Le Forum Catholique
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( 749441 )
François : le copain des jeunes et l'ami des vieux. par Scrutator Sapientiæ (2014-04-29 07:05:00)
Bonjour à tous,
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Je m'en prends ici au traitement médiatique, dans les deux sens du terme (traitement appliqué par les médias, d'une manière médiatiquement correcte), dont le Pape François est souvent l'objet, ainsi que la victime, la question de savoir s'il en est une victime consentante nécessitant que des personnes plus qualifiées que moi y répondent.
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1. Qu'est-ce qu'un traitement médiatiquement correct ? Dans le cadre de ce type de traitement,
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- il ne s'agit pas avant tout de rendre le lecteur, l'auditeur, le téléspectateur, moins ignorant, plus éclairé, plus objectif, sur ce que l'on porte à sa connaissance, au moyen d'une publication, d'une action qui consiste à rendre publique l'activité de quelqu'un ou l'existence de quelque chose,
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mais
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- il s'agit avant tout de rendre ce dont il est question, ou celui dont il est question, plus attirant, plus séduisant, plus sympathique, en recourant à des procédés, et non à des arguments :
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a) l'artificiel, l'émotionnel, le sensationnel, le spectaculaire, le superficiel,
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b) l'illusion de la proximité ou de la sincérité, la schématisation, la simplification,
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c) le subversif ou le transgressif, par mise en avant d'attitudes qui relèvent du contre-emploi culturel, ou du cri de ralliement sociétal ;
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ce n'est plus de la publication, mais de la publicité, en d'autres temps, on aurait dit : du matraquage par la propagande.
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2. Les circonstances récentes m'ont amené, courant avril, à prendre la mesure de la couverture médiatique qui a été assurée au Pape François, dans de nombreux hebdomadaires français, un an après son élection ; intrigué, comme il m'arrive de l'être, par le caractère unidimensionnel et unidirectionnel des expressions, rappelées, du Pape François, et des intentions attribuées au Pape François, j'ai essayé de les résumer de la façon suivante, la plus indépendante d'esprit qui soit, notamment vis-à-vis de ces mêmes médias.
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3. D'après eux, donc, le Pape François,
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- est LE copain des jeunes et L'ami des vieux, le copain des chrétiens et l'ami des humains, le copain des croyants et l'ami des athées, sinon le copain des cathos et l'ami des homos ; comme dirait Dany (Daniel COHN BENDIT) : "il est sympa, François !"
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- est LE Pape qui va révolutionner l'Eglise, en la rendant plus altruiste et moins exigeante, plus humaine et moins distante, plus solidaire et moins souveraine, plus sympathique et moins dogmatique ; j'ai même perçu, sous la plume d'un journaliste, le cri de soulagement suivant : enfin un Pape qui va ouvrir l'Eglise sur l'Evangile !
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- est LE Pape qui va s'attaquer aux problèmes de l'Eglise ; comme chacun le sait, les problèmes de l'Eglise, ce n'est pas avant tout le manque de Foi, d'Espérance, de Charité, le déficit de compréhension du message et de contemplation du mystère, le déficit d'exhortation à la conversion des croyants non chrétiens, le déficit de piété et de prière, le déficit de transmission de la doctrine et de vocations religieuses et sacerdotales ; non non non non non : les problèmes de l'Eglise sont avant tout d'ordre managérial, car l'Eglise - entreprise doit se diriger, grâce à son PDG, sur de nouvelles structures ou de nouvelles relations, notamment en ce qui concerne son rapport à l'argent et son rapport aux autres, ceux qui sont situés à l'extérieur de l'Eglise, ou ceux qui ont été les victimes de l'Eglise.
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4. Voilà ; pour les médias, dans leur très grande majorité, le Pape François n'est pas avant tout l'Evêque de Rome, le Souverain Pontife, le Successeur de Saint Pierre, le Vicaire du Christ ; non non non non non : pour les médias, dans leur très grande majorité, le Pape François rend l'Eglise plus ouverte, non avant tout sur le Père, le Fils, l'Esprit, la Trinité, l'Incarnation, la Rédemption, mais avant tout sur les aspirations, évolutions, innovations les plus légitimes, sur le monde de ce temps et le temps de ce monde, etc.
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5. Au terme de ce message, une fois n'est pas coutume, je vais conclure à la manière de Péguy : eh bien, "qu'il se méfie", le Pape François, "qu'il se méfie", parce que l'on ne se débarrasse pas facilement d'une telle couverture médiatique, qui déforme au lieu d'informer, qui restitue en amputant, au lieu de restituer sans amputer, qui asservit l'image de l'Eglise à l'esprit du monde.
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6. En fait, nous sommes en présence d'une neutralisation en douceur du potentiel de dissensus entre l'Eglise catholique et le monde contemporain, id est entre l'Eglise catholique, telle qu'elle est souvent traitée par les médias, comme les militaires "traitent" une cible, et le monde contemporain, dirigé par ceux qui financent les médias, que ce soit avec de l'argent privé ou avec de l'argent public.
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Une Eglise, des hommes d'Eglise, un homme en blanc, qui ne parviendraient pas à s'affranchir de cette médiatisation là, condamneraient l'Eglise, et se condamneraient eux-mêmes, à recourir aux mêmes procédés de médiatisation que ceux décrits plus haut, ou à se soumettre au point de renoncer à avoir, ad extra, voire aussi ad intra, une attitude doctrinale, liturgique, pastorale, spirituelle, à la fois infiniment plus discrète, plus profonde, et infiniment plus édifiante et plus exigeante que l'attitude "franciscaniste" pontificale attribuée et relayée par les médias.
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Je vous remercie vivement pour toute remarque ou suggestion, et je vous dis à bientôt.
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Scrutator.

