Le Forum Catholique

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images/icones/flagD.gif  ( 743436 )"sorties d'Église" en Allemagne, rien ne sert de s'adapter au monde par Presbu (2014-02-06 19:00:09) 

Dans un pays où catholiques et protestants sont enregistrés fiscalement pour des nombres pas très différents, <kath-info.de> pose une question non-conformiste: Même si l'ambiance pastorale chez les catholiques est largement dominée par un œcuménisme très protestantisé, elle continue à se distinguer en professant une morale sexuelle stricte et en conservant le célibat sacerdotal (dont pour "plaire à l'opinion commune", les modernos voudraient bien la débarrasser). Mais l'hémorragie des fidèles est encore plus forte chez les protestants, qui ont laissé tomber depuis longtemps ces "handicaps":
Andreas Püttmann berichtet in seinem Buch Gesellschaft ohne Gott (Asslar 2010), dass seit 1970 aus der evangelischen Kirche 6,6 Millionen Menschen, aus der katholischen Kirche dagegen nur fast 3,8 Millionen Menschen ausgetreten seien (page 22</EM).

__ Dieser Trend setzte sich auch danach fort. Sowohl 2011 gab es bei der evangelischen Kirche mehr Austritte als bei der katholischen (141.497 und 126.488) als auch 2012 (ca. 138.000 und 118.335).

__ Die evangelische Kirche schafft also mehr Austritte ganz ohne die Skandale, von denen die katholische Kirche heimgesucht wird, ohne Zölibat, strenge Morallehre, dafür mit Pfarrerinnen und größtmöglichem Anschluss an die Trends und Moden der Zeit.

__Warum also wird der katholischen Kirche ständig empfohlen, es der evangelischen Kirche nachzumachen?
Pourquoi donc obstinément recommander à l'église catholique de s'aligner sur la communauté ecclésiale protestante?
images/icones/neutre.gif  ( 743459 )Pourquoi ? par Aigle (2014-02-06 23:54:41) 
[en réponse à 743436]

A mon avis car leur position n'est pas pastorale, pas justifiée par l'efficacité mais est doctrinale et fondée sur ce qui leur semble être juste et vrai. Pour eux le christianisme c'est l'amour, une sorte d'universelle gentillesse compatissante sans règles ni contraintes. peu importe que cette doctrine ne convertisse personne du moment qu'à leurs yeux elle est juste et vraie.

Enfin ce n'est que ma compréhension personnelle.
images/icones/fleche2.gif  ( 743467 )Existe-t-il une analyse motivationnelle de la pastorale contemporaine ? par Scrutator Sapientiæ (2014-02-07 08:21:55) 
[en réponse à 743459]

Bonjour Aigle,

Comme chacun le sait, il y a bien des parents qui confondent faiblesse et bonté, aussi je ne vois pas pourquoi il n'y aurait pas des hommes d'Eglise en mesure de confondre

- ambivalence pusillanime et sollicitude évangélique,

- authenticité et déficit d'objectivité,

- fraternité et déficit de discipline,

- respect de la liberté de la conscience et croyance en une conscience humaine inerrante,

- respect de la dignité de la personne et croyance en une personne humaine infaillible.

Pris par le temps, je ne développe pas, mais je crois depuis déjà plusieurs années qu'il nous faudrait vraiment une analyse motivationnelle de la pastorale contemporaine, et en particulier, une analyse motivationnelle du discours qui lui est propre :

- pourquoi cette pastorale consiste-t-elle à recourir à ce vocabulaire, et pas à un autre, à ces argumentaires, et pas à d'autres ?

- pourquoi ce qui est dit est-il su, et pourquoi ce qui n'est pas dit est-il tu ?

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 743468 )A mon avis par Aigle (2014-02-07 08:43:38) 
[en réponse à 743467]

Et de façon très superficielle, il existe trois type de catholiques aujourd hui.

Des Tradis ou çrypto tradis ou quasi tradis qui sont attachés à deux mille ans d'Histoire et de Tradition intellectuelle et morale de l'Eglise. Ils ont vécu ou compris le concile plus comme un problème que comme une avancée ou une solution.

Des conciliaires modérés qui croient sincèrement comme Jean Paul II qu'on peut trouver une lecture commune des vertus catholiques et des valeurs modernes ou du moins de certaines d'entre elles.

Des catholiques honteux enfin qui pensent un peu comme les protestants que l'Eglise a trahi et caché pendant deux mille ans la vérité révolutionnaire du discours évangélique qui a enfin été admise et révélée en 1965. Ils réprouvent donc tout ce qui a été fait et dit avant 1965 date de la refondation ecclésiale . Évidemment ils ne vont pas le dire pour ne pas créer un schisme et parce que leur influence dans l'Eglise sera plus forte s'ils camouflent leur point de vue dont ils sentent bien qu'il est scandaleux.

