Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 749743 )1789 , cause de tout ? par Aigle (2014-05-02 08:26:53) 

A lire sur "mauvpens.blogspot.fr"



"Pour comprendre notre époque, je veux dire pour la comprendre à fond, pour la saisir à la racine, pour se faire une idée de ce qu'elle cherche vraiment dans sa farandole ininterrompue d'innovations sociétales, il faut commencer par mettre au fumier tout ce qui se tartine un peu partout sous le nom de sociologie et de psychanalyse, et soustraire à la critique des souris les auteurs antilibéraux du XIXème siècle. Prenons Mgr Gaume, et lisons quelques lignes, à propos de la Révolution Française :



"Si, arrachant son masque, vous lui demandez : qui es-tu ? Elle vous dira : Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme... ni l’émeute... ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l’incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent. Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble. Je suis la proclamation des droits de l’homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu détrôné et l’homme à sa place, l’homme devenant à lui-même sa fin. Voilà pourquoi je m’appelle Révolution, c’est-à-dire renversement..."







Voilà. Une cuillerée trois fois par jour pendant huit jours.



Si ça ne va pas mieux, revenez me voir."


images/icones/neutre.gif  ( 749746 )Spot on.... par Pol (2014-05-02 09:25:06) 
[en réponse à 749743]

....vous avez visé juste. En d'autres mots, le destruction (ou neutralisation complete et permanente )de la Sainte Eglise. Le reste pour eux(ceux de la Revolution), ce n'est pas important. Alors, donc, nous voyons pourquoi cette malheureuse Eglise est menacée.
Par ailleurs, c'est encore reconfortant de savoir qu'elle seule detient la Verité, et que malgré le concile nefaste, nous nous accrochons a elle et surtout a ceux qui combattent pour aider a la remettre sur ses rails. Nous detenons les moyens surnaturels que la Revolution ne detient pas, nous sommes assurés de la victoire, mais combats et luttes il y en aura toujours jusqu'a la fin des temps. Pour les combattants, pas de vent arriere...la dure realité. Mais les combattants sont maintenant equipés pour cette longue route si dangereuse, et n'abandonnerons jamais cette lutte. Jamais. Plus vite ils seront unis, plus vite la victoire arrivera.
Prions pour le Pape pour qu'il fasse la consecration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie. Prions pour les bons pretres qui donnent les sacrements, prions pour nos ecoles qui enseignent la bonne et saine doctrine, pour nos seminaires qui forment les bons pretres, les grandes familles Catholiques. nombreuses, qui donnent les vocations.
Aux familles nombreuses tradies d'aujourd'hui: MERCI, que serions-nous sans vous ?
images/icones/1y2.gif  ( 749751 )“Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi” par Vianney (2014-05-02 10:16:34) 
[en réponse à 749743]


C’est en effet sur ce fond d’orgueil, vieux comme l’humanité, que se greffent toutes les utopies révolutionnaires, y compris la dernière en date, l’idéologie du “genre”.

Dans un article paru en janvier dernier dans le n° 50 de la revue Civitas, Alain Toulza, président de l’association Papa, Maman et Nous, démontre que derrière cette idéologie on trouve le projet prométhéen d’effacer de la nature humaine toute ressemblance avec son Créateur.

En créant la femme à partir du corps de l’homme, Dieu a voulu qu’ils se chérissent corps et âme, et que de leur amour naisse une troisième personne, conférant à l’espèce humaine une ressemblance réelle avec le modèle trinitaire divin.

C’est cet amour là, dans la splendeur de sa signification et de son expression, que l’idéologie du genre veut effacer de la surface de la terre pour lui substituer une « dé-territorialisation du corps sexuel », c’est-à-dire, des corps livrés à toutes les pulsions sexuelles au gré des découvertes de zones érogènes dissociées des fonctions reproductives, la « reproduction » étant assurée en dehors de tout rapport sexuel par les seuls procédés biotechnologiques.


Les inspirateurs de ce projet satanique tablent naturellement sur le cochon qui sommeille en tout homme, mais aussi sur l’orgueil des scientifiques à qui cette libération du “carcan moral” permet de donner libre cours à leur “puissance créative”. Et l’auteur de citer la “carte blanche” publiée par l’un d’eux, dans une page électronique du Monde (29 octobre 2012), où il affirmait que la vitesse de glissement du défendu au toléré, puis au permis, voire à l’obligatoire, dépend essentiellement des découvertes scientifiques, quelles que soient les questions éthiques soulevées ! Il y a plusieurs dizaines d’années, le professeur Jérôme Lejeune observait déjà la même mentalité démiurgique chez bon nombre de ses confrères, en particulier américains.

