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images/icones/bravo.gif  ( 742258 )L'abandon de la théologie de la théologie de la substitution par Alonié de Lestre (2014-01-18 19:27:41) 

L’abandon de la théologie de la substitution par l’Église moderne

Depuis deux mille ans, les rapports entre le judaïsme et le christianisme ont façonné l’histoire occidentale. Un des points cruciaux de la relation entre ces deux grandes religions abrahamiques fut la question controversée de la« théologie de la substitution ». L’orientation nouvelle qu’a prise cette problématique au cours des cinquante dernières années mérite une attention toute particulière.

Pour le lecteur, rappelons que le terme « théologie de la substitution » désigne une doctrine professée au sein de l’Église catholique et selon laquelle le christianisme, révélé à l’humanité à travers la parole et les actes de Jésus de Nazareth, se serait substitué au judaïsme dans le dessein de Dieu. Le cœur du débat réside ainsi dans la primauté de l’Ancienne Alliance, celle des juifs, sur celle de la Nouvelle Alliance apportée par la parole de Jésus.

En 1943, l’encyclique Mystici Corporis Christi du pape de l’époque, Pie XII, affirmait encore : « La mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l’Ancienne Loi abolie. » Toutefois, depuis les années 50 et plus spécialement suite au projet d’extermination physique des populations juives d’Europe par les nazis, le débat est entré dans une nouvelle phase en s’insinuant au sein même de l’Église catholique qui, à partir de Vatican II et de façon toujours plus prononcée, condamne désormais ouvertement non seulement les violences et dérives diverses dont elle a pu historiquement se rendre coupable envers des populations de confession juive mais également le principe même de la « substitution », celui-ci étant considéré comme la source principale des crimes perpétrés envers les populations juives dans l’Occident chrétien au cours des deux derniers millénaires.

De fait, il s’agit là d’une version particulièrement insidieuse de repentance dans laquelle l’Église catholique semble désormais se complaire au risque d’y perdre son honneur ou ce qu’il en reste à force de reniements.

Afin d’illustrer le propos, voici quelques citations qui donneront au lecteur une idée du degré de renoncement, de capitulation pour ne pas dire de trahison de l’institution catholique non seulement à l’égard d’elle-même mais, plus grave