Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=745746
images/icones/vatican.gif  ( 745746 )"Paul VI a eu le courage de se positionner contre la majorité" (François) par Athanase (2014-03-06 09:41:09) 

Voici un extrait de discours pontifical tiré d'un extrait de dépêche de l'agence Zénith:



Le pape évoque aussi « l’interprétation » de l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI : « Paul VI lui-même, à la fin, recommandait aux confesseurs une grande miséricorde, une attention aux situations concrètes. Mais son génie a été prophétique, il a eu le courage de se positionner contre la majorité, de défendre la discipline morale, d’exercer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme présent et à venir. La question n’est pas de changer la doctrine, mais d’aller en profondeur et de faire en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce qui est possible pour les personnes. On parlera de cela aussi sur le chemin synodal ».





Dans cet extrait, le pape affirme que "la question n’est pas de changer la doctrine". Il dit aussi que "Paul VI a eu le courage de se positionner contre la majorité".



La référence est ici.



Le pape affirme également : Je n’ai jamais compris l’expression « valeurs non négociables ». Les valeurs sont des valeurs un point c’est tout. Je ne peux pas dire que parmi les doigts de la main il y en a un de moins utile que l’autre. Alors je ne comprends pas comment il peut y avoir des valeurs négociables. Ce que j’avais à dire sur le thème de la vie, je l’ai dit dans Evangelii Gaudium. »
images/icones/fleche2.gif  ( 745747 )La phrase clé me semble être celle-ci. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-06 10:11:55) 
[en réponse à 745746]

Bonjour et merci, Athanase.

Voici la phrase clé du Pape François à laquelle je pense :

" La question n’est pas de changer la doctrine, mais d’aller en profondeur et de faire en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce qui est possible pour les personnes. "

Yves DAOUDAL, sur ses propres terres numériques, a déjà fait remarquer ceci : sur certains points non négligeables, et non négociables (non parce qu'il y a en d'autres qui le seraient, mais parce qu'ils renvoient à des principes) la doctrine, en effet, n'est pas modifiée, mais n'est pas rappelée non plus, ce qui aboutit en substance, objectif recherché ou résultat obtenu, à la transformation de l'ignorance en matière doctrinale en antichambre, en "préparation évangélique", en amont et en vue de la plus grande indulgence pastorale possible.

En effet, sauf à supposer qu'"aller en profondeur" signifie aller en profondeur, en direction d'un renforcement de la connaissance et de la compréhension de la doctrine, en vue de sa prise en compte effective, par les personnes et dans les familles, on est bien obligé de remarquer que "faire en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce qui est possible pour les personnes" peut consister, dans l'esprit de certains "franciscanistes" à faire en sorte que la pastorale ne tienne pas également compte du Magistère et de ce qui est contrariant, car exigeant, mais éclairant et fortifiant, et non accablant ni aliénant, pour les personnes.

Je ne me place pas sur le registre du procès d'intention ; EN TOUT CAS, DANS CETTE PHRASE,

- le Pape François n'a certainement pas tort de DIRE ce qu'il dit,

- mais a-t-il raison pour autant de TAIRE ce qu'il ne dit pas ?

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 745749 )Cette relativisation a déjà commencé: théorie de la gradualité par Athanase (2014-03-06 10:29:47) 
[en réponse à 745747]

Quand vous parlez du risque de transformer l'ignorance en "préparation évangélique" , je crains que ce ne soit pas hypothétique mais... réel. Des auteurs, apparemment orthodoxes, défendaient cette vision. Un bouquin est sorti il y a environ 20 ans aux éditions du Sycomore. L'abbé Barthe dénonçait cette relativisation subtile de HV, Encyclique souvent trainée comme un boulet...
images/icones/idee.gif  ( 745751 )Un exemple de relativisation sur le terrain: l'État catholique par Athanase (2014-03-06 10:52:10) 
[en réponse à 745747]

Dans la pusillanimité à appliquer ce que l'on dit, on peut citer un exemple qui atteste l'écart entre ce qui est affirmé et ce qui est pratiqué: la défense de pouvoirs publics catholiques. Cette défense est assurée par Pie IX, Léon XIII, Saint Pie X, Benoit XV, Pie XI et, dans une certaine mesure, Pie XII ( même si le discours d'icelui peut être empreint de personnalisme). Mais en même temps, la papauté s'accommode d'un certain éloignement, n'hésite pas a prôner le ralliement, etc. La papauté prêche, mais auprès d'états qui n'ont que faire de la souveraineté du Christ... Pire: le catholique de l'époque est certes fidèle et assidu, mais pieusard et un peu efféminé (au 19ème siècle, nous souffrons d'une piété féminine), pas forcément viril. Le résultat est que nous manquons d'un catholicisme aventurier, capable de secouer son adversaire.

