Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 750163 )Les arguments du Card. Kasper en faveur de la communion aux divorcés remariés par Candidus (2014-05-09 22:24:29) 

Traduction de quelques passages de l'original italien, suivi d'un bref commentaire personnel :

Je connais une femme [mariée avec un divorcé ou vice versa] dont la fille se préparait pour la première communion. Le curé lui a dit que sa fille pouvait recevoir la sainte communion, mais pas elle. J'ai parlé avec le pape de ce cas, et il m'a dit : "Non, cela [cette exclusion] est impossible."
 
Quand un deuxième mariage est célébré civilement, Kasper explique : "le deuxième mariage, bien sûr, n'est pas un mariage au sens chrétien du terme. Et je serais opposé à ce qu'on le célébre à l'église. Mais il y a [dans cette union] certains éléments du mariage. Je comparerais cette union à la manière dont l'Eglise catholique considère les autres Eglises. L'Eglise catholique est la véritable Eglise du Christ, mais il y a d'autres Eglises qui possèdent des éléments de la véritable Eglise, et nous reconnaissons ces éléments. De la même manière, nous pouvons dire que le vrai mariage est le mariage sacramentel ; le second n'est pas un mariage au même titre, mais il possède des éléments de celui-ci : les partenaires prennent soins l'un de l'autre, ils sont liés exclusivement l'un à un autre, il existe l'intention de demeurer dans ce lien, ils prennent soins des enfants, mènent une vie de prière, et ainsi de suite. Ce n'est pas la meilleure situation, c'est la moins mauvaise."

"D'aucune manière - Kasper explique dans l'interview - je ne veux nier l'indissolubilité du mariage sacramentel. Ce serait stupide. Nous devons faire respecter cette indissolubilité, et aider les gens à la comprendre et à la vivre. C'est un devoir pour l'Eglise. Mais nous devons reconnaître que les chrétiens peuvent échouer, et nous devons donc les aider. Pour ceux qui disent : « Eh bien, je suis dans un état ​​de péché," ma réponse est : le pape Benoît XVI a déjà dit que ces catholiques peuvent faire une communion spirituelle. La communion spirituelle signifie que l'on s'unit au Christ. Mais si je suis uni au Christ, je ne peux pas être en état ​​de péché grave. Donc, si ces personnes peuvent faire une communion spirituelle, pourquoi ne pourraient-elles pas recevoir la communion sacramentelle ? Je pense donc, qu'il y a aussi des problèmes dans la position traditionnelle, et le pape Benoît a beaucoup réfléchi à ce sujet, il m'a dit que ces gens doivent disposer de moyens de salut et pratiquer la communion spirituelle. Mais la communion spirituelle va très loin : il s'agit d'être uni au Christ. Pourquoi ces personnes devraient-elles être exclues de la communion sacramentelle ? Être en communion spirituelle avec le Christ signifie que Dieu a pardonné cette personne. Et donc l'Église - dit le cardinal - par le sacrement de la pénitence, devrait être capable de pardonner à ces personnes si Dieu le fait. Sinon, il y a une opposition entre Dieu et l'Eglise, et ce serait là un grave problème."

Mon commentaire personnel : la position du cardinal Kasper fait l'impasse sur un des B-A-BA du catéchisme : la Grâce actuelle. Dieu ne refuse jamais Sa grâce à celui qui la Lui demande et, quelle que soit la difficulté d'une situation, elle devient supportable dans le respect de la loi divine avec le secours de la grâce actuelle : "Ma grâce te suffit !" s'est vu répondre St Paul qui esquissait le genre de discours que nous tient le cardinal.

La position du card. Kasper qui semble partagée par le pape François constitue une ligne jaune qui, si elle est franchie, aura des conséquences incalculables pour l'Eglise. De très nombreux cardinaux (la majorité ?) n'accepteront pas une telle rupture avec l'enseignement explicite du Seigneur. On peut dès lors imaginer une rupture de communion qui plongerait l'Eglise dans un marasme comparable au Grand Schisme (même si celui-ci n'était pas lié à un différend doctrinal).
images/icones/fleche3.gif  ( 750165 )Oui (vous vouliez sans doute dire : état de grâce ou... par Père M. Mallet (2014-05-09 22:56:38) 
[en réponse à 750163]

...grâce habituelle.
A mon avis, il est beaucoup plus clair de parler d'état de grâce, on comprend tout de suite qu'il s'agit d'un état, par opposition aux grâces actuelles qui sont des secours ponctuels pour des situations données.

