Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=746390
images/icones/neutre.gif  ( 746390 )A propos du "premier devoir du chrétien" par AVV-VVK (2014-03-16 21:54:13) 

le pape en dit quelque chose (bizarre?) dans son homélie lors d'une visite aujourd'hui à une paroisse romaine.
images/icones/fleche2.gif  ( 746394 )Je viens de découvrir ceci, qui correspond à votre message. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-16 22:58:33) 
[en réponse à 746390]

Bonsoir, AVV-VVK.

Voici :

1. " Premier devoir du chrétien : nourrir sa foi par la Parole de Dieu
Visite à la paroisse Sainte-Marie de l'oraison

Rome, 16 mars 2014 (Zenit.org) Anne Kurian

« Le premier devoir du chrétien est de nourrir sa foi par la Parole de Dieu », souligne le pape François ce 16 mars 2014.

Pour ce IIe dimanche de carême, le pape a rendu visite à la paroisse de Sainte-Marie de l’oraison, à Setteville de Guidonia, dans le secteur nord du diocèse de Rome.

Le pape est arrivé aux alentours de 16 h dans la paroisse, saluant sur la place de l'église les personnes qui n'avaient pu entrer à l'intérieur. Radio Vatican rapporte que « les balcons avaient été décorés de photos du pape et de banderoles lui souhaitant la bienvenue, certaines, sur un ton familier, en jargon romain ».

Après avoir rencontré les malades et les personnes handicapées, les enfants et les jeunes préparant leur première communion et leur confirmation, ainsi que les familles et les membres du Chemin néocatéchuménal, en charge de la paroisse, le pape a célébré une messe.

Durant son homélie, il a encouragé à « nourrir sa foi », en « écoutant Jésus » dans la Parole de Dieu : le « premier devoir du chrétien » n'est pas « d'aller à la messe le dimanche », ni de « pratiquer le jeûne et l'abstinence », c'est « d'écouter la Parole de Dieu, d'écouter Jésus », a-t-il insisté.

(? !)

Les chrétiens écoutent « tant de choses » dans la journée, a-t-il fait observer : « radio, télévision, bavardages... », mais « est-ce que nous prenons du temps pour écouter Jésus et sa parole ? ».

Le pape a invité à prendre chaque jour « quelques minutes » pour lire des passages de l’Évangile, en reprenant ce qu'il avait suggéré lors de l'angélus de ce matin : avoir un Évangile « dans sa poche » pour pouvoir le lire « partout », même « dans le bus », lorsque l'on n'a pas à « essayer de garder son équilibre ni à protéger ses poches », a-t-il plaisanté.

Cette lecture de l’Évangile doit se faire en « imaginant », en « regardant Jésus », a-t-il poursuivi : regarder Jésus « purifie les yeux », qui sont « malades » à force de voir « des choses mondaines, des choses qui ne sont pas de Jésus, qui ne font pas du bien à la lumière de l'âme ».

Au final, regarder le Christ « fortifie la foi » et « prépare à la vision de sa Sainte Face », a-t-il conclu. Au terme de la messe, le pape François a béni une statue de saint Joseph, avant de rencontrer les prêtres de la paroisse. Puis il est rentré au Vatican.

Il s’agissait de sa cinquième visite officielle dans une paroisse romaine, après Saints-Elisabeth-et-Zacharie le 26 mai 2013, Saint-Cyrille-d’Alexandrie, le 1er décembre 2013, le Sacré-Cœur le 19 janvier 2014 et Saint-Thomas Apôtre le 16 février. "

2. Angélus : il faut écoutez Jésus et annoncer sa Parole

" (Radio Vatican) « Lisez-vous l’Evangile chaque jour ? oui, non, moitié-moitié ? ». Ce dimanche le Pape a appelé les fidèles à toujours avoir un Evangile sur eux « dans leurs poches ou leurs sacs ». « Pas besoin d’avoir les quatre, un suffit », a expliqué le Pape. « C’est important ! ». Tout au long de son commentaire de l’Evangile de Matthieu, François a ainsi invité les catholiques à lire « un petit passage » de l’Evangile chaque jour, car « l’Evangile, c’est Jésus qui nous parle ». Et comme le ferait un professeur avec ses élèves, le Pape a, de nouveau, interpellé les fidèles : « vous le ferez, n’est-ce pas ? Vous me le direz la semaine prochaine », soulignant que la Parole du Christ ne « croît que lorsque nous la proclamons » aux autres.

