Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 742471 )Tradionnalistes : l'appel à l'Unité ! par jejomau (2014-01-21 14:52:31) 


La division du monde catholique traditionnelle fut un coup de maître réalisé par les ennemis du Missel de 1962 et du Catéchisme romain. Ils ont réussi à semer la discorde entre amis et à établir la haine fratricide entre les prêtres qui devraient marcher main dans la main. Le premier groupe a commencé à traiter leurs frères de radicaux, le second a appelé les autres à fermer les guichets . Les premiers étaient convaincus que ceux qui étaient restés sous Mgr. Lefebvre allait bientôt tomber dans le schisme total, et les derniers pensérent avec certitude que leurs anciens frères abandonneraient à la fois la messe et le Catéchisme.

Que pouvons-nous dire de plus un quart de siècle plus tard ? Que, des deux côtés, ces oukases ont été, dans une large mesure, des réactions excessives.

De son côté, malgré tous ses problèmes connus, la Fraternité Saint-Pie X n'est pas devenu schismatique ou une "église" parallèle. Elle a toujours gardé des contacts avec Rome et a fait ce qu'elle considérait comme nécessaire afin de régulariser sa situation avec les papes successifs, même si, pour des raisons que ses supérieurs considèrent d'ordre prudentiel (et dont nous nous pouvons être en désaccord), la régularisation n'a pas été obtenue pour le moment. De l'autre côté, les communautés Ecclesia Dei n'ont jamais abandonné la messe traditionnelle, ni la catéchèse traditionnelle.

Il faut dire en toute honnêteté: du côté de la FSSPX, il reste à reconnaître le Pape, et le désir de se faire reconnaître dans sa particularité demeure, choses qui varient de personne à personne. Du côté des communautés Ecclesia Dei, il reste une désapprobation de la nouvelle messe (indépendamment du fait qu'elle est considéré comme valide et légitime) et de la modification de la doctrine traditionnelle, qui sont tous deux également exprimé différemment d'une personne à une autre. Les exceptions au sein de ces groupes confirment la règle dans les deux communautés.

Le problème apparu au fil des ans, réside en ce que certaines autorités religieuses, alors que la situation est restée en soi déjà assez déroutante, a proclamé des "fatwas" ; a dogmatisé des attitudes qui exigeraient une certaine souplesse et beaucoup de compréhension. Nous avons entendu, par exemple: "Visiter les pidistes ! N'y pensez même pas, ou vous serez excommunié !!" Ou encore : «Allez à la messe avec ces modernistes ! Vous perdez votre foi !!"

Dans le documentaire sur la vie de Mgr Lefebvre qui a été récemment publié en Amérique, un célèbre professeur et journaliste, Jean Madiran, qui s'était éloigné de la Fraternité Saint Pie X en 1988, fait néanmoins cette déclaration courageuse concernant les consécrations Lefebvre: " Il est difficile pour moi de dire aujourd'hui qu'il s'est trompé . " Depuis sa mort en 2013, cela reste son testament. Ce que le plus célèbre laïc français représentant de la lutte traditionaliste est prêt à affirmer ce dès avant la mort devrait nous faire réfléchir. Beaucoup de fidèles dans la jeune génération refusent cette diabolisation mutuelle dont la seule motivation semble être la crainte de voir une la fuite de ses moutons au pâturage voisin.

Maintenant, Est-ce que mon texte est un appel à tout mélanger?


Absolument pas. Que chacun continue à progresser sur son propre chemin. Le scénario qui a été soulevé au cours des dernières décennies, encore plus après le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, est la pire chose que les progressistes aient pu imaginer compte tenu des circonstances très graves de la période 1969-1988 : une société de Saint Pie X qui reste assez forte, et qui garde ses réticences doctrinales à Rome ... et des communautés Ecclesia Dei qui, répandues à travers le monde, lentement mais sûrement, et avec une grande détermination, précisant aux évêques chaque jour ce que l'Église a toujours voulu et défendu, notamment en matière liturgique. Ne sont-ils pas tous les deux en quelque sorte les héritiers de Marcel Lefebvre, de ceux qui ont demandé l'" expérience de la Tradition »pour être admis ?

