Le Forum Catholique

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images/icones/livre.gif  ( 748718 )"Le latin par l'exemple" par Quaerere Deum (2014-04-23 10:50:05) 

Bonjour,



Un nouveau cours de la latin ecclesiastique vient de paraitre aux éditions Traditions Monastiques (Abbaye de Flavigny)







dont l'auteur est l'abbé Günst Horn, prêtre du diocèse d'Ars et diplômé en latin ecclésiastique.



Ce livre n'est pas une grammaire, mais une Initiation au latin d'Église à partir d'exemples tirés de la bible et de la liturgie.



Plus d'informations ici (un extrait de l'ouvrage peut être consulté).
images/icones/3f.gif  ( 749103 )Je dirais même plus... par Paterculus (2014-04-25 21:15:45) 
[en réponse à 748718]

C'est rouge de confusion que je peux vous dire qu'il est question de moi à la page 256 !
J'ai feuilleté mon exemplaire dédicacé par l'auteur et ce que j'en ai vu est fort bon.
A recommander à tous les amoureux de la langue de l'Eglise.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/1b.gif  ( 749104 )Vous en avez mis du temps par Quaerere Deum (2014-04-25 21:19:14) 
[en réponse à 749103]

à vous manifester !
J'attendais votre réaction et ne voyais rien venir.

J'ai commandé mon exemplaire que j'attends avec impatience.
images/icones/salutscout.gif  ( 749106 )Je pensais que l'odeur de la fumée... par Paterculus (2014-04-25 21:30:24) 
[en réponse à 749104]

... du feu de camp des scouts à qui j'ai offert mon ministère avait accompagné mon post en vous fournissant l'explication de mon silence de ces derniers jours.
VdP
images/icones/1a.gif  ( 749605 )Au premier abord par Quaerere Deum (2014-04-30 09:44:13) 
[en réponse à 749103]

l'ouvrage est plutôt de bonne qualité et riche, la méthode est intéressante.
On regrettera simplement les citations bibliques tirées de la Néo-Vulgate -- Bible latine non traditionnelle --, mais on ne peut pas en attendre autrement d'un prêtre diocésain. Après tout, ce ne sont que des illustrations et il faut les considérer ainsi.
images/icones/ancre2.gif  ( 749731 )Je tempère votre avis sur la néo-vulgate par Paterculus (2014-05-01 21:57:46) 
[en réponse à 749605]

C'est vrai que la néo-vulgate a fait quelques choix différents de ceux de Saint Jérôme, et je ne suis pas compétent pour juger de leur opportunité. Mais je ne crois pas que cela permette de classer comme non traditionnel ce travail.
Pour le reste, je suis bien d'accord avec votre appréciation de l'ouvrage de l'abbé Günst-Horn.
Je crois que les débuts de sa diffusion soulignent sa qualité, au moins l'intérêt qu'il suscite.
VdP
images/icones/ancre2.gif  ( 749808 )Et j'ajoute... par Paterculus (2014-05-02 22:18:13) 
[en réponse à 749605]

Un ami, à la réflexion et s'étant documenté, me fait parvenir son avis : le voici.

Quaerere Deum a en partie tort. Car la plupart des citations de la néo-vulgate sont identiques dans la vulgate tout court. D’autre part, la vulgate tout court est citée elle aussi. Même dans les titres : par exemple “A progenie in progenies” alors que la néo-vulgate dit “In progenies et progenies”. Par ailleurs, lorsque la néo-vulgate corrige une erreur de l’ancienne, c'est signalé : par exemple “quare conturbas me?” (ps. 42) de la vulgate est corrigée par la néo-vulgate : “quare conturbaris in me?” Et puis l’argument “Bible non traditionnelle” est idiot, car ce qui compte, c’est que le texte soit officialisé par l’Eglise.
Par ailleurs, la “Bible traditionnelle” (comme ils disent) n’est plus employée par personne. Saint Jérôme lui-même a révisé par deux fois ses propres traductions, et après lui, il y a eu un grand nombre de révisions, dont celle de 1979 n’est qu’une révision parmi beaucoup d’autres.


Je livre ces réflexions à votre sagacité, cher Quaerere Deum !
VdP
images/icones/fleche3.gif  ( 749812 )Réponses par Quaerere Deum (2014-05-02 22:54:41) 
[en réponse à 749808]

Je ne sais pas qui est votre ami, n'est-ce pas Crouan ? J'ai l'impression de reconnaître le style

1. A la première citation du NT que j'ai tirée au hasard, je l'ai comparé à la Vulgate Clémentine et il était différent. Malchance ?

2. Les soi-disants erreurs de la Vulgate n'en sont pas toujours, lire les articles de l'excellent Christophe Rico, que l'on trouve sur le net. Les traducteurs modernes se croient toujours plus intelligents et savants que les prédécesseurs.

3. Bible traditionnelle, j'explique : quand elle est lue, reçue, citée, utilisée, priée (via le bréviaire) pendant des siècles, elle véhicule en elle-même l'interprétation des écritures par l'Eglise, ce n'est pas le cas de la néo-vulgate.