Se mettre à l’écoute de Dieu

Après les tentations de Jésus dans le désert, l’Evangile de Matthieu évoque ce dimanche l’épisode de la Transfiguration sur une haute montagne où Jésus emmena avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère.

Pour François, cette montagne représente « le lieu de la proximité avec Dieu et la rencontre, intime, avec Lui ». Dieu s’adressa d’ailleurs à eux en leur demandant d’écouter Jésus, son Fils bien-aimé, en qui il a mis tout mon amour.

« Cette invitation du Père est très importante » a expliqué le Pape. « Nous, disciples de Jésus nous sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et prennent au sérieux ses paroles » et pour cela, il faut être prêts à « parcourir des trajets qui n’étaient pas toujours prévisibles et parfois peu praticables ».

« Ecoutez-le !» En aparté, le Pape a invité les fidèles à avoir, toute cette semaine, « cette parole en tête et dans leurs cœurs », pas parce que lui, le Pape, le leur demande, mais parce que Dieu Lui-même le fait. Cette parole doit être « une aide pour aller de l’avant dans le carême », a affirmé François.

La Parole doit être annoncée avec un esprit fraternel de charité

Commentant cet épisode de la Transfiguration, le Pape s’est également arrêté sur deux éléments qu’il juge significatifs : la montée et la descente (de la montagne). Selon lui, il faut en effet gravir la montagne en silence pour pouvoir se retrouver avec nous-même et mieux entendre la voix du Seigneur, mais cela ne suffit pas.

« On ne peut pas rester là », dit le Pape. François a ainsi expliqué que la rencontre avec Dieu « nous pousse à redescendre » la montagne et retourner dans la prairie pour rencontrer « tant de frères appesantis par la fatigue, les injustices, la pauvreté matérielle et spirituelle ». « A tous nos frères en difficulté, nous sommes appelés à porter les fruits de l’expérience que nous avons faite avec Dieu, de la grâce que nous avons reçue. »

Même si cela peut paraître « étrange », pour François, la Parole du Christ croît en nous, quand nous la proclamons et la donnons à tous les autres. « C’est cela la vie chrétienne, et c’est une mission pour toute l’Eglise et tous les baptisés : écouter Dieu et L’offrir aux autres », s’est exclamé François. « Si nous n’avons pas été avec Lui, si notre cœur n’est pas consolé, comment pourrons-nous consoler les autres ?», s’est-il alors interrogé.

Ecouter et offrir. Cette mission concerne donc toute l’Eglise, mais le Pape interpelle, avant tout, les évêques et les prêtres dont c’est la responsabilité, car ils sont appelés, soutenus par la prière des fidèles, à se mettre « au milieu des besoins du Peuple de Dieu », s’approchant « avec affection et tendresse en particulier des plus faibles et des plus petits, des derniers ».

Se remettant à Marie, le Pape a enfin prié pour que l’Eglise toute entière poursuive avec foi et générosité le chemin de Carême, apprenant un peu plus à « monter » en prière et écouter Jésus, avant de « redescendre » et annoncer Jésus avec un esprit fraternel de charité. "

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 746396 )Sans intention polémique, je rappelle les Commandements de l'Eglise. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-16 23:23:25) 
[en réponse à 746394]

Rebonsoir, AVV-VVK.

1. Sans intention polémique, d'autant plus que je suis le premier à reconnaître

- que je ne m'abreuve pas assez fréquemment à la source divine qu'est la Parole de Dieu,

- que je suis de ceux qui pensent que nous ne parlons assez fréquemment de la Parole de Dieu, sur le FC,

je rappelle néanmoins, s'il en est besoin, ce que sont les Commandements de l'Eglise :

2. " II. Les commandements de l’Église

2041 Les commandements de l’Église se placent dans cette ligne d’une vie morale reliée à la vie liturgique et se nourrissant d’elle. Le caractère obligatoire de ces lois positives édictées par les autorités pastorales, a pour but de garantir aux fidèles le minimum indispensable dans l’esprit de prière et dans l’effort moral, dans la croissance de l’amour de Dieu et du prochain :

2042 Le premier commandement ( " Les Dimanches et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Sainte Messe et de s’abstenir des oeuvres serviles ") demande aux fidèles de sanctifier le jour où l’on commémore la Résurrection du Seigneur, ainsi que les principales fêtes liturgiques où l’on honore les mystères du Seigneur, de la Bienheureuse Vierge Marie et des Saints, avant tout en participant à la célébration eucharistique qui rassemble la Communauté chrétienne, et de se libérer de tous ces travaux et de ces affaires qui sont de nature à empêcher la sanctification de ces jours (cf. ⇒ CIC, can. 1246-1248; CCEO, can. 880, § 3 ; 881, §§ 1. 2. 4).