Effectivement, les paroles de Jésus sont claires : celui qui renvoit sa femme pour en épouser une autre est adultère (Marc 10, 11), de même celui qui épouse la femme répudiée.
Il existe des solutions (Vérifier si le 1er mariage n'est pas nul, ou s'il n'existe pas des particularités telles que le "Privilège paulin" ou privilège de la Foi ; s'engager à "vivre comme frère et soeur"...).

Il serait absurde de dire, comme le font certain, qu'une personne dans ce qui est un tel état stable d'adultère peut communier une fois de temps en temps : ou bien la personne est en état de grâce et elle peut communier tous les jours, ou bien elle ne l'est pas et elle ne peut pas communier, pas même une fois par an.
En cas de danger de mort, si la personne affirme son repentir et sa ferme volonté de faire le nécessaire à l'avenir pour être en règle avec la loi divine, la situation peut être différente.

Désolé de rappeler ces vérités un peu rudes, mais la première des charités impose de se situer dans la vérité.
Désolé aussi de le faire dans le cadre d'un forum, qui ne permet pas de dialoguer avec les âmes en difficulté, et de les encourager.

Mais il est nécessaire de rappeler ces choses pour que l'ensemble des fidèles ait des idées justes sur ces questions.




images/icones/neutre.gif  ( 750168 )Non, c'est bien de "grâce actuelle" dont je veux parler par Candidus (2014-05-09 23:39:26) 
[en réponse à 750165]

Peut-être cela n'apparaît pas dans le passage que j'ai cité, mais un des principaux arguments du cardinal est : "ce que l'on demande à ces catholiques divorcés remariés (abstinence ou séparation) n'est pas réaliste, cela va au-delà des forces humaines ; tant mieux si certains sont capables d'une telle abnégation, d'une telle vertu, je les admire, mais on ne peut pas exiger de tout le monde cet héroïsme."

Cela équivaut à nier que la grâce actuelle puissent transformer n'importe quelle personne en "héros" si celle-ci le demande sincèrement à Celui qui lui a promis son assistance.

A ceux qui répondent : c'est facile de faire la morale confortablement assis derrière son clavier... Que savez-vous de la détresse de ces gens-là ?, etc. la réponse leur est donnée par le Seigneur qui, Lui, a connu dans Sa chair et dans Son coeur toutes les souffrances et les détresses que l'homme peut connaître, jusqu'à la tentation du désespoir, et cette réponse est : Ma grâce [actuelle] te suffit !

La "grâce actuelle" est une force surnaturelle et passagère que Dieu nous accorde pour nous aider à faire le bien et éviter le mal.

Evidemment, pour celui qui n'est pas dans une situation de danger moral et / ou ne demande pas - et donc n'obtient pas - cette "grâce actuelle", l'exigence présentée aux divorcés remariés paraîtra irréaliste et ils aura raison de le penser, mais c'est simplement parce que cette grâce actuelle lui fait défaut car il n'en a pas besoin et ne l'a pas demandée.

Pour bien comprendre cela, imaginons que nous nous retrouvions devant le plus sadique des bourreaux qui mettrait en oeuvre les plus "raffinées" des tortures pour obtenir que nous abjurions notre foi. Soyons sincères, assis maintenant devant nos écrans d'ordinateur, nous ne pouvons que reconnaître que nous serions incapables de résister. Il n'y a rien de scandaleux et de peccamineux à avoir cette pensée. En effet, au moment où vous lisez ces lignes et où je les écris, nous sommes incapables d'un tel "héroïsme" parce que nous ne sommes pas confrontés à ce dilemme et que nous n'avons ni demandé ni reçu cette grâce. Si un jour nous nous trouvions dans une telle situation et que nous demandions sincèrement à Dieu la grâce du martyr, la foi dans les paroles de Notre-Seigneur nous obligent à croire que nous la recevrions.
images/icones/1a.gif  ( 750169 )Ah, vu comme ça, d'accord - mais ce que j'ai dit reste vrai... par Père M. Mallet (2014-05-09 23:50:00) 
[en réponse à 750168]

...aussi.

Ou bien on est en état de grâce et on peut communier tous les jours,
ou bien on ne l'est pas (par exemple parce qu'on est dans une situation stable de péché) et on ne peut pas communier, pas même une fois par an tant qu'on n'a pas reçu l'absolution qui suppose la volonté ferme de sortir définitivement du péché.


