
( 744722 )
Qui sommes-nous ? Nous sommes des Catholiques traditionnels par Philippe F. (2014-02-22 16:04:40)
[en réponse à 744714]
"Un traditionaliste c'est celui qui croit, qui a la foi et qui veut que cette foi soit intègre, qu'on ne la change en aucune manière, que l'on n'enlève pas un seul iota. Des martyrs nombreux ont donné leur vie pour défendre une seule vérité de la foi. Et c'est Léon XIII qui a dit d'une manière très explicite : " Si quelqu'un nie un seul article de foi, il n'est plus catholique ". Celui qui aime la Tradition, qui veut vivre de la Tradition garde la foi. C'est une marque des traditionalistes.
Le traditionaliste est aussi celui qui s'efforce de tout son coeur, de toute son âme d'observer la loi du Bon Dieu et les préceptes de l'Evangile. Il ne veut pas que l'on transforme cette loi de Dieu et qu'on la renie. Il veut l'observer pour être conforme à la volonté de Dieu. Il s'efforce par conséquent d'éviter le péché qu'il considère comme le mal de son âme. Car celui qui pèche ne s'aime pas ; il n'aime pas son âme. C'est encore une des caractéristiques du traditionaliste.
Les traditionalistes veulent garder la foi et les commandements de Dieu pour lui obéir, et garder les préceptes de l'Evangile. Mais, il sait parfaitement qu'il est faible et qu'il a besoin de tous les secours que le Bon Dieu a transmis par l'intermédiaire de son Eglise sortie de son coeur sacré. Cette Eglise à laquelle il a transmis tous les moyens de la sanctification, particulier les sacrements et le Saint-Sacrifice de la Messe et la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie.
Le traditionaliste est attaché à la dévotion au Saint-Sacrifice de la Messe, à la vraie Messe, à la Messe qui est le Sacrifice de la Croix renouvelé sur l'autel, avec la présence réelle, physique, du Corps, du Sang, de l'âme, de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'est pourquoi venant communier au Corps et au Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, il s'agenouille, plein de respect, d'adoration, d'action de grâce. Il demande pardon au Bon Dieu: Non sum dignus. Non sum dignus, je ne suis pas digne de vous recevoir, Seigneur Jésus. Venez-en moi. Aidez-moi à observer les commandements de Dieu. Gardez-moi dans la foi catholique. Car le traditionaliste, comme le dit saint Pie X, est tout simplement catholique. Et c'est vrai. Et c'est pourquoi vous êtes si résolus à garder cette Tradition, parce que vous voulez demeurer catholiques.(...)
Une grande grace que le bon Dieu nous a faite
Oui, mes biens chers frères, c'est une grande grâce que le Bon Dieu nous a faite de nous garder catholiques. Et vous savez bien que dans les circonstances dans lesquelles nous vivons, on nous estime plus ou moins en dehors du bon chemin. On voudrait nous faire croire que nous avons abandonné la voie droite, la voie qui mène à Dieu, qui conduit au Ciel. Eh ! bien non ; nous sommes bien persuadés qu'en gardant la doctrine qui a été enseignée par l'Eglise pendant vingt siècles, qu'en gardant le magistère de l'Eglise, qu'en gardant le catéchisme du Concile de Trente qui est le résumé de toute notre foi, nous sommes bien sur le chemin du Ciel. Et nous ne voulons pas changer. Nous voulons demeurer ce que nous sommes.(...)
Mais ce que je puis vous assurer, c'est qu'à Rome, constatant les bienfaits de cette résistance et de ce maintien de la foi catholique dans les coeurs et dans les esprits, ils devraient logiquement nous aider à maintenir cette foi catholique.
Nous refuserons si...
Si par hasard on nous pressait de faire des concessions au Concile, parce que beaucoup de personnalités romaines aujourd'hui - on l'a répété lors des deux derniers Synodes - ne veulent pas imputer ses mauvais fruits à Vatican II, nous ne pourrions l'accepter.
