Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 743414 )Une reconnaissance du travail accompli par Polydamas (2014-02-06 15:16:52) 

Voici un billet d'un analyste politique, Authueil, ancien assistant parlementaire et fin connaisseur de l'Assemblée Nationale. Je trouve que ce billet est assez juste et traduit correctement l'ambiance que les tradis et autres militants (caathos, pro-vie, école libre et j'en passe) ont réussi à insuffler. Son billet précédent fait un peu le même constat.










L'échiquier à front renversé




Par Samuel, lundi 3 février 2014 à :: Politique




L'épisode du mariage pour tous marquera sans doute, même si on ne s'en rend pas compte, le moment où l'échiquier politique s'est retrouvé au grand jour, et où la gauche est devenue conservatrice, et la droite révolutionnaire et du côté du changement. Pendant très longtemps, depuis toujours même, la gauche s'est vue comme minoritaire, face à des valeurs "bourgeoises" qui n'étaient pas les siennes et qu'elle aspirait à renverser. Pendant très longtemps, elle n'avait aucun espoir d'y arriver, et la droite, de son côté, se sentait bien à l'abri. Les rôles étaient bien distribués, la droite au pouvoir, la gauche dans l'opposition et la contestation. Chacun s'est construit intellectuellement sur cette base.




Et puis est venu le moment où, sur le plan des valeurs, c'est la gauche qui l'a emporté. Il faut bien reconnaître que, depuis les années 50, notre société a vécu une révolution anthropologique profonde. J'en veux pour preuve le statut des femmes. Que d'évolutions et de changements depuis 1944, où elles acquièrent le droit de vote, puis les années 60 où elles peuvent travailler et avoir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari, puis les années 70 où elles peuvent disposer de leur corps, avec la libéralisation du divorce et surtout le droit à l'avortement. Dans les années 80, c'est l'égalité complète en droit (même si dans les faits, c'est pas toujours ça). On en arrive aujourd'hui à un basculement où la prochaine étape, c'est l'abolition pure et simple des "genres" et des distinctions sociales et culturelles basées sur la différence masculin-féminin.




La gauche, qui portait toutes ces valeurs, s'est retrouvée dans la position dominante, majoritaire, ce qui ne lui était jamais arrivé. Elle n'a pas vraiment réussi, jusqu'à présent, à s'y faire, continuant à valoriser la "rupture", le "changement" et à se penser comme un valeureux chevalier blanc en lutte contre une domination "bourgeoise et réactionnaire" qui a cessé, depuis mai 68, d'être symboliquement dominante. Se penser en minoritaire en étant majoritaire, se croire porteur du changement alors qu'on est le tenant de la "normalité", voilà le drame de la gauche depuis 30 ans, et l'une des raisons de son malaise profond...




La droite a eu du mal à faire son deuil, beaucoup de mal même. On en voit la trace, par exemple, dans cette obsession à continuer à se croire comme seule légitime à occuper le pouvoir, comme si ses idées étaient encore majoritaires. Certes, une bonne partie de ce qui est aujourd'hui "la droite", s'est rallié, du moins en apparence, à des idées "de gauche". Personne ou presque, à droite, ne se dit contre l'égalité homme-femme. Mais il n'empêche qu'une frange non négligeable de la droite reste sensible aux bases de la pensée conservatrice d'autrefois, celle qui pouvait s'incarner dans l'image paternaliste du "bon père de famille" que nos députés viennent de sortir du Code civil. Cela se traduit par une résistance sur certains sujets, comme une volonté de préserver des structures anciennes, comme le mariage (en tant qu'institution), comme le pouvoir du père de famille (quitte à accepter que ce soit le pouvoir du parent) maître chez lui, comme le refus frontal du droit à l'avortement.




Dans la course à la mutation, c'est cette droite "conservatrice à la mode d'autrefois" qui a pris l'avantage, car elle a réussi à opérer sa mutation, et à faire son deuil. Elle accepte consciemment le fait de ne plus être dominante. C'est assez frappant, quand on prête attention, dans le discours des milieux catholiques, et cela depuis plusieurs années. Ils se vivent désormais comme une minorité, porteuse d'une "contre-culture" face à la culture dominante. Ils ont donc naturellement adopté la panoplie et les armes liés à ce rôle.