Je crains que ce 3ème courant ne soit particulièrement fort dans le clergé français de plus de 70 ans et dans notre épiscopat , hélas !
images/icones/neutre.gif  ( 743522 )La renonciation de Benoit XVI par Aigle (2014-02-07 19:11:21) 
[en réponse à 743468]

Peut aussi se lire à travers cette grille mondaine : le cardinal Ratzinger a été élu par un conclave pensant prolonger le second courant ( woytilien ) et sa renonciation résulte peut être d'une fronde des tenants des deuxièmes et troisièmes courant qui ont compris ou cru comprendre qu'il était du premier courant.

Quant au pape François on peut penser qu il a été choisi sur le même critère - même si certains croient qu'il appartient au 3ème
images/icones/fleche2.gif  ( 743554 )Quelques remarques sur cette question d'ordre "motivationnel". par Scrutator Sapientiæ (2014-02-07 23:36:37) 
[en réponse à 743522]

Rebonsoir et merci, Aigle,

Le "recentrage" a été mis en forme puis en oeuvre pour recentrer le cours des choses, mais aussi pour canaliser, configurer, modérer ou réguler une partie des desiderata favorables à une "restauration", et non pour satisfaire totalement ces desiderata.

Les théologiens, évêques, pontifes, qui ont envisagé, élaboré, formalisé, réalisé, "le recentrage", n'ont, à ma connaissance, "JAMMMAIS" vraiment envisagé "une restauration" ; au demeurant, comment l'auraient-ils pu, compte tenu de leur formation philosophique et théologique, dont on peut dire, sans être injuste ni insultant, qu'elle était positivement ouverte sur "les modernes", sans être, pour autant, totalement moderniste ?

Il est toujours difficile de gérer "les fins de cycle", dans l'histoire de l'Eglise : or, il ne faut pas se leurrer, même si Benoît XVI n'avait pas (été ?) démissionné, nous aurions été en fin de cyle.

Ecoutez, une fois n'est pas coutume, je vais être un peu vif, par ailleurs, compte tenu de ce que je dois, comme nous tous, à Benoît XVI, sans qui je n'aurais probablement jamais commencé à m'intéresser "à ce point là" à Saint Augustin, ou à Romano Guardini, j'ai envers lui une obligation de reconnaissance respectueuse, mais enfin, j'ai conservé le souvenir de l'un des derniers discours de Benoît XVI, devant, je crois, plusieurs milliers de jeunes séminaristes : c'était pathétique

- de nostalgie démesurée, vis-à-vis des théologiens et des évêques qui ont fait Vatican II, et qui, faut-il le rappeler, ont cru devoir ou su pouvoir "défaire", afin et avant de "faire",

- de mise en cause démesurée des médias, en tant que propagateurs d'un faux Concile qui aurait empêché l'application du vrai Concile, comme si les évêques des années 1960-1970 avaient été empêchés de bien agir.

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=705590

Je ne dispose pas d'informations particulières, et vous-même êtes prudent, sur la question de savoir qui a élu qui, en s'appuyant sur quelles intentions, et en se tournant vers quel horizon.

En d'autres termes, je ne sais pas qui a élu un Pape du premier courant, en croyant élire un Pape du deuxième courant, et a donc été obligé par la suite de lui savonner la planche, afin de contribuer à son remplacement par un Pape du troisième courant : cette hypothèse ne me convainc pas totalement, mais elle ne me déplaît pas du tout.

Ce que je sais, en revanche, c'est ceci : le futur Benoît XVI savait bien, lui, et n'a pas manqué de faire savoir, dans certains passages de ses ouvrages, quelle extraordinaire "erreur manifeste d'appréciation" a été commise par l'Eglise catholique, au moment et au moyen du Concile, même si certains avaient commencé à la commettre au moins vingt ans avant.

Cette "erreur manifestation d'appréciation", qui est bien plus le reflet d'une ambiance, d'un contexte, d'une époque, qu'elle ne traduit ce que l'on trouve de plus édifiant, de plus exigeant, dans l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, il ne tenait qu'à lui, une fois élu Pape, de la faire connaître, de la faire comprendre, et, j'ose le dire, de la faire combattre.

Il n'a pas voulu le faire, peut-être est-ce tant mieux, peut-être est-ce tant pis, maintenant, à présent, nous en sommes là où nous en sommes, et il n'est pas impossible de considérer que, du point de vue de son successeur, cette "erreur manifeste d'appréciation" n'en est tout simplement pas une.

Et cette erreur manifeste d'appréciation, c'est le "gaudium-et-spisme".