Jusqu'à présent, il nous semble bien hélas que ses fruits, ceux de cette " Nouvelle Pentecôte " ne sont pas très réjouissants pour l'Église. Ils sont même plutôt empoisonnés. Alors s'ils veulent absolument faire en sorte que nous établissions une espèce de compromis avec ces doctrines modernes qui détruisent notre foi, nous refuserions. Nous voulons rester catholiques. Nous n'avons pas combattu pendant vingt ans pour abandonner notre combat et passer dans les rangs de ceux qui perdent la foi.
J'espère qu'ils seront logiques. Concluant que ce que nous faisons est bon et sain, conforme à la doctrine et à la sainteté de l'Église, j'espère qu'ils viendront à notre aide d'une manière positive et qu'ils nous permettront de nous développer et de répandre ces bienfaits. Mais je n'en suis pas certain.
A cause du poids actuel dans toute cette Eglise modernisée et moderniste, de ces théories qui empoisonnent leurs esprits, je ne serais pas surpris qu'ils cherchent par tous les moyens à faire en sorte que nous nous rapprochions d'eux et de cet esprit conciliaire. Je redoute cela. Mais je mets ma confiance et, mes biens chers frères mettez votre confiance dans la Très Sainte Vierge Marie. Ce mois de l'Avent est le mois de la Vierge Marie. Nous venons de fêter l'Immaculée Conception. Marie porte Jésus dans son sein et bientôt elle va nous le présenter. Et pour nous, Jésus qui vient, c'est notre roi. Nous voulons qu'Il règne. C'est notre Dieu. C'est Notre Seigneur. Ce sera notre juge à l'heure de notre mort.
La croix et la couronne
Et c'est pourquoi nous voulons qu'Il porte la Couronne, la Couronne du Roi. Qu'Il règne ! Qu'Il règne sur nos coeurs, sur nos âmes, sur nos volontés ; qu'Il règne sur nos familles et sur nos Cités.
Voilà ce qu'est la Tradition de L'Eglise. Voilà ce qu'est le traditionalisme. Or, nous sommes obligés de constater que ce Jésus que la Vierge Marie nous donne et qu'elle nous apporte comme le Roi du monde, le Roi de l'Eternité et le Roi du temps, ils veulent le diminuer et ils le diminuent.(...)
Nos rois, autrefois, portaient la Croix et la couronne. Cette union de la couronne et de la Croix est magnifique. Penser que nos rois portaient la Croix. Ils croyaient en le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et ils voulaient étendre ce règne de Notre Seigneur.
Nous, nous sommes les fils de ceux qui ont uni la couronne et la Croix, parce que nous voulons que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne non seulement dans nos familles, mais aussi dans nos Cités.
Je souhaite vivement, mes biens chers frères, que vous demeuriez fidèles à la Tradition de l'Eglise, à la tradition de nos rois chrétiens, à la tradition qui fait de nous des catholiques. Ayez cette ferme résolution de toujours rester catholiques, de ne jamais passer au modernisme, au progressisme et à toutes ces erreurs qui ont été condamnées par notre saint pape Pie X, dernier pape qui soit saint. Soyons fidèles à la doctrine de ce saint qui est un modèle pour notre temps.(...)
Demandons à la Très Sainte Vierge Marie, tout particulièrement en ce temps de l'Avent, qu'elle vienne à notre secours et qu'elle fasse ce miracle, ce miracle extraordinaire que Rome nous donne la possibilité de continuer à multiplier le nombre des catholiques et à les défendre, à multiplier nos séminaires, nos couvents, nos monastères, nos familles chrétiennes, afin que Notre Seigneur Jésus Christ, son divin Fils, règne sur la terre comme au Ciel.
Ainsi soit-il."
Mgr Marcel LEFEBVRE
En l'église St-Nicolas-du-Chardonnet, le dimanche 13 décembre 1987

( 745669 )
Un catholique traditionnel est un catholique résistant. par Scrutator Sapientiæ (2014-03-04 23:46:17)
[en réponse à 744714]
Bonsoir New Catholic,
1. Il me semble que, dans le contexte actuel, un catholique traditionnel est un catholique résistant, qui entend résister, face à l'influence de l'esprit du monde, qui règne "souvent" dans le monde et qui sévit "parfois" dans l'Eglise.