Le deuxième commandement (" Tout fidèle est tenu par l’obligation de confesser ses péchés au moins une fois par an ") assure la préparation à l’Eucharistie par la réception du sacrement de la Réconciliation, qui continue l’œuvre de conversion et de pardon du Baptême (cf. ⇒ CIC, can. 989; CCEO, can. 719).

Le troisième commandement ( " Tout fidèle est tenu par l’obligation de recevoir la Sainte Communion au moins chaque année à Pâques ") garantit un minimum dans la réception du Corps et du Sang du Seigneur en liaison avec les fêtes Pascales, origine et centre de la liturgie chrétienne (cf. ⇒ CIC, can. 920; CCEO, can. 708 ; 881, § 3).

2043 Le quatrième commandement (" Aux jours de pénitence fixés par l’Eglise, les fidèles sont tenus par l’obligation de s’abstenir de viande et d’observer le jeûne ") assure des temps d’ascèse et de pénitence qui nous préparent aux fêtes liturgiques et nous disposent à acquérir la maîtrise sur nos instincts et la liberté du cœur (cf. ⇒ CIC, can. 1249-1251; CCEO, can. 882).

Le cinquième commandement (" Les fidèles sont tenus par l’obligation de subvenir aux besoins de l’Eglise ") énonce que les fidèles sont tenus de subvenir aux nécessités matérielles de l’Église, chacun selon ses possibilités (cf. ⇒ CIC, can. 222; CCEO, can. 25 ; les conférences épiscopales peuvent établir d’autres préceptes ecclésiastiques pour leur territoire, cf. ⇒ CIC, can. 455). "

3. Il se trouve que j'ai la chance, et non le mérite, de pouvoir consulter, pas assez fréquemment, ce dont je suis coupable, un bon vieil ouvrage excellent, pour mettre en pratique, avec bonheur et avec profit, ce que préconise aujourd'hui le Pape François.

Cela s'appelle "Le mystère de Jésus", en deux volumes, de RP Bernard, o. p., et cela a été publié par les éditions Salvator, en 1959.

Il est vrai qu'avec ce type de livre, nous sommes plus en présence d'une exégèse "théorico-mystique", contemplative, qu'en présence d'une exégèse historico-critique, analytique, en l'occurrence, heu-reu-se-ment, ce qui ne veut pas dire que l'auteur du Mystère de Jésus a totalement méconnu ou méprisé les résultats de l'exégèse historico-critique qui était à sa disposition, quand il a écrit son livre.

4. Personnellement, à la question de savoir

a) lequel des quatre Evangiles je voudrais conserver près de moi, si je ne pouvais en conserver qu'un, je répondrais sans hésiter : l'Evangile selon Saint Jean,

b) lesquels des quatre Evangiles je voudrais conserver près de moi, si je ne pouvais en conserver que deux, je répondrais sans hésiter : l'Evangile selon Saint Jean et l'Evangile selon Saint Matthieu.

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 746400 )Pas d'accord par Aigle (2014-03-17 04:19:06) 
[en réponse à 746396]

Pour une fois cher Scrutator je ne partage pas du tout votre analyse.

D'abord pour une raison de forme : quand le saint Père parle d'un premier devoir, il emploie une expression oratoire qui veut dire " un devoir important" mais sans idée de classer des obligations juridiques. Je suis sur qu' un autre jour il mettra en tête la prière ou l'amour de Dieu ou du prochain.

Ensuite l essentiel à mon avis est de voir que le saint Père se situe résolument dans une perspective typique de Vatican II selon laquelle la base de notre Foi est dans la sainte Écriture, principalement le nouveau Testament et en particulier les Évangiles . Elle n'est pas dans le Magistère ou dans l'enseignement des Pères,des docteurs ou des théologiens ! Une sainte Écriture que les Fidèles doivent connaître et à laquelle ils ont un accès direct sans passer nécessairement par la médiation de l'Eglise.