Face à cela, la gauche s'est retrouvée bien ennuyée, car dans son esprit, elle est toujours une "contre-culture" et ne se vit absolument pas comme la culture dominante. Se retrouver acculée à être dans le rôle du "conservateur" face à un groupe qui se pose en minorité contestataire de l'ordre établi est profondément déstabilisant pour la gauche française. Elle est habituée à attaquer, à avancer vers ce qu'elle pense être "le progrès", mais ne sait pas "défendre". Elle n'a pas les outils et n'y est surtout pas prête intellectuellement, alors même que leurs adversaires ont, de leur côté, opéré la mutation. On le voit bien avec le mouvement contre le mariage pour tous. Le pouvoir socialiste est profondément déstabilisé de se retrouver face à des mouvements sociaux, parce que normalement, c'est eux les manifestants qui font plier un gouvernement, pas l'inverse.




Ce mouvement a dévoilé l'impasse politique et intellectuelle de la gauche, qui n'a finalement jamais réussi à élaborer un programme de gouvernement et à assumer d'être majoritaire. Elle a par exemple été incapable de reconstruire une doctrine économique après avoir passé le keynésianisme par-dessus bord, en 1983. Aujourd'hui, c'est son dernier viatique, le sociétal, qui attaqué par un côté d'où elle n'imaginait pas pouvoir être sérieusement contestée. En 2014, la gauche est en crise profonde et doit se reconstruire de fond en comble.




images/icones/ancre2.gif  ( 743438 )Excellent diagnostic sur les forces politiques actuelles par Paterculus (2014-02-06 19:12:28) 
[en réponse à 743414]

Et sur la place des catholiques au milieu de tous cela.

Ceci dit, je crois, mon cher Polydamas, que mon titre est plus explicite que le vôtre !

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 743465 )Merci Polydamas par Aigle (2014-02-07 07:35:45) 
[en réponse à 743414]

De nous avoir communiquer cette excellente analyse


La conclusion me semble un peu optimiste : certes la gauche doit enfin comprendre et admettre qu elle dirige l'Etat et la société mais le plus grave me semble être la capitulation de la droite officielle qui a renoncé à porter des valeurs et un projet pour finalement n'être plus qu'une moindre gauche.
images/icones/1b.gif  ( 743530 )Il ne tient qu'à nous par Polydamas (2014-02-07 20:37:40) 
[en réponse à 743465]

d'investir les partis, justement, à l'instar de l'initiative de Sens Commun, au sein de l'UMP. Me semble-t-il, il faut aussi, de la même manière qu'avec le Motu Proprio où on demandait aux curés de s'engager dans le cadre du rite tridentin, il faut aussi envoyer des lettres à nos députés et représentants, les mettre en face de leurs responsabilités, bref, investir le terrain, les obliger à bouger par l'action et la présence.
images/icones/neutre.gif  ( 743545 )Bravo par Aigle (2014-02-07 21:46:05) 
[en réponse à 743530]

Vous avez cent fois raison

Il faut que les catholiques soient nombreux et actifs dans les partis pour les influencer de l'intérieur et contre battre l'influence mortifère mais o combien prégnante des lobbies maçonniques ( même à droite) et libertins ....
images/icones/1d.gif  ( 743469 )Encore un qui croit au système qui est dupé par le système par Ritter (2014-02-07 09:37:10) 
[en réponse à 743414]

La droite la gauche;
La gauche ceci, la droite cela blablablablabla;

Les lois dont ils parlent dans le statut de l'évolution des femmes par le passé ont été portées pour les plus "progressistes" par la droite.



Ce mouvement a dévoilé l'impasse politique et intellectuelle de la gauche, qui n'a finalement jamais réussi à élaborer un programme de gouvernement et à assumer d'être majoritaire. Elle a par exemple été incapable de reconstruire une doctrine économique après avoir passé le keynésianisme par-dessus bord, en 1983. Aujourd'hui, c'est son dernier viatique, le sociétal, qui attaqué par un côté d'où elle n'imaginait pas pouvoir être sérieusement contestée. En 2014, la gauche est en crise profonde et doit se reconstruire de fond en comble.