La volonté ferme n'exclut pas la prévision (qui est du domaine de l'intelligence et non de la volonté) que probablement on risque de retomber; Cette remarque générale s'applique surtout aux péchés "discontinus", ponctuels, occasionnels, elle s'applique difficilement au cas d'un état stable de péché, qui est en quelque sorte un péché continu (comme serait par exemple le fait de refuser de restituer une fortune volée - ou de vivre maritalement avec une personne mariée à un autre).
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 750215 )Dieu ne le permet jamais par Astorg (2014-05-10 20:42:25) 
[en réponse à 750168]

Dieu ne permet jamais que nous soyons tentés au-delà de nos forces, mais que sans la grâce actuelle (Jn., XV, 5), nous ne pouvons rien faire dans l'ordre surnaturel.

On n'a pas a s'immiscer dans le for intérieur des intéressés, mais l'Eglise gagnerait à leur faire remarquer, contrairement à l'affirmation parfaitement fausse du cardinal Kasper, qu'une telle démarche n'est aucunement "au-dessus de leurs forces". La grâce est suffisante et efficace, dans tous les cas, pour faire le bien, comme le rappelle le Concile de Trente (Sess. VI, ch. II):

Dieu ne commande pas l'impossible; mais quand il ordinne, ils nous avertit, et de faire ce que nous pouvons, et de demander ce que nous ne pouvons pas, et il nous aide à la pouvoir.


Et puisque la miséricorde est le mot à la mode, rappelons ceci:

C'est un dogme certain et catholique que, dans toutes les bonnes oeuvres dont la foi est la principale, quand nous ne voulons pas encore, la miséricorde divine nous prévient fin que nous voulions; qu'elle nous accompagne, lorsque nous voulons et qu'elle nous suit, afin que nous persévérions dans la foi, conforméme,t à ce que dit le prophète David: La miséricorde de mon Dieu me préviendra (Ps. LVIII, 10); et encore: Ma miséricorde et ma vérité seront toujourts avec lui (Ps. LXXXVIII, 24); et ailleurs: Votre miséricorde me suivra (Ps. XXII, 6).


Il en est de même dans l'ordre naturel: sans la grâce, l'homme déchu ne peut ni accomplir les préceptes de la loi naturelle, ni surmonter les graves tentations, dont l'adultère fait très certainement partie.
images/icones/fleche3.gif  ( 750170 )l'erreur du cardinal Kasper par jejomau (2014-05-09 23:51:19) 
[en réponse à 750163]

se trouve dans cette phrase :


Je pense donc, qu'il y a aussi des problèmes dans la position traditionnelle, et le pape Benoît a beaucoup réfléchi à ce sujet, il m'a dit que ces gens doivent disposer de moyens de salut et pratiquer la communion spirituelle. Mais la communion spirituelle va très loin : il s'agit d'être uni au Christ. Pourquoi ces personnes devraient-elles être exclues de la communion sacramentelle ? Être en communion spirituelle avec le Christ signifie que Dieu a pardonné cette personne.



Pour le cardinal Kasper : on passe de la communion spirituelle... à la communion sacramentelle parce que si l'on communie spirituellement, c'est qu'on est pardonné par Dieu.

C'est un erreur d'ordre théologale soit voulue par lui (d'inspiration protestante) soit faite par ignorance.

Je cite ici le Concile de Trente :

Concile de Trente, sess. XIII, ch. VIII : « Pour ce qui est de l’usage, nos pères ont justement et sagement distingué trois manières de recevoir ce saint sacrement. Ils ont enseigné que 1°)certains ne le reçoivent que sacramentellement en tant que pécheurs. 2°)D’autres ne le reçoivent que spirituellement : ce sont ceux qui, mangeant par le désir le pain céleste qui leur est offert avec cette « foi » vive « qui opère par la charité » Ga 5,6 , en ressentent le fruit et l’utilité. D’autres, enfin, le reçoivent à la fois sacramentellement et spirituellement : ce sont ceux qui s’éprouvent et se préparent de telle sorte qu’ils s’approchent de cette table divine après avoir revêtu la robe nuptiale Mt 22,11-14 . » (Denzinger 1648)


Il apparaît que ceux qui peuvent communier "sacramentellement et spirituellement" ne peuvent le faire "qu'après avoir avoir revêtu la robe nuptiale" : soit, après voir reçu l'absolution de leurs péchés et être en état de Grâce. Ceux qui reçoivent uniquement "spirituellement" la communion le font ... dans la FOI.

