Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 744314 )De quand date l'expression "célébration de la Parole" ? par Gaspard (2014-02-16 16:12:50) 

Les ouvrages tradis parlent des "Saintes Ecritures", alors que les progressistes parlent de "la Parole" et même de la "célébration de la Parole".



Savez-vous de quand date l'apparition de l'expression de "la Parole" susbtituée aux Saintes Ecritures ? Merci par avance !
images/icones/bible.gif  ( 744316 )Le Christ – Parole unique de l’Écriture Sainte par Rémi (2014-02-16 16:44:54) 
[en réponse à 744314]

Un point intéressant, mais quel ne l'est pas, du Catéchisme pour bien saisir ce que l'Eglise entend sous le vocable "Parole", dont on voit qu'il est utilisé par exemple ici par saint Augustin, bien que cela ne réponde pas exactement à votre question, cher Monsieur.
images/icones/fleche2.gif  ( 744345 )Il conviendrait de vérifier par Vassilissa (2014-02-16 21:46:41) 
[en réponse à 744316]

sur le latin la citation de saint Augustin (malheureusement je n'ai qu'une anthologie des Enarrationes, et pas le Ps 103) : il y a de fortes chances que ce soit le même mot Verbum qui soit traduit tantôt par "Parole" tantôt par '"Verbe" - ce qui évidemment rend parfaitement pertinente la question du post précédent : le mot 'parole" en français n'a pas du tout le poids théologique de "Verbe".
images/icones/fleche2.gif  ( 744350 )Pourquoi par Rémi (2014-02-16 23:00:24) 
[en réponse à 744345]

de fortes chances ?


Enfin ...


"Meminit caritas vestra, cum sit unus sermo Dei in Scripturis omnibus dilatatus, et per multa ora sanctorum unum Verbum sonet, quod cum sit in principio Deus apud Deum, ibi non habet syllabas, quia non habet tempora. "
images/icones/neutre.gif  ( 744362 )Merci beaucoup par Gaspard (2014-02-17 09:42:02) 
[en réponse à 744316]

Dans le Catéchisme donc, de Jean-Paul II sauf erreur, si je comprends bien, "la Parole de Dieu" est synonyme du Christ lui-même. Ce qui expliquerait alors que l'on puisse célébrer "la Parole de Dieu", mais en créant me semble-t-il une certaine confusion avec les Saintes Ecritures. Bonne journée à tous
images/icones/neutre.gif  ( 744449 )Le Christ est le Verbe de Dieu, par Castille (2014-02-18 12:15:05) 
[en réponse à 744362]

le mot "Parole" est un héritage de moderne post années 60, qui finira par donner "Les Dix Paroles" qui sévit dans les messes NOM au lieu des "Dix Commandements".

De plus le mot Parole a préparé le terrain a une progressive féminisation du Verbe et pour finir de la personne même de Dieu, dont on apprend aux enfants qu'il n'a pas de sexe. Or si Dieu le Père est un pur esprit -principe et maitre de toute chose- il n'en est pas moins masculin car le Christ n'a de faire mention du Père.

Non Dieu n'est pas "au-dessus de tout cela" comme le prétend le lobby féministe pour parler des genres.

Le mot Verbe contient effectivement quelque chose de virile a quoi la consonance mollassonne de Parole ne saurait prétendre.

Oui le Verbe de Dieu est le Christ lui-même, La Promesse avérée.

"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

images/icones/ancre2.gif  ( 744355 )Il ne s'agit pas d'une substitution ! par Paterculus (2014-02-16 23:15:28) 
[en réponse à 744314]

Cher Gaspard,

On aurait raison de s'inquiéter d'un tel passage de l'expression "Saintes Ecritures" à celle de "La Parole".