ah oui et la droite qu'a-t-elle fait de différent en matière économique? droite ou gauche aucun gouvernement n'a résolu le problème de l'emploi, le guignol immigré de deuxième génération avait dit lui aussi qu'il inverserait la courbe du chômage et il n'en fut rien, avant lui Chirac. Maintenant le guignol de remplacement fait la même chose;

Il est bien fort de vouloir vous faire croire en une différence entre la droite et la gauche; Il nourrit le monstre c'est bien;

Alors qu'il se souviennent Isaie 33-1


Cordialement


images/icones/1n.gif  ( 743532 )Y a pas de problème d'emploi par Polydamas (2014-02-07 20:42:44) 
[en réponse à 743469]

mais un problème d'affectation des formations aux secteurs embauchants et un problème d'adaptation des salariés à ces changements structurels des secteurs.

Et oui, j'ai mis un article d'un républicain. On a le droit de ne pas être d'accord avec lui, mais l'analyse est intéressante.
images/icones/neutre.gif  ( 743535 )Ah bon, c'est nouveau par Ritter (2014-02-07 21:08:16) 
[en réponse à 743532]


mais un problème d'affectation des formations aux secteurs embauchants et un problème d'adaptation des salariés à ces changements structurels des secteurs.



Je crois que c'est plutôt à vous de vous adapter à l'excellence.

Dans le cas des acieries qui ont fermé avec la droite et ensuite la gauche, se sont des personnes hautement qualifiées qui se sont retrouver au chômage, un réel savoir faire de qualité qui s'est perdu, et cela par Volonté politique, quand un groupe italien voulut reprendre, on a préféré perdre se savoir faire. Et peu de gens au monde étaient capables de fabriquer des aciers d'une telle technologie. Idem pour les secteurs recherche et développement d'Alcatel et de bien d'autres groupes, et je pourrais continuer à l'envie.

Vous pensez que l'on peut demander à ces ouvriers techniciens hautement qualifiés au tout venant à l'ordinaire et à la M qu'on leur propose.

Le raisonnement que vous venez de tenir, est le symbole même de l'abandon de l'excellence.

Avec un tel raisonnement on pourrait traiter l'auteur de la joconde d'inadapté car il ne ferait pas un manga.

En suivant encore votre raisonnement on peut trés bien demander aux élèves et aux familles de s'adapter aux théories en vogue, le genre par exemple. C'est une théorie porteuse.

J'espère que cette analyse quand vous la trouvez intéressante c'est une boutade.

Cette analyse est tronquée idéologiquement la réponse la plus simple est que si nous en sommes là c'est que la droite n'avait plus rien à offrir, maintenant les gens savent que la gauche non plus.




Et oui, j'ai mis un article d'un républicain. On a le droit de ne pas être d'accord avec lui, mais l'analyse est intéressante.




Les républicains sont vraiment malades, cette analyse en est le meilleur des symptômes.
Ce n'est pas une question d'être d'accord ou pas, c'est un tissu de non réalité.

Cordialement.







images/icones/1a.gif  ( 743543 )Pas vraiment, non. par Polydamas (2014-02-07 21:42:32) 
[en réponse à 743535]

Je considère qu'il faut s'adapter aux évolutions du système économique, oui.
Pour autant, je ne considère pas qu'il faille s'adapter aux évolutions des mœurs.

Pour une bonne et simple raison, dans l'économie, on fait face aux chinois et aux robots, qui sont, dans certains domaines, moins chers et plus efficaces, donc, si vous souhaitez garder une spécificité, il faut effectivement se réfugier dans l'excellence (mais même là, les robots ou les chinois peuvent finir par vous rattraper) ou changer pour un secteur plus porteur. Rien de tout cela sur le plan des mœurs, dont la fragilité n'est effectivement pas la plus propice à aider la personne.

Après, oui, dans bien des secteurs, des graves erreurs ont été faites, dont les managers sont responsables. D'où l'importance d'un système d'assurance chômage. Mais il faut aussi être capable de changer de pied et passer à autre chose, ce qui est extrêmement difficile, j'en conviens aisément.


Avec un tel raisonnement on pourrait traiter l'auteur de la joconde d'inadapté car il ne ferait pas un manga.


Non, parce qu'il y a une clientèle pour l'art de haute volée, de luxe. C'est justement pour cela que les boites de luxe cartonnent en ce moment.