Quant aux évêques de l'époque, si j'en crois Madiran, ils mettent sous le boisseau la Doctrine sociale de l'Église, qu'ils ne pratiquent pas dans leurs œuvres diocésaines, ne relayent pas ou peu certains enseignements du magistère romain.

Je ne suis pas étonné que Vatican II ait pu arriver dans une Église incapable d'incarner ses principes...
images/icones/fleche2.gif  ( 745753 )Il n'y a pas de gradualité de la Loi mais ... par Ion (2014-03-06 11:17:08) 
[en réponse à 745747]

... il existe, qu'on le veuille ou non, inscrite dans la nature humaine pécheresse une loi de la gradualité. Le Bx Jean-Paul II avait, dès 1980, et sur ce même sujet de la famille et de l'encyclique Humanae Vitae, introduit cette distinction.
Il me semble que l'attitude de François en est une très bonne illustration.

Quand vous posez la question de savoir s'il a raison de ne pas dire ce qu'il ne dit pas, la réponse est précisément dans cette loi de la gradualité. Avant de montrer pas à un explorateur toutes les difficultés qui l'attendent au moment où il sent le découragement l'atteindre, montrez lui les quelques mètres à parcourir avant d’atteindre un palier ou il pourra se reposer.

De même, quand vous recevez un couple pour qui l’usage de la contraception n’est même pas, en conscience, une question qui se pose, expliquez lui graduellement les étapes vers un plus grand épanouissement, étapes faites de respect de l’autre, de beauté de la nature telle que créée, avant de poser des interdits. C’est sans doute cela, pour le Pape, le fait d’aller en profondeur d’un point de vue pastoral, même si, la Loi elle-même, telle que rappelée dans HV, n’est pas graduelle.

Ion
images/icones/fleche3.gif  ( 745756 )On appelle ça aussi... économie ! par Athanase (2014-03-06 11:53:16) 
[en réponse à 745753]

Les Pères de l'Église en furent assez familiers: pour admettre des dissidents qui ne professaient explicitement pas tous les points de la Foi, etc. Grégoire de Naziance l'avait, je crois, pratiquer avec certains dissidents. Dans cette perspective, cela reste orthodoxe. Le Père Pouget de la règle du minimum.
images/icones/fleche2.gif  ( 745759 )Economie vs Légalisme par Ion (2014-03-06 12:25:40) 
[en réponse à 745756]

La loi de gradualité peut en effet être une composante du principe de l'économie (oikonomia). Cette économie, c'est en quelque sorte, la latitude que l'Eglise a reçue, inspirée par l'Esprit Saint, dans l'organisation et la distribution des moyens du salut. C'est en effet proche de la dimension pastorale que nous connaissons.

Les orthodoxes, de spiritualité plus Patristique, font appel largement à ce principe d'économie, allant même jusqu'à l'appliquer en matière sacramentelle par exemple, l'acceptation, dans certaine circonstances, de ne pas re-baptiser certains hérétiques convertis dont les baptêmes avaient été douteux. C'est également au nom de l'économie que les Eglises orthodoxes admettent, dans certaines circonstances de bénir de secondes (ou même troisièmes) "unions" après échec d'un premer mariage.

Les catholiques, avec le Thomisme, sont beauoup plus légalistes, et se méfient d'un usage trop large de ce principe de l'économie, préférant l'approche pastorale car justement il ne s'agit plus là de principe, mais de cas par cas.

Avec le synode sur la famille, les questions actuelles de société, la manière avec laquelle le Pape François s'exprime, on est au coeur de ce sujet passionnant et fondamental dans le message que l'Eglise veut faire passer au monde d'aujourd'hui.

Ion
images/icones/musique.gif  ( 745794 )Manifestement Jésus ne faisait pas l’économie de la loi divine... par Vianney (2014-03-06 23:09:34) 
[en réponse à 745759]

 
...en particulier dans le domaine du mariage. Au point que nombre de ses disciples en avaient conclu que, dans ces conditions, mieux valait encore de ne pas se marier !

Il est vrai que ce rude langage du Dieu fait homme serait considéré par nos modernes sépulcres blanchis comme une erreur flagrante de “pastorale” assortie d’un manque complet de “charité”...

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 745757 )La véritable référence par Yves Daoudal (2014-03-06 12:20:51) 
[en réponse à 745746]

est ici, où l'interview est complète.