Point n’est besoin, comme dans les tentatives révolutionnaires antérieures, d’une dictature sanguinaire pour assurer le triomphe de l’idéologie du genre. Le Nouvel Ordre Mondial de la Sexualité¹ s’instaure insidieusement au sein du monde occidental grâce au soutien des médias, des organismes politiques nationaux et internationaux et des structures publiques d’enseignement (…)


La conclusion de l’article mérite d’être citée pour sa (trop rare) lucidité :

Voilà où se situe exactement le combat que nous devons mener. Plus qu’une erreur, c’est une faute de le limiter à un affrontement d’idées laïcisées sur la nature de la loi naturelle. Nos adversaires ne se cachent pas de nier l’existence d’un Dieu que nous reconnaissons comme le créateur de l’ordre naturel du monde, et leur intention d’éradiquer ainsi notre foi en lui. C’est faire leur jeu que de chercher à se battre sur le seul terrain d’une « écologie humaine » déconnectée du fondement divin des lois de la Création : ils ne se privent pas, du coup, de faire valoir que les pulsions auxquelles obéissent les orientations sexuelles que nous qualifions de « désordonnées », sont elles-mêmes l’effet d’une loi naturelle qui commande l’instinct sexuel de chaque individu : loi naturelle contre loi naturelle en quelque sorte.

Il ne peut rien sortir de bon de cette réduction systématique à l’état laïc de notre défense d’un ordre naturel de la Création, mais au contraire, à terme, un relativisme doctrinal source de désarmement moral. Entre les deux cités qui se livrent un combat mortel, il ne saurait y avoir de tierce position. Dès à présent, les familles vont devoir faire un choix décisif pour l’avenir spirituel, moral et culturel de leurs enfants en âge scolaire, voire pour leur équilibre psychologique. Mais ce combat nous concerne tous, même quand nos propres enfants sont à l’abri de cette idéologie révolutionnaire (en sommes-nous, d’ailleurs, absolument certains ?). On ne se sauve pas seul mais par les autres et pour les autres, et nous avons donc le devoir de protéger les enfants spirituellement abandonnés aux mains des corrupteurs des âmes. C’est un devoir majeur dont nous aurons à répondre devant Dieu.


V.

(¹) Titre d’un ouvrage d’Alain Toulza sur le même sujet
images/icones/fleche2.gif  ( 749752 )Sous cet angle, les Lumières sont la cause de 1789. par Scrutator Sapientiæ (2014-05-02 10:17:50) 
[en réponse à 749743]

Bonjour et merci, Aigle.

1. Sous cet angle, je dirais plutôt que ce sont les Lumières qui sont la cause, l'inspiration, l'origine, de 1789.

2. Mais quand je dis cela,

- je ne pense pas seulement à la composante philosophique, anthropologique, à contenu axiologique et à contenant idéologique, de cet angle là,

- je pense aussi à la composante étatico-marchande de cet angle là, alors que cette composante, moins principielle et plus structurelle, est rarement analysée.

3. A mon sens, c'est au moins à partir du XVII° que les représentants ou responsables des Etats et des entreprises commencent à procéder à du "forçage de système", toujours à destination de la société civile, mais pas toujours à son bénéfice, et, en particulier, pas toujours au bénéfice des autorités et des communautés de proximité, des hiérarchies et des identités de proximité.

4. Vous aurez reconnu ci-dessus une analyse d'inspiration tocquevilienne : pour le dire assez vite, le passage de la société rurale, traditionnelle et féodale, à la société urbaine, industrielle et commerciale, en ce qui concerne les principes, les structures, les pratiques, a été amplement préparé à partir du règne de Louis XIII et de l'action de Richelieu.

5. Je pense aussi à ce qui s'est produit en Allemagne, avec la Guerre de Trente ans, avec ses conséquences juridico-politiques, mais aussi en Angleterre et aux Pays-Bas, sur le plan philosophique comme sur le plan économique, avec, là aussi, des conséquences juridico-politiques.

6. Si je devais parler de l'inspiration anthropologique et des origines civilisationnelles de ce que j'appelle l'atlantisme hédoniste, je parlerais exactement de ce que je viens d'écrire.

Demandeur et preneur de toute remarque ou suggestion, je vous remercie pour votre message, qui m'a donné l'occasion d'être plus concis que d'habitude, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.