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Nous sommes coupables d'un délit d'intention intra-ecclésial. par Scrutator Sapientiæ (2014-04-09 08:21:29)
[en réponse à 747912]
Bonjour jejomau,
1. Je me fais un instant l'avocat du procureur qui requiert contre nous : si les inspirateurs des catholiques ultras sont les auteurs des Evangiles, plusieurs Pères ou Docteurs de l'Eglise, plusieurs Souverains pontifes récents, cela ne fait pas de ces inspirateurs des catholiques ultras : ceux-ci ne s'exprimaient-ils pas "dans le contexte de leur époque" ? La prise en compte du fait qu'ils s'exprimaient ainsi ne nous oblige-t-elle pas à nous comporter comme le Père Congar, cité par Mgr DAGENS, nous incite à le faire, c'est-à-dire d'une manière quasiment "évolutionniste" et "rénovationniste" ?
2. Ce qui fait de nous des catholiques ultras, c'est ceci : dès que nous avons l'intention de prendre appui, notamment et surtout, sur l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, même si nous le faisons d'une manière honnête et loyale, pour résister, face à la dictature du relativisme, oh pardon, l'évolution des mentalités, eh bien, nous sombrons alors dans l'i-dé-o-lo-gie, et cela, c'est un délit d'intention intra-ecclésial.
3. Selon Mgr DAGENS, le catholique ultra, c'est le catholique résistant, accusé d'être intransigeant,
- non seulement vis-à-vis des principes et pratiques contraires à la liberté responsable, à la vérité objective, à la loi naturelle, à la Foi surnaturelle,
- mais aussi vis-à-vis des personnes complices, coupables, témoins ou victimes de ces principes et de ces pratiques, et qui ne sont pas elles-mêmes catholiques ultras.
4. En d'autres termes, ce qui nous est reproché relève à la fois du "sectarisme" et du "terrorisme" ; a contrario, l'attitude é-van-gé-li-que n'est pas seulement "laisser-fairiste" : elle est aussi SE laisser-fairiste, et c'est cela qui constitue l'un des points importants : le péché commis par nous consiste en substance à ne pas SE laisser faire, à prescrire une alternative christianisatrice, et à ne pas se contenter de proposer un accompagnement humanisateur du courant dominant (dominé par qui ?).
5. Si nous ne nous laissons pas faire, si nous nous mobilisons, si nous nous organisons, pour commencer à résister, face aux attaques maçonnico-politiciennes et médiatico-politiciennes, contre la famille, contre la personne, telles que celles-ci sont pensées et promues par l'anthropologie chrétienne, alors, c'est que nous sommes intransigeants, donc ultras.
6. L'attitude "évangélique" n'est pas évangélique, mais accommodante, et l'attitude "idéologique" n'est pas avant tout idéologique, mais avant tout incommodante et intransigeante, id est indocile et inservile, réfractaire et résistante, face à l'esprit du monde ; c'est le péché par nous commis, et c'est cela, et pas autre chose, le non dit du propos de Mgr DAGENS.
7. Quand le communiste soviétique était le courant dominant, tout catholique anti-communiste était un anti-communiste primaire ; à présent, l'atlantisme hédoniste est le courant dominant, et tout catholique anti-atlantiste est un catholique ultra.
8. Sauf erreur de ma part, ni "l'idéologie" attribuée aux catholiques ultras, ni celle, omniprésente dans les médias et les partis, face à laquelle il est rappelé aux catholiques qu'ils n'ont pas "le droit" de résister, ne sont nommément désignées par Mgr DAGENS : cela aussi, me semble-t-il, est extrêmement intéressant...
Je me demande enfin si le décret conciliaire sur l'apostolat des laics ne donne pas aux fidèles une base et un cadre qui leur permettent, précisément, de se mobiliser et de s'organiser, comme le font les catholiques réfractaires au courant dominant, sans avoir besoin d'attendre ou de demander une autorisation épiscopale ; Mgr DAGENS en serait-il resté, sous cet angle là, à une vision antérieure au Concile ?
Bonne journée.
Scrutator.

( 747999 )
Que comprendre ? par Aigle (2014-04-10 08:29:38)
[en réponse à 747909]
Comme souvent les propos d'un évêque sont susceptibles de plusieurs lectures.
En premier degré , il a raison de rappeler que la Foi catholique repose sur le charité, ou comme on dit plutôt maintenant l'amour de Dieu et du prochain. Limiter notre foi à de simples réflexions juridiques ou philosophiques , en déduire des règles particulièrement. Contraignantes serait une déviation à éviter.
Mais franchement est ce aujourd'hui le problème majeur ? L'Eglise de France est elle obsédée de règles froides et à t elle oublié la charité ? J'en doute fort. J'ai même plutôt le sentiment contraire : au nom du primat de la charité , nombreux sont ceux qui ont tendance à oublier les dogmes ....
Au second degré , n'est il pas au minimum maladroit de donner le sentiment de désavouer ceux qui luttent avec courage et ainsi de céder devant l'esprit du monde ? Or cet esprit de collaboration avec le monde n'est il pas aujourd'hui un risque plus grand dans le clergé français ?
Et au troisième degré, tous ces cathos mobilisés me semblent l'avoir été parce qu'ils ont été formés dans l'esprit des papes Jean Paul II et Benoit XVI . Ce que voudrait Mgr Dagens c'est reprendre l'histoire de l'Eglise en 1978 ?