J'attire l'attention sur ce qui précède immédiatement:


- A un demi-siècle d'Humanae Vitae de Paul VI, l'Eglise peut-elle reprendre le thème du contrôle des naissances? Le cardinal Martini, votre confrère, a estimé que le moment était maintenant venu.
- Tout dépend de la façon dont est interprété Humanae Vitae. Paul VI lui-même, à la fin, recommandait aux confesseurs beaucoup de miséricorde, d'attention à des situations concrètes.



Et ce qui est frappant est que François appelle cela, à plusieurs reprises, aller "en profondeur". J'avais déjà remarqué cette façon de dire "en profondeur" ou "au fond des choses" alors qu'il s'agit très exactement du contraire, de taire ce qui est essentiel pour s'occuper de ce qui est "pastoral" ou soi disant "pastoral", le "pastoral" devenant le "fond des choses" et la "profondeur". On est en plein dans l'inversion doctrinal-pastoral de "l'esprit du Concile".
images/icones/vatican.gif  ( 745760 )La dénaturation des mots est inquiétante: comme pendant Vatican II par Athanase (2014-03-06 13:20:41) 
[en réponse à 745757]

La tendance de certains ecclésiastiques est d'utiliser certains mots pour pratiquer le contraire. Je cite un exemple : au moment de Vatican II, on a invoqué la mission pour mieux, ensuite, brader la doctrine et la liturgie ... De même, on parle d'Évangelsation, alors que jamais on sort si peu des rues... Bref, cela devient saisissant et inquiétant. La "pastorale" de ces 50 dernières années devient une manière de se défausser de la doctrine, et non de la diffuser. D'ailleurs, même je Cardinal Kasper se met les pieds dans le tapis, car on reconnaît toujours qu'il existe une doctrine.
images/icones/fleche2.gif  ( 745770 )Volonté de puissance versus volonté de sagesse. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-06 16:20:17) 
[en réponse à 745760]

Bonjour Athanase,

1. Sous couvert de pastorale, d'action pastorale, d'activités pastorales, voire d'"enseignement de caractère surtout pastoral", il y a une volonté de puissance transformatrice des relations sociales et des structures mentales des clercs et des fidèles, que ce soit ad intra ou ad extra.

2. Je me distingue peut-être d'autres, là où je dis que le coup d'envoi du déploiement de cette volonté de puissance transformatrice des relations et des structures,

- d'une part, a été donné dès la fin de la seconde guerre mondiale, donc au moins vingt ans avant la fin du Concile Vatican II,

- d'autre part, est beaucoup plus manifeste dans le domaine de la Foi catholique que dans celui de la morale chrétienne.

3. Il me semble que ce qui est le plus fidèle au christianisme, c'est-à-dire au Christ lui-même,

- ce n'est évidemment pas cette volonté de puissance transformatrice,

- ce n'est pas davantage une volonté de perfection qui serait, pour ainsi dire, suprémaciste, dominatrice ou triomphaliste,

- mais c'est une volonté de sagesse, inspiratrice de la conversion des coeurs et des moeurs, et inspiratrice de la vie dans l'Esprit.

4. Selon l'optique dont je déplore la prégnance au sein même de l'Eglise, une pastorale réussie, à la limite,

- n'est pas une pastorale efficacement exhortatrice, en amont et en vue de la conversion des personnes, et leur fidélité à Jésus-Christ,

- mais est une pastorale efficacement transformatrice de la perception et des relations des catholiques, au contact ou à propos des chrétiens non catholiques, des croyants non chrétiens, de l'Homme et du Monde, des signes des temps, des valeurs du temps, etc...

5. Réduisons le contenu du "recevoir pour transmettre" inhérent au christianisme catholique à ce que l'on appelle "le sens de la personne", ou le sens du respect et du souci, en soi-même et chez les autres, de la dignité et de la liberté de la personne, et de la solidarité de la personne.

6. Eh bien, dans ce contexte restrictif et sélectif, qui est partial et partiel, mais qui se fait passer pour le premier, dans l'histoire de l'Eglise, ou le seul, à l'intérieur de l'Eglise, à être authentiquement évangélique, que reste-t-il pour le recevoir-pour-transmettre "le sens de la loi", ou le sens du respect et du souci, en soi-même et chez les autres, de l'ordination à l'autorité de la norme, de la règle, que ce soit dans l'ordre du croire, ou dans celui de l'agir ?

7. Je suis convaincu que nous en sommes là, et que cette volonté de puissance transformatrice des relations et des structures, si elle n'est pas dénoncée et combattue pour ce qu'elle est, à savoir une usurpatrice d'identité axiologique et confessionnelle, une usurpatrice d'inspiration et d'orientation surnaturelle et théologale, ira bientôt jusqu'à subvertir un à un chacun des sacrements relatifs à la vie chrétienne.

