« Le Comité recommande au Saint-Siège d’entreprendre une révision complète de son cadre normatif, en particulier le droit canonique, en vue d’assurer sa pleine adéquation avec la Convention »
Il va falloir que l’Eglise mette en place des programmes de conscientisation sur les droits des enfants dans ses programmes éducatifs et scolaires, mais aussi pour tous ses enseignants et responsables d’institutions religieuses. Et puis pour tout le clergé, et dans tous les séminaires.
Il va falloir que l’Eglise, et le droit canonique, fassent disparaître les termes stigmatisants : « enfants illégitimes » (canon 1 139 par exemple). « Tout en prenant note de la déclaration de progrès faite en juillet 2013 par le pape François, le Comité est préoccupé par les déclarations passées du Saint-Siège sur l’homosexualité qui contribuent à la stigmatisation sociale et à la violence à l’encontre des adolescents lesbiens, gay, bisexuels et transgenres et des enfants élevés par des couples de même sexe. »
A l’heure de la théorie du genre « qui n’existe pas », le Comité regrette d’ailleurs bien que « le Saint-Siège n’ait pas pu produire des informations précises quant aux mesures prises pour promouvoir l’égalité entre filles et garçons et pour ôter les stéréotypes de genre des manuels des écoles catholiques ».
Pour les jeunes filles, il faudra encore fixer, pour protéger leur santé et leur bien-être, les cas où l’avortement sera permis, l’urgence étant d’amender le canon 1398. Mais aussi de faire tomber « les tabous sur la sexualité adolescente », de promouvoir « le planning familial et la contraception », et l’éducation sexuelle obligatoire pour les adolescents, filles et garçons, afin d’éviter les grossesses précoces et les maladies sexuellement transmissibles : ce sera l’« éducation à la santé reproductive ».
Il y a contre l’Église, et pas uniquement en France, une attaque de type jacobin qui vise simplement à la chasser de la société civile.
Mais il y a également une attaque plus subtile, qui se donne les apparences d’un accord avec une Église refaite à neuf, mise à jour, en harmonie avec son temps. On trouve aussi cela dans la popularité de François, un pape "comme il n’y en avait jamais eu auparavant", enfin "l’un de nous", fabriqué en réalisant un copier-coller de ses phrases ouvertes, polyvalentes.
Cette ruse mondaine ne pouvait pas être mise en œuvre contre son prédécesseur, le doux Benoît XVI, qui préférait le combat en terrain découvert, avec le courage du oui qui est un oui et du non qui est un non, "opportune et importune", comme lorsque, à Ratisbonne, il avait dévoilé les racines théologiques du lien entre la foi et la violence dans l'islam, ou encore à propos des questions "non négociables". Voilà pourquoi le monde a été tellement féroce avec lui.
Avec François, c’est différent. C’est une nouvelle partie. Mais il ne sait pas lui-même comment le jeu va se poursuivre, maintenant qu’il se montre plus dur.