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 743564 )Bien d'accord avec votre analyse cher Scrutator par Aigle (2014-02-08 08:48:06) 
[en réponse à 743554]

Merci encore
images/icones/fleche2.gif  ( 743552 )Cela rejoint exactement ce que j'ai écrit il y a peu. par Scrutator Sapientiæ (2014-02-07 22:48:35) 
[en réponse à 743468]

Bonsoir et merci, Aigle,

J'ai suggéré ici même une distinction entre trois termes qui correspondent assez précisément à ce que vous-même décrivez :

Ici.

Il y a, je le crois, entre autres catégories envisageables,

- des catholiques objectivistes,

- des catholiques intégralistes,

- des catholiques évangéliques,

et je vois venir le jour où des catholiques évangéliques nous expliqueront que nous ne sommes pas fondés à prendre appui sur telle ou telle parole du Christ, autoritaire ou intransigeante, extraite de tel ou tel Evangile, parce que cette parole

- est le reflet des préjugés d'une partie, minoritaire, des tous premiers chrétiens,

et

- n'est pas vraiment conforme, mais est plutôt contraire à "l'esprit de l'Evangile".

Face à cela, face à cet état d'esprit, prêt à combattre le "moralisme" attribué à ces adversaires, mais aussi prêt à leur imposer, à hautes doses, de la "moraline", d'une manière quasiment "sociétalinienne", que faut-il dire et que faut-il faire, que faut-il avant tout redire, et que faut-il ne surtout pas taire ?

Notamment grâce au FC, je sais quoi, nous savons quoi, vous savez quoi, mais

- de même qu'il n'existe, à ma connaissance, aucun espace d'expression disponible, au sein de l'Eglise, qui serait aménagé en direction d'une critique interne de l'avant-Concile, du Concile, de l'après-Concile,

- de même, je crois qu'il n'existe aucune occasion d'expression disponible, au sein de l'Eglise, qui serait considérée comme propice à un dialogue interne, sur ce glissement progressif des motivations.

Là honte est située là où vous le dites, mais je parlerai davantage à la fois

- d'hérétiques cachés, d'hérétiques cachés, dans l'acception madiranienne du premier de ces termes, pour ceux d'entre nous qui ont lu "L'Hérésie du XX° siècle" (ce que j'ai fait...d'une seule traite),

et

- de catholiques honteux, dans la mesure il peut y avoir, au fond du coeur des mêmes personnes, un sentiment de honte, car même certains d'entre eux ont bien conscience du fait que leur attitude ne réussit qu'à affaiblir ou attiédir l'Eglise, la Foi, l'Espérance, la Charité.

Pourquoi la satisfaction de l'exigence de solidarité caritative et humanitaire envers les différentes populations est-elle considérée comme authentiquement chrétienne ou impérative ?

Pourquoi la satisfaction de l'aspiration à davantage de solidarité catéchétique et magistérielle entre les générations de catholiques est-elle considérée comme archaiquement catholique ou facultative ?

Autre question, pendant que j'y pense, qui peut contribuer à mieux faire comprendre ce que j'essaie de dire : de qui et de quoi ne nous parle-t-on presque jamais, de quelles grandes figures de l'histoire de l'Eglise, de quel type de vocations à la sainteté, nous parle-t-on le moins possible ? A qui fera-t-on croire que c'est par pur hasard ?

Quand je pense à tout ce que j'ai dû "découvrir", puis "acquérir", par moi-même, et qui n'est évidemment presque rien ;

quand je pense que les catholiques, fort peu nombreux, qui m'ont donné l'idée d'aller dans telle ou telle direction, doctrinale ou spirituelle, m'ont précisé, le plus souvent, qu'ils avaient dû, par eux-mêmes, aller du connu à l'inconnu, de la surface des choses au plus profond des choses, non grâce à de la transmission d'informations, mais malgré de la rétention d'informations, de la part des prêtres ;

quand je pense, enfin, que je ne dois pas être un cas isolé : ayant été longtemps privé, j'ai "surcompensé" par la suite ;

je me dis qu'il y a de quoi se poser des questions sur le caractère vraiment vivant de la Tradition, de la transmission, du point de vue d'une partie de ceux qui ne jurent que par la Tradition vivante...

Je termine ce message en rendant un hommage appuyé...à Nabila, oui vraiment, à Nabila ; Dieu merci, je ne fais pas que cela, mais quand il m'arrive de voir, d'entendre, de lire tous ces clercs, au sens large, qui en sont restés au culte de l'homme et à la foi en l'homme, et qui entendent bien IMPOSER ce culte et cette foi à leurs co-religionnaires, je ne peux pas m'empêcher de penser en ces termes :

" Ils semblent vouloir qu'il y ait des catholiques, en Europe occidentale, au XXI° siècle, et ils les privent des nourritures doctrinales et spirituelles les plus indispensables ? Non mais allô, quoi ? ! "

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.