4. La néo-vulgate n'est pas une révision critique, mais contient certaines retraductions à partir de l'hébreux massorétique, c'est un pur produit du XXème siècle dans l'esprit des Bibles de Jérusalem et autre. Le fait qu'elle soit approuvée par l'Eglise n'est pas une garantie de qualité, cela garantit qu'il n'y a pas d'hérésies.

5. La Vulgate traditionnelle plus employée par personne ? Affirmation purement gratuite. Je dirai plutôt que la néo vulgate n'intéresse personne. Ceux qui étudient sérieusement le latin utilisent la Vulgate de Stuttgart, une édition critique.

6. Demandez à Yves Daoudal ce qu'il en pense, je le tiens pour réellement compétent
images/icones/3f.gif  ( 749851 )[réponse] par Yves Daoudal (2014-05-03 16:09:48) 
[en réponse à 749812]

Vous me faites rougir... Je ne suis pas "réellement compétent". Je suis seulement un amateur qui a acquis quelques connaissances fragmentaires sur la question. Et vous avez très bien répondu.

C'est en effet la néo-"Vulgate" qui n'est utilisée par personne ou presque. Alors que la vraie Vulgate est utilisée par tous ceux qui célèbrent la liturgie traditionnelle. Le motu proprio Summorum Pontificum a eu cet effet très peu remarqué qu'en proclamant la pleine légitimité de la messe de saint Pie V il proclamait en même temps la pleine légitimité de la Vulgate, malgré l'édition officielle de la néo-"Vulgate".

Laquelle n'est plus la Vulgate, parce que, comme vous le dîtes, elle donne un texte "corrigé" selon le texte massorétique qui lui est postérieur de quatre ou cinq siècles, ce qui est totalement illégitime.

Ainsi la "révision" de 1979 n'est pas du tout "une révision parmi beaucoup d'autres". Non seulement il n'y en a pas eu "beaucoup d'autres", mais le seul texte officiel de la Vulgate est celui de la Vulgate dite "sixto-clémentine", édition critique réalisée sur demande du concile de Trente.

Il n'y a pas eu d'autre version jusqu'à la Vulgate de Stuttgart, première édition 1969, 5e édition 2007. Cette Vulgate de Stuttgart est fort intéressante, d'abord en ce qu'elle authentifie scientifiquement la Vulgate sixto-clémentine. En effet, les différences sont minimes, et souvent forcées. Ainsi, lorsque la moitié des manuscrits de référence disent A, et que l'autre moitié dit B, si la Vulgate sixto-clémentine dit A, vous pouvez être sûr que la Vulgate de Stuttgart va dire B. C'en est parfois puéril, mais il faut bien justifier le travail fourni, qui est réellement considérable. Quoi qu'il en soit, il en ressort qu'on ne peut qu'être profondément admiratif des gens qui ont mis au point le texte de la Vulgate sixto-clémentine, et qui, au XVIe siècle, sans ordinateur et même sans photocopieuse, ont réalisé une véritable édition critique qui tient toujours la route jusque dans la plupart des détails.

A propos de "conturbas me".

D'abord il s'agit du psaume 41 et non du psaume 42. Il n'y a aucune raison de prendre la numérotation massorétique qui n'est ni celle des pères de l'Eglise, ni celle de la liturgie traditionnelle, ni même celle de la néo-liturgie !

Ensuite il ne s'agit certainement pas d'une "erreur". Car il s'agit d'une traduction littérale du texte grec de la Septante. Et, lorsque saint Jérôme a proposé sa propre traduction du texte hébreu, il a écrit: "conturbas me"... Il n'y a pas davantage raison de faire confiance au texte massorétique qu'à la numérotation massorétique: nous avons d'un côté deux traductions, en grec et en latin, de textes hébreux, par des rabbins du IIe siècle avant Jésus-Christ, et par un père et docteur de l'Eglise latine du début du Ve siècle; et de l'autre côté une traduction calquée sur la Bible revisitée par des rabbins du IXe siècle après Jésus-Christ. Comme dit l'autre, y a pas photo.

En outre, alors que le verset traditionnel est d’un parfait équilibre rythmique et d’une parfaite euphonie :

Quare tristis es, ánima mea ? * Et quare contúrbas me ?


le rythme du verset soi-disant corrigé est bancal, et "conturbaris-in-me" est laid :

Quare tristis es, ánima mea, * et quare conturbáris in me ?

images/icones/1a.gif  ( 749860 )Excellemment dit ! par Quaerere Deum (2014-05-03 21:39:02) 
[en réponse à 749851]

Et je ne retire rien de mes compliments.
images/icones/fleche3.gif  ( 749842 )Je note aussi par Quaerere Deum (2014-05-03 12:29:43) 
[en réponse à 749808]

l'expression « car ce qui compte, c’est que le texte soit officialisé par l’Eglise » (ce qui me fait le plus penser à Crouan)

C'est une invitation à mettre son cerveau dans poche, sous prétexte que c'est officialisé par l'Eglise. En somme, c'est une insulte à l'intelligence. L'Eglise ne nous demande même pas de mettre de côté notre esprit critique.

Si l'on suit cette logique, il faudrait faire les louanges de la nouvelle Bible de la Liturgie approuvée par Rome, alors que celle-ci est encore défectueuse comme nous le savons.