Maintenant, que reste-t-il à faire pour l'avenir ?

La proclamation avec force de la foi! Et de travailler cum et sub Petro sans se plaindre! Que les fans des Ecclesia Dei et des communautés Summorum Pontificum communautés n'aient pas peur de la première réponse. Et peut-être ceux de la Fraternité Saint-Pie X n'hésiteront pas à la seconde. En ces temps d'eaux troubles et d'obstacles inconnus, l'unité, la tolérance et l'acceptation mutuelles de tous les catholiques traditionnels ayant les mêmes idées est essentielle.



Traduit de Rorate Caeli
images/icones/bravo.gif  ( 742476 )Enfin , ouf ! par Semper parati (2014-01-21 16:08:16) 
[en réponse à 742471]

un texte intelligent parce que catholique ( universel) et charitable..

C'est tellement ce que je pense!

Moi qui ne suis pas clerc ( donc n'appartenant pas à une frat ou institut, simple catholique Romain)

Il font tous du bien aux âmes, c'est ce que nous leur demandons...

SP ( ravi de ce texte court et limpide)
images/icones/macos.gif  ( 742487 )Qu'il est... par von Loustique (2014-01-21 18:42:50) 
[en réponse à 742471]

...réconfortant de lire ces lignes!

Pragmatique et néanmoins sans


En effet, pas de melting pot improbable:


Que chacun continue à progresser sur son propre chemin.



Juste un petit peu de bon sens:


Beaucoup refusent cette diabolisation mutuelle.



Un grand merci pour ce texte.



Un certain liseur historique voudra bien me pardonner mon crime de lèse-majesté!...
images/icones/neutre.gif  ( 742491 )recognition of the Pope,disapproval of the new Mass par Mingdi (2014-01-21 19:57:48) 
[en réponse à 742471]

Là-dessus, tout le monde tradi est, ou devrait être d'accord. Reste l'attitude publique à adopter. Sur ce point il vaut mieux la jouer calme et habile.
images/icones/bravo.gif  ( 742494 )Bien d'accord avec vous ! par Ennemond (2014-01-21 21:31:51) 
[en réponse à 742491]

Le calme devrait être de mise avant toute réaction à l'emporte-pièce. L'actualité religieuse et politique n'est certes pas enthousiasmante mais beaucoup de réflexes, souvent pavloviens, comme disait Meneau, semblent davantage suscités par une peur incontrôlée que par une réflexion raisonnable.
images/icones/bravo.gif  ( 742512 )Et oui... par Jacques (2014-01-22 09:50:07) 
[en réponse à 742494]

Ce texte est en effet plein de bon sens.

Il faut voir la réalité en face, et se demander où son nos vrais amis, car il est aisé d'identifier ceux qui ne le sont pas.

J'ai beaucoup aimé le DVD sur Monseigneur LEFEBVRE, que vous m'avez offert lors d'une des manif de l'an passé.

Je l'ai aimé parce que l'homme est exceptionnel, mais aussi parce que le travail qui y est fait me paraît sérieux.

En effet, ce n'est pas un défilé de curés acquis à la cause, mais bien au contraire, ce sont des prêtres de tous genres qui témoignent, ce qui permet de crédibiliser l'ensemble.

Tout cela pour dire qu'effectivement à la jeune génération à laquelle j'appartiens encore, nous ne retrouvons pas dans ces querelles de chapelles, à se demander où est la plus belle soutane.

J'ai la chance de fréquenter des prêtres de la FSSP qui ne sont en rien des renégats abandonnant l'enseignement de la Tradition, et j'ai pu rencontrer des prêtres de la FSSPX (à Chiré notamment) qui sont bien plus romains que certains modernaux.

Et nous laïcs, si nous devons rester à notre place, pour ne pas tomber dans les travers que nous dénonçons avec raisons, nous devons êtres des fermants de cette unité du "monde traditionnel".
images/icones/1d.gif  ( 742516 )Ah oui! par Ritter (2014-01-22 10:52:04) 
[en réponse à 742512]



Tout cela pour dire qu'effectivement à la jeune génération à laquelle j'appartiens encore, nous ne retrouvons pas dans ces querelles de chapelles, à se demander où est la plus belle soutane.



