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images/icones/fleche2.gif  ( 743024 )"Appropriation des fondamentaux" : quelques ouvrages de référence. par Scrutator Sapientiæ (2014-01-30 23:39:08) 

Bonsoir,

Depuis déjà plusieurs années, j'ai la chance de pouvoir repérer, me procurer, puis étudier, de bons livres, en philosophie, en théologie, en histoire, et cette chance, quand j'en ai ou quand j'en saisis l'occasion, je veux pouvoir en faire profiter d'autres que moi, qui ont peut-être moins que moi le loisir de chercher puis de trouver ce qui est susceptible d'être considéré comme à la fois agréable et profitable à lire.

Presque rien n'est original, presque tout est intéressant, et presque tout contribue grandement à la (ré)appropriation des fondamentaux, dans chacun des ouvrages suivants (que je me suis procuré récemment, que j'ai commencé à lire, la lecture de l'un d'entre eux étant déjà terminée), quatre d'entre eux étant, à coup sûr, plus souvent cités en surface qu'étudiés en profondeur, dans la mesure où il s'agit de véritables "pavés" :

"Intériorité et réflexivité dans la pensée de Saint Augustin : Formes et genèse d'un conceptualisation", de Jérôme Lagouanère, aux éditions de l'Institut d'Etudes augustiniennes

"Synthèse dogmatique, tome 1 : De la Trinité à la Trinité", de Jean-Hervé NICOLAS, o p, aux éditions Beauchesne

"Synthèse dogmatique, tome 2 : Complément : De l'Univers à la Trinité", de Jean-Hervé NICOLAS, o p, aux éditions Beauchesne

"Cours de théologie morale : Tome 1, Morale fondamentale", de Michel Labourdette, o p, aux éditions Parole et Silence

"Cours de théologie morale : Tome 2, Morale spéciale", de Michel Labourdette, o p, aux éditions Parole et Silence

"Vatican II, une Histoire à Ecrire", Roberto de Mattei, aux éditions Muller.

J'écris ce message pour le cas où cette petite liste, parmi d'autres bien sûr, pourrait aider qui que ce soit à conseiller l'un de ces livres, parmi d'autres bien sûr, à quelqu'un qu'il connaîtrait, et qui ne saurait pas quoi lire, pour poser ou consolider des fondations, en l'occurrence à propos de Saint Augustin, de la théologie dogmatique, de la théologie morale, et du Concile Vatican II.

Le livre sur Saint Augustin, je me le suis procuré, non sur un coup de tête, mais sur un coup de coeur, et je n'ai pas eu à le regretter, en tout cas pour l'instant ; il témoigne d'une connaissance approfondie de l'oeuvre, de la pensée, et de la généalogie du vocabulaire de Saint Augustin. C'est à la fois impressionnant et intéressant.

Les quatre "pavés" théologiques que certains d'entre vous auront reconnus se prêtent davantage à une lecture au long cours, mais apportent ce qui est toujours indispensable, mais qui est souvent jugé préjudiciable, depuis déjà plusieurs décennies : à la fois "des bases" et "un cadre". Ce sont de véritables "classiques modernes".

Quant au dernier livre cité, dont il a sans doute déjà été question ici, je dois avouer que je me suis demandé ce qu'il allait bien pouvoir m'apprendre, sur le Concile Vatican II, mais ce qu'a écrit Roberto de Mattei est mieux et plus qu'une simple actualisation en surface du livre dans le sillage duquel il s'inscrit, à savoir "Le Rhin se jette dans le Tibre".

Les extraits des chroniques et mémoires des principaux protagonistes, que cite Roberto de Mattei, alors qu'il n'était pas possible d'avoir accès à certaines de ces sources, il y a encore plusieurs années, ont plutôt tendance à donner raison, ou, en tout cas, à donner des raisons, à ceux qui pensent que Vatican II a été, entre autres choses, la consécration magistérielle d'une vision néo-moderniste de Dieu, de l'Eglise, de l'homme, du monde, qui l'a emporté, qui s'est imposée, notamment à la suite d'un véritable "coup d'Etat intellectuel", ou, si vous préférez, au terme d'une véritable "conquête du pouvoir intellectuel".

Ce que précise ou rappelle l'auteur du livre, d'une manière plus factuelle qu'on ne pourrait le croire de prime abord, est instructif, mais aussi accablant, à l'égard de certains protagonistes, évêques ou théologiens, et peut-être surtout vis-à-vis de Paul VI.

On ne peut qu'être frappé par l'ampleur et la portée de "l'anti-anti-communisme", sinon du philo-communisme, d'une partie non négligeable de ceux qui, pour pouvoir FAIRE le Concile, ont cru devoir ou su pouvoir DEFAIRE une partie non négligeable de l'avant-Concile.

A ce propos, l'auteur rappelle que Vatican II a été l'aboutissement de tout un cheminement, d'au moins un quart de siècle, alors que Ralph Wiltgen, me semble-t-il, n'évoque pas cette antériorité intellectuelle pré-conciliaire, dans son propre livre.

L'auteur du livre s'exprime en historien, engagé ou orienté, mais néanmoins en historien ; il s'exprime aussi en italien, et l'on comprend bien, en le lisant, dans quelle mesure le contexte politique et religieux propre à l'Italie a pu peser de tout son poids, en amont, au moment, en aval, de l'élection de Jean XXIII, du début du Concile, de l'élection de Paul VI, de la fin du Concile, et (surtout ?) de l'après-Concile.

Je vous remercie par avance, pour le bon accueil que vous voudrez bien faire à ces quelques orientations bibliographiques sans prétentions ; c'est à la suite d'un récent message, au sein duquel j'ai employé l'expression : "(ré)appropriation des fondamentaux", que l'idée m'est venue de préciser une partie du contenu que j'essaye de donner, à tort ou à raison, à cette expression.

Ce que j'aime le plus avec les ouvrages de Nicolas et de Labourdette, c'est ceci : ils sont contemporains sans être modernistes, et ils sont orthodoxes sans être insulaires ; bien sûr, la théologie dogmatique, la théologie morale, traitées par ces auteurs, inspirés par Saint Thomas, constituent deux "univers", qui nécessitent quasiment une "ascèse", mais la joie de connaître, de comprendre, de contempler une architecture intellectuelle, et d'adorer Celui, Dieu lui-même, qui en est l'inspirateur, récompense totalement l'effort et le labeur.

Je vous remercie pour votre bienveillance et votre compréhension, au contact de ce message, et je vous souhaite une bonne nuit.

Scrutator.