2. Compte tenu, notamment, des enjeux de cette résistance, compte tenu, également, des impacts, en cas de moindre résistance, ou de non résistance, que ce soit au coeur de l'Eglise ou au sein du monde, compte tenu, enfin, de sa condition de pécheur et de sa vocation de baptisé, le catholique traditionnel SAIT qu'il a besoin, pour pouvoir résister, de moyens, de renforts, de secours, à caractère surnaturel : la Foi, l'Espérance, la Charité.
3. C'est pour cette raison que le catholique traditionnel est, non seulement tridentin, mais aussi "tridentiniste" ; il utilise les trois vertus théologales, comme les trois pointes d'un même trident, pour se défendre, car il est attaqué, car nous sommes tous susceptibles d'être attaqués, par la subversion, par les tentations, etc...
4. A partir de cette "définition", que dire de plus, en quelques mots ? Il y a les manières appropriées de résister, les matières sur lesquelles il convient de résister en priorité, et le recours aux manières les plus appropriées, dans les matières les plus prioritaires, ce qui nécessite non seulement une attitude défensive, une attitude résistante, mais aussi de la diplomatie, du discernement, de la pédagogie, de la psychologie.
5. Très rapidement, une autre idée me vient à l'esprit : le catholique traditionnel fait référence à la Tradition ; encore faut-il qu'il la connaisse et qu'il la comprenne ; or, celle-ci ne se limite ni à la dimension liturgique, ni à la dimension polémique, ni à presque un seul théologien, ni à presque un seul Souverain pontife, alors que l'on a parfois l'impression que c'est "cela", et avant tout, voire seulement, "cela", "la Tradition".
6. Il est question de "défendre", quand on est attaqué, y compris au moyen d'appréciations négatives, sur ce qu'il convient d'apprécier d'une manière négative, dès lors que c'est éloigné de / opposé à l'Ecriture, à la Tradition, au Magistère, mais il est aussi, voire surtout, question de "promouvoir", y compris au moyen de formulations positives : il y a, ou, en tout cas, il peut y avoir, une "attractivité" de la Tradition, en amont d'une "édification" par la Tradition, et j'en ai fait l'expérience à ma manière, en me tournant vers quelques grandes figures de la Tradition, objectivement plus attractives ET plus édifiantes que bien des philosophes et théologiens contemporains, aussi intelligents et intéressants soient-ils par ailleurs.
7. Le catholique rénovateur me fait l'effet d'être un prisonnier volontaire ou une victime consentante ; je l'ai déjà défini comme un "trianguliste", enfermé à l'intérieur d'un triangle anthropocentrique, puisqu'il donne fréquemment l'impression de ne pouvoir et de ne vouloir "jurer" que par et pour la dignité, la liberté, la solidarité de l'Homme.
8. Le catholique rénovateur n'est donc pas un résistant, mais un "acceptant" ou un "conciliant" ; il est vrai qu'à force de voir le bien presque partout, on finit par ne plus voir le mal presque nulle part, dans le domaine de la Foi comme en matière de moeurs.
9. Je cite ces deux caractéristiques fondamentales du catholique rénovateur, pour bien montrer l'ampleur et la portée de la différence entre le catholique traditionnel et le catholique rénovateur, d'après ce que j'ai déjà eu l'occasion d'observer, à de nombreuses reprises ; l'un a toujours peur d'être en retard d'un renouveau dont l'origine est le plus souvent extérieure à l'Ecriture, à la Tradition, au Magistère, là où l'autre n'a jamais peur d'être en avance d'une transmission, propice à la continuation de la résistance, en direction de l'avenir.
10. A partir de là, et si l'on veut bien se souvenir du fait qu'il y a eu des catholiques rénovateurs et des catholiques traditionnels en amont du début du Concile, on comprendra aisément pourquoi à mes yeux la défense et la promotion de la Tradition ne peuvent ni ne doivent se limiter à la critique des limites du Concile, aussi réelles soient-elles.
Ce qui précède est sans prétentions, ce ne sont que quelques éléments de "réflexion" ; disons que c'est ce que j'aurais essayé d'écrire rapidement, si l'on m'avait posé la question...
J'ai sûrement oublié de nombreux points très importants, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser, mais cette question est passionnément inépuisable, et, si elle n'était pas passionnément inépuisable, nous ne serions pas là pour en parler, au quotidien, sur le FC...
Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à bientôt.
Scrutator.