Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=743828

( 743828 )
Futur rétropédalage du pape ? Le "Humanae Vitae" des divorcés remariés par Athanase (2014-02-11 22:22:38)
Un article que je ne retrouve plus (La Croix ? Le Figaro ?) semblait traduire une prudence de Rome et de certains pasteurs sur les questions relatives de morale familiale. On a parlé d'assouplissement à l'égard des divorcés remariés. Mais voilà... Vu l'énormité de la chose que serait un accès de personnes remariées civilement ou concubines à la communion, il semble que l'on ait peur d'une discipline chaotique qui varierait selon les diocèses. Dans cet article, on voit que certains évêques essaient de mettre un bémol.
Le pape pourrait être pris en tenaille entre l'image médiatique et "cool" qu'on lui prête et celle du garant de la Foi.
Ne peut-on pas craindre que François ne termine son pontificat comme celui de Paul VI et qu'il ait, un jour, son moment "Humanae Vitae" ? Face à des initiatives allant dans tous les sens, des demandes osées, ne risque-t-il de sortir tout simplement un carton rouge ? François ne sera-t-il pas obligé de réaffirmer la doctrine classique ? Car, au fond, si l'Eglise peut expliquer le dépôt qui lui est confié - dépôt qui comprend des implications morales -, elle ne peut, en soi, l'altérer ou le dénaturer... En soi, l'Eglise peut approfondir, mieux expliquer ce qui lui est confié, mais elle ne peut le changer.

( 743831 )
Le seul problème par Jean Ferrand (2014-02-11 23:21:40)
[en réponse à 743828]
Le seul problème, c'est de rester fidèle à l'évangile. Or l'évangile en ce domaine est très clair : "Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas !" (Mc 10,9).

( 743832 )
Un autre passage de l'évangile est encore plus clair : par Michel (2014-02-11 23:33:38)
[en réponse à 743831]
Celui qui renvoit sa femme pour en épouser une autre est adultère, et rend sa femme adultère ; et celui qui épouse la femme renvoyée commet l'adultère.
Cf. Matt 5, 32 ; Matt. 19, 9 ; Marc 10, 2-12 ; I Cor 7, 10-12.

( 743834 )
Et quand saint Paul par Jean Ferrand (2014-02-11 23:45:41)
[en réponse à 743832]
Et quand saint Paul s'y met, c'est encore plus cinglant.
I Cor 7,10. A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari;
I Cor 7,11. si elle en est séparée, qu'elle demeure sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari; et que le mari ne répudie point sa femme.

( 743861 )
le conjoint divorcé à l'insu de son plein par blamont (2014-02-12 16:08:59)
[en réponse à 743834]
gré est une victime collatérale.
Application d'une double peine selon Saint Paul. On appellerait cela le Suttee social et affectif.
Il faudrait aussi considérer la lenteur ecclésiastique pour les annulations de mariage.
Quant au remariage face au concubinage,on ressortira le marronnier concernant la spoliation patrimoniale liée à la perte de pensions des veufs remariés.
Quand quelques centaines de milliers d'euros sont en jeu, on peut réfléchir à choisir le concubinage.
Mais Saint Paul ne pouvait connaitre la réglementation de l'ARRCO-AGIRC.

( 743868 )
Si j'étais sur Facebook ... par Cath...o (2014-02-12 16:58:29)
[en réponse à 743861]
... je cliquerai sur "j'aime".
Nous sommes ici en terre civilisée, je prendrai donc la peine de vous dire que je m'associe pleinement à vos propos :
Il faudrait aussi considérer la lenteur ecclésiastique pour les annulations de mariage.
Quant au remariage face au concubinage,on ressortira le marronnier concernant la spoliation patrimoniale liée à la perte de pensions des veufs remariés.
Quand quelques centaines de milliers d'euros sont en jeu, on peut réfléchir à choisir le concubinage.
(avec un bémol toutefois : il me semble que pour certaines caisses de retraite même le concubinage "coince" ?)

( 743878 )
la mairie et le mariage... par erminig (2014-02-12 18:44:40)
[en réponse à 743868]
C'est une curieuse contradiction apparente: pour les catholiques, le mariage naturel existe, relève du droit naturel.
MAis peut-être que les manifestations des derniers mois ont fait un peu perdre la ligne, dans la folie anthropologique que nous vivons au niveau social.
La non-reconnaissance de la validité du mariage civil tient en particulier au fait que ce n'est pas au maire de décréter que les gens sont mariés, mais qu'il s'agit d'un consentement entre les époux , où ils s'engagent, de même que Dieu s'engage vis à vis d'eux dans ce sacrement.
Il me semble, et si quelqu'un pouvait retrouver le texte, ce serait intéressant, que déjà Jean-Paul II avait évoqué la situation d'une loi civile allant à l'encontre des droits du mariage, tant dans sa nature sociale que dans tout le reste: serions nous tenus moralement à l'obligation du mariage civil comme c'est le cas en France?
je sais, cela a peut-être été déjà débattu sur le FC.
N'empêche.
On arrive à des aberrations liées à l'exaltation forcenée du droit individuel qui laissent pantois et posent bien des questions pour l'avenir.