Un très beau texte du Père H.Moureau sur le sujet:


La communion spirituelle

Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent dans l’eucharistie, non pas en le recevant sacramentellement, mais par un désir procédant d’une foi animée par la charité.
On sait que la justification est produite par l’acte de charité ou par celui de contrition parfaite en tant que cet acte inclut chez le non-baptisé le vœu de recevoir le baptême et, chez le baptisé, le vœu de confesser ses fautes pour en être absous. Ainsi, pour opérer l’effet de ces sacrements, le désir implicitement contenu dans l’acte de contrition ou de charité suffit; il n’en est pas de même pour l’eucharistie. La communion spirituelle exige essentiellement le désir explicite de s’unir à Jésus-Christ sacramentellement. Ce désir suppose donc la foi à l’eucharistie et comme il a été dit, il doit être accompagné de la charité.
II suit de la que ni les anges ni les bienheureux dans le ciel ne peuvent communier spirituellement. Développant cette pensée, saint Thomas fait remarquer que l’on peut communier spirituellement de deux façons : 1. en s’unissant au Christ en personne naturelle; c’est ainsi que communient les anges en tant qu’ils sont unis au Christ par la charité et par la vision face à face; c’est là le pain que nous mangerons un jour dans la patrie; 2. on peut se nourrir spirituellement du Christ en s’unissant à lui en tant qu’il est présent sous les espèces, c’est-à-dire par la foi au Christ jointe au désir de recevoir le sacrement ou il est présent : or ce mode de communion n’existe pas pour les anges.
Trois actes constituent la communion spirituelle :
1. l’acte de foi à la présence réelle de Jésus-Christ au sacrement de l’autel;
2. l’acte de désir, dont une forme très recommandable consiste à s’imaginer que l’on s’approche de la sainte table et que l’on reçoit l’hostie de la main du prêtre;
3. l’acte d’action de grâces, le même que ai l’on avait réellement communié.
Le moment où la communion spirituelle est particulièrement indiquée est naturellement celui de la communion du prêtre a la messe; mais on peut communier spirituellement à tout moment de la journée, autant de fois que l’on veut et en n’importe quel lieu. Celui qui serait en état de péché mortel
n’est nullement tenu de se confesser; il suffit qu’il fasse un acte de contrition parfaite. Et si la contrition était imparfaite, il ne pécherait point, mais, au contraire, il ferait une chose bonne en faisant les actes de la communion spirituelle; seulement il n’obtiendrait point les grâces spéciales attachées à ce mode de communion, attendu qu’il manquerait d’une disposition essentiellement requise.
Les effets de la communion spirituelle sont identiques à ceux de la communion sacramentelle, sauf leur intensité, qui est moindre. Toutefois, ceci doit s’entendre à égalité des dispositions, car, autrement, une communion spirituelle, faite avec plus de ferveur, pourra produire plus de fruit qu’une communion sacramentelle faite avec tiédeur. Il n’est pas besoin de dire que les fruits de la communion spirituelle sont uniquement ex opere operantis.
En raison des fruits excellents de la communion sacramentelle et de l’effet qu’elle a d’aviver la foi et d’enflammer l’amour des fidèles envers l’auguste sacrement ainsi que de les porter à s’approcher de la sainte table fréquemment et avec ferveur, la communion spirituelle est hautement approuvée et recommandée par l’Église. Ainsi, parmi les motifs que le concile de Trente, , invoque pour prouver que les messes où le prêtre seul communie sont néanmoins des messes communes à tous les fidèles, il allègue la communion spirituelle que le peuple fait à ces messes, signifiant ainsi clairement que communier spirituellement c’est participer très véritablement aux fruits du sacrement de l’autel.
S. Thomas, Sum. theol., IIIa, q. LXXX, A. 1, 2; Suarez;, In IIIam Sum., disp. LXII, sect.I, n. 2; Salmanticenses, Cursus theologicus, disp. II, dub.I, II ; Gihr, Die heiligen Sakramente, t. II, § 22.
H. Moureau, DTC col. 572-574, article communion spirituelle

images/icones/neutre.gif  ( 750185 )Sur la communion spirituelle pour les divorcés remariés par Donapaleu (2014-05-10 10:20:35) 
[en réponse à 750170]

Abbé Pagès
images/icones/neutre.gif  ( 750195 )Un synode conflictuel ? par Aigle (2014-05-10 12:37:32) 
[en réponse à 750163]

On peut s'attendre à des déchirements lors du synode.. Surtout qu'il faut la majorité des deux tiers me semble t il
Mais le pape est intelligent et a du suivre avec soin la nomination. Des pères qui relèvent de lui (50 sur 250 je crois). Connait on déjà leur liste ?

Il a d'ailleurs préparé une solution de repli : autoriser les conférences épiscopales à imaginer des variantes locales...il y fait allusion dans EG.

Autre chose : connaissons nous même vaguement le nombre des divorces remariés qui désireraient communier ?

Un exemple : dans ma paroisse, il y a au moins une femme divorcée remariée qui vient à la lèses chaque dimanche soir. Elle ne communie pas. Le désire t elle ? Au demeurant une femme, aucun homme sur 400 ou 500 pratiquants dominicaux, le taux ( s'il est exact) n'est pas tel qu il justifie un débat au synode.

Mon intuition est que la plupart des divorcés étaient non pratiquants avant leur divorce et leur remariage. Et que les rares pratiquants qui divorcent et se remarient ont plutôt tendance à rompre avec l'Eglise. Non parce que l'Eglise les exclut de la communion mais par ce qu'ils sentent qu ils ont commis un grave pêché.
images/icones/hum2.gif  ( 750201 )J'ai bien peur... par Deo gratias (2014-05-10 14:41:11) 
[en réponse à 750195]

...Que ce Synode ne cause plus de divisions que d'unité. Il se pourrait qu'un schisme ait lieu. Bien sûr je ne suis pas devin.
images/icones/fleche2.gif  ( 750212 )Ce schisme a déjà commencé, mais il faut en gérer les conséquences. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-10 19:25:16) 
[en réponse à 750201]

Bonjour Deo gratias.

1. Le schisme, progressiste rupturiste, auquel vous faites allusion, a déjà commencé, entre le milieu et la fin des années 1980, et a donné lieu à une première mise en forme, en janvier 1989, au moyen de la déclaration de Cologne.

2. Je vous renvoie également au manifeste "Eglise 2011 : un renouveau indispensable" qui a été publié en février 2011 en Allemagne, et que vous trouverez ici :

Ici.

3. A partir du moment où des théologiens utilisent leur vision de la confiance en l'Evangile, leur vision de la fidélité à l'Evangile, contre l'autorité de l'institution, contre la discipline dans l'institution, sans subir le moindre recadrage, la moindre sanction, de la part de l'institution elle-même, nous en sommes en présence d'un "schisme interne", de même qu'il y a des "hémorragies internes".

4. Grosso modo, ce sont ces théologiens qui n'ont pas supporté la lutte de Rome contre la théologie de la libération (politique et sociale) et qui ont décidé de mener leur travail de sape dans un autre domaine, celui de la théologie du pluralisme (moral et religieux).

5. L'illusion ou l'obsession de l'unité étant plus importante que le maintien du lien entre la charité et la vérité, entre la miséricorde et l'intransigeance, je suppose que le Pape François aura à coeur de donner raison aux uns sans donner tort aux autres, par exemple en précisant ou en rappelant le principe général, tout en laissant aux évêques la possibilité de prendre en charge les situations individuelles.

6. Cette disposition ne serait évidemment pas satisfaisante, mais un infléchissement magistériel complètement explicite serait encore moins satisfaisant, et risquerait, par contre-coup, de provoquer un raidissement dans l'autre camp, ou dans l'autre sens, plus conservateur.

Voilà comment je vois la chose, d'une certaine manière, à mon grand regret, notamment parce que le positionnement ambivalent que je redoute pour le Synode sera vraisemblablement perçu par les démanteleurs internes du christianisme catholique comme étant à la fois encourageant et insuffisant, ce qui les amènera à revendiquer autre chose par la suite, conformément à une dynamique de surenchère.

Je vous souhaite une bonne soirée et vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1a.gif  ( 750222 )à noter par jejomau (2014-05-10 22:38:35) 
[en réponse à 750212]

que la canonisation de Paul VI juste après le Synode de la famille (en clôture) pourrait être vue comme un signe de bon augure si l'on associe Paul VI avec LA grande encyclique sur la famille "Humanae Vitae", enyclique qui fit barrage aux progressistes justement...
images/icones/neutre.gif  ( 750224 )Traduction de l'intégralité de l'interview par Meneau (2014-05-11 00:15:42) 
[en réponse à 750163]

Sur Benoît-et-moi.

Tout y passe !

Cordialement
Meneau