Bonjour et bon dimanche, XA.
Je me place ici avant tout sur le terrain de l'enseignement, et non avant tout sur celui du gouvernement.
1. Je ne sais pas s'il y a plutôt continuité ou plutôt rupture ; je dirai, par prudence, que certains éléments de continuité, sur le fond, sont plutôt présents mais discrets, et que certains éléments de rupture, sur la forme, sont plutôt omniprésents et manifestes.
2. A mon avis, les différences, sous l'angle du style, déboucheront tôt ou tard sur l'expression ou sur la perception de divergences, sur certains thèmes.
3. En attendant, et non en espérant, mais bien plutôt en redoutant, que cela arrive, faites donc le test de lecture que j'ai déjà suggéré ici même :
- prenez un livre ou un texte du (futur) Pape Benoît XVI, faites un gros effort d'imagination, mais vraiment un très gros effort, et imaginez que ce soit le (futur) Pape François qui ait écrit ou dit ce que vous lisez là ;
- prenez un livre ou un texte du (futur) Pape François, faites un gros effort d'imagination, là aussi, un très gros effort, et imaginez que ce soit le (futur) Pape Benoît XVI qui ait écrit ou dit ce que vous parcourez.
4. Ah oui, vraiment, on sent bien, immédiatement, instinctivement,
- que le Pape François aurait pu s'exprimer sans difficultés majeures comme dans "Entretiens sur la Foi",
- que le Pape Benoît XVI aurait pu s'exprimer sans problèmes particuliers comme dans "Sur la terre comme au Ciel"...
5. Entendons-nous bien, ces différences, notamment sous l'angle du style, ne font pas à proprement parler de l'un des deux (futurs) Papes un (futur) hérétique, ni de l'un des deux Papes le seul orthodoxe des deux.
6. Mais je maintiens ma prémonition : les différences de forme et de style entre les deux Papes sont telles que, tôt ou tard, elles seront perçues comme, ou se traduiront par, des divergences de fond, sur certains thèmes.
LA question sera alors : cette perception médiatique ou populaire, y compris au sein même de l'Eglise, sera-t-elle
- plutôt contrecarrée ou contredite, par des paroles pontificales,
ou
- plutôt encouragée ou légitimée, par des silences du Pape François ?
7. Après tout, pour qu'il y ait "démarcation programmatique non négligeable", pour ne pas employer le mot rupture, il suffit que le Pape François évoque le moins souvent possible ce que le Pape Benoît évoquait, lui, le plus souvent possible, ou considérait comme le problème le plus grave, actuellement, comme la confrontation de l'Eglise au relativisme, non seulement dans l'ordre de l'agir en ce monde, mais aussi dans l'ordre du croire en Dieu.
8. Cela étant écrit, et au risque de surprendre, voire de donner l'impression, sur la fin de mon message, de me compléter au point de me contredire, je dois dire que si ce que j'ai appris ou compris sur ce que veut faire le Pape François, en matière "bancaro-financière", au Vatican, est vrai, et s'il réussit à le faire ou à le faire faire, cela voudra dire que toute rupture n'est pas mauvaise ... d'autant plus que cette rupture là aura été quelque peu préparée par son prédécesseur.
Ici.
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.