Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=747692
images/icones/ancre2.gif  ( 747692 )Europe : un nouveau site "chrétien" par Paterculus (2014-04-04 19:43:37) 

Comme ce site "The Europe Experience" est lancé par les semaines sociales de Lille, il est probable qu'il va ignorer le principe de subsidiarité, et donc militer pour le fédéralisme.

D'où mes guillemets à "chrétien" dans le titre.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/1h.gif  ( 747695 )Mais le fédéralisme par Jean-Paul PARFU (2014-04-04 20:01:12) 
[en réponse à 747692]

repose normalement précisément sur le principe de subsidiarité, contrairement, par exemple, à l'Etat unitaire.

A moins d'appeler fédéralisme la volonté de constituer au niveau européen un Etat unitaire sur le modèle français. Mais alors, on est en pleine confusion des termes et des idées !

images/icones/neutre.gif  ( 747698 )L'UE c'est l'anti fédération par Aigle (2014-04-04 21:49:02) 
[en réponse à 747695]

L'UE est une fédération inversée.

Elle s'occupe de détails comme l'eau ou l'assainissement ou la qualité des fromages. Mais n'a que des discours sur ce qui est fondamental

Elle n'est qu'une maladroite copie du saint empire finissant ...la Foi en moins.
images/icones/ancre2.gif  ( 747700 )Fédération et confédération par Paterculus (2014-04-04 22:03:37) 
[en réponse à 747695]

On peut certes appliquer le principe de subsidiarité dans une fédération. Mais dans l'Europe actuelle, qui est très diverse tant par son histoire ancienne (langues, religions, etc.) que récente (bloc de l'Est déstructuré par le communisme, bloc de l'Ouest par le libéralisme), il eût fallu une confédération.
La différence ? Dans une confédération les Etats restent souverains, l'Etat central n'est chargé que de ce qui lui est délégué ; dans une fédération, seul l'Etat central est souverain, par conséquent les Etats subalternes ne traitent que de ce qui leur est laissé à traiter par l'Etat central.
Les révolutionnaires qui nous gouvernent ont fait le choix de la structure la plus contraignante, sachant que les citoyens de pays aussi différents que ceux d'Europe auraient un très grand mal à s'entendre pour résister aux lois qui nous font "changer de civilisation" par exemple.
VdP
images/icones/fleche3.gif  ( 747703 )La notion de subsidiarité est parfaitement équivoque par Père M. Mallet (2014-04-04 22:22:30) 
[en réponse à 747700]

C'est l'Eglise qui a parlé de cette notion en premier, il y a quelques décennies.
Ce concept signifiait que le pouvoir central doit s'occuper uniquement des choses qui concerne l'ensemble des sujets de ce pouvoir central, tandis que les échelons locaux ont de plein droit le rôle de gouverner le secteur concerné.
On ne délègue au pouvoir central que ce qui est indispensable de déléguer.

A l'inverse, l'Europe a gardé le mot mais en lui faisant dire l'inverse : sans le dire très explicitement, la plénitude du pouvoir passe à l'autorité centrale, qui délègue aux Etats ce qu'il lui plaît de leur déléguer.
En attendant d'ailleurs d'appliquer le plan déjà prévu de pulvériser les Etats pour les remplacer par des régions, parfois transfrontalières, soit-disant organisées sur des critères culturels. C'est pourquoi les européistes germanophiles poussent depuis des décennies les mouvements indépendantistes : autrefois bretons, basques, corses, aujourd'hui la Catalogne et Venise. Quand au Reich, il constitue un seul et unique bloc culturel, et seuls les autres pays sont concernés par cet émiettement.
Voir ici :
http://reseauinternational.net/comprendre-la-strategie-du-nouvel-ordre-mondial/

Cette idée de n'accorder aux Etats que ce qu'on veut bien leur accorder correspond à l'idée républicaine (française) : aucun pouvoir n'existe en dehors de ce qui a été concédé par l'Etat.
En d'autres termes, le père et la mère n'ont de droits sur leur enfant que par délégation de la République, et non en vertu du droit naturel.
De même pour un maire.


images/icones/neutre.gif  ( 747721 )Delors et Giscard par Yves Daoudal (2014-04-05 11:40:35) 
[en réponse à 747703]

En 1990, Jacques Delors est président de la Commission européenne. Valéry Giscard d'Estaing est président du groupe LDR au Parlement européen et président du Mouvement européen. Ils commencent à préparer le traité de Maastricht. Et c'est alors qu'on peut lire dans la revue Esprit : « Jacques Delors lance un nouveau chantier européen, celui de la superstructure politique qui régira selon le principe de subsidiarité la communauté européenne ».