ça commence bien,



et j'ai pu rencontrer des prêtres de la FSSPX (à Chiré notamment) qui sont bien plus romains que certains modernaux.



Une unité entre tradis ahahahahah, en ne pouvant fréquenter les ED pour certains, avec des fsspx plus romains que : on dirait une publicité pour la lessive, je lave plus blanc que blanc.quand on constate les divisions internes, (au sein de mouvement pas entre mouvement)les appellations d'oiseaux qui fusent même ici comme ralliés

j'espère que cela ne vous dérange pas qu'il y ait des 'modernos en clergyman plus saints que les tradis' que se piquent de fréquenter même des prêtres tradis.

j'ai aimé nous la jeune génération nous ne nous reconnaissons pas blablabla attend donc de prendre quelques années, et évite donc de juger tes anciens, tu leur dois grâce à leur querelle de soutane de pouvoir te dire tradi

Paix aux hommes de bonne volonté. c'est autre chose qu'une coop tradi
images/icones/3d.gif  ( 742517 )Ca va? par Jacques (2014-01-22 11:33:53) 
[en réponse à 742516]

Il n'est pas question de "juger" les anciens, mais simplement de dire qu'à ma génération nous sommes nombreux à ne pas vouloir entrer dans les batailles des années 70-80.

Je n'ai certainement pas jugé ce qui a pu être fait, mais pense qu'il est grand temps de passer à autre chose.

Je suis "arrivé" dans une paroisse tradi il y a peu d'années, gamin j'ai toujours entendu dire qu'un curé en soutane était nécessairement un intégriste, je suis bien heureux d'avoir pu constater le contraire.

Et si vous suivez mes très rares interventions sur ce forum, vous saurez bien que quand je parle de moderneaux, je n'englobe certainement pas les curé clergy, mais je pense plutôt à ceux que le magistère de l'Eglise dérange, contestant tout ce qui vient de Rome et qui pourrait s'apparenter à l'enseignement multiséculaire de l'Eglise catholique.

Si vous êtes dans les anciens, vous devez comprendre que les jeunes, sans rejeter ce qui a pu être fait souvent courageusement, veulent autre chose.

Nous ne cherchons pas l'étiquette tradis, ni la création d'une "coop".

Alors détendez-vous, nul besoin de mettre le feu à la baraque.

images/icones/neutre.gif  ( 742521 )Alors justement par Ritter (2014-01-22 12:45:20) 
[en réponse à 742517]

L'unité doit aussi se faire avec tous y compris ses curés et religieux qui souffrent et sont persécutés au sein de l’Église.

Cordialement.

images/icones/bravo.gif  ( 742549 )bien d'accord avec vous par Jacques (2014-01-22 20:06:55) 
[en réponse à 742521]

J'ai de bons amis prêtres diocésains qui souffrent effectivement.

Ce sont en général de saints prêtres, qui font un travail formidable, qui ont le soucis des âmes, et qui sont souvent persécutés... pour tout dire je suis du diocèse de POITIERS... quand on a dit cela on a tout dit.

Vraiment le sens de mon propos plus haut n'était bien évidemment pas de dire hors de l'ED point de salut, mais bien au contraire lorsque je parle du monde tradi j'englobe tous ceux qui ont le soucis d'être fidèle à l'Eglise et son enseignement.

images/icones/fleur.gif  ( 742553 )Si cela est alors possible par Ritter (2014-01-22 20:33:03) 
[en réponse à 742549]

Je suis prêt à parier que le prochain Pape sera Français.
Car une telle unité, l'emporterait sur toutes les divisions.

Cordialement
images/icones/tao.gif  ( 742548 )Une bonne initiative ! Des remarques et quelques objections... par Athanase (2014-01-22 20:04:18) 
[en réponse à 742471]

Je salue cette initiative qui traduit, chez certains tradis, une conscience que l'unité dans les relations entre tradis reste nécessaire. L'exemple de ces 25 dernières années démontre que nous n'avons pas toujours été exemplaire. Je pense même que certains tradis, en jouant avec la Charité, jouent hélas aussi avec la FOI.

Je ne reviens pas sur des épisodes désagréables; à titre personnel, j'ai regretté à la FSSPX une tendance à l'exclusivisme, apparue après les sacres de 1988. Une tendance conduisant même à décourager les Fidèles à ne pas suivre les messes de l'autre, etc. Une tendance qui peut se comprendre vu le rejet dont la FSSPX a fait l'objet et les accusations de schisme jetés par certains milieux diocésains. Et puis on ne cherche pas à choyer des communautés nées d'un texte qui désapprouve la FSSPX... Attitude qui a pu aller jusqu'à freiner toute initiative apostolique. Le plus curieux est que ce ne sont pas les sacres, ni même la critique (radicale) de Vatican II qui ont été choquants de la part de la FSSPX. Non, ce qui fut choquant c'est un peu ce recroquevillement constaté ici et là, mais pas partout, qui dénote qu'un noble combat est lourd, très lourd à porter. La FSSPX ne pouvait, à elle seule, le porter. Ce constat n'émane pas de moi, ni d'ennemis jurés de la fraternité, mais de membres ou proches de la FSSPX qui, il y a quelques années, pointèrent ce danger pour la FSSPX de n'avoir pas de communauté amie pouvant l'équilibrer et, si possible, la corriger (la solitude, surtout lorsqu'elle n'est pas cherchée, reste toujours un danger). Le drame de cette crise de l'Eglise a été aussi de laisser la FSSPX seule, sans autorité réelle au-dessus d'elle parce qu'elle se méfiait, non sans raison, des instances officielles. Sa situation est plus complexe; ce n'est ni l'anarchie, ni l'autoritarisme, mais une situation inédite créée par la crise de l'Eglise, dont la FSSPX souffre profondément alors même qu'elle la combat. Je n'en dis pas plus. D'ailleurs, le mieux est que l'on fasse soi-même ces critiques. Les imposer du dehors, cela ne sert à rien.

Je pense que si le climat s'est apaisé, cela résulte de différentes raisons, dont certaines sont évidentes, d'autres moins.

L'une des premières raisons est que la question de l'usage de l'ancien Missel et de la défense de la Tradition ne se pose plus selon le schéma binaire FSSPX/FSSP, comme ce fut le cas jusqu'à la fin des années 1990. L'apparition de nouvelles communautés, leur développement malgré des freins épiscopaux voire romains, la reconnaissance du Missel de 1962 comme forme extraordinaire ont autant d'éléments qui ont contribué à créer une situation non-binaire. A cela peut aussi s'ajouter le fait que la FSSP a pris ses marques et d'adolescente qu'elle était entre à l'âge adulte.

Je pense aussi que la FSSPX, de son côté, ne conçoit plus forcément la FSSP comme une concurrente destinée à l'asphyxier. On peut dire que, sur ce plan, si le rêve a été caressé, ce fut clairement un échec immédiat dans la mesure où peu de prêtres rejoignirent la FSSPX dans l'immédiat. Avec le temps, les deux fraternités ont fini par prendre chacune leur envol, développant leur propre spécificité. Avec le temps, elles ont cessé de se regarder en chiens de faïence, tout simplement parce qu'elles suivaient chacune leur route et qu'elles ont pris de la maturité (en 1988, la FSSPX était une ado, alors que la FSSP était un bambin; aujourd'hui, la FSSPX est une femme d'âge mûre, tandis que la FSSP est une jeune adulte qui entre dans la vie professionnelle...). La distance et le recul ont aussi du bon. Mais cela n'a pas empêché la FSSPX d'être la principale communauté usant de la forme extraordinaire. Cela doit être noté.

Enfin, le rapprochement officiel avec la FSSPX, la libéralisation, certes relatives, du rite tridentin (au moins sur le papier) et, plus généralement, l'intérêt de deux papes (Jean-Paul II et Benoît XVI) pour la question traditionnelle ont malgré tout créé un climat démontrant que la chose est appréhendée avec sérieux.

Je pense aussi qu'un autre élément, méconnu a considérablement joué: la souplesse des autorités romaines, à commencer par celle du Bienheureux Jean-Paul II, sur le dossier de la FSSPX. Le pape n'a guère fulminé contre la FSSPX ("acte schismatique" dans le Motu proprio de 1988, mais il n'y aura plus d'allusions de cette nature dans les textes qui suivirent sous la plume de Jean-Paul II); quant à la curie romaine, il n'y a guère de position officielle dénonçant l'attitude de la FSSPX: le décret du 1er juillet 1988 parlant de "schisme" n'a guère été suivi par des textes aussi éloquents. Aucune allusion papale, mais quelques textes romains sur la question, parfois contradictoires, qui démontrent surtout que Rome a fait preuve de souplesse. Si Rome voulait dénoncer la FSSPX, elle pouvait le faire. Elle ne l'a pas fait, ce qui démontre que le silence en dit assez long. Pour quelles raisons ? Pour ne pas tomber dans le "un poids, deux mesures": une FSSPX condamnée dans une Eglise tolérant les courants opposés, cela n'aurait pas eu grand sens. Pour reconnaître aussi que le dossier est complexe et qu'il est délicat de trancher rapidement. Et pour laisser une marge d'appréciation dans l'hypothèse d'une réconciliation future...

Personnellement, avec le recul, je reconnais que les sacres de 1988 ont été bénéfiques en ce sens qu'ils ont préservé l'unité de la FSSPX (c'est peut-être curieux, mais cet argument me semble capital: il aurait été fâcheux de se retrouver avec une affaiblissement notable dès 1988), évité la création d'une fraternité qui aurait dépéri par absence d'épiscopat, mais également ouvert la voie à d'autres communautés, mais unies à Rome. Je pense tout simplement que Dieu écrit droit avec des lignes courbes et qu'à vouloir être trop rationnel on se plante royalement. Tous, nous savons que la situation est complexe, que la crise de l'Eglise est présente, dans une bonne partie de l'Eglise, mais aussi en nous-même. Tous, nous constatons la fragilité des uns et des autres et que ce combat reste difficile dans une société qui nous est de plus en plus hostile.

Quelques remarques sur le paragraphe suivant qui me donnent une impression de vague et me laissent sur ma faim:

"Il faut dire en toute honnêteté: du côté de la FSSPX, il reste à reconnaître le Pape, et le désir de se faire reconnaître dans sa particularité demeure, choses qui varient de personne à personne. Du côté des communautés Ecclesia Dei, il reste une désapprobation de la nouvelle messe (indépendamment du fait qu'elle est considéré comme valide et légitime) et de la modification de la doctrine traditionnelle, qui sont tous deux également exprimé différemment d'une personne à une autre. Les exceptions au sein de ces groupes confirment la règle dans les deux communautés."

Euh, si je me trompe, la FSSPX vous dira qu'elle reconnaît le pape et que le lui demander n'a pas grand sens... Que signifie "reconnaître" ? Est-ce une soumission conditionnelle ? La FSSPX pourra vous dire qu'en soi elle n'est pas insoumise... Voilà du côté Saintpiediste. Quant à la "désapprobation de la nouvelle messe (indépendamment du fait qu'elle est considérée comme valide et légitime)": je tique un peu ! Que signifie désapprouver si l'on considère le rite comme valide et légitime ? Et puis que signifie vraiment désapprouver ? Si c'est dire que l'Eglise aurait dû, avec recul, s'abstenir d'instituer un nouveau rite, moins explicite, un peu rapide sur certains points, je ne vois guère d'objection: l'Eglise a la certitude de ne pas errer, mais pas de faire les meilleurs choix. A titre d'exemple, elle n'a jamais prétendu que sa discipline était la meilleure. Les promesses d'indéfectibilité ne sont pas des promesses d'accroissement, mais des promesses de préservation à l'égard de l'erreur. Cela s'applique aussi bien pour des pratiques pré que post-conciliaires. Quant à la nécessité de désapprouver la modification de la doctrine traditionnelle, là aussi je sursaute: 1) les intéressés vous diront qu'ils n'ont jamais approuvé cette modification; 2)que l'on peut nier toute idée de modification en haut-lieu et que Vatican ne voulait pas cette modification ; 3) que l'on n'a pas le pouvoir de la modifier, nonobstant ce que disent les esprits modernichons (dans ce cas, on dira que non seulement Vatican II ne voulait pas modifier la doctrine traditionnelle, mais tout simplement qu'il ne pouvait pas la modifier). Voilà du côté "Ecclesiadeiste"...