8. J'imagine assez bien, dans le contexte actuel, qu'un prêtre pourrait refuser un parcours catéchuménal à un musulman qui demanderait le baptême, qui voudrait se convertir au christianisme, et qui lui expliquerait formellement qu'il voudrait s'y convertir, notamment pour cette raison : l'adhésion à la vérité et l'abandon d'une erreur...

Adhérer à la vérité ? N'est-ce pas là un excès de prétention, juste avant de commencer à marcher vers le seuil de l'Eglise ?

Abandonner une erreur ? N'est-ce pas là un défaut de charité, vis-à-vis des musulmans qui entendent continuer à adhérer à l'Islam ?

Dans cet ordre d'idées, au coeur de cette volonté de puissance pastorale, ne trouve-t-on pas bien des aller-retours, bien des interactions, entre la subversion des formulations et la subversion des motivations ?

P S : il paraît que l'une des raisons pour lesquelles les chrétiens évangéliques ont autant de succès réside notamment dans le fait que leur pastorale est bien plus "exhortatrice" que "transformatrice"...

Bonne fin de journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 745764 )HV date de 1968, EV de 1995 ; pourquoi parle-t-on tant de HV ? par Scrutator Sapientiæ (2014-03-06 14:57:47) 
[en réponse à 745757]

Bonjour et merci, Yves Daoudal.

H V date de 1968, mais E V, Evangelium vitae, date de 1995 ; il s'agit donc d'un texte plus récent, mais aussi plus complet et plus précis, qui prend appui, notamment, sur H V, cité à quelques reprises par Jean-Paul II dans E V.

A votre avis, pourquoi continue-t-on à faire autant référence à H V, et pourquoi semble-t-on faire bien moins ou si peu référence à E V ? Sous-entend-t-on, à travers cette insistance, pour ou contre, H V, que l'intransigeance que l'on y trouve n'a pas été réaffirmée, par la suite, de cette manière là ou sur ces matières là, alors que Jean-Paul II l'a réaffirmée ? Merci beaucoup de me dire ce que vous en pensez.

Par ailleurs, certains reconnaissent, plus ou moins longtemps après, que H V a eu, a encore, voire aura toujours, un caractère prophétique, dans l'ordre des moeurs ; mais pourquoi donc les mêmes ne reconnaissent-ils pas aussi volontiers que la Profession de Foi de Pierre et de Paul, du même Pape Paul VI, au cours de la même année 1968, est également à caractère prophétique ?

Formulée autrement, la question est celle-ci : il fallu au moins quarante ans pour que certains reconnaissent le caractère légitime de l'enseignement de Paul VI dans H V ; à votre avis, faudra-t-il une ou plusieurs fois quarante ans pour que les mêmes, ou leurs continuateurs, considèrent comme légitime le contenu de la déclaration Dominus Iesus ?

Encore faut-il, il est vrai, que ces textes soient placés sous la lumière, et non passés sous silence, y compris dans les diocèses et les paroisses...

Par ailleurs, je souscris évidemment à la dernière phrase de votre message ; encore un peu, et l'on nous expliquera, le plus sérieusement du monde, que l'enseignement de la doctrine de la Foi catholique est bien plus est un obstacle à l'exercice de la charité chrétienne, qu'elle ne lui est propice, et d'ailleurs, on ne nous l'explique pas, mais on nous l'impose, comme une évidence implicite, située au coeur d'une praxis.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 745779 )[réponse] par Yves Daoudal (2014-03-06 18:41:54) 
[en réponse à 745764]


pourquoi continue-t-on à faire autant référence à H V, et pourquoi semble-t-on faire bien moins ou si peu référence à E V ? Sous-entend-t-on, à travers cette insistance, pour ou contre, H V, que l'intransigeance que l'on y trouve n'a pas été réaffirmée, par la suite, de cette manière là ou sur ces matières là, alors que Jean-Paul II l'a réaffirmée ?



Non. Je crois que l'on est toujours (surtout ceux qui l'ont vécu, d'un bord comme de l'autre) sous le choc de HV. Car "tout le monde" pensait que le pape allait légitimer la contraception d'une façon ou d'une autre: c'était l'avis majoritaire des cardinaux, et du personnel ecclésiastique en général. L'encyclique fut une surprise, une très douloureuse surprise pour beaucoup. Et depuis lors plusieurs ont pu constater comme cette encyclique était prophétique.