C’est ainsi que le principe de subsidiarité, dont personne à l'époque ne sait ce que c’est à Bruxelles ou dans les chancelleries européennes, ou dans les médias, va être inscrit noir sur blanc dans le traité européen via le traité de Maastricht.

Cela aurait pu être une grande victoire de la doctrine sociale de l’Eglise. Mais ce que le catholique Jacques Delors, et son complice en l’occurrence, le catholique Valéry Giscard d’Estaing, appelaient principe de subsidiarité, et qu’ils ont inscrit dans le traité, est exactement le contraire du principe de subsidiarité tel que le définit la doctrine sociale de l’Eglise depuis Quadragesimo anno. Le vrai principe de subsidiarité, c’est que l’échelon supérieur n’a pas à interférer dans les affaires d’un échelon inférieur, sauf si cet échelon a besoin d’aide ou a besoin de l’échelon supérieur pour fonctionner : l’échelon supérieur a un rôle subsidiaire. Dans le traité européen, c’est le contraire : ce qu’il appelle la subsidiarité, c’est que les institutions européennes définissent leurs champs de compétence, et laissent le reste aux Etats membres. Un reste qui, bien entendu, va se réduire de traité en traité, et de directive en directive.
images/icones/neutre.gif  ( 747715 )En effet par Aigle (2014-04-05 09:16:50) 
[en réponse à 747700]

J'approuve votre conception cher paterculus.

Une remarque ironique mais gentille de ma part : il me semble qu un projet de confédération européenne avait été présenté par .... Mitterrand vers 1990 pour éviter l'élargissement de la CEE vers l'est !
images/icones/1f.gif  ( 747720 )Le principe de subsidiarité est clair par Jean-Paul PARFU (2014-04-05 10:58:36) 
[en réponse à 747715]

1) C'est son emploi pratique qui parfois l'est moins.

2) La Suisse est un Etat fédéral (et non confédéral, malgré son nom officiel) qui respecte parfaitement ses entités.

Le secret de la Suisse ? Contrairement à la Belgique, par exemple, elle n'est pas fondée sur le cadre ethno-linguistique, mais sur le canton. Il n'y a donc pas à proprement parler de région suisse allemande par exemple, qui s'oposerait à une région suisse romande, mais des cantons suisses alémaniques, des cantons suisses romans etc ...

C'est l'Etat unitaire France qui ne respecte pas ses entités et a fait la chasse aux langues régionales, refuges selon elle de la réaction et de la superstition.

3) On ne peut dans le même temps reprocher à l'Europe de ne s'occuper que de la taille des cages à lapins et de l'autre de fouler au pied la souveraineté des Etats ; il faut savoir.

4) L'Europe actuelle n'est même pas une confédération. Elle est quelque chose de "sui generis" qui n'a pas d'exemple dans l'histoire.

5) Je ne vois pas en quoi le fait de mutualiser certaines compétences ou de vouloir éviter que tous les 350 km on change monnaie serait quelque chose de monstrueux.

6) Je ne vois pas en quoi vouloir relier la Flandre française à la Flandre belge, que des Etats ont artificiellemnt séparées par la force, serait une mauvaise chose.

L'Europe, c'est vrai, met un terme à 1000 ans d'histoire dynastique, de formation d'entités étatiques et de guerres ou, plus exactement sur ce dernier point, l'épuisement des mystiques stato-nationales : universalisme athée français, particularisme pangermanique païen, par des guerres sanglantes et destructrices, ont permis la constitution de l'Europe !
images/icones/1b.gif  ( 747728 )vu du pont du Rhin par Luc Perrin (2014-04-05 14:22:59) 
[en réponse à 747720]

"5) Je ne vois pas en quoi le fait de mutualiser certaines compétences ou de vouloir éviter que tous les 350 km on change monnaie serait quelque chose de monstrueux." (J-P. Parfu)

En effet vu du pont du Rhin, l'évidence est même d'avoir une monnaie commune quand avec un ticket de bus, on va en Allemagne.

Même si c'est un peu hors sujet au F.C. ou du moins, très à la marge.

C'est Pie XI dans Quadragesimo anno (1931) qui a formulé pour le Magistère le principe de subsidiarité, même si l'idée se trouve déjà dans Rerum novarum de Léon XIII. L'idée mais pas le mot.
images/icones/1b.gif  ( 747751 )Et d'ailleurs... par Paterculus (2014-04-05 23:25:13) 
[en réponse à 747728]

... je risque de ramasser des francs suisses à la quête dans quelques mois.
Mais je ne suis pas contre !
VdP