Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=744040
images/icones/hein.gif  ( 744040 )Le Pape a dit lors de la dernière audience du mercredi par Sénéchal (2014-02-13 23:40:24) 

"Si l'un de nous ne pense pas avoir besoin de la miséricorde de Dieu, s'il ne se considère pas comme un pécheur, mieux vaut qu'il n'aille pas à la messe".

Cela me choque grandement. Un pécheur non repentant a priori ne peut donc plus bénéficier des grâces immenses, parfois miraculeuses, dispensées au travers du saint sacrifice de la messe?
images/icones/fleche2.gif  ( 744043 )Voici le texte de cette audience + Une vraiment brève remarque. par Scrutator Sapientiæ (2014-02-14 00:03:59) 
[en réponse à 744040]

Bonsoir, Sénéchal.

Je passais par là, avant d'aller dormir, et je vous réponds donc.

D'une part, voici :

Ici.

D'autre part, pour aller vite, je suppose, en cette heure tardive, que le Pape François fait allusion au fait que si nous allons à la messe avec un état d'esprit comparable à de l'aristocratisme méritocratique (je sais, c'est un oxymore, mais il a une vertu heuristique...), alors, cela veut dire que nous avons perdu de vue le fait que nous sommes tous chrétiens et pécheurs, et que nous faisons tous partie d'une communauté de chrétiens et de pécheurs.

L'aristocratisme méritocratique inspire l'état d'esprit suivant : "si je vais à la messe, c'est que je le mérite, que je suis moins pécheur ou non pécheur, par rapport aux autres, au point de faire partie de "la race du Seigneur".

Certes, d'un certain point de vue, les catholiques pratiquants ont beaucoup de mérite d'aller à la messe, dans un monde dans lequel

- les sollicitations dominicales contra-eucharisitiques ou, en tout cas, extra-eucharistiques, ne manquent pas,

- les catholiques pratiquants sont considérés, au mieux, comme des nostalgiques, au pire, comme des rétrogrades.

Pour autant, le fait que nous ayons ce mérite là ne fait pas de nous des non pécheurs ; je dirai même que ce mérite là doit aller de pair avec autant d'humilité que de lucidité, autant d'humilité que d'Espérance, car si nous "avons" ce que nous "avons" : du mérite, néanmoins, nous sommes aussi ce que nous sommes : des pécheurs.

Ce que semble vouloir dire le Pape François, c'est ceci : l'aristocratisme méritocratique BIAISE TOUTE LA DEMARCHE INDUITE PAR LA FOI, et pour cette raison là, il vaut mieux, d'un certain point de vue (...le sien...) que le catholique pratiquant qui a cette mentalité là, qui a cette motivation là, n'aille pas à la messe, au lieu de se glorifier du fait qu'il y va, comme s'il n'était pas, lui aussi, un pécheur.

Je crois avoir compris, d'une manière plus ou moins adéquate, ce que semble vouloir dire le Pape François, mais il est tout à fait possible que je me trompe beaucoup ; si tel est bien le cas, merci beaucoup de me le dire.

Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/vatican.gif  ( 744060 )Deux observations par Aigle (2014-02-14 08:44:07) 
[en réponse à 744043]

Merci cher scrutator de nous donner le texte entier .. J ai ainsi pu noter deux phrases :

"Dans l’Eucharistie, le Christ accomplit toujours à nouveau le don de soi qu’il a fait sur la Croix"


Et

"Il faut toujours avoir à l’esprit que l’Eucharistie n’est pas quelque-chose que nous faisons nous ; nous n’effectuons pas une commémoration de ce que Jésus a dit et fait. Non. C’est précisément une action du Christ ! C’est le Christ qui agit là, qui est sur l’autel. C’est un don du Christ, qui se rend présent et nous rassemble autour de lui, pour nous nourrir de sa Parole et de sa vie. Cela signifie que la mission et l’identité même de l’Église jaillissent de là, de l’Eucharistie, et prennent toujours forme là"

En réponse au savant liseur qui déplorait l'absence de référence à l'Eucharistie dans le message des JMJ.


Je ne suis pas certain que ces phrases figurent souvent dans les sermons de forme ordinaire ( pardon, les homélies ).
images/icones/neutre.gif  ( 744083 )Ce n'est pas une question de mérite... par Astorg (2014-02-14 13:52:46) 
[en réponse à 744043]

Ce n'est pas une question de mérite: l'assistance à la messe, le dimanche et les jours d'obligation, est un commandement de l'Eglise, sous peine de péché mortel.

Il est vrai que, justement, seul le Pape peut dispenser des préceptes de l'Eglise, mais par les temps qui courent ce serait quand même sans précédent qu'on se mette à vouloir faire baisser le nombre de gens comptabilisés dans les fameux "catholiques pratiquants".