( 743869 )
Si on cherche un peu par Donapaleu (2014-02-12 17:04:53)
[en réponse à 743861]
on trouve un prêtre qui célébrera le mariage religieux sans mariage civil !
Quand quelques centaines de milliers d'euros sont en jeu, on peut réfléchir à choisir le concubinage.

( 743953 )
Et comment fait-il ? par Meneau (2014-02-13 13:35:09)
[en réponse à 743869]
En France en tout cas, un prêtre qui célébrerait un mariage religieux sans mariage civil devrait faire lui-même la publication des bans et s'assure lui-même de l'état civil et matrimonial des fiancés. Ce serait commettre une grave imprudence que de ne pas le faire.
Et ceci est difficile à faire tout en tenant secret le mariage vis à vis des autorités civiles.
Par ailleurs, que se passerait-il à l'arrivée des enfants ? Quel cadre familial stable serait un mariage non sanctionné par l'autorité civile (je parle au niveau légal, pas au niveau moral) ? A moins d'utiliser les "nouvelles" formes d'union prévues par la loi (PACS ou autres, assortis d'adoptions pleines en bonne et dûe forme), mais dans ce cas un minimum de pédagogie serait nécessaire pour éviter le scandale.
Bref, ça me semble quasiment impossible actuellement, même en secondes noces. Bien sûr, si demain il y a une vraie contrainte qui fait qu'il devient immoral de se marier civilement, il faudra reconsidérer la chose, mais ce ne me semble pas encore être le cas. Pour un homme et une femme, il n'y a rien d'immoral à faire sanctionner leur union devant l'autorité civile.
Cordialement
Meneau

( 743955 )
Effectivement le mariage civil n'a rien d'immoral par Donapaleu (2014-02-13 14:01:01)
[en réponse à 743953]
(avec de petites réserves depuis une loi récente) mais il me parait tout à fait possible (à condition de trouver un prêtre complice ayant juridiction) pour ce problème de pension de réversion, de se marier religieusement et de vivre, sur le plan légal, en concubinage (le PACS doit annuler la réversion).

( 743977 )
Dans la fonction publique ... par Cath...o (2014-02-13 15:15:01)
[en réponse à 743955]
... même le
concubinage fait perdre le droit à la pension de reversion.

( 743980 )
Un fonctionnaire n'aura plus le droit d'avoir une petite amie... par Athanase (2014-02-13 15:21:42)
[en réponse à 743977]
... si on continue dans cette logique. Le concubinage doit être prouvé si on veut qu'il produise des effets ? Quid de la relation plus ou moins confidentielle ? Etc. Il y a concubinage et concubinage. Un fonctionnaire touchant une pension de réversion devra faire en sorte que son concubinage ne soit pas notoire...

( 743989 )
Un veuf de fonctionnaire, ... par Cath...o (2014-02-13 16:26:45)
[en réponse à 743980]
... plutôt !
Je ne sais pas comment sont faits les recoupements qui prouvent un concubinage, mais enfin ne serait-ce qu'avoir la même adresse pour les impôts me semble déjà risqué pour une relation "confidentielle" ...

( 743873 )
Je n'ai aucun doute là-dessus par Paterculus (2014-02-12 17:56:01)
[en réponse à 743828]
François ne sera-t-il pas obligé de réaffirmer la doctrine classique ?
C'est pour moi évident : le Pape ne peut que réaffirmer la doctrine classique.
Ce qu'il cherche en fait, ce sont les moyens de la faire comprendre.
Vous avez raison de comparer la situation à celle du temps de Paul VI : on a la même absence de gouvernement véritable, et certains en profitent pour semer le doute sur la base d'attitudes du Souverain Pontife. Mais celui-ci ne veut que ce que veut l'Esprit.
Votre dévoué Paterculus

( 743887 )
Il me semble par Aigle (2014-02-12 20:15:53)
[en réponse à 743873]
Avoir lu sur le site Benoit et moi une interview du cardinal Madriaraga qui disait que bien sûr le synode ne pourrait aller contre l'Evangile et accepter le divorce ... Mais qu'on pouvait néanmoins envisager des exceptions, des cas particuliers, etc...comme le font les orthodoxes.
Et derrière cela il y a simplement l'accès à la Communion : on ne changera pas peut être pas la doctrine mais on demandera à autoriser la Communion. Ou on laissera faire les conférences épiscopales... Ce sera interdit en Pologne et autorisé en Allemagne...