- Je pense tout simplement qu'il faut du temps et de la patience dans ce genre d'épreuves.
- Je pense aussi que la critique de Vatican II doit aussi venir de milieux et d'esprits différents; je sais, par exemple, qu'en Italie il existe une critique émanant de la gauche politique reprochant à Vatican II d'avoir capitulé devant l'esprit bourgeois au détriment du peuple.
- Je pense enfin que l'histoire de l'Eglise, notamment dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, démontre des crises dures suivies aussi de réconciliations avec des mouvements dits schismatiques (le schisme, c'est aussi une étiquette commode quand on se situe postérieurerement à l'événement). Hippolyte a bien fini par se réconcilier avec le pape Pontien; les Novatiens considérés comme schismatiques furent même invités au concile de Nicée et respectés par les catholiques défendant ledit concile parce qu'ils adhèrent au Credo proclamé; en 1869, une commission préparatoire au concile délibéra une journée pour savoir s'il fallait inviter l'Eglise schismatique d'Utrecht, etc. Des arguments qui pourraient être aussi bien utilisés par les oecuménistes que par les catholiques soucieux de l'unité de la mouvance traditionnelle.
images/icones/fleche2.gif  ( 742753 )Dans quel but, sur quelles bases, dans quel cadre. par Scrutator Sapientiæ (2014-01-26 13:47:23) 
[en réponse à 742471]

Bonjour et bon dimanche, jejomau.

Oui à l'unité, dans la charité et dans la vérité, notamment entre catholiques traditionnels, alors que nous sommes encore à proximité de la récente semaine pour l'unité des chrétiens.

Je formule sans doute bien mal tout ce qui suit, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.

Il est question d'unité.

1. Dans quel but ? L'objectif est-il, à partir de davantage d'unité,

- plutôt de continuer à consolider et à développer les positions déjà acquises, dans le respect mutuel,

ou

- plutôt de commencer à essayer de regagner une partie du terrain perdu, dans les diocèses et paroisses ?

2. Sur quelles bases ? Sur quelles bases intellectuelles, philosophiques, théologiques, magistérielles, un tant soit peu communes, que ce soit en ce qui concerne la dimension analytique ou la dimension programmatique du regard catholique traditionnel sur la situation actuelle de l'Eglise et du monde, notamment en France ?

3. Dans quel cadre ? Dans quel cadre institutionnel, a priori plutôt confédéral, qui serait animé, encadré, inspiré, orienté, unifié, sous la conduite de quelle direction, plus ou moins collégiale ?

Ce sont là les questions que m'inspire cet appel à l'unité, et il est tout à fait possible, et même probable, que ces questions soient démesurées ou prématurées, mais enfin il me semble que ces questions sont aussi concrètes et d'ordre stratégique, et pas uniquement abstraites et à caractère théorique.

La convergence dans la différence, ou le respect mutuel entre les uns et les autres, voire davantage de fraternité entre les Fraternités, c'est indispensable ou plus que souhaitable, mais, encore une fois, dans quel but, sur quelles bases, dans quel cadre ?

N'ayant pas moi-mêmes de réponse aux trois questions que je pose ci-dessus, je me garderai bien, en tout cas, de dire que quelque réponse que ce soit est "plutôt bonne" ou "plutôt mauvaise".

Bon début d'après-midi, en ce dimanche hivernal.

Scrutator.