Le Forum Catholique
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( 744952 )
L'infaillibilité des canonisations faites par le pape Jean-Paul II, Mgr Lefebvre par Saint Blaise (2014-02-25 08:40:52)
Extrait tiré d'une instruction de retraite, prêchée le 18 septembre 1989 au couvent de la Haye aux Bonshommes à Avrillé dans le Sel de la terre, N° 42, p. 244.
Lire
le texte sur le site de la Fsspx.

( 744953 )
Quelle indigence ! par Candidus (2014-02-25 09:21:34)
[en réponse à 744952]
"Jean-Paul II a été formé à une vérité évolutive ; pour lui, il n'y a pas de vérité fixe, la vérité change avec le temps, avec la science, avec le développement des sciences humaines, etc. ; la vérité est toujours vivante, c'est ce qu'on nous dit. Ils nous condamnent parce que nous ne sommes pas pour la tradition vivante ; la tradition vivante, c'est une tradition qui évolue."
"c'est très simple comme raisonnement"
Simple ou simpliste ?
"il n'y a pas besoin de réfléchir beaucoup"
Effectivement, pour soutenir ce genre d'énormité, non seulement il ne faut pas réfléchir beaucoup mais il est même conseiller de réfléchir le moins possible...
Un peu de sérieux Monseigneur ! Vous voulez connaître la notion que se faisait Jean-Paul II de la vérité ? Lisez son encyclique Fides et Ratio (postérieur certes à votre mort mais qui ne faisait que reprendre l'enseignement dispensé durant toute sa vie) :
Paragraphe 82 :
[Le] rôle sapientiel [de la philosophie] ne pourrait être rempli par une philosophie qui ne serait pas elle-même un savoir authentique et vrai, c'est-à-dire qui se limiterait aux aspects particuliers et relatifs du réel — qu'ils soient fonctionnels, formels ou utilitaires —, mais ne traiterait pas aussi de sa vérité totale et définitive, autrement dit de l'être même de l'objet de la connaissance. Voici donc une deuxième exigence: s'assurer de la capacité de l'homme de parvenir à la connaissance de la vérité, UNE CONNAISSANCE QUI PARVIENT A LA VERITE OBJECTIVE A PARTIR DE L'ADAEQUATIO REI ET INTELLECTUS sur laquelle s'appuient les Docteurs de la scolastique. Cette exigence, propre à la foi, a été explicitement réaffirmée par le Concile Vatican II: « En effet, l'intelligence ne se limite pas aux seuls phénomènes, mais elle est capable d'atteindre la réalité intelligible, avec une vraie certitude, même si, par suite du péché, elle est en partie obscurcie et affaiblie »

( 744981 )
"Fides et ratio", suite par Meneau (2014-02-25 16:13:02)
[en réponse à 744953]
Tout n'est pas aussi évident que vous le dites dans la pensée de Jean-Paul II. Car si, certes, il est nécessaire que la connaissance de la vérité parvienne à la vérité objectique à partir de l'adequatio rei et intellectus, pour lui ce système de connaissance est encore à construire.
C’est justement pour cela que, faisant mien ce que les Souverains Pontifes ne cessent d’enseigner depuis plusieurs générations et que le concile Vatican II a lui-même redit, je désire exprimer avec force la conviction que l’homme est capable de parvenir à une conception unifiée et organique du savoir. C’est là l’une des tâches dont la pensée chrétienne devra se charger au cours du prochain millénaire de l’ère chrétienne.
Quid de la conception unifiée et organique du savoir à laquelle était par exemple parvenu St Thomas d'Aquin? Le travail est-il vraiment à faire, et si oui dans quel sens ? Dans un sens qui marie plus efficacement les mystères catholiques et la raison humaine ? Mais c'est cette voie, celle de Günther, qui fut mise à l'index par Pie IX. Le mariage de la Révélation avec la pensée moderne a été condamné à plusieurs reprises par les papes. De même, et pour rejoindre JPP sur l'idéalisme, fut condamné Rosmini qui pourtant enseignait (seulement) un "réalisme idéaliste".
Le titre de l'introduction de l'encyclique est lui-même révélateur : "connais-toi toi-même". Autrement dit la connaissance est pétrie de subjectivisme.
Alors certes,
Neque solum fides et ratio inter se dissidere nunquam possunt, sed opem quoque sibi mutuam ferunt, mais cela n'implique pas qu'il faille maintenant redéfinir un nouveau système de pensée, appuyé sur une métaphysique "moderne", celle qui est viciée dans ses fondements, pour pouvoir parvenir au prochain millénaire à une "conception organique et unifiée du savoir".
Cordialement
Meneau

( 744984 )
[réponse] par Candidus (2014-02-25 16:33:45)
[en réponse à 744981]
La conception unifiée et organique du savoir à laquelle était parvenue St Thomas d'Aquin dépendait partiellement de la physique d'Aristote qui est aujourd'hui complètement dépassée. Alors oui, en ce sens au moins, l'homme moderne doit toujours tendre à progresser dans sa "conception organique et unifiée du savoir".
De même en théologie, le désenveloppement du dépôt révélé ne s'achèvera que lors de la parousie.
Je ne vois là aucune remise en question de l'objectivité de notre connaissance, de la nécessaire soumission du sujet à l'objet (qui même chez les scolastiques n'exclut pas une forme de "subjectivisme" qui n'a rien à voir avec l'idéalisme et le relativisme - cf. Quidquid recipitur, ad modum recipientis recipitur).

( 744990 )
La bonne excuse... par Meneau (2014-02-25 18:48:39)
[en réponse à 744984]
le désenveloppement du dépôt révélé ne s'achèvera que lors de la parousie
Certes, mais ce n'est pas une excuse pour faire fi de la mission de l'Eglise, qui est de faire connaître le dépôt Révélé qu'elle a reçu et possède
intégralement, et qu'elle
seule possède intégralement. C'est pourquoi l'Eglise n'est pas "en recherche", du moins pas sur le même plan que l'homme qui cherche Dieu en se "connaissant soi-même" à la lumière de sa seule raison. Et c'est pourquoi aussi le "dialogue" ne suffit pas. La "diaconie de la vérité" ne peut s'arrêter une annonce comme une autre (comme en feraient d'autres) de la Vérité, conçue comme un accompagnement de cette quête conaturelle à l'homme, mais elle doit aussi entrer dans la controverse et dénoncer l'erreur et annoncer non seulement les vérités perceptibles par la seule raison humaine, mais également toutes les autres.
Enfin, c'est très irénique de penser que la philosophie (moderne) peut suffire à l'homme, préoccupé par "les questions de fond qui caractérisent le parcours de l'existence humaine", pour accéder aux mystères de la Révélation.
Donc dépasser la physique d'Aristote est certes nécessaire, mais cela ne remet pas radicalement en cause la métaphysique et la philosophie de St Thomas, qui reste une connaissance unifiée et organique. En revanche, prétendre expliquer la Révélation à la lumière des courants métaphysiques et philosophiques modernes tient de la gageure.
Cordialement
Meneau

