage est-il invalide pour autant, sous prétexte que les mariés ne savaient pas à quoi ils s'engageaient ?
Cordialement
Meneau

( 750338 )
but du mariage par Bertrand (2014-05-12 21:17:02)
[en réponse à 750310]
Ne serait-il pas plutôt la sanctification des époux par la constitution d'une famille dont font partie également les éventuels enfants et le devoir d'éducation qui en découle? Ceux-ci ne sont donc "qu'un moyen" d'arriver au but du mariage: la sanctification.
Tout au moins me semble-t-il.

( 750348 )
Fin dernière par Meneau (2014-05-12 22:33:20)
[en réponse à 750338]
La fin dernière de tout homme est bien entendu le salut éternel. En répondant à sa vocation, et en accomplissant son devoir d'état selon son état de vie, l'homme doit parvenir à cette fin dernière.
Mais la fin première du mariage est bien la procréation et l'éducation des enfants, la fin secondaire est le soutien mutuel et le remède à la concupiscence. Ces deux fins, tout en étant subordonnées l'une à l'autre, sont indissociables.
Cordialement
Meneau

( 750325 )
Bien sûr par Leopardi (2014-05-12 16:19:42)
[en réponse à 750295]
Plus exactement, quand vous vous mariez, vous vous engagez à ce que l'Eglise vous commande dans le cadre du mariage. A tel point que si l'un des conjoints par ruse se marie et refuse ensuite la procréation, il me semble que l'autre partie lésée peut demander l'annulation.

( 750272 )
Vous relevez là une conséquence de l'enseignement de l'ignorance. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-11 21:38:48)
[en réponse à 750251]
Bonsoir, bon dimanche, et merci, jejomau.
L'enseignement de l'ignorance n'est pas un mythe, mais une réalité ; il vise à faire croire à ceux qui en sont victimes, entre autres choses
- que des choses objectivement contradictoires ou incompatibles sont essentiellement compatibles ou complémentaires, pour peu que l'on ait l'intention, bien entendu bienveillante, et la volonté, bien entendu bienfaisante, de les rendre telles, comme si l'intention et la volonté de créer une compatibilité entre l'économie française actuelle et la monnaie Euro actuelle suffisaient à la créer dans les faits ;
- que les résultats subis par les uns ne sont pas les conséquences de décisions prises par d'autres : il y a ainsi des clercs qui déplorent les conséquences de la mondialisation ou de la sécularisation, mais qui ne parlent jamais des mondialisateurs ni des sécularisateurs, comme s'ils ne voulaient pas (faire) savoir que nous sommes en présence de deux dynamiques (dé)structurantes qui ont été fondamentalement choisies, voulues, par des êtres humains qui ont entendu faire subir ces dynamiques, à la suite de leurs décisions.
A cause de cet enseignement de l'ignorance, les destinataires des argumentaires les plus ambivalents ne disposent plus des réflexes intellectuels qui devraient leur permettent de réagir aussitôt, en posant les questions qui déplaisent ou dérangent, aux destinateurs de ces argumentaires.
Et c'est cet enseignement de l'ignorance qui rend possible le recours à des imprécisions, à des incohérences, à des incomplétudes, à des inconséquences, et à des oxymores, qui permettent de faire avancer des pions, en suscitant le moins possibles de réactions attentives, objectantes, vigilantes.
Je pense ici aux oxymores suivants :
- convergence parallèle
- délégation de souveraineté
- communion partiellement pleine
- consensus différencié
Bonne fin de journée et à bientôt.
Scrutator.

( 750275 )
étonnement par Ignacio (2014-05-11 23:27:36)
[en réponse à 750272]
Je remarque que les propos du Cardinal Kasper sont l'objet d'observations toutes plus justes les unes que les autres. Or lorsque les mêmes erreurs sont professées par des évêques français personne ne s'émeut vraiment. Les thèses du cardinal Kasper on été développées par Mgr Brunin dans ses trois ouvrages :"Rencontrer l'Islam", "L'Eglise des banlieues -L'urbanité : quel défi pour les chrétiens", et " Les familles, l'Eglise et la société, Nouvelle donne".
Seulement Mgr Brunin est beaucoup plus habile ! Il deviendra cardinal !

( 750284 )
sans vouloir rabaisser Mgr Brunin ... par Luc Perrin (2014-05-12 00:47:27)
[en réponse à 750275]
Son Em. le Cardinal Kasper a plusieurs longueurs d'avance sur n'importe quel évêque français actuel. J'ajouterai hélas pour la Tradition dans l'Église puisqu'il la combat avec beaucoup d'astuce et une grande habileté tant intellectuelle que "tactique" depuis des décennies.
Rappelons qu'il est un des théologiens "modernes" les plus influents au monde et que Mgr Bergoglio ne jurait que par lui au moment de son élection et avant.
Rappelons qu'il a été créé cardinal malgré une opposition quasi-frontale des évêques allemands pendant de nombreuses années au tandem saint Jean-Paul II et le futur Bienheureux Benoît XVI (il semble qu'élection vaille sainteté désormais ...).
Preuve que malgré son orientation opposée, il pouvait tenir la dragée haute même à Jean-Paul II !
Qu'il a rompu des lances ouvertement en ecclésiologie - il y a une allusion directe dans l'interview - avec le cardinal Ratzinger au sujet du primat ou non des Églises locales par rapport à Rome.
Ce qu'énonce le Cardinal Kasper est simplement la victoire des opposants euro-américains à Paul VI et Jean-Paul II et Benoît XVI dont il déclare que le pape régnant est le porte-drapeau.
L'échec gravissime du pontificat précédent est bien là : ce n'est point Vatileaks, du superficiel sans grand intérêt in fine. Mais d'avoir tant hésité, tant tardé, tant tergiversé, tant toléré que le parti puissant des théologiens néo-libéraux, en déroute largement et déclinant en âge cf. le Cardinal K justement, le cardinal Martini décédé etc. sous Jean-Paul II a pu redresser la tête et grouper ses dernières forces au moment où les Wojtyliens désorientés se sont dispersés au conclave.
C'est un peu ce qui se passe au sein de la C.E.F. où on voit les Kaspérites pousser leurs pions et la récente affaire en est un bon exemple mais le Cardinal germanique a en matière de stratégie et de patience dans l'organisation de réseaux une année lumière d'avance sur certaines de nos Excellences.
ps. et si on béatifiait Benoît XVI de son vivant avec toutes les dérogations possibles ? Au train où vont les choses ...

( 750290 )
En effet par Aigle (2014-05-12 08:16:28)
[en réponse à 750284]
Cher Luc mais je repose ma question : pourquoi les deux papes précédents ont ils confié de hautes fonctions curiales à des prélats si dangereux ?

( 750304 )
Mystère de la crise et achat aussi de la "paix" ecclésiale par Athanase (2014-05-12 12:04:52)
[en réponse à 750290]
La cris que subit l'Eglise reste mystérieuse en ce cens que beaucoup de comportements restent étonnants. Nous n'avons pas épuisé toutes le explications, et peut-être faut-il les trouver dans l'humaine faiblesse consécutive au péché originel. Mais en disant cela, je n'explique à la fois rien et tout.
Mis à part cet aspect, on peut aussi tenter des explications plus rationnelles. Les papes de l'après-Vatican II "composent". Comme les politiciens incapables d'insuffler une réaction contre des phénomènes contestables, ils achètent aussi la paix "sociale"(en l'espèce, ecclésiale) de peur de créer des maux plus grands. Le hic est que l'on ne sait pas si composer et tempérer cela ne revient pas, au final, à renforcer ce que l'on dénonce. Jean-Paul II et Benoît XVI ont composé, certainement parce qu'ils ne pouvaient faire autrement, mais, peut-être, aussi qu'ils hésitaient sur une action plus énergique. Le cas du prédécesseur du pape actuel semble emblématique. A-t-il cru que par l'exemple on pouvait insuffler un redressement ? Je pense aussi que Benoît XVI est arrivé à un âge avancé (78 ans au moment de son élection) et qu'il n'a pas eu la force de redresser beaucoup de choses sur un temps aussi bref (le vice de la renonciation de 2013, c'est aussi le revers de l'élection de 2005).
Où commence la lâcheté et où s'arrête la prudence ? C'est tout le problème de cette crise où il devient facile de passer de l'un (la prudence) à l'autre (la lâcheté).