C'est évidemment une interprétation outrée des textes conciliaires qui ont pleinement admis la légitimité de la Tradition. Une seule source : la révélation mais avec deux canaux de transmission ( Écriture et Tradition). Mais comme souvent la réception du concile fut sur ce point une simplification fondée sur la volonté de rompre avec le passé.
images/icones/neutre.gif  ( 746405 )Mais je n'ai rien analysé ni interprété = quelques remarques. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-17 08:13:33) 
[en réponse à 746400]

Bonjour et merci, Aigle.

Saisi par le doute, au contact de votre message, j'ai relu le mien ; je crois pouvoir dire que je n'y ai rien analysé, rien interprété, des récents propos du Pape François, mais peut-être aurais-je dû pouvoir le faire, au point d'écrire qu'il met en avant une conception de la relation à l'Ecriture susceptible d'être tenue pour presque "protestantisante".

Cette vision des propos du Pape, selon laquelle, dans le cadre d'une position de principe,

- il encourage un accès direct à l'Ecriture en général, aux Evangiles en particulier,

- il semble considérer en quelque sorte que la Parole de Dieu se limite à l'Ecriture, et ne se manifeste pas également dans la Tradition,

- il semble tenir la référence au Magistère pour facultative ou pour secondaire ou subalterne,

si elle est, éventuellement, une vision adéquate des propos du Pape, est-elle vraiment une vision adéquate du Concile Vatican II, comme vous semblez l'exprimer ?

Je laisse à plus qualifiés que moi le soin de répondre à cette question, mais ce n'est pas tout à fait le "sentiment" que j'ai, quand je relis Dei Verbum.

De mémoire, le plus choquant ou le plus gênant, dans Dei Verbum, ou dans le sillage de Dei Verbum, n'est pas l'absence de référence à la Tradition, puisque la Tradition y est mentionnée ; c'est la référence à la notion de Tradition vivante, sans qu'il ait été précisé à temps et à contre-temps, dans DV ou par la suite, que la Tradition est vivante dans la mesure où elle est reçue et transmise, connue et comprise, et non dans le mesure où elle est modernisée, modifiée, édulcorée, euphémisée, contestée, contournée, déformée, dépassée, méprisée ou négligée.

A mes yeux, le problème de fond, ce n'est pas avant tout ni seulement l'accès direct à l'Ecriture, aux Evangiles, c'est l'accès direct à l'Ecriture et aux Evangiles, alors que "l'esprit chausse des lunettes", pour reprendre une expression qui est, je crois, d'Emmanuel KANT, ce qui ne fait pas de moi un kantien.

Je m'explique : quand, dans DV, on lit ceci : "Que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théologie sacrée comme son âme", on insiste pas (assez), dans la même constitution conciliaire, sur le fait que les méthodes d'étude ont une influence considérable sur l'étude de l'Ecriture, donc sur la lecture et la relation à l'Ecriture.

De mon point de vue, c'est cela, l'impensé ou l'omission, dans DV : ce document du Concile comporte un paragraphe intitulé "comment interpréter l'Ecriture" ; à la place de ses auteurs, j'aurais bien rajouté un paragraphe, que j'aurais intitulé : comment ne surtout pas interpréter l'Ecriture, et dans lequel j'aurais mis en garde contre le recours à l'exégèse historico-critique dans un optique de démythologisation, c'est-à-dire, il faut bien le dire, de diminution radicale et substantielle de la place des miracles et des prophéties, donc de la présence active du surnaturel, dans l'Ecriture elle-même, et dans l'histoire du salut.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 746407 )Tout à fait d accord par Aigle (2014-03-17 08:23:28) 
[en réponse à 746405]

Je parlais d'ailleurs d'interpretation outrée du Concile qui ne niait pas l'apport de la Tradition ni celle du magistère .

J'ajoute que je suis curieux de voir comment le Saint Père va concilier sa fidélité à l'Ecriture et certaines velléités de réforme de l'accès à l'eucharistie !!
images/icones/neutre.gif  ( 746479 )Le devoir (2) par AVV-VVK (2014-03-17 20:46:38) 
[en réponse à 746396]

Je voudrais dire ceci:1) Ne serait-ce pas mieux de parler de " catholique" au lieu de "chrétien"?; 2) Peut-on rester chez soi pour écouter la Parole au lieu de se rendre à l' église le dimanche?