( 745000 )
La modernité est de tout casser! par PEB (2014-02-25 19:52:03)
[en réponse à 744990]
La métaphysique moderne est Révolution permanente. Les savoirs scientifiques sont perpétuellement jeunes car ils cassent les idées de leurs prédécesseurs.
Ce qui est vrai en physique a des conséquences métaphysiques. La chose en soi n'est plus définissable par et pour elle-même. On ne sais pas trop ce qu'est la matière, l'énergie, le Cosmos et même les mathématiques.
De ce fait, les évidences n'en sont plus. On ne naît plus homme ou femme mais on le devient, en bousculant parfois un art de vivre séculaire et en s'ouvrant le champ des possibles.
Dans cet univers incertain, la théologie devient périlleuse. Comment enseigner la Permanence au milieu de la grande impermanence (pour reprendre la phraséologie bouddhiste).
L'Eglise, certes, est le dépositaire de la Révélation mais c'est aussi le Peuple de Dieu en marche dans le désert où ses citoyens tâtonnent vers la Jérusalem céleste. La réponse ultime n'est pas ici mais nous avons un Pasteur qui ne cesse de nous ramener à Lui. Les ministres qu'Il a ordonné en sont les icônes vivantes.

( 745033 )
Que ne le met-il en pratique ! par jl d'André (2014-02-26 11:29:34)
[en réponse à 744953]
Apprécions ce § 82 de l'encyclique Fides et Ratio, mais quelle conclusion pouvons-nous en tirer ?
Seulement que jean-Paul II ne professe pas lui-même explicitement toutes les erreurs que sa politique favorise ! Qu'il n'a donc jamais sombré dans l'hérésie formelle ! Qu'il est donc toujours pape ! Et que les sedevacantistes ont tort !
Ce n'est évidemment pas sur ce plan là que se plaçait Mgr Lefèbvre qui a toujours dénoncé le sedevacantisme ! Il parle de l'action de Jean-Paul II qui semble s’accommoder d'une vérité évolutive, même si son enseignement le contredit.
Le pape Benoît XIV qui s'est penché sur l'infaillibilité des canonisations avance deux arguments majeurs en sa faveur :
1- L’enquête doctrinale complète qui précédait tout examen canonique et permettait ainsi au souverain pontife de se prononcer sur une question ayant trait à la foi et aux mœurs.
2- Le fait que l’enquête pontificale reprenait à zéro toute l'enquête diocésaine, ne tenant aucun compte de ses décisions (mais bien sûr n'étaient présentées à l'enquête pontificale que les cas ayant surmonté l'obstacle de l'enquête diocésaine).
Et le pape Benoît XIV accordait tellement d'importance à ces deux arguments, qu'il ne considérait pas comme infaillibles les canonisations prononcées avant le XII° siècle où il n'y avait pas d'enquête doctrinale et ou le pape se contentait de couvrir de son autorité les résultats de l'enquête diocésaine sans avoir repris toute l'enquête à zéro.
Or Jean-Paul II qui ne pouvait ignorer l'enseignement de Benoît XIV, a décidé, dans sa réforme de la procédure des canonisations de justement supprimer l’enquête doctrinale préalable et que désormais le pape se contenterait de couvrir de son autorité les conclusions de l'enquête diocésaine sans jamais la reprendre. Il est difficile de ne pas y voir une volonté délibérée de ne pas vouloir y engager son infaillibilité.

( 745038 )
Vraiment ? par Meneau (2014-02-26 11:58:10)
[en réponse à 745033]
Et le pape Benoît XIV accordait tellement d'importance à ces deux arguments, qu'il ne considérait pas comme infaillibles les canonisations prononcées avant le XII° siècle où il n'y avait pas d'enquête doctrinale et ou le pape se contentait de couvrir de son autorité les résultats de l'enquête diocésaine sans avoir repris toute l'enquête à zéro.
Vous avez les références svp ? Il me semble qu'au contraire, Benoît XIV considère qu'à partir du moment où le pape "couvre de son autorité" la canonisation, il la tient pour infaillible. Par ailleurs il tient les cas douteux pour très marginaux et affirme que la plupart ont déjà été corrigés (sans exclure qu'il puisse y avoir quand même de nouvelles corrections).
Cordialement
Meneau

( 745039 )
Ce n’est pas un enseignement pontifical par Vianney (2014-02-26 12:00:48)
[en réponse à 745033]
Le pape Benoît XIV affirme expressément (Bref à J. Facciolati du 20 juillet 1753) que son ouvrage De canonisatione sanctorum n’a pas d’autre autorité que celle d’un auteur privé (“privati auctoris”).
De plus, vous confondez deux types de canonisations : celles qui résultent d’une enquête diocésaine et celles qui ont le pape lui-même pour auteur. En ce qui concerne ces dernières, l’Église les a toujours considérées indiscutables, au point qu’elle a rompu avec le patriarche d’Alexandrie, oncle de saint Cyrille, pour le seul motif que celui-ci refusait de reconnaitre la canonisation de saint Jean Chrysostome en qui il s’obstinait à voir un hérétique. L’Année liturgique de Dom Guéranger nous signale, à la date du 9 février, que saint Cyrille est resté lui-même séparé de l’Église plusieurs années après avoir succédé à son oncle à la tête du patriarcat d’Alexandrie : très exactement jusqu’à ce qu’un saint cénobite égyptien en qui il avait confiance parvienne à le convaincre de reconnaitre la sainteté de Jean Chrysostome. Sans cette reconnaissance, saint Cyrille n’aurait jamais été canonisé !
V.

( 745074 )
Pourtant il n'y en a pas d'autre ! par jl d'André (2014-02-26 19:15:02)
[en réponse à 745039]
D'autres théologiens ont parlé de l'infaillibilité des canonisation, mais à ma connaissance, Benoît XIV est le seul souverain pontife à l'avoir fait.
On ne peut pas se réclamer de Benoît XIV pour affirmer que les canonisations sont infaillibles tout en refusant les limites que ce même Benoît XIV y apportait.
Mais quelle que soit l'autorité de l'enseignement de Benoît XIV, le fait que dans la réforme de la procédure des canonisations, Jean-Paul II ait choisi de supprimer justement les deux raisons pour lesquelles Benoît XIV les jugeait infaillible ne peut être une coïncidence ! Jean-Paul II y manifeste sa volonté de ne plus y engager son infaillibilité ainsi que le dénonce si justement Mgr Lefebvre dans le post débutant ce fil.

( 745085 )
Vous êtes vraiment incroyable ! par Vianney (2014-02-26 20:57:22)
[en réponse à 745074]
On ne peut pas se réclamer de Benoît XIV pour affirmer que les canonisations sont infaillibles tout en refusant les limites que ce même Benoît XIV y apportait.
Ce n’est pas moi qui me réclame de “l’enseignement” (inexistant) de Benoît XIV en matière de canonisation, c’est vous ! Contre la volonté expresse de Benoît XIV lui-même, comme je viens de le rappeler...
En revanche, l’Eglise n’a pas attendu le XVIIIe siècle pour juger de la valeur des canonisations romaines, puisqu’elle n’a pas hésité à excommunier ceux qui refusaient de reconnaître la canonisation de saint Jean Chrysostome !
V.

( 745142 )
Petit rappel ! par jl d'André (2014-02-27 16:38:16)
[en réponse à 745085]
Le "De canonisatione sanctorum" a été publié en 1738, à l'époque où Benoît XIV n'était encore que le cardinal Lambertini et donc un auteur privé. Mais lorsque après son élection il a repris le même enseignement en tant que pape, il engageait effectivement son autorité pontificale.
Quant à l'excommunication de l'oncle de saint Cyrille, cela ne prouve rien non plus. Personne n'a jamais prétendu que le pape était infaillible dans ses excommunications. L'histoire foisonne de contre exemples.

( 745227 )
Seriez-vous atteint de cataracte ? par Vianney (2014-02-28 09:32:58)
[en réponse à 745142]
Je vous ai prouvé, en donnant mes références, que
Le pape Benoît XIV affirme expressément (Bref à J. Facciolati du 20 juillet 1753) que son ouvrage De canonisatione sanctorum n’a pas d’autre autorité que celle d’un auteur privé (“privati auctoris”).
Il écrit cela treize ans après avoir été élu pape ! Et vous, vous venez prétendre
sans aucune preuve que le même pape Benoît XIV y aurait malgré tout engagé son autorité pontificale tout en affirmant expressément le contraire ? À d’autres !
Quant à l'excommunication de l'oncle de saint Cyrille, cela ne prouve rien non plus. Personne n'a jamais prétendu que le pape était infaillible dans ses excommunications. (jl d’André)
C’est pourtant bien dans le même ouvrage de Benoît XIV – que vous-même vous prétendez infaillible ! – qu’on peut lire que nier l’infaillibilité des canonisations pontificales est “
téméraire, scandaleux, et sent l’hérésie” (“sapientem hæresim”) :
De canonisatione sanctorum, livre I, ch. 43, n. 3.
J’en viens à me demander, avec Meneau, si vous avez bien lu Benoît XIV !
En canonisant un saint, le Pape garantit – sous la motion du Saint-Esprit, écrit saint Thomas d’Aquin (
Quodlibet, IX) – qu’il est au Ciel, et il en instaure le culte pour toute l’Eglise : c’est du même ordre que lorsqu’il impose un rite liturgique à l’Eglise universelle.
V.

( 745270 )
Non, je ne crois pas être atteint de cataracte ! par jl d'André (2014-02-28 16:23:31)
[en réponse à 745227]
Mais si je vous suis bien, vous semblez insinuer que Benoît XIV aurait seulement publié "De servorum Dei beatificatione et de beatorum canonizatione' en 1638 alors qu'il n'était encore que le cardinal Lambertini, mais que ensuite il ne serait plus jamais revenu sur la question et n'aurait rigoureusement rien enseigné en tant que pape durant ses 18 ans de pontificat. Ce n'est guère vraisemblable, mais admettons cela comme hypothèse de travail.
Aucun pape, dès lors, ne s'est jamais prononcé sur l'infaillibilité des canonisations (puisque avant d'admettre votre hypothèse Benoît XIX était le seul).
Il n'y a donc plus que des auteurs privés à avoir traité de la question. Mais parmi ces auteurs privés, l’œuvre du Cardinal Lambertini occupe une position centrale, d'une part parce qu'elle représente une synthèse quasi exhaustive de tous ceux qui ont traité de la question avant lui, d'autre part parce que ceux qui en ont traité ensuite ne manquent pas de tous faire référence à ses travaux (où d'ailleurs ils le nomment tous Benoît XIV et non Lambertini, mais tant pis continuons à supposer votre hypothèse).
Alors, bien sûr, comme l'infaillibilité n'est pas engagée, on a tout a fait le droit de refuser ce que nous enseignent tous ces auteurs et que le cardinal Lambertini a si admirablement exposé, mais alors plus rien ne nous permet de soutenir que les canonisations seraient infaillible dans quelque cas que ce soit. Si on contraire on accepte son enseignement, ne le faisons pas qu'à moitié et acceptons aussi les limites posées à cette infaillibilité.
Je rappelle quand même que le concile Vatican I qui a défini les conditions de l'infaillibilité pontificale ne parle pas du tout des canonisations.

( 745274 )
Ne serait-il pas plus simple par Rémi (2014-02-28 16:44:31)
[en réponse à 745270]
que vous indiquiez dans quel document, dans quel enseignement pontifical le Pape Benoît XIV reprend les thèses du "théologien Lambertini" et les officialise comme partie du Magistère de l'Eglise que les fidèles doivent recevoir et tenir ? Et n'auriez-vous pas dû commencer par cela ?
Puisque vous dites que c'est un enseignement de ce Pape, où lit-on (encyclique, bulle, que sais-je) que ce Pape a enseigné cela ?

( 745278 )
Plus simple encore ! par Vianney (2014-02-28 17:04:29)
[en réponse à 745274]
Que jl d’André nous prouve, par des citations référencées, que le pape Benoît XVI (en accord ou non avec ses écrits antérieurs, peu importe) a enseigné les thèses que jl d’André lui prête !
V.

( 745279 )
Des lettres par Rémi (2014-02-28 17:10:21)
[en réponse à 745278]
et des chiffres: un coup XIX, un coup XVI, et cardinal en 1638 pour un Pape du XVIIIème siècle, c'est très fort.
Prospero Lambertini, Benoît XIV, donc, 1675-1740-1758.
(j'entends bien entendu qu'il s'agit de coquilles, Messieurs.)

( 745289 )
Merci... par Vianney (2014-02-28 17:42:41)
[en réponse à 745279]
...d’avoir rectifié cette coquille, d’autant plus malencontreuse qu’il existe réellement un Benoît XVI, à défaut d’un Benoît XIX !
V.

( 745303 )
Vous vous trompez... par Etienne (2014-02-28 21:09:57)
[en réponse à 745270]
Et ce pour au moins deux raisons.
La première est la formulation de la canonisation en elle même, y compris les plus récentes:
« En l’honneur de la Très Sainte Trinité, pour l’exaltation de la foi catholique, avec l’autorité de notre Seigneur Jésus Christ, des saints Apôtres Pierre et Paul et la Nôtre, après avoir réfléchi longuement, en invocant de nombreuses fois l’aide divine et après avoir écouté l’avis de nombreux frères dans l’épiscopat, nous déclarons et définissons Saint le bienheureux Josémaria Escriva de Balaguer et nous l’inscrivons dans le Catalogue des Saints, et nous établissons qu’il soit honoré avec dévotion parmi les saints dans toute l’Église. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »
Elle est purement est simplement dans le mode déclaratif, dans le sens le plus catholique du terme. Nier l'autorité de ce genre de déclaration, c'est tout de même laminer Vatican I en profondeur.
La deuxième est plus liée à la méthodologie théologique. En effet, l'unanimité des théologiens va dans le sens de l'infaillibilité des canonisations. Il n'est pas donc de foi qu'ils aient raison, mais il est téméraire de votre part d'aller contre le sens commun. Il vous appartient donc de prouver sans laisser planer l'ombre d'un doute que vous avez raison. Pour le moment, vous n'amenez que l'avis d'un théologien privé, devenu plus tard pape. Quand on sais ce qu'on a fait dire à Joseph Ratzinger devenu pape dans les rangs de la FSSPX, la démarche intellectuelle laisse pantois...
J'ajoute enfin qu'avancer ce genre d'argument est dangereux. Si vous, du haut de votre autorité privée, vous permettez de remettre en question une canonisation moderne, qu'est ce qui empêche Germaine, chanteuse-interprète du célèbre tube "Aubeuh Nouvelleu dans notre nuit", de mettre en doute la canonisation de saint Thomas?

( 745339 )
Unanimité des théologiens ? par jl d'André (2014-03-01 11:50:31)
[en réponse à 745303]
Il y a effectivement unanimité des théologiens pour affirmer que les canonisations sont infaillible à partir du XII° siècle !
Avant le XII° siècle, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas unanimité. Or comme la réforme de la procédure des canonisations de Jean-Paul II ressemble à s'y méprendre à celle qui était en vigueur avant le XII° siècle, il est permis de douter des canonisations actuelles où il est manifeste que le souverain pontife n'a pas voulu engager son infaillibilité.
Benoît XIV une fois devenu pape a retiré du catalogue des saints quelques uns de ceux qui avaient été déclarés tels avant le XII° siècle !

( 745344 )
Déclarés saints par qui ? par Vianney (2014-03-01 12:20:05)
[en réponse à 745339]
Par des évêques, par des antipapes (comme ce fut le cas pour Charlemagne) ou par de véritables papes ? C’est toujours le même flou artistique dans toutes vos interventions : pas la moindre citation ni la moindre référence. Vous dites que Benoît XIV a retiré des saints du catalogue : serait-ce vraiment au-dessus de vos forces d’en citer quelques-uns ?
V.

( 745353 )
Par exemple Clément d'Alexandrie ! par jl d'André (2014-03-01 16:02:23)
[en réponse à 745344]
Dont la fête était célébrée le 4 décembre et qui fut retiré du catalogue des saints par Benoît XIV en 1751 !

( 745358 )
Bon ! par Vianney (2014-03-01 17:14:26)
[en réponse à 745353]
Voilà enfin un exemple précis : merci ! Dans
Les petits Bollandistes, Mgr Guérin confirme ce point :
Clément d’Alexandrie a été qualifié de Saint ; mais ce titre lui est depuis longtemps contesté. Il se trouvait autrefois dans le martyrologe romain, où il avait passé de celui d’Usuard ; mais il en a été retranché ; et Benoît XIV, dans sa lettre à Jean V, roi de Portugal, justifie ce retranchement.
V.

( 745359 )
A noter que par Meneau (2014-03-01 17:43:36)
[en réponse à 745358]
pour Benoit XIV, l'inscription au martyrologe ne signifie pas canonisation.
Cordialement
Meneau

( 745363 )
Voulez-vous dire... par Vianney (2014-03-01 18:57:38)
[en réponse à 745359]
...qu’aux yeux de Benoît XIV, Clément d’Alexandrie, bien qu’inscrit au martyrologe romain, n’avait jamais été réellement canonisé par l’Église romaine ?
V.

( 745340 )
Et encore... par Meneau (2014-03-01 11:52:33)
[en réponse à 745303]
Pour le moment, vous n'amenez que l'avis d'un théologien privé
Comme je l'ai écrit plus haut, il me semble que jlda a mal lu Lambertini !
Cordialement
Meneau

( 745594 )
Eh bien justement relisons Vatican I par jl d'André (2014-03-04 11:55:00)
[en réponse à 745303]
Voici le conclusion de la constitution Pastor Aeternus du 18 juillet 1870 qui traite justement de l'infaillibilité pontificale :
Le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.
Il est clair que la formulation de la canonisation en elle même, telle que vous l'avez citée, ne concerne absolument pas une "doctrine sur la foi ou les mœurs" et que donc cette constitution ne s'applique pas.
Avant la réforme de la procédure des canonisations opérée par Jean-Paul II, la canonisation comportait indirectement l'approbation d'une doctrine sur la foi ou les mœurs, puisque celle-ci était précédée d'une enquête très poussée et menée par le saint siège sur la doctrine du candidat à la sainteté. Et c'est pourquoi Benoît XIV, se faisant l’écho de l'opinion unanime de tous les théologiens, considérait cette enquête doctrinale (supprimée par la réforme de jean-Paul II) comme l'une des causes de l'infaillibilité des canonisations.

( 745777 )
Autre condition posée par Vatican I ! par jl d'André (2014-03-06 18:13:53)
[en réponse à 745303]
Je rapelle l'autre condition de l'infaillibilité posée par Vatican I:
remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique
Cette condition est-elle remplie dans la formulation de canonisation que vous citez ?
Certes, le pape parle de
avec l’autorité de notre Seigneur Jésus Christ, des saints Apôtres Pierre et Paul et la Nôtre
mais est-ce concluant ?
Cette autorité pontificale qu'il invoque est-elle bien celle de pasteur et docteur de tous les chrétiens, invoque-t-il bien sa suprême autorité apostolique ? Ou ne s'agit-il pas plutôt de son autorité de président du collège des évêques selon la nouvelle doctrine de la collégialité promue partout dans l’Église depuis Vatican II ? Cette simple formulation ne suffit pas à trancher le dilemme !
Or si nous observons ce qui a précédé cette formulation de la canonisation, nous voyons que depuis la réforme de Jean-Paul II, il n'y a plus d'enquête pontificale, le pape se contentant de confirmer les conclusions de l'enquête épiscopale. Et l'une des raisons de cette réforme était justement de tenir compte de cette nouvelle doctrine de la collégialité qui veut faire participer tous les évêques au gouvernement de l’Église universelle.
Mais si le pape agit en simple président du collège des évêques et non en seul détenteur de l'autorité suprême, ainsi que nous l'enseigne Vatican I, il n'est pas infaillible.
C'est la raison pour laquelle Benoît XIV, se faisant l’écho de l'unanimité des théologiens qui l'ont précédé, voyait dans cette enquête pontificale complète (supprimée par la réforme de Jean-Paul II) l'une des raisons de l'infaillibilité des canonisations. Raison qui n'existe plus aujourd'hui, légitimant tous les doutes !

( 745077 )
D'autant que ce n'est pas du pape par Yves Daoudal (2014-02-26 19:31:37)
[en réponse à 745039]
Benoît XIV, si je ne me trompe, mais du cardinal Lambertini, archevêque de Bologne.

( 745087 )
En effet par Vianney (2014-02-26 21:07:37)
[en réponse à 745077]
L’ouvrage dont parle jl d’André précède de plusieurs années l’élection pontificale de Benoît XIV...!
V.

( 745364 )
L'enseignement de Pie XII par jl d'André (2014-03-01 19:14:33)
[en réponse à 745077]
Mais, Vénérables Frères et très chers fils, parmi les œuvres scientifiques de Benoît XIV, trône, par son originalité et son fini, le très célèbre De Servorum Dei Beatificatione et Beatorum Canonizatione désigné unanimement par la critique comme fondamental et classique, monument durable et encore vivant du savant Pontife. Nous ne pourrions lui rendre hommage plus digne, en ce jour où nous fêtons son centenaire, que de mentionner particulièrement cet ouvrage, encore insurpassé.
L’œuvre « maîtresse » de Benoît XIV, remise à l'imprimerie deux années avant son élection au souverain pontificat, se présente, dans sa masse imposante, comme une synthèse achevée de toute l'érudition que les nombreux siècles avaient accumulée sur ce sujet et dont Prospero Lambertini avait assimilé toute l'ampleur et la profondeur avec son application habituelle, au cours d'environ trente années d'étude et de pratique comme avocat consistorial, puis vingt ans durant, comme promoteur de la foi. Le premier mérite de l'ouvrage réside dans cette perfection de la documentation : rien de remarquable n'échappe à l'esprit investigateur de l'auteur, de ce que l'histoire a conservé touchant les matières hagiographiques et les procès de canonisation, depuis les siècles les plus reculés jusqu'au très riche matériel qui, depuis la moitié du XVIIe siècle faisait l'objet de publications successives utilisant des méthodes plus perfectionnées de critique, par les Bollandistes et dans les compilations des sources des Maurini. Lambertini se servit de tout et mit chaque pierre offerte par l'histoire de la Rédemption et de l’Église, et spécialement, comme il se doit, par l'hagiographie, la théologie, le droit canon et les sciences profanes, à la place voulue, dans un ensemble bien ordonné (bien qu'il semble à quelques-uns aujourd'hui, selon le goût moderne, quelque peu confus et formaliste), ne négligeant pas de décorer cet ensemble de nombreuses autres connaissances historiques et théologiques se rapportant au sujet. Cette œuvre de Benoît XIV, en tant que synthèse de la pensée et de la pratique de l’Église catholique concernant le culte des saints, pourrait, en quelque manière, être comparée à la Somme de saint Thomas d'Aquin ; de même que celle-ci est un abrégé de ce que fut la doctrine sacrée depuis le début et aux différentes époques, l’œuvre de Lambertini offre une vision achevée de la tradition ecclésiastique en matière de culte et de canonisation des saints, des critères et des modalités reconnus comme normes, depuis le début et au cours des époques successives, lors de la reconnaissance et de la proclamation, de quelqu'un comme saint. L'ouvrage de Benoît XIV a surtout un grand mérite, dans le domaine de la recherche et de la confirmation de ces critères, particulièrement la dissertation De virtute heroica24 dans laquelle l'auteur, faisant fond sur l'expérience et la pratique de l’Église, dépeint la figure du saint, fait voir en quoi consiste la sainteté, décrit l'idéal catholique de la sainteté, mettant au point une doctrine, qui quoique n'étant pas nouvelle dans sa substance, est cependant organique dans ses éléments, précise dans les termes et accessible à tous les esprits.
15 mai 1956

( 744960 )
La description de la vérité "évolutive" par jejomau (2014-02-25 10:50:11)
[en réponse à 744952]
telle qu'elle semble énoncée ici par Mgr Lefebvre , c'est tout simplement....... Le Marxisme ou plutôt "la vérité marxiste", la doxa marxiste, qui veut que la vérité énoncée un jour peut-être fausse le lendemain, remplacée comme vérité par l'erreur d'hier...

( 744963 )
Oui, et comme chacun sait... par Candidus (2014-02-25 11:15:17)
[en réponse à 744960]
Le Bhx Jean-Paul II était un pote de Jaruzelski.

( 744972 )
C'est une critique de l'idéalisme kantien et hégélien ! par Jean-Paul PARFU (2014-02-25 12:41:18)
[en réponse à 744963]
Mgr Lefebvre reproche ici au Pape Jean Paul II à propos des canonisations, mais pas à lui seul de manière générale, en fait également au cardinal Ratzinger et à d'autres prélats à l'occasion d'autres conférences, entretiens, écrits, d'avoir adopté en philosophie les concepts et catégories de l'idéalisme kantien et hégélien.
Hegel lui-même a effectivement inspiré Marx et Engels.
Sur l'idéalisme, voir
ici

( 744980 )
Je mange mon chapeau... par Candidus (2014-02-25 15:27:09)
[en réponse à 744972]
si vous me démontrez que le passage de l'encyclique Fides et ratio que j'ai cité est compatible avec les théories Kantienne et Hégelienne de la connaissance...

( 745088 )
Pourquoi et comment la tradition est vivante par Paterculus (2014-02-26 21:15:39)
[en réponse à 744952]
L'étymologie du mot "tradition" est claire. Il s'agit de donner (dare, à l'infinitif, qui donne 'ditio' dans les dérivés avec préfixe, comme dans 'reditio') à travers (préfixe 'tra').
Ainsi la tradition est l'acte de donner à travers les générations avant d'être le contenu transmis.
L'originalité du concept chrétien de tradition est qu'il concilie les deux acceptions du terme.
En effet l'acte de donner est en rapport avec le contenu transmis, sinon cela voudrait dire que l'un des deux n'est pas en lien avec l'Esprit-saint qui guide l'Eglise.
Par conséquent les moyens mis en oeuvre par l'Eglise guidée par l'Esprit-Saint pour donner les sacrements, par exemple, ou pour exprimer la doctrine, ces moyens viennent s'ajouter au contenu transmis, en ce sens qu'ils l'éclairent et permettent de l'interpréter.
Ce qui fait qu'on ne peut pas déclarer contraire à la Révélation un usage approuvé par l'Eglise durant une certaine durée.
Par exemple, ceux qui disent que les croisades sont contre l'esprit de l'évangile, ceux-là sont dans l'erreur : il est impossible que l'Eglise se soit trompée durant plusieurs siècles sur une question morale aussi importante. Bien sûr, cela ne dispense pas d'un regard lucide sur la légitimité ou l'opportunité de telle ou telle croisade, et surtout sur les moyens employés par les croisés.
De même, comme le faisait remarquer Benoît XVI, on ne peut pas considérer comme mauvaise une liturgie que l'Eglise a considérée comme bonne pendant des siècles. Ceux qui nient que la tradition soit vivante doivent être conséquents et refuser que l'offertoire du missel de Saint Pie V soit considéré comme faisant partie de la tradition : il n'est une oeuvre que du début du second millénaire.
Cela ne veut pas dire que le concept de tradition vivante permette de renier les acquis. Le credo de Nicée-Constantinople est irréformable, les mots employés sont justes. Cela ne dispense pas d'une enquête lucide pour savoir ce que ces mots signifiaient dans la culture des Pères conciliaires du quatrième siècle. Et puisque la tradition est vivante, nous devons considérer les interprétations autorisées de ce credo comme nous renseignant adéquatement sur le sens que l'Esprit-Saint veut qu'on leur donne.
Votre dévoué Paterculus

( 745115 )
Lapsus ! par Paterculus (2014-02-27 00:02:04)
[en réponse à 745088]
Dans le message ci-dessus, lire à la place de reditio
- ou bien redditio
- ou bien deditio
Nos liseurs auront rectifié d'eux-mêmes, puisque reditio vient de redeo et non de reddo.
VdP

( 745349 )
Tout cela est cousu de fil blanc par Rodolphe (2014-03-01 14:23:49)
[en réponse à 744952]
Ce débat est remis à l’ordre du jour uniquement afin de préparer les bonnes âmes de la FSSPX à refuser la canonisation de Jean-Paul II…
Comme ce Pape « déplait » singulièrement à la FSSPX, il s’agit de trouver des arguments de circonstance pour contester l’infaillibilité de sa canonisation, et ce par tous les moyens...quitte à remonter à l’époque du déluge (Benoit XIV, le XIIème siècle etc.) !
Ce genre d’analyse est tout sauf objective car la réponse à laquelle on souhaite parvenir est déjà connue…
Inutile de discuter. Quoi que l’on puisse invoquer, la FSSPX, ou du moins une fraction de celle-ci, refusera de reconnaitre la canonisation de Jean-Paul II, car elle sait mieux que l’Eglise qui est Saint et qui ne l’est pas… Puisqu’on vous le dit !

( 745816 )
Absolument pas ! par jl d'André (2014-03-07 17:27:27)
[en réponse à 745349]
Ce n'est en rien cousu de fil blanc et ne sont nullement des arguments de circonstance. Relisez le post qui est à l'origine de ce fil : il s'agit d'une intervention de Mgr Lefèbvre datant du 18 septembre 1989, il y a 25 ans. A l'époque, on ne parlait pas de la canonisation de Jean-Paul II d'ailleurs toujours vivant et régnant !
La position de Mgr Lefèbvre et de la FSSPX ne découle que des faits de l'époque et notamment le dramatique manque de rigueur de la nouvelle procédure des canonisations.
Et il est légitime de parler de Benoît XIV, puisque c'est lui qui a fourni la synthèse la plus complète de l'enseignement unanime de tous les théologiens sur l'infaillibilité des canonisations. Relisez ce qu'en dit Pie XII et que j'ai publié sur ce même fil en réponse à Yves Daoudal.
Et il est légitime de remonter au XII° siècle puisque selon ce même Benoît XIV, c'est à partir de ce moment-là qu'il tient l’infaillibilité des canonisation pour certaine et que la réforme de Jean-Paul II nous a fait revenir à la procédure en vigueur avant le XII° siècle.
Des centaines de saints ont été canonisés pour avoir enduré le martyr parce qu'ils ont refusé de sacrifier aux idoles, voire de témoigner une quelconque marque extérieure de respect envers une fausse religion et alors qu'ils y étaient contraints sous peine de mort. Et Jean-Paul II après avoir baisé le coran sans même y avoir été contraint et ne s'en être jamais repenti pourrait être canonisé comme eux ! cela ne tient pas debout !
Ou bien ce sont les canonisations de tous ces martyrs qui ne sont pas infaillibles ou bien c'est celle de Jean-Paul II qui ne l'est pas. Comme entre les deux la procédure des canonisations a changé et que la nature de cette réforme a consisté justement à supprimer tout ce qui rendait les canonisations infaillibles, la conclusion s'impose d'elle-même : tous ces martyrs sont réellement saints, c'est Jean-Paul II qui ne peut pas l'être !

( 745825 )
Mais si c'est cousu de fil blanc... par Rodolphe (2014-03-07 21:43:56)
[en réponse à 745816]
La preuve. Vous en revenez toujours au même point. Il faut refuser la canonisation de Jean Paul II, vaille que vaille, coûte que coûte, chercher –inventer même- un soi-disant « vice de procédure » pour contourner cet embarrassant problème de l’infaillibilité etc.
Non à Jean-Paul II, c’est le seul et unique objectif de toute cette démarche…
Pour ce faire, vous exhumez un texte de Mgr Lefèbvre qui a 25 ans et qui, en réalité, est obsolète car antérieur à l’encyclique Fide et Ratio qui exprimait la pensée du Pape Jean-Paul II sur la notion de vérité… laquelle est on ne peut plus orthodoxe comme l’a démontré Candidus.
Quant au fait que Jean-Paul II a baisé le Coran, si je crois, tout comme vous, que ce fut une erreur, il faudrait au moins s’interroger sur l’intention derrière cet acte. Ce n’était certainement pas une abjuration de la Foi catholique !
Mais tout cela n’a aucune importance…
L’infaillibilité de l’Eglise ne peut que céder devant l’ « infaillibilité », oh combien supérieure, de quelques fidèles proches de la FSSPX !

( 745846 )
Et ceux qui ont refusé le martyr alors ! par jl d'André (2014-03-08 11:34:17)
[en réponse à 745825]
Je me doute bien que l'intention de Jean-Paul II en baisant le coran n'était pas d'abjurer la foi catholique. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le pape a apostasié et que donc il n'est plus pape.
Nous savons tous que l'intention de Jean-Paul II dans ce geste (et dans bien d'autres similaires) était l'ouverture au monde, le dialogue et la réconciliation avec les musulmans afin qu'en retour ils cessent de persécuter les chrétiens (ce en quoi d'ailleurs il s'est trompé et a obtenu le résultat inverse).
Mais tous les chrétiens qui ont refusé le martyr en sacrifiant aux idoles, croyez-vous qu'ils avaient tous l'intention d'abjurer la foi catholique ? Est-ce que la plupart d'entre eux n'avaient pas seulement l'intention de sauver leur peau (comme Jean-Paul II souhaitait sauver la peau des chrétiens persécutés en nous réconciliant avec l'Islam). Est-ce que certains n'étaient pas seulement animés du désir de s'ouvrir au monde ! Il y en a qui ont fait seulement semblant de sacrifier aux idoles alors qu'en réalité ils s'en sont bien gardés. Pourtant, à tous l’Église a imposé les même très fortes pénitences avec rétractation publique et solennelle pour qu'ils puissent de nouveau avoir accès aux sacrements.
Quand Saint Pierre a renié Notre Seigneur, il n'avait pas non plus l'intention d'abjurer. Pourtant il a dû expier sa faute par une triple profession d'amour et a ensuite toutes sa vie regretté et pleuré son péché, lui permettant ainsi d'être saint.
Jean-Paul II lui n'a rien regretté, comment pourrait-il être saint ? Ce serait un outrage à tous les martyrs qui ont refuser d'accomplir le même geste et qui ont pour cela été canonisés.

( 745850 )
Votre parallèle n'a bien sûr aucune valeur par Ion (2014-03-08 12:14:48)
[en réponse à 745846]
Supposons (ce qui reste à prouver) que Jean-Paul ait embrassé le Coran :
- L'a t-il fait sous la contrainte ?
- L'a t-il fait parce ce qu'il pensait que ceux qui le verraient prendraient ce geste (indépendamment de l'intention) comm un geste de reniement au Christ ?
Non, rien de tout cela. S'il l'a fait, la signification qu'il voulait donner à ce geste, et que n'importe qui de censé donnerait à ce geste, est évidemment tout autre. Nous parlons bien ici de celui qui a commencé son Pontificat par l'encyclique "Redemptor Hominis" qui met le Christ au centre de tout.
Alors, où est le moindre parallèle avec les martyrs que vous citez ou avec ceux qui ont refusé ce martyre ?
Absolument nulle part, bien sûr. Mais, sincèrement, croyez-vous vraiment vous-même à ce que vous écrivez ?
Ion

( 745856 )
“Que saint Jean-Baptiste protège l’Islam” par Vianney (2014-03-08 12:45:17)
[en réponse à 745850]
...cette prière de Jean-Paul II reste aussi à prouver sans doute ? Si on ne peut même plus se fier au site du
Vatican, à qui pourra-t-on se fier dans ce souk ?
V.

( 745861 )
Je vous croyais plus fin ou plus sincère par Ion (2014-03-08 14:24:03)
[en réponse à 745856]
Vous pensez vraiment que Jean-Paul II, à la fin de cette prière où il s'adresse à Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit, tout cela devant les autorités musulmanes, prie ce Dieu Trine de protéger la religion islamique ? Vous êtes sincère ?
Le terme Islam, ici (et peu importe la langue dans laquelle cette prière a été prononcée), est bien évidemment un terme générique qui englobe les croyants musulmans de la région, en l'occurrence ses hôtes. Que le Pape demande que Dieu les protège est parfaitement juste.
Ion

( 745863 )
“Parfaitement juste” par Vianney (2014-03-08 15:17:31)
[en réponse à 745861]
Au contraire, c’est parfaitement scandaleux, objectivement parlant : il y avait trente-six autres manières d’appeler la bénédiction de Dieu sur les croyants musulmans, sans l’appeler sur l’Islam qui, que Jean-Paul II le veuille ou non, est attaché à la seule religion de Mahomet, et spécialement aux yeux de ses adeptes.
De même qu’il y avait trente-six manières d’atteindre le même but sans inviter les représentants officiels de cette religion à prier dans une église d’Assise.
Jean-Paul II aurait voulu leur faire croire qu’ils peuvent se sauver en niant que le Christ est Dieu qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Car c’est précisément ce qu’ils ne cessent de répéter dans leurs prières quotidiennes !
V.

( 745867 )
Il ne faut pas exagérer par Rodolphe (2014-03-08 16:49:57)
[en réponse à 745863]
Jamais Jean-Paul II n'a prétendu qu'on pouvait se sauver sans le Christ. C'est tout le contraire... Il pensait que le Christ pouvait agir y compris à l'égard des musulmans.
Quant à la "protection" de l'Islam. Il y a certainement à redire mais c’est justement un statut de « protection » et non de « bénédiction », la nuance est de taille. Je rappelle qu’en terre musulmane les chrétiens ont été parfois sous la « protection » des musulmans : ex le pacte de Najran :
« Au nom de Dieu clément et miséricordieux.”
Charte de protection donnée par Dieu et son apôtre à ceux qui ont reçu le Livre (sacré), aux chrétiens qui appartiennent à la religion de Najran ou à toute autre secte chrétienne. Il leur a été écrit par Mahomet, envoyé de Dieu près de tous les hommes, en gage de protection de la part de Dieu et de son apôtre (…)La raison pour laquelle les chrétiens ont mérité d’obtenir ce pacte de protection de Dieu, de son envoyé et des croyants, est un droit qu’ils se sont acquis, et qui engage quiconque est musulman, d’obtenir cette charte établie en leur faveur par les hommes de cette religion et qui force tout musulman à y avoir égard ».
Il est vrai que ce pacte impliquait de la part de chrétiens la soumission à l’autorité du « prophète de l'islam ».
Mais bon, après tout la Jordanie avait invité le Pape et il n’était pas illégitime d’intercéder pour la protection des musulmans.
J’aurais moi aussi préféré cette expression à celle de « protection de l’Islam », mais je n’y vois pas pour autant une source de confusion ou de scandale.

( 745870 )
L’expression employée est malsonnante... par Vianney (2014-03-08 17:22:16)
[en réponse à 745867]
...et propre à conforter les musulmans dans leur adhésion à une fausse religion : par conséquent, il y a matière à scandale, au sens strict du terme (encourager quelqu’un à pécher).
D’autant que Jean-Paul II était coutumier de ces ambiguïtés. Dans un discours adressé aux musulmans de France, il avait déjà affirmé : “Les musulmans sont nos frères dans la foi au Dieu unique” (O.R. du 3 juin 1980, p. 7). Cela revenait à insinuer que l’Islam procure la foi surnaturelle, ce qui est une hérésie. Que telle n’ait pas été la pensée de Jean-Paul II ne change rien au scandale objectif que ses propos répétés ont provoqué.
V.

( 745872 )
Oui... par Rodolphe (2014-03-08 18:03:20)
[en réponse à 745870]
Je partage votre avis, mais ne prenons pas les musulmans pour des imbéciles. Ils savent faire la part des choses. S'ils sont "nos frères dans la foi au Dieu unique", selon les termes de Jean-Paul II, cela ne signifie pas qu'ils ont la vrai foi mais qu'il partage avec nous le monothéisme... pas la Sainte Trinité.
L'expression est maladroite mais certainement pas hérétique!
Quant au fait que certains aient pu mal comprendre le Pape, rappellons que beaucoup ont mal compris le Christ, puisque certains de ses propos pouvaient paraître surprenants ("qui mange ma chair"..).
Or, dans ce cas, vous ne criez pas, je crois, au scandale "objectif" et ne contestez pas la "Sainteté" du Christ.
Donc l'argument est inopérant.

( 745873 )
Oh mais si, le parallèle vaut ! par jl d'André (2014-03-08 18:10:13)
[en réponse à 745850]
Vous semblez douter que Jean-Paul II ait effectivement embrassé le Coran. Je rappelle que les chrétiens qui faisaient seulement semblant de sacrifier aux idoles étaient ensuite soumis aux mêmes très fortes pénitences que ceux qui y avaient réellement sacrifié.
Le fait que Jean-Paul II n'ait pas agi sous la contrainte est bien évidemment une circonstance aggravante.
Je veux bien croire que Jean-Paul II ait pu s'imaginer naïvement que son geste d'embrasser le coran ne serait pas interprété comme un reniement du Christ. Mais au temps des persécutions des 3 premiers siècle, il n'était jamais demandé aux chrétiens de renier le Christ. La religion romaine était très tolérante, les romains acceptaient dans leur panthéon toutes les divinités étrangères et ils y auraient accepté le Christ pour peu que les chrétiens aient admis une telle cohabitation avec toutes ces idoles. C'est uniquement pour avoir refusé de manifester quelque geste de sympathie que ce soit envers n'importe laquelle de ces idoles qu'ils furent massacrés et que l’Église les honore comme saints et martyrs.
Le pape François vient de canoniser les 800 martyrs d'Otrante qui ont refusé de plier le genou devant l'Islam. Comment peut-il ensuite sans se renier lui-même canoniser Jean-Paul II qui a fait ce même geste de bienveillance envers l'Islam qu'ils ont tous refusé et qui ensuite ne s'en est jamais publiquement repenti ?

( 745885 )
Allez, une dernière question ... par Ion (2014-03-08 21:10:09)
[en réponse à 745873]
... en espérant que vous y répondiez au lieu de redire toujours la même chose.
Y at-il quelque élément que ce soit dans la vie du Bx Jean-Paul II qui laisserait à penser que confronté au choix de renier le Christ ou de subir le martyre, il aurait ... renié ?
n'y a-t-il pas au contraire de nombreux éléments dans sa vie qui laisseraient à penser qu'il opterait plutôt pour le martyre ?
Répondez avec sincérité à cette (double) question, sans vous mentir à vous même. Vous verrez alors, je l'espère, que l'épisode du "baiser au Coran" n'a rien à voir voir avec cette question fondamentale. Qu'il est complètement hors sujet. Vous comprendrez alors, je l'espère, pourquoi votre parallèle est complètement inopérant. Et peut-être alors, accepterez-vous la sainteté de Jean-Paul II.
Ion

( 745981 )
Quelle bien curieuse question vous me posez là ! par jl d'André (2014-03-10 10:12:45)
[en réponse à 745885]
Vous semblez insinuer qu'il serait bien plus grave de renier le Christ sous la menace d'être massacré si on le refuse que le le renier de propos délibéré et en l'absence de toute contrainte ! Or c'est tout le contraire ! Toute la théologie morale nous enseigne qu'un péché commis librement est plus grave que le même péché effectué sous la contrainte, même si celui-ci est déjà extrêmement grave !
Cela dit j'accepte volontiers de répondre à votre bien curieuse question !
Supposons par exemple que Jean-Paul II eut été capturé par des terroristes islamiques de Al Quaïda et que ceux-ci lui auraient imposé d'embrasser le coran, sinon il serait aussitôt massacré. Il aurait bien évidemment accepté et aurait au moins fait semblant de l'embrasser ! Comment s'imaginer qu'il ait pu refuser, puisqu'il a été capable d'embrasser le coran (ou de faire semblant) alors même qu'il n'y était pas contraint.
Cela dit, je peux me tromper, peut-être que la menace de ces terroristes lui aurait fait prendre conscience de la gravité d'un tel geste et que très paradoxalement, il aurait refusé de faire sous la contrainte ce qu'il acceptait si volontiers de faire librement. Il serait alors mort martyr pour son plus grand bien et le nôtre.
Mais cela ne change rien au fond du problème qui est que Jean-Paul II a fait bien pire que d'embrasser le coran sous la contrainte. Il a embrasé le coran volontairement de sa propre initiative et sans aucune circonstance atténuante !