De plus, si beaucoup de gens vont à la messe dans de mauvaises dispositions, sans communier, sans volonté de demander pardon, rien ne permet d'affirmer péremptoirement que cela ne donnerait rien de bon. Le fait de croire à la validité du sacrifice, à son utilité, pour les autres à défaut que ce soit pour soi-même et surtout, faute de toute autre raison, pour manifester le culte que nous devons à Dieu et qui est sa fin première, est vraisemblablement d’un immense réconfort à beaucoup d'entre ceux qui sont dans cet état, sinon à tous. Et lorsque le moment est venu, beaucoup trouveront, dans les grâces ainsi accumulées, la force de revenir pleinement à une pratique plus conforme aux exigences du Pape.

Car ce pape qui dit qu’il ne lui appartient pas de juger, pourquoi se croit il autorisé à juger des dispositions de ceux qui vont à la messe ? Est-il nécessaire de rechercher la miséricorde de Dieu pour Lui être agréable en allant à la messe? Bien que l'obtention de la miséricorde figure au nombre des raisons pour lesquelles la messe est célébrée, elle n'est pas la seule, ni même la première: l’Eglise nous enseigne en effet que la messe a quatre finalités, étant un sacrifice latreutique, eucharistique, propitiatoire et impétratoire. Il est aussi le moyen par lequel la vertu du sacrifice de la Croix est appliqué à chacun. Il est de foi certaine, comme l’a défini le concile de Trente, qu’elle produit ces effets infailliblement et immédiatement, quelles que soient les dispositions de ceux qui y assistent et même celles du prêtre célébrant.

Comme souvent avec lui, les propos du Pape n'ayant pas la limpidité qu'on pourrait souhaiter dans un monde plus parfait, il faut sans doute éviter de les prendre au pied de la lettre, sous peine de lui manquer de respect ou pire, de douter de leur catholicité. En réalité, on peut penser que l'expression employée par le Pape sous-entend, à défaut de le dire clairement, non pas qu'il ne faut pas aller à la messe, mais plutôt modifier notre attitude: ils s'apparentent à une dénonciation, caractéristique de Pape actuel avec sa détestation affichée de tout ce qui est ostentatoire, d'un formalisme — courant malheureusement — qui fait que l'on pratique par habitude plus que par conversion.

Il n'en demeure pas moins (je l'écris avec tout le respect et l'humilité possibles) que ces propos sont maladroits et malencontreux, autant par ce qu'ils supposent que par ce qu'ils omettent: de rappeler que la messe est avant tout un Sacrifice; que ce Sacrifice est d'abord un hommage rendu à la Souveraine Majesté de Dieu; de parler aussi, du grave péché (le curé d'Ars rappelait que c'était un des plus graves qui soit) que constitue la communion sacrilège, hélas fréquente; d'envoyer, enfin, les intéressés, au confessionnal, plutôt que de les renvoyer chez eux, puisque c'est le sacrement de Pénitence qui a été institué pour ceux qui ont besoin de la miséricorde de Dieu. La Sainte Messe n'est pas un acte anodin: il aurait été mieux de dire les choses ainsi.
images/icones/heho.gif  ( 744098 )Ce n'est pas moi qui compte les mérites... par Glycéra (2014-02-14 16:25:29) 
[en réponse à 744043]


Ste Thérèse, dans ses propos bienveillants, n'a jamais crié

- Arrêtez votre comptabilité !



Mais c'est bien pourtant son propos quand elle dit que nous ne pouvons gagner de mérites en les comptant.



Dieu sait ceux que nous auront mérité, mais nul autre ne peut savoir sa participation.





Dans l'Evangile ?

Voir les 2 piécettes de la veuve pauvre, et La remarque de Jésus qui l'a repérée dans la foule.

"Nul ne peut faire quelque chose... sans Moi", autrement dit : videz votre Ego et laissez-Moi la place d'agir par vous, selon votre disponibilité.



C'est ainsi que Marie, toute simple, a pu engendrer Son Seigneur.

La Parole divine avait trouvé là sa matrice humaine.



Nous n'allons pas à la messe pour faire monter notre score d'orgueil "moi, je.."

Nous n'y allons pas pour compter les messes auxquelles nous assistons, nous prions, même pas où nous sommes attentifs tout du long. Chiche ?





Fiat voluntas tua !

Que Votre volonté se fasse,

je Vous laisse la place de faire à travers moi,

soit que vous m'inspiriez clairement,

soit que Vous preniez le risque de me laisser décider.

C'est selon la pédagogie de Dieu.





Nul ne peut sonder le coeur d'un frère !

Même pas un confesseur !



Et il m'apparait très important de nous sortir de ces calculs de comptables où Dieu est vérifié, et où nous avosn envie de calculer notre justification.



Si seulement les prêtres parlaient tous comme Ste Thérèse !







Glycéra