Rien de tout cela avec Evangelium Vitae, même si cette encyclique est bien plus belle que celle de Paul VI. Je pense que c'est la seule raison. HV était et reste un événement historique. EV est une remarquable encyclique, mais pas un événement historique.
images/icones/fleche2.gif  ( 745786 )J'avais un an en 1968 + Quelques ressources sur H V. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-06 20:42:08) 
[en réponse à 745779]

Bonsoir et merci, Yves Daoudal.

Merci beaucoup pour votre explication aussi concise que précise ; je suis né au début de l'année 1967, et devais avoir 18 mois, tout au plus, quand est parue cette lettre encyclique.

J'ai donc du mal à imaginer le choc que cela a été à l'époque,en pleine année 1968.

Voici quelques ressources complémentaires, que vous connaissez déjà, sans doute :

Ici.

Ici..

Ici...

Ici....

Ici.....

Ici......

Ici.......

Ici........

Ici..........

Benoît XVI.

Bonne soirée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 745788 )La meilleure histoire online de Humanae Vitae... par New Catholic (2014-03-06 21:37:22) 
[en réponse à 745786]

...est celle-ci, par le théologien franco-américain Germain Grisez, sur la vie et l'oeuvre du R. P. John Ford, S.J., pendant les années 1960-1968.

Ford fut un membre de la Commission pour le Contrôle de la Natalité, Grisez sont assistant et rechercheur pendant cette période cruciale, et l'histoire est merveilleuse, comme un film de suspense.

Lisez-la.
images/icones/rose.gif  ( 745813 )une autre raison plus évidente à mon avis par Luc Perrin (2014-03-07 15:34:46) 
[en réponse à 745779]

Le pape ne cesse de se référer à Paul VI et à Jean XXIII dans une moindre mesure ; en revanche, il se démarque, sans le claironner, de Jean-Paul II et Benoît XVI.

La prise de position citée en ouverture du fil est typiquement "montinienne" mais pas du tout wojtylienne/"bénédictine". Paul VI n'a pas été affublé du sobriquet de Hamlet sans raison : son hésitation "en profondeur" portait sur un tiraillement constant entre la nécessité de réaffirmer les principes et la foi (1ère phrase du pape François) et celui de complaire ou au minimum d'offrir quelques concessions aux opinions libérales occidentales et aux catholiques néo-libéraux/néo-modernistes (sa 2è phrase qui contredit la 1ère).

Presque tout le pontificat montinien (1963-1978) est empreint de ce déchirement entre 2 attitudes qui s'opposent "en profondeur" :
- embrassades oecuméniques mais rappel du primat pétrinien en 1969 devant le C.O.E.
- néo-liturgie débridée et cultivant les ambiguïtés mais tentative de canalisation avec les 4 prières eucharistiques et la relance (ratée) du grégorien en 1974 et celle plus réussie du culte marial
- suspense autour d'un ralliement à la contraception entre 1964 et 1968 mais avec H.V. au final ; suspense de même pour les prêtres mariés en rit latin mais encyclique de 1967 elle-même remise sur la sellette en 1971 lors du Synode des évêques
- réforme du Saint-Office et ouverture du champ d'action des théologiens mais mesures restrictives timides ensuite à partir de 1972-1973 quand tout a dérapé
- dialogue interreligieux débutant, dialogue avec les incroyants et le communisme surtout d'un côté, crise des congrégations missionnaires, et de l'autre rappel appuyé de la nature missionnaire et évangélisatrice explicite de l'Église (encore une contradiction majeure) dans Evangelii nuntiandi (1975).

Le pape régnant semble (? il n'est pas aisé de déterminer clairement la ligne "franciscaine" pour le moment faite de zig-zags) tenté par une captatio benevolentiae médiatique (donc de l'opinion libérale occidentale) - c'est réussi - inspirée de la "bonhommie" apparente de Jean XXIII et un décalque en version jésuito-argentine du Paul VI bifrons jouant du grand rappel des principes, mais façon coup de cymbale dans le vide, et des concessions "pastorales", "expérimentales" multiformes qui minent pratiquement lesdits principes et brouillent les représentations de la pensée catholique.

Le texte de Paul VI de 1969 exposant pourquoi il est juste et bon de communier sur la langue, que c'est le seul usage légitime, parfaitement fondé dans la Tradition et la nécessité pastorale pour in fine autoriser les évêques à faire le contraire - ce qu'ils s'empressèrent de faire évidemment à de très rares et courageuses exceptions près - pourrait être le "modèle" du pontificat ouvert en mars 2013.

A quand la béatification et canonisation accélérée en dispense de miracle du pape Montini ?