Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 745649 )question théologique sur la souffrance par Leonid (2014-03-04 21:39:45) 

Récemment, j'ai participé à un atelier chrétien dont le thème portait sur "La croix et la joie". On y abordait la souffrance sous le double angle du psychologique et du spirituel, dans une perspective chrétienne. On relevait que la souffrance peut avoir une valeur bénéfique à deux niveaux. D'abord, la souffrance en soi peut produire l'effet positif de "labourer le coeur", le rendre plus disponible et ouvert à recevoir des grâces venant de Dieu, ne pas compter seulement sur ses propres moyens, etc.

À un deuxième niveau plus spirituel, les croix portées avec amour et offertes en union aux souffrances du Christ, comportent une valeur salvifique que Dieu peut utiliser pour nous faire participer au mystère de la Rédemption, pour aider au salut des âmes dans la charité fraternelle. Un exemple particulièrement extrême serait une âme-victime comme Marthe Robin qui porta les stigmates (en plus de la souffrance d'être paralysée).

À contrario, une souffrance éprouvée dans la révolte et de manière négative, comporterait-elle alors une valeur salvifique diminuée pour autrui, puisqu'elle n'est pas vécue dans l'amour et la générosité? Dans cette optique, de telles souffrances passées, vécue négativement et non offertes, sont-elles irrémédiablement "perdues"? Ou peut-on récupérer leur valeur salvifique en les offrant aujourd'hui de manière rétroactive?

Étant donné que pour Dieu tout est éternellement présent, autant le passé que le futur, j'aurais tendance à dire que les souffrances passées peuvent être ré-offertes et ne sont pas "perdues" à tout jamais, mais j'ai un doute. Je sais que c'est une question un peu abstraite, mais j'aimerais avoir des avis là-dessus...
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 745654 )Dieu pèse l'intention par Glycéra (2014-03-04 22:02:20) 
[en réponse à 745649]


Ma réponse spontanée est celle-ci :

-- Dieu ne compte pas selon nos pesages.
Pour Dieu ce n'est pas le montant de l'offrande qui compte, mais l'intention de l'effort. Ainsi les 2 piècettes de la veuve au Temple tellement plus agréables que les gros chèques des mentors.

Ste Thérèse, St François de Sales disent bien que ce n'est pas notre performance que Dieu désire, mais l'amour avec lequel nous avons agi envers Lui et autrui. Ils ajoutent même que plus l'âme est petite et incapable de réussir, plus son appel d'amour attire la miséricorde de Dieu qui verse alors l'obole en démultipliant les petits pas que nous sommes seulement capables de faire.



-- Une chose faite est faite.
Le temps est donné par Dieu pour être employé, le temps ne revient pas. Dieu donne la quantité de temps qui nous convient, et les donnent dans l'ordre, pas deux à la fois. Ainsi le : "Ne retourne pas, avance la charrue", ou les "laissez les morts enterrer leurs morts". Il n'est pas possible de changer l'intention qui a eu lieu, ni pour la valider, ni pour l'enlever. Un bienfait le reste, et un méfait aussi.


-- > Mais la miséricorde de Dieu ?

Elle ne consiste pas à changer le temps. Dieu a fait les choses dans la justesse. Qu'est-ce à dire alors ?

Les faits sont passés. Les faits et les évènements labourent notre âme, qu'on grogne ou qu'on coopère, tout porte trace en nous. Les choses de la vie forment le terreau où le présent peut-être planté.

Je vois alors, que sur ce terreau, de belle qualité comme parfois très abîmé, un acte positif, saintement positif, est possible. Si le terreau est pauvre, sec, pierreux, la plante souffrira pour s'installer. Autrement dit les mauvais soins anciens ont laissé trace qui pèse et qui fait peiner.

Là, je vois le moyen de "racheter du temps", de réparer ce que nous avions raté. Dieu voit notre coeur. Il est si pédagogue qu'il redonne des occasions différentes mais équivalentes de mériter, d'offrir, comme des ouvriers de dernier moment, des rattrapeurs d'occasions manquées.

Comme dit un petit livre, très laïc, mais excellent :
"La vie est d'une infinie patience, et nous représente toujours les exercices que nous avions ratés."


D'autres sauront remettre des citations de théologiens sous ce que je vous ai écrit là. Merci de l'occasion d'éclaircir ces questions de vie pour "gagner" d'arriver à Dieu.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra
images/icones/fleche2.gif  ( 745670 )Nous devrions, vous devriez, relire Salvifici Doloris. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-04 23:54:58) 
[en réponse à 745649]

Bonsoir Leonid,

Voici :

Ici.

Je ne dis pas que vous y trouverez, à coup sûr, la réponse à votre question, mais cette lettre apostolique, que vous connaissez peut-être déjà, devrait pouvoir nous éclairer, vous éclairer.

Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/hein.gif  ( 745733 )Pas trouvé là de réponse à la question posée... par Glycéra (2014-03-05 22:04:58) 
[en réponse à 745670]


J'ai lu, sans avoir le temps de relire, et ne trouve pas la réponse à la question de Sieur Leonid.

Elle est pourtant, cette question, ce me semble, d'actualité, pour actualiser notre vie, au regard des lâchetés passées à ne pas avoir accepté les douleurs des épreuves proposées en leur temps.

Si vous trouvez quelque chose, je prendrais volontiers un texte de référence.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra