Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=745040
images/icones/neutre.gif  ( 745040 )Seulement Nixon peut aller en Chine: François et FSSPX : une opportunité par New Catholic (2014-02-26 12:02:49) 

Article de Patrick Archbold, connu dans les milieux conservateurs aux États-Unis, pour National Catholic Register (en français). Le Register appartient au plus grand "empire médiatique catholique" aux USA, EWTN, fondé par la réligieuse philo-tradi Mother Angelica, victime d'une maladie dégénérative il y a quelques années.



Quelques minutes après être posté, le Register a éliminé le texte.



L'original en anglais (dont la visite est conseillée comme un appui à M. Archbold, qui a déclenché contre lui la haine des "conservateurs" américains) est ici.
images/icones/fleche3.gif  ( 745041 )La FSSPX peut-elle être ré-intégrée rapidement ? par jejomau (2014-02-26 12:18:52) 
[en réponse à 745040]

Dans l'article qui a été mis en ligne, Mr Patrick Archbold soutient l'argument suivant :

voici ce que je demande. Je demande au Pape d’appliquer cette large générosité à la FSSPX et de normaliser les relations et leur statut canonique au sein de l’Église. Je demande au Pape de faire cela même sans un accord complet sur la question du concile de Vatican II. Peu importe leurs désaccords, nous pouvons sûrement arriver, au fil du temps, à une entente avec la FSSPX en ayant celle-ci fermement implantée dans le sein de l’Église. Je pense que l’Église a besoin d’être plus généreuse envers l’unité plutôt qu’insister sur une adhérence dogmatique à l’interprétation d’un concile non-dogmatique. Les problèmes sont réels, mais ils doivent être réglés à la maison et non pas avec la porte barrée à clé.


La ligne du journal a censuré la position de Patrick Archbold au motif d'une :

douteuse théologie néo-conservatrice, traditionnelle en morale mais non en liturgie, démontre encore une fois son incohérence.


Pourtant, c'est exactement la position qu'avait soutenu Mgr Fellay :

J’ai écrit au pape : « Nous ne pouvons pas signer cela », en précisant : « Jusqu’à maintenant, – puisque nous ne sommes pas d’accord sur le Concile et puisque vous voulez, semble-t-il, nous reconnaître –, j’avais pensé que vous étiez prêt à mettre de côté le Concile ». J’ai donné un exemple historique, celui de l’union avec les Grecs au concile de Florence où ils ne se sont pas mis d’accord sur la question de l’annulation du mariage pour cause d’infidélité. Les orthodoxes estiment que c’est une cause qui peut annuler un mariage, l’Eglise catholique non. Ils ne se sont pas mis d’accord. Qu’ont-ils fait ? Ils ont laissé le problème de côté. On voit très bien la différence entre le Décret aux Arméniens où la question du mariage est mentionnée et le cas des Grecs où elle est omise. J’ai fait cette référence en disant : « Peut-être que vous faites la même chose, peut-être pensez-vous plus important de nous reconnaître, nous, comme catholiques que d’insister sur le Concile. Mais maintenant avec le texte que vous nous remettez, je pense que je me suis trompé. Alors dites-nous vraiment ce que vous voulez. Car chez nous ces questions sèment la confusion ».

images/icones/neutre.gif  ( 745042 )Unilatérale par New Catholic (2014-02-26 12:32:07) 
[en réponse à 745041]

We have always believed that, though negotiations are important to smooth details, only a generous and kind unilateral settlement by the Supreme Legislator could get things done -- that was the only way Summorum Pontificum was promulgated as well; if Pope Ratzinger had tried to negotiate with French and German Bishops, we would still be waiting for it... Well, Mr. Archbold is very optimistic in suggesting what is an unexpected outcome for the moment. Let us pray for the unity of the Church, and for peace inside the Fraternity of priests founded by Abp. Lefebvre.
(Rorate)
images/icones/vatican.gif  ( 745056 )Une réconciliation est possible sans accord sur Vatican II par Athanase (2014-02-26 16:22:28) 
[en réponse à 745041]

On nous dit souvent qu'il y a un fossé entre l'Eglise et la FSSPX à cause du statut du concile. On nous dit qu'il faut "reconnaître" Vatican II. Mais que signifie, précisément, "reconnaître" quand il y a assez peu de points doctrinaux (à part la sacramentalité de l'épiscopat, l'Eglise vue comme un élément complexe ne dissociant pas son corps et son âme, etc.); a fortiori, rien de dogmatique, parce que, tout simplement, les pères conciliaires ne le voulaient pas. Jean XXIII entendait tout simplement rappeler la doctrine traditionnelle, mais nullement l'amender ou la modifier. Donc Vatican II ne devrait pas poser de problèmes parce que, tout simplement, il n'existe pas stricto sensu de foi "duovaticanesque" comme il a existé dans le passé une profession de foi tridentine ou nicéenne. Il est donc impossible de demander une adhésion à quelque chose qui n'existe pas. Les difficultés avec la FSSPX relèvent plus du climat ecclésial qu'autre chose (soit dit en passant, ce climat est aussi bien interne à l'Eglise qu'interne à la FSSPX). Et d'un...

Et puis si l'on regarde l'histoire, en 1965, les pères conciliaires ont signé des textes sans forcément entendre la même chose, pour ne pas dire des choses diamétralement opposées. Je ne suis pas certain que le Cardinal Suenens ait entendu les textes dans les mêmes sens que Mgr Lefebvre qui, avec les pères du Coetus, signa ces textes. Comment 3000 pères conciliaires auraient-ils pu entendre les choses de la même manière ? Certains ont signé avec joie, d'autres avec opportunisme, d'autres encore en traînant les pieds... C'est tout. Donc "reconnaître" Vatican II ne veut pas dire grand chose, car, tout simplement, cette expression ne signifie rien. Adhère-t-on à un état d'esprit comme on adhère à une position doctrinale ? Très honnêtement, cela tient de la prestidigitation, car on adhère jamais, en soi, à quelque chose de fluctuant ou d'inexistant... Et de deux.

Au concile de Nicée, en 325, les Novatiens - nom donné à des dissidents qui entrèrent en bisbille avec Rome vers la moitié du IIIème siècle après Jésus-Christ - furent même invités, alors qu'ils étaient en position dissidente. Mais la Grande Eglise avait reconnu qu'ils ne différaient point de ce qui allait être défini au concile. Et d'ailleurs, Nicéens et Novatiens tinrent bon contre les hérétiques ariens. A méditer dans ces temps un peu compliqués...

images/icones/1v.gif  ( 745116 )On dit 'secundovatinesque'... par Paterculus (2014-02-27 00:15:51) 
[en réponse à 745056]

... plutôt que 'duovaticanesque' : le français utilise volontiers le cardinal à la place logique de l'ordinal, mais cela ne devrait pas affecter les composés.
C'est d'ailleurs à cette utilisation du cardinal que nous devons la belle mêlée pour savoir si le troisième millénaire commençait le premier janvier 2000 ou le premier janvier 2001.
Votre dévoué Paterculus - qui d'ailleurs partage assez bien votre analyse.
images/icones/abbe1.gif  ( 745233 )Cela signifie qu'il n'y aura pas de Vatican III par Athanase (2014-02-28 10:45:54) 
[en réponse à 745116]

Si l'on utilise un dérivé du terme "second", on suppose qu'il n'y aura pas de 3ème partie... Dans ce cas, pas de Vatican III. :-)
images/icones/ancre2.gif  ( 745257 )Oui, mais étymologiquement ... par Paterculus (2014-02-28 14:36:58) 
[en réponse à 745233]

Étymologiquement, secundus vient manifestement de sequi, et signifie donc le suivant : rien ne s'oppose à ce qu'un autre suivant suive le premier suivant, non ?

Bon mais il n'y aura pas de Vatican III parce que le nombre d'évêques dans le monde était déjà à la limite du supportable pour un concile dans les années 1960, alors aujourd'hui ce serait impossible de les faire tenir tous dans la basilique vaticane. On est sûr ainsi non seulement qu'il n'y aura pas de Vatican III, mais aussi que s'il y a un concile œcuménique il aura une autre forme : devant l'impossibilité d'organiser des débats en latin pour cinq mille évêques, on devra trouver un système de représentativité pour garder l'aspect universel.

VdP
images/icones/1b.gif  ( 745259 )examen de latin ? par Lycobates (2014-02-28 14:55:15) 
[en réponse à 745257]

Et si on faisait passer les possibles participants à un Concile oecuménique l'épreuve d'un petit thème latin bien corsé ? (défense de consulter son peritus)
Est-ce que cela ne réduirait pas leur nombre à un chiffre disons bien abordable ?

Mais peut-être ne faut-il pas de "Vatican III", mais tout simplement une bonne fois pour toutes une véritable Concilii Vaticani continuatio, à partir de la session V, faisant suite à la suspension usque ad aliud opportunius et commodius tempus prononcée par le pape Pie IX le 20 octobre 1870 par Lettres apostoliques "Postquam Dei munere", et restée sans suite ...

ICI
images/icones/find.gif  ( 745281 )Conciles futurs: mission impossible ? par Athanase (2014-02-28 17:24:45) 
[en réponse à 745257]


Cher Paterculus,

Merci pour votre lumineuse réponse.

Bon mais il n'y aura pas de Vatican III parce que le nombre d'évêques dans le monde était déjà à la limite du supportable pour un concile dans les années 1960, alors aujourd'hui ce serait impossible de les faire tenir tous dans la basilique vaticane. On est sûr ainsi non seulement qu'il n'y aura pas de Vatican III, mais aussi que s'il y a un concile œcuménique il aura une autre forme : devant l'impossibilité d'organiser des débats en latin pour cinq mille évêques, on devra trouver un système de représentativité pour garder l'aspect universel.


Vous soulignez un point important dans votre réponse: la difficulté à réunir l'intégralité du collège épiscopal. C'est tout à fait vrai. Avec Vatican II, c'était, si je puis me permettre une expression familiaière, "border line".

Vous suggérerez un "système de représentativité". Quelle pourrait en être la forme ? Limiter la présence aux archevêques, mais exclure leurs suffragants et les simples évêques diocésains, avec quelques exceptions (pays avec une faible représentation épiscopale, etc.). Cela pourrait se discuter, car la tendance de ces dernières années a été, clairement, le gonflement du nombre de diocèses, notamment dans les pays du Tiers-monde. Le phénomène ne semble pas s'arrêter.

Mais je pense qu'une raison de fond pourrait aussi reconsidérer l'opportunité d'un concile: l'impréparation des évêques, les lacunes doctrinales patentes et prégnantes chez un bon nombre d'évêques et l'impossibilité de réunir de façon confidentielle un aussi grand nombre de personnes. Je pense que la réunion d'un concile fait courir un grand danger à l'Eglise quand on connaît la pression médiatique, la diffusion instantanée de l'information. Comment les évêques ne pourraient pas être sous pression, quand on connaît la préférence du système médiatique pour tout ce qui est hétérodoxe ? Déjà, sous Vatican II, certains pères conciliaires déploraient cette intrusion médiatique. Aujourd'hui, le phénomène est à multiplier par mille à l'heure des réseaux sociaux et d'Internet...

Je pense que, pour le moment, la solution "conciliaire" n'est pas de mise. Peut-être en sera-t-il ainsi pour plusieurs décennies, jusqu'à ce qu'une clarification doctrinale ait lieu corrélativement à un apaisement ecclésial. Sans nier que de nouvelles difficultés apparaîtront et que le Corps mystique sera toujours, ici-bas, en proie à des tribulations.

images/icones/ancre2.gif  ( 745306 )Synodalité par Paterculus (2014-02-28 21:52:56) 
[en réponse à 745281]

Je crois qu'en parlant de "synodalité" le Saint Père avait présente à l'esprit cette difficulté du nombre d'évêques s'il fallait réunir un concile œcuménique. L'institution du synode a pour but d'étudier les problèmes de façon continue, de sorte qu'on les résolve dés qu'ils se présentent, sans attendre que les besoins de réforme ou de définition nécessitent la convocation d'un concile.
Mais en cas de besoin, la représentativité des évêques réunis en synode pourrait servir de base à des réunions plus larges qui ne mériteraient pas le nom de concile œcuménique mais pourraient en avoir certaines attributions.

Mais la question du nombre n'est pas la seule. Il y a maintenant la question de la langue : va-t-on utiliser celle des impérialistes du moment ? Pour le catéchisme de l'Eglise Catholique on a utilisé le français comme langue de travail, mais qu'en sera-t-il plus tard ? C'est encore un aspect de l'urgence de rétablir le latin comme langue liturgique, car son éviction de son rôle liturgique a conduit à son éviction tout court, et en fait de nouvelle Pentecôte on a un certain retour à Babel...

VdP
images/icones/fleche2.gif  ( 745121 )Ce n'est pas parce qu'il est pastoral que son contenu n'existe pas. par Scrutator Sapientiæ (2014-02-27 07:15:21) 
[en réponse à 745056]

Bonjour Athanase,

Il me semble que, même si c'est pour la bonne cause, vous allez un peu vite en besogne.

D'une part, ce n'est pas parce que Vatican II est un Concile pastoral que son contenu n'existe pas d'une manière explicite et objective ; bien au contraire, son contenu s'impose à nous, non seulement en tant qu'événement historique, mais aussi en tant que consécration magistérielle d'une certaine relation, adogmatique, oecuméniste, la plus consensuelle ou la plus iréniste possible,

- à l'Ecriture, à la Tradition, au Magistère antérieur,

- aux chrétiens non catholiques, aux croyants non chrétiens, à l'homme et au monde (inspirés par l'esprit) "de ce temps".

Et ce n'est pas parce que cette consécration magistérielle n'a aucun caractère dogmatique, au sens de : "condamnatrice" ou "définitoire", qu'elle est totalement dépourvue d'autorité doctrinale.

D'autre part, à la limite, je suis tenté de dire ceci : au Concile, on n'a pas toujours bien su à quoi on a dit oui, ni quelles allaient en être les conséquences, doctrinales et pastorales, mais on a presque toujours bien su à quoi on a dit non, les uns pour s'en réjouir, les autres pour s'en attrister : je vous renvoie ici, notamment et surtout, aux débuts de la première session...

Ce qui pose un problème d'ordre interne, c'est ceci : en principe, nul n'a vocation à accorder, notamment et par exemple, à DH et à NA, une autorité doctrinale supérieure à celle qu'il devrait accorder, prioritairement, sinon exclusivement, à DV et à LG, puisqu'il s'agit des deux seules Constitutions dogmatiques du Concile.

Or, dans la pratique, c'est cette inversion de l'autorité ou de la hiérarchie des textes, souvent au sein, parfois même à la tête de l'Eglise, qui pose problème, depuis un demi-siècle, et qui fait, par exemple, que des passages du Concile comme L G 14 et L G 17 sont rarement précisés ou rappelés par les évêques.

Par manque de temps, je ne puis en dire davantage, mais je peux vous assurer que ce n'est pas avant tout ni seulement une question d'état d'esprit : il me semble que, pour écrire Veritatis Splendor, Jean-Paul II a pris appui, d'une manière non négligeable, sur Gaudium et Spes, alors que l'on peut difficilement considérer que ces deux documents participent exactement du même état d'esprit.

Mais voilà : dans VS, Jean-Paul II ne se contente pas de dire ce que l'on a pris soin de DIRE, dans GS ; il consent aussi, voire surtout, à dire ce que l'on a pris soin de TAIRE, dans GS.

Pour moi c'est cela, le fond du problème :

- d'une part, il faut remettre la pyramide du Concile dans le bon sens, la faire reposer sur sa base, faire en sorte que sa pointe se trouve vraiment à son sommet, reconnaître, au passage, l'importance et l'influence de l'ambiance, du contexte, de l'époque, sur le Concile lui-même, et pas seulement sur l'après-Concile,

- d'autre part, il faut recréer un espace d'expression, dans l'Eglise, au service de l'explicitation doctrinale et pastorale, donc de la réception et de la transmission, de sujets et de thèmes qui ne sont ni escamotables, ni irénisables, ni édulcorables, ni euphémisables, mais dont le Concile n'a pas parlé, et dont on parle...le moins possible.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 745207 )Le fossé dont vous parlez n'est pas avant tout magistériel. par Scrutator Sapientiæ (2014-02-27 22:46:44) 
[en réponse à 745056]

Bonsoir Athanase,

Je m'exprime un instant au contact de votre première phrase : "On nous dit souvent qu'il y a un fossé entre l'Eglise et la FSSPX à cause du statut du concile."

D'une part, je me suis efforcé ce matin de rappeler, s'il en est besoin, que ce n'est pas parce que Vatican II est un Concile pastoral qu'il est, de ce fait, dépourvu de contenu doctrinal, ni dépourvu d'un contenu doctrinal qui lui est relativement propre (UR, NA, DH, GS).

Ce n'est donc pas uniquement le contenant, le statut, mais c'est également le contenu, les textes, du Concile Vatican II, qui rendent la réconciliation difficile.

D'autre part, je m'efforce ce soir de rappeler qu'en amont et en surplomb des textes du Concile, il y a toute une théologie (une anthropologie et une ecclésiologie), et que, en amont et en surplomb de cette théologie, il y a toute une philosophie, id est toute une relation intellectuelle à l'homme et au monde ; une philosophie et une théologie face auxquelles les évêques qui, autour de Mgr LEFEBVRE, ont combattu, ont résisté, au moment du Concile.

Les théologiens qui ont inspiré Vatican II n'étaient pas d'accord sur tout, les deux dernières sessions, puis l'après-Concile, l'ont assez bien montré, mais ils étaient d'accord sur l'essentiel, ou plutôt sur ce qui, à leur yeux, faisait partie de l'essentiel : il fallait "en finir" avec une ecclésiologie controversiste qui pouvait d'autant moins être actualisée qu'elle était considérée comme totalement inadaptée.

Il ne s'agit pas pour moi d'accorder à ces théologiens plus d'autorité qu'au Concile lui-même, ni de considérer qu'il est à tout jamais impossible que Mgr FELLAY dise "OUI", par exemple, à DV, sous prétexte que Mgr LEFEBVRE a dit "NON", en son temps, à Henri de Lubac, qui a été l'un des admirateurs ou l'un des inspirateurs de ce texte.

Mais il s'agit pour moi de vous rappeler que le Concile Vatican ne reflète pas seulement son exposition à une ambiance, à un contexte, à une époque, propres aux années 1960, mais traduit aussi son exposition à un courant théologique qui est né à la fin des années 1930 (j'ai déjà proposé 1937 comme date de naissance) et qui n'a pas attendu les années 1960 pour commencer à acquérir de l'importance, à exercer de l'influence.

Sans doute suis-je plus pessimiste que vous, mais je suis tenté de conclure ce message de la façon suivante : OUI à une possibilité de réconciliation, à l'ouverture d'une fenêtre d'opportunité, si Dieu le veut, mais NON à une réalisation de cette réconciliation qui reposerait sur un malentendu fondamental sur la nature et le volume, l'ampleur et la portée des divergences, certainement passées, et sans doute encore en partie présentes, entre l'Eglise et la FSSPX.

Volontairement, je n'aborde pas, notamment dans le cadre de ce message, la question liturgique ; les divergences non négligeables auxquelles je fais allusion se situent en effet à un autre niveau.

Je le raccourcis ou je le résume sans doute bien mal, mais je crois que dire OUI à la totalité du Concile Vatican II revient à dire OUI à l'intégralisme et au personnalisme qui le sous-tendent ; a contrario, il n'est pas encore démontré que l'on puisse dire OUI à la totalité du Concile, tout en disant NON à cet intégralisme et à ce personnalisme que certains de ses textes traduisent plus que d'autres.

Et il me semble que cet intégralisme là, ce personnalisme là, n'est pas qu'une question d'état d'esprit associé à un moment donné, dans l'histoire de l'Eglise.

Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/abbe1.gif  ( 745232 )Merci pour votre réflexion ! par Athanase (2014-02-28 10:41:46) 
[en réponse à 745207]

... que j'ai lue attentivement ! Comme dans toute controverse théologique, il faut distinguer ce qui est substantiel de ce qui est accessoire. Dans ce dernier, on peut inclure, comme vous le remarquez justement, des courants philosophiques du moment (ex: le personnalisme, etc.) qui ne sauraient engager l'Église.
images/icones/fleche2.gif  ( 745060 )Seul Nixon peut aller en Chine (Metablog) par Athanase (2014-02-26 16:35:03) 
[en réponse à 745040]

Seul Nixon peut aller en Chine.
images/icones/fleche2.gif  ( 745120 )Voici la conférence du futur Benoît XVI, le 13/07/1988. par Scrutator Sapientiæ (2014-02-27 06:31:57) 
[en réponse à 745060]

Bonjour Athanase,

Je crois utile de rappeler le contenu de ce texte.

Voici :

Ici.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 745214 )La dernière phrase de ce texte est extrêmement instructive. par Scrutator Sapientiæ (2014-02-27 23:10:51) 
[en réponse à 745120]

Bonsoir Athanase,

Voici :

" Si nous réussissons à montrer et à vivre à nouveau la totalité de ce qui est catholique dans les aspects traités ci-dessus, alors nous pourrons espérer que le schisme de Mgr Lefebvre ne sera pas de longue durée. "

Tentative de reformulation :

1) Actuellement, nous ne réussissons pas à montrer ni à vivre la totalité de ce qui est catholique dans un certain nombre et un certain type d'aspects et d'enjeux ;

2) compte tenu de ce déficit de concrétisation, de fidélisation, de manifestation, de réalisation, de la totalité de ce qui est catholique, le schisme de Mgr Lefebvre correspond, sinon à une certaine justice, du moins à une certaine logique, une logique de réprobation de ce déficit ;

3) donc, si (et seulement si ?) nous réussissons à montrer et à vivre à nouveau la totalité de ce qui est catholique dans les aspects et enjeux concernés,

4) alors, nous pourrons espérer que le schisme de Mgr Lefebvre ne sera pas de longue durée.

C'est un peu comme si Mgr Ratzinger faisait, en 1988, de l'inscription dans la longue durée du schisme "lefebvriste" LE critère d'appréciation de l'inscription dans la durée, et de la pérennité ou de la disparition, du déficit d'identité catholique qu'il a constaté, au sein même de l'Eglise, depuis déjà au moins vingt ans avant 1988.

D'une manière qui n'est ni nostalgique, ni partisane, j'y vois la reconnaissance, par le futur Benoît XVI, de ce qu'il faut bien appeler la légitimité du positionnement de Mgr Lefebvre, face à ce déficit.

Au regard de l'histoire de l'Eglise, je ne sais pas ce que c'est que la longue durée, mais nous sommes aujourd'hui en février 2014, et nous serons donc, dans quatre ans et six mois, en juin 2018...

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.