Cette analyse est tronquée idéologiquement la réponse la plus simple est que si nous en sommes là c'est que la droite n'avait plus rien à offrir, maintenant les gens savent que la gauche non plus


Personne, que ce soit à gauche ou à droite, n'a les moyens prométhéens de lancer une économie qui convienne à tous. Il faut donc s'adapter aux secteurs qui marchent et oublier les secteurs qui ferment.



Les républicains sont vraiment malades, cette analyse en est le meilleur des symptômes.
Ce n'est pas une question d'être d'accord ou pas, c'est un tissu de non réalité.


Peut-être, mais c'est eux qui gouvernent. Donc soit on s'adapte à leur stratégies et méthodes, en gardant le fond qui importe, ce qu'a fait brillamment la Manif pour Tous, soit on reste dans son coin.
images/icones/neutre.gif  ( 743547 )Justement par Ritter (2014-02-07 22:01:22) 
[en réponse à 743543]


Donc soit on s'adapte à leur stratégies et méthodes, en gardant le fond qui importe, ce qu'a fait brillamment la Manif pour Tous, soit on reste dans son coin.



La "manip pour tous" s'est adaptée en se faisant récupérer par l'ump, qui n'avait plus que cela pour se relancer.

Si vous avez lu le manifeste qui est proposé aux futurs élus, vous aurez vite compris, que c'est facile à signer car cela n'engage à rien;
Les personnes élus n'auront pas les pouvoirs de modifier quoi que ce soit, d'autant que l'on ne pourra plus cumuler maire avec certaines fonctions.



Personne, que ce soit à gauche ou à droite, n'a les moyens prométhéens de lancer une économie qui convienne à tous. Il faut donc s'adapter aux secteurs qui marchent et oublier les secteurs qui ferment.



Tout simplement car vous pensez en terme d'économie, il ne faut pas penser en terme d'économie, l'économie est simplement la résultante d'une réussite;
Il est impossible de se priver dans la situation économique actuelle de secteur comme la sidérurgie.

Les allemands sont les premiers de la classe pourquoi entre autre car ils ont su s'opposer de manière intelligente à la main d’œuvre immigré non qualifiée, en créant des machines outils de haute qualité.

Et surtout ce n'est pas à l'homme de s'adapter à ce que l'on veut lui imposer, mais à l'homme de créer son industrie, de développer, et là on est loin de toutes les politiques proposées en France.

Le dernier président qui ait fait cela est le président VGE, hélas il a fait d'autres erreurs.


Non, parce qu'il y a une clientèle pour l'art de haute volée, de luxe. C'est justement pour cela que les boites de luxe cartonnent en ce moment.



Si vous voyez ce que cette clientèle achète vous seriez effrayé;
Certes il peut y avoir des pièces de qualité, mais le pourcentage est infime, et pourtant les hommes les artistes sont là qui ne demanderaient qu'à exprimer leur talent.

Ensuite pour un certain constat je suis d'accord avec Vous.

Cordialement



images/icones/1b.gif  ( 743549 )Je crois qu'on est d'accord par Polydamas (2014-02-07 22:32:37) 
[en réponse à 743547]


Il est impossible de se priver dans la situation économique actuelle de secteur comme la sidérurgie.


Si, on peut s'en priver, du moment qu'on l'achète à d'autres. L'idée étant celle de l'hyper spécialisation. Et on ne peut être spécialiste de tout.


Et surtout ce n'est pas à l'homme de s'adapter à ce que l'on veut lui imposer, mais à l'homme de créer son industrie, de développer, et là on est loin de toutes les politiques proposées en France.


Tout à fait d'accord avec vous. Si vous faites de la qualité et qu'il y a bien un marché qui veut acheter vos produits, pas de problèmes, mais le jour où ce n'est plus le cas, il faut se remettre en question. Et oui, on a le droit de créer les futurs secteurs ultra compétitifs et performants, rien ne nous empêche d'innover et d'être pro-actif, en cela, je vous rejoins. Je suis d'accord qu'il ne faut pas se laisser dicter sa condition par l'économie, qu'il faut faire ce que vous faites le mieux, mais ça ne marche que tant qu'il y a du monde en face pour acheter ce que vous proposez.