En fait à l'origine il s'agit de distinguer, dans la messe, deux parties, la liturgie eucharistique proprement dite précédée de la liturgie de la Parole.
La majuscule à "Parole" est importante, elle montre qu'il s'agit de la Parole de Dieu. C'est important à rappeler, car trop souvent à cette liturgie de la Parole de Dieu on substitue la liturgie du baratin.
Quelles sont les caractéristiques de la liturgie du baratin ? Tout d'abord on remplace certains textes de la Bible par des textes profanes, par exemple de poètes, de chanteurs, de philosophes. Et puis on remplace le psaume par un cantique. Et puis on fait prêcher un laïc, ou un pasteur protestant. Ou bien l'homélie se transforme en tribune de commentaires de l'actualité. Et aussi la prière universelle devient l'expression de revendications qu'on appelle "sociales" par antiphrase. Cette liste n'est évidemment pas exhaustive.
Mais au fond il y a une distinction entre deux parties de la messe qui est normale. Certains Pères de l'Eglise parlaient de "table de la parole" et de "table du Corps du Christ" (ou autres expressions semblables, par exemple "pain de la parole" et "pain eucharistique"). L'idée était que Dieu nous nourrit de deux façons différentes, qui sont unies à la messe.
Bref, il n'y a pas de raison de s'inquiéter de l'expression "liturgie de la Parole".
Mais il y a des célébrations qui ne sont pas des messes, et où l'on n'a que la partie "liturgie de la Parole". C'est ce qui peut arriver (et qui est permis, pourvu que ce ne soit pas le dimanche) par exemple dans des prières rassemblant des catholiques et des protestants. Nous pouvons lire la Bible et réciter le Notre Père ensemble.
Le cas est un peu différent quand il s'agit d'assemblées dominicales en attente de prêtres. La liturgie de la Parole peut être faite, mais il n'y a pas d'homélie à proprement parler (sauf si un diacre est présent et s'en charge). Et la liturgie eucharistique se réduit au Notre Père et à la distribution de la communion si l'on a des hosties consacrées.
Donc l'expression "célébration de la Parole" n'a pas à être rejetée a priori, mais il faut l'utiliser correctement. Et rien n'empêche ceux qui l'emploient de parler des Saintes Écritures quand il le faut.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 744361 )L'expression "Liturgie de la parole" date de 1963 ? par Gaspard (2014-02-17 09:23:57) 
[en réponse à 744355]

Cher Paterculus,

Merci beaucoup pour votre réponse, qui suscite d'autres questions.

Vous insistez sur l'importance de la majuscule à "Parole". Cette majuscule est-elle bien appropriée, dans la mesure où certes les auteurs de l'Ecriture sont inspirés, mais ce n'est pas le verbatim du Bon Dieu ? Autrement dit, la Bible n'est pas le Coran, directement dicté par Allah, donc il ne devrait pas y avoir de majuscule ? Ce qui est différent pour l'expression Saintes Ecritures, puisque cette expression ne sous-entend pas qu'elles ont été directement dictées par Dieu, les majuscules sont alors une simple marque de respect et non une divinisation.

Enfin, je n'ai pas trouvé d'occurrence plus ancienne que 1963 pour "liturgie de la parole", à savoir Constitution sur la liturgie de Vatican II, sans majuscule d'ailleurs.

J'ai pour ma part l'impression que ceux qui utilisent couramment cette expression "liturgie de la Parole" ont substitué la parole au sacrifice comme sommet de la messe, et en viennent à diviniser cette "Parole" à laquelle ils mettent une majuscule ! Alors que les Saintes Ecritures dans l'Eglise ont le sens que l'Eglise leur donne, et non une existence indépendante.

Bonne journée à tous,
UDP
Gaspard
images/icones/livre.gif  ( 744372 )Une distinction qui apparaît aussi dans les missels avant Vatican II par Athanase (2014-02-17 11:09:08) 
[en réponse à 744361]

Si vous regardez différents Missels romain datant des années 1950 ou même de 1961, vous remarquerez que la distinction "liturgie de la Parole"-"liturgie eucharistique" apparaît . Je pense que les pères conciliaires ont utilisé une expression qui avait déjà cours. Pour ma part, je pense qu'elle est un peu abrupte et simplificatrice en ce sens que tout ce qui est avant le canon et l'offertoire ne se limite pas aux textes de la Parole: c'est aussi une préparation qui recourt à des prières et pas seulement un enseignement.
images/icones/neutre.gif  ( 744376 )Ce qui est assez curieux par Yves Daoudal (2014-02-17 11:51:54) 
[en réponse à 744361]

dans la formulation de ce n. 56 de Sacrosanctum Concilium est qu'il donne l'impression, non de présenter une géniale nouveauté, mais tout au contraire de réagir contre une erreur ou un abus (qui vont de fait exploser, mais... après le concile).

On constate d'autre part que l'expression latine est "liturgia verbi", sans majuscule: la liturgie de la parole, de même que dans la constitution dogmatique Dei verbum, "la parole de Dieu", verbum est également sans majuscule, le mot ne prenant une majuscule (dans ce texte) que lorsqu'il est employé seul et désigne le Verbe (créateur, et fait chair.
images/icones/ancre2.gif  ( 744414 )Majuscule ? par Paterculus (2014-02-17 19:10:17) 
[en réponse à 744361]

En effet si l'on veut bien distinguer la parole de Dieu contenue dans les Saintes Ecritures de la Parole de Dieu au sens du Verbe de Dieu, il vaut mieux éviter de mettre une majuscule.

Cependant du fait qu'on a le mot Verbe en français, il faut éviter d'employer le mot Parole comme synonyme de Verbe, pour éviter les confusions, sauf dans les cas où l'on veut expliquer le sens du mot Verbe.

