En Occident, plusieurs s’attendent à plus d’ouverture sur les questions de morale sexuelle y compris l’attitude envers les divorcés remariés. Vous attendez-vous à des changements sur la question?
«Le questionnaire traitait de plusieurs sujets. Parmi ceux-ci, celui de la morale sexuelle, mais aussi la situation des divorcés et des gens qui se sont remariés civilement. [...] Familiaris consortio de Jean Paul II en 1981 était le dernier document majeur des trente dernières années traitant de la question. L’Église n’est pas intemporelle; elle existe parmi les vicissitudes de l’histoire et l’Évangile doit être connu et vécu par les gens d’aujourd’hui. Le message doit être livré au présent, en respectant l’intégrité de celui qui le reçoit, peu importe qui il est. Nous allons avoir deux synodes pour discuter de cette question complexe qu’est la famille et je crois que cette dynamique en deux mouvements va nous permettre de donner une réponse plus appropriée aux attentes des gens.»
Comment un plus grand équilibre en matière de gestion de l’Église peut-il être atteint entre la Curie et le monde entier, entre centralisation et autonomie locale?
«Ceci est la grande question à laquelle le pape François se sait confrontée, à la lumière du renouveau et de la réforme. Selon lui, les évêques du conclave lui ont donné cette tâche. La synodalité aura à garantir la décentralisation et plus d’attention aux églises particulières, et aussi une plus grande implication de tous les évêques du monde dans l’évangélisation. Comme chef du Collège des évêques, le Pape doit mener ce processus. Le Conseil cardinalice travaille à une réforme de la Curie et des services centraux de l’Église.»
la fidélité au concile de Vatican II constituait un élément central à la vie religieuse. «Littéralement», a dit le numéro deux de la Congrégation pour les Religieux. «Pour les religieux, le Concile est un point non-négociable.» Quiconque voit les «réformes» de Vatican II comme étant les maux affectant la vie religieuse «nie la présence du Saint-Esprit dans l’Église».
le Christ et donc l'Eglise était telle qu'indiquee dans ce vieux logo ?
“À l’occasion de l’anniversaire de la mort de saint Grégoire le Grand, saint Pie X a relevé que son admirable prédécesseur s’était distingué précisément en ce qu’il avait ignoré la prudence de la chair......et dans la prédication de l’Évangile, et dans les autres œuvres admirables qu’il accomplit pour le soulagement des misères humaines. Il s’attacha à l’exemple des Apôtres, qui disaient, au jour où ils entreprirent de parcourir l’univers et d’y annoncer le Christ : « Nous prêchons Jésus crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les gentils » (1 Co 1, 23). Mais, s’il fut jamais un temps où les secours de la prudence humaine ont pu paraître opportuns, c’est bien celui-là : car les esprits n’étaient nullement préparés à accueillir cette nouvelle doctrine, qui répugnait si vivement aux passions partout maîtresses, et heurtait de front la brillante civilisation des Grecs et des Romains¹.
Chers fils, ce manque de confiance dans l’efficacité de la grâce, cette excessive confiance en nos propres capacités, se présentaient déjà au temps du divin Maître. En fait, qu’indique-t-elle d’autre, cette attitude des disciples du Sauveur, quand ils jugèrent ses paroles dures et impossibles à suivre ? Durus est hic sermo et quis potest eum audire ? (Jn 6, 61). Ces disciples, que réclamaient-ils, si ce n’est un message chrétien qu’ils seraient capables de mettre en œuvre par eux-mêmes ? Que refusaient-ils, si ce n’est une grâce si puissante qu’elle leur ferait dépasser leurs propres misères ?
Au fond, il s’agissait de trouver un compromis entre la sévérité de l’Évangile prêché par Jésus-Christ et les principes du monde ; une religion, en définitive, qui « comprendrait » les conditions des hommes et « s’adapterait » à leurs faiblesses.
Ces disciples n’eurent cependant pas toujours des imitateurs qui les suivirent en toutes leurs attitudes. Ne voulant pas suivre les règles tracées par le Sauveur, ils l’abandonnèrent. Dans la suite des siècles, parmi ceux qui allaient partager leur orgueil et leur manque de confiance en la grâce, tous n’allaient pas reproduire leur défection ouverte. Beaucoup allaient rester dans le giron de l’Église, pour la déformer, et créer une nouvelle Église, plus proche du siècle, plus accessible à ses passions, et pour cette raison, inauthentique, fausse. Ainsi surgirent les hérésies.
En effet, selon un processus normal de la psychologie humaine, l’homme cherche une raison qui légitime sa façon d’agir. Par manque de confiance en la grâce et à cause de l’attiédissement de sa foi, il s’habitue à une coexistence banalisée et pacifique avec l’erreur et le mal présents dans la société, et cherche un principe qui cautionne son comportement et donne à ce qu’il fait et à ce qu’il pense un semblant de cohérence.
(¹) Encyclique Iucunda sane, 12 mars 1904.”