( 749451 )
la manipulation médiatique au plan mondial par jejomau (2014-04-29 08:26:54)
[en réponse à 749441]
je me suis fais une réflexion un peu similaire à la vôtre il y a un mois concernant le traitement médiatique fait au Saint-Père.
Mais je me suis fait cette réflexion : "pourquoi les médias se sont-ils déchaînés contre Benoît XVI et pourquoi , depuis l'arrivée de François sont-ils dithyrambiques à son égard ?"
Oui, pourquoi chaque mot prononcé par Benoît XVI fut-il décortiqué et sciemment mal interprété quand tout ce que dit (et fait) François est merveilleux ?
Même quand François ne fait rien d'ailleurs...C'est encore merveilleux ! Vous en voulez une preuve ? Il ne se passe pas une semaine sans que les médias disent et redisent et encore et toujours.. que la place Saint-Pierre est "noire de monde" quand le Pape va parler, que "jamais il n'y a eu une telle affluence", que ce pape est "d'une jeunesse déconcertante", "qu'il respire la bonté même", etc... !!!!!!
Je me pose la question simple de savoir QUI est derrière. Simplement.
Vous avez déjà remarqué que les médias traitent toujours de la même info au même moment et dans le même sens.
Prenez le cas de l'Ukraine.
Les médias Occidentaux , le même jour, TOUS ENSEMBLE, ont utilisé les mots de "révolution de Maïdan", de "foule généreuse", de "meurtres organisés par Poutine", etc.. Inversement, quand il y a eu le retour de bâton avec une population russophone qui , majoritaire, s'emparait du contrôle des villes de la Crimée, on a entendu les médias dire en cœur, EN MEME TEMPS et TOUS ENSEMBLE, qu'il s'agissait de "troupes de Poutine", de "faits minoritaires", d'"actes graves contre la Démocratie" etc....
Vous pouviez tous écouter TF1, FR2, RTL, RMC, EUROPE 1, France Inter, etc... Au même moment, en même temps, les mêmes mots, les mêmes tournures de phrases, les mêmes expressions sont employées; et ce qui est le plus étrange : le "méchant" est désigné à la vindicte et le "gentil" est décrit aussi en faisant comprendre aux gens par des tournures de phrases ce qu'ils doivent entendre.
Ainsi un même fait , s'il est commis par des russophones est commis par "un pouvoir criminel envers un mouvement de révolte populaire" (ex du courrier international du 25/04/2014) et s'il est commis par les Ukrainiens est "un mouvement de révolte populaire qui a rassemblé toutes les couches de la société et des manifestants" (sic).
Etonnant, non ?
Cette digression avec l'exemple de l'Ukraine montre bien que l'information n'est plus libre dans le sens où on l'entendait il y a encore une dizaines d'années je pense. Elle est planifiée et distillée dans le sens où l'"ON" veut faire aller l'opinion mais à une échelle inconnue jusqu'ici.
Le traitement médiatique s'est MONDIALISEE et ce traitement se fait à un niveau qui dépasse celui des nations.
Ainsi, le traitement médiatique envers nos deux papes suit-il cette orientation dans le but évident de manipuler les chrétiens qui, dans leur grande majorité, ne sont pas des théologiens et par conséquent, peu à peu, CROIRONT ce qui est dit comme "parole d'Evangile" car on continue à leur faire croire que l'information est plurielle .

( 749453 )
Ne cherchez pas par Jean Ferrand (2014-04-29 08:38:21)
[en réponse à 749451]
Ne cherchez pas, jejomau, c'est l'AFP qui est en réalité un organe du gouvernement chargé de formater la pensée unique. Vous-même vous tombez plus d'une fois dans le piège.
Je vais vous donner une recette : pensez systématiquement le contraire de ce que vous racontent les dépêches d'agence. A moins qu'ils n'aient prévu l'effet de coup par la bande ! (Vous savez, au billard). Ce serait le comble, mais ils en sont capables...

( 749458 )
non, ce n'est pas l'AFP par jejomau (2014-04-29 09:27:32)
[en réponse à 749453]
Quand les médias attaquaient Benoît XVI, vous aviez aussi le "Times" ou le "Washington post" qui étaient de la partie.
De même aujourd'hui ces médias louent François avec les médias français.
Sur le traitement médiatique des informations autres que religieuses vous avez le même phénomène : les médias traitent de la même façon toute information d'ordre international que ce soit la bienveillance à accorder envers les LGBT , le traitement de l'Ukraine, le traitement médiatique à accorder envers l'Islam, etc...

( 749462 )
Si ce n'est pas par Jean Ferrand (2014-04-29 09:59:00)
[en réponse à 749458]
Si ce n'est pas l'AFP, c'est Associated Press, ou Reuters. Mais tout ça, c'est lié.
ICI.

( 749463 )
c'est bien ce que je dis par jejomau (2014-04-29 10:03:03)
[en réponse à 749462]
l'information du jour (ou de la semaine) part d'un même endroit, au même moment et doit être traité de façon identique.... au plan mondial. Par toutes les agences nationales qui collectent cette info et la répercutent dans les DIFFERENTS médias.....
.... Ce qui donne l'impression aux gens d'une pluralité....
.... qui en réalité, n'EST PAS.

( 749467 )
Reste ensuite a savoir pourquoi par jejomau (2014-04-29 10:23:39)
[en réponse à 749462]
ensuite tel pape est vilipendé (Benoit XVI) et tel autre est encensé (François) comme le fait remarquer effectivement Scrutator dans son post.
Il importait, me semble-t-il , de souligner de prime abord le point dont nous venons de parler concernant le traitement médiatique uniforme mondialisé car, dans la réponse à apporter à Scrutator, cela me semble un fait très important à prendre en considération...

( 749468 )
Je vais vous dire pourquoi par Jean Ferrand (2014-04-29 10:28:10)
[en réponse à 749467]
S.S.Benoît XVI résistait pour mieux céder. S.S. François cède pour mieux résister.

( 749457 )
Oui mais par Aigle (2014-04-29 09:02:12)
[en réponse à 749441]
Certains médias soufflent le chaud et le froid. canal Plus par exemple vient de diffuser un reportage IGNOBLE sur la double canonisation.
Le pape est loué quand il semble s'aligner sur la doxa contemporaine. Il est condamné qu'à il s'en éloigne ...
Les médias ont bien compris que la forme exprime le fond : une forme détendue indique une morale laxiste...ils ont du mal à comprendre l'idee qui préside à la forme ordinaire selon laquelle la simplicité n'est pas le contraire et la rigueur ni de la dignité .... Finalement ils pensent un peu comme nous ! :-)

( 749473 )
Canonisations : un choix ambigu ! par Jean-Paul PARFU (2014-04-29 10:44:03)
[en réponse à 749457]
C'est le titre du journal "Présent" de ce jour;
A lire en première page les articles d'Yves Brunaud sur Jean Paul II et de Marie Plaquet sur Jean XXIII.
C'est quand même autre chose que les interventions des bénis oui-oui habituels du Forum !

( 749586 )
Merci beaucoup + une remarque sur l'Eglise pauvre. par Scrutator Sapientiæ (2014-04-30 07:43:27)
[en réponse à 749473]
Bonjour et merci à tous ceux qui m'ont lu et à tous ceux qui m'ont répondu.
Indépendamment du traitement médiatique dont il est l'objet ou la victime, ou la victime consentante, mais certainement pas, à mon avis, le bénéficiaire (sur le plan surnaturel ou théologal), j'en veux beaucoup, par ailleurs, à ce cri de ralliement sociétal : "une Eglise pauvre pour les pauvres".
En réalité, l'Eglise est riche, riche de ce dont elle a la charge et le dépôt : la réception et la transmission de la connaissance, de la compréhension, de la contemplation, de la prise en compte ou de la mise en oeuvre
- de la Trinité, de l'Incarnation, de la Rédemption,
- de l'Ecriture, de la Tradition, du Magistère,
- de la Foi, de l'Espérance, de la Charité,
- de la Foi surnaturelle et de la loi naturelle,
- des béatitudes et de la miséricorde,
- des dons de l'Esprit et des fruits de l'Esprit,
- de la liturgie et des sacrements,
et j'ai sûrement oublié bon nombre de ces richesses que l'Eglise a vocation à recevoir et à transmettre, et non à affadir ni à attiédir.
Par ailleurs, l'Eglise a ses pauvres : je pense ici à ceux d'entre nous qui vivent dans le dénuement, dans la pauvreté, qui sont témoins et victimes, chaque dimanche, de l'indigence, dans le domaine du kérygme ou en matière de liturgie ; quand, je dis bien quand, les hommes d'Eglise iront-ils à la rencontre de ces pauvres, viendront-ils secourir les pauvres, au moyen d'un kérygme et d'une liturgie moins lénifiants et plus nourrissants, plus édifiants et plus exigeants ?
De ces richesses là, et surtout de ces pauvres là, depuis déjà plusieurs mois, il n'est presque jamais question ; c'est d'autant plus lamentable que, parmi ces pauvres là, il y a aussi des personnes qui vivent dans la pauvreté, sur le plan matériel.
Or, il n'est pas démontré qu'un appauvrissement volontaire du discours chrétien soit certainement générateur d'enrichissement évangélique des actes humains de ceux à qui il est destiné ou imposé.
Et il n'est pas démontré non plus qu'un appauvrissement volontaire de la liturgie catholique soit certainement synonyme d'enrichissement évangélique de la piété chrétienne de ceux à qui il est destiné ou infligé.
Je dirais même que c'est à peu près le contraire qui est démontré, par des résultats tangibles, depuis bientôt trois quarts de siècle.
Alors, pourquoi continuer à (s')interdire de prendre en compte cette composante, cette dimension, en l'occurrence intra-ecclésiale, de la pauvreté contemporaine ? Pourquoi donner l'impression d'avoir de la pauvreté la même vision restrictive et sélective que celle de ceux qui ne jurent que par sa composante ou dimension corporelle, culturelle, matérielle, ou temporelle, aussi légitime celle-ci soit-elle ?
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.