Ce que je visais surtout c'est la dégradation de la liturgie de la parole en liturgie de la parole des hommes.

Mais je ne crois pas que mettre une majuscule à Parole de Dieu au sens des Saintes Ecritures soit de nature à laisser croire que cette parole serait un verbatim : j'avoue ne pas vous suivre quand vous dites que ce risque n'existerait pas quand on met des majuscules aux mots "Saintes Ecritures".

VdP
images/icones/fleche3.gif  ( 744416 )En quoi consiste par Jean Ferrand (2014-02-17 20:34:37) 
[en réponse à 744414]

En quoi consiste exactement l'inspiration, si elle n'est pas un verbatim ? Vous n'ignorez pas la définition que donnait de l'inspiration le pape Léon XIII dans l'encyclique Providentissimus Deus :

En effet, tous les livres entiers que l’Église a reçus comme sacrés et canoniques dans toutes leurs parties, ont été écrits sous la dictée de l'Esprit-Saint. Tant s'en faut qu'aucune erreur puisse s'attacher à l'inspiration divine, que non seulement celle-ci par elle-même exclut toute erreur, mais encore l'exclut et y répugne aussi nécessairement que nécessairement Dieu, souveraine vérité, ne peut être l'auteur d'aucune erreur.

Telle est la croyance antique et constante de l’Église, définie solennellement par les Conciles de Florence et de Trente, confirmée enfin et plus expressément exposée dans le Concile du Vatican, qui a porté ce décret absolu : " Les livres entiers de l'Ancien et du Nouveau Testament, dans toutes leurs parties, tels qu'ils sont énumérés par le décret du même Concile de Trente, et tels qu'ils sont contenus dans l'ancienne édition vulgate en latin, doivent être regardés comme sacrés et canoniques. L’Église les tient pour sacrés et canoniques non parce que, rédigés par la seule science humaine, ils ont été ensuite approuvés par l'autorité de ladite Église ; non parce que seulement ils renferment la vérité sans erreur, mais parce que, écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur.

On ne doit donc presque en rien se préoccuper de ce que l'Esprit-Saint ait pris des hommes comme des instruments pour écrire, comme si quelque opinion fausse pouvait être émise non pas certes par le premier auteur, mais par les écrivains inspirés. En effet, lui-même les a, par sa vertu, excités à écrire, lui-même les a assistés tandis qu'ils écrivaient, de telle sorte qu'ils concevaient exactement, qu'ils voulaient rapporter fidèlement et qu'ils exprimaient avec une vérité infaillible tout ce qu'il leur ordonnait et seulement ce qu'il leur ordonnait d'écrire.

Tel a été toujours le sentiment des saints Pères. " Aussi, dit saint Augustin, puisque ceux-ci ont écrit ce que l'Esprit-Saint leur a montré et leur a enjoint d'écrire, on ne doit pas dire que lui-même n'a pas écrit ; ceux-ci, comme les membres, ont mis en œuvre ce que la tête leur dictait. " Saint Grégoire le Grand s'exprime encore en ces termes : " Il est bien superflu de chercher qui a écrit ces livres puisqu'on croit fermement que l'auteur en est l'Esprit-Saint. Celui-là, en effet, a écrit qui a dicté ce qu'il fallait écrire : celui-là a écrit qui a inspiré l'œuvre. "


Le mot 'dicter' est répété plusieurs fois, y compris sous la plume des Pères de l’Église. Les Livres Saints ont été dictés par le Saint-Esprit. Ils sont donc bien le verbatim de Dieu.

Je sais cependant que le dernier synode sur la Parole de Dieu a déclaré que l’inspiration de l’Écriture ne résidait pas dans la lettre mais dans l'Esprit. Il a sans doute voulu dire que la 'dictée' du Saint-Esprit n'était pas une dictée mécanique, comme si les hagiographes étaient de simples robots, ou des machines à écrire. Non saint Paul n'était pas une machine à écrire. Dieu s'est servi des auteurs sacrés en mettant en œuvre toute leur intelligence, toute leur culture, toute leur liberté même, en un mot toutes leurs facultés.

Mais cependant Dieu reste l'auteur principal des Saintes Écritures. Elles sont vraiment la Parole de Dieu. Non pas la parole au sens divin, comme si l’Écriture était Dieu. Non, l’Écriture est la parole humaine de Dieu, en ce sens qu'il se sert d’auteurs humains et qu'il s'exprime par des moyens humains : livres ou parchemins, mots, phrases, encres etc... Mais c'est vraiment Dieu qui parle, en mots humains.

(Je me rappelle un pasteur protestant qui tapait sur une bible fermée, et qui s'écriait : ce livre n'est pas Dieu. Certes...)