
( 749997 )
Let my people go! par PEB (2014-05-06 22:47:26)
[en réponse à 749974]
Le langage du Saint-Père est typique de l'expérience moderne de la Foi: une adhésion de l'âme, de l'esprit et du cœur qui va de l'intime au collectif. En cela, le croyant moderne se doit de revivre à sa manière l'expérience des Confessions de saint Augustin.
Je pense que lorsqu'il parle du Peuple de Dieu, il faut revenir à l’Écriture. Les Hébreux conservent une foi infaillible qui soumet les éléments lorsqu'il est avec son pasteur terrestre, à savoir Moïse. Il forme alors un tout dont le prophète-législateur est le lieutenant de sa tête véritable. Le Verbe divin est manifesté dans le don de la Loi sacrée.
En revanche, le charisme populaire disparait dès lors qu'Israël se détourne des Commandements et préfère les veaux d'or. Il en résulte une errance de quarante ans!
En réalité, la fonction magistérielle n'est pas effacé mais placé à sa juste place: un ministère au service du Peuple de Dieu. La Foi est une dynamique qui tend le fidèle - clerc ou laïc - vers un but commun: la Terre promise spirituelle. Le dépôt de la foi est cette carte qui guide, à coup sûr, les pas de l’Église dans celui de son unique et éternel Bon Pasteur. Tout l'art est d'apprendre à la lire.
Que peut en dire la scolastique chère à la fraternité Saint-Pie-X?

( 750001 )
Document que je crois convaincant, à l'exception du dernier paragraphe. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-06 23:29:09)
[en réponse à 749974]
Bonsoir et merci,
1. Une fois n'est pas coutume (mais je ne suis pas le baromètre de l'orthodoxie ni de la pertinence) : je souscris, globalement, à ce document convaincant, d'autant plus que j'ai déjà fait remarquer, il y a quelques années, que l'herméneutique bénédictine
- parle de "l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise",
- ne parle pas, pour ainsi dire, dans l'herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité de l'unique objet-Tradition,
si l'on veut bien considérer, en quelque sorte, que la Tradition a aussi un contenu "objectif" qui est transmis, et que l'Eglise n'est pas uniquement un contenant "subjectif" qui se transmet lui-même.
(A la limite, je ne dis pas que Benoît XVI a eu tort de ne pas en parler, mais je dis que s'il en avait parlé, son propos du 22 décembre 2005 aurait été encore plus équilibré ; c'est ce que je crois)
2. Il me semble que nous sommes en présence d'une problématisation satisfaisante, de ce qui, justement, constitue un problème : si l'on considère que nous sommes en présence
- d'un critère dominant ou premier de la Tradition : son contenu fondamental, le "modèle" de la Tradition,
et
- d'un critère récessif ou second de la Tradition : sa dimension instrumentale, le "processus" de la Tradition,
comment contribuer au respect et au souci de la conservation et de la propagation du "modèle" par le "processus", quand le critère récessif ou second est mis en lieu et place du critère dominant ou premier ?
3. Autre remarque, des plus rapide : je le formule sans doute bien mal, mais il me semble qu'il y a une complémentarité
a) entre le fait de recevoir et de transmettre l'intelligence, "objective" et "théorique", du contenu de la Tradition,
b) et le fait de faire l'expérience communautaire, ecclésiale, paroissiale, pastorale, du processus de la Tradition.
4. Ces deux éléments vont de pair :
a) je dois dire que je ne vois qu'à peu près ce que pourrait être, dans l'absolu, in vitro, une survalorisation de la réception et de la transmission de l'intelligence du contenu de la Tradition, au détriment de la mise en pratique de l'expérience du processus de la Tradition : la relation au contenu donnerait alors lieu à une approche fixiste, qui aurait sans doute ses vertus, mais qui aurait, sans doute, aussi, ses limites, la fixation ad intra sur les éléments risquant peut-être de nuire
- à l'appropriation, à la communication, à l'explicitation, ad extra, de l'ensemble,
- à l'enrichissement ad intra de la relation au contenu, sinon du contenu lui-même ;
b) je dois dire que je vois plus facilement ce que "donne", ou plutôt ce que ne donne pas, une survalorisation de l'actualisation ou de la contextualisation de l'expérience communautaire du processus de la Tradition, au détriment "relatif" de l'appropriation de l'intégrité du contenu de la Tradition, car il faut et il suffit d'être aveugle, si nécessaire, volontairement, pour ne pas voir ce que, concrètement, sur le terrain, cela ne donne pas.
5. J'en viens à présent au dernier paragraphe de ce texte, le paragraphe numéro 16 ; d'une part, je le crois inutilement agressif, d'autre part, je le crois excessivement injuste (si tant est que l'on puisse l'être non excessivement), car Jean-Paul II, ici visé, est précisément, me semble-t-il, le premier Pape post-conciliaire qui a essayé (je ne dis pas qu'il a toujours réussi) de rééquilibrer les choses, entre la réception et la transmission de l'intelligence du contenu de la Tradition, et la mise en pratique de l'expérience du processus de la Tradition.
6. Je trouve dommage que ce texte stimulant, structuré, se termine par un paragraphe tel que celui-là, qui ne remet pas en cause la valeur de ce texte, mais qui donne l'impression d'en ternir l'éclat.
Je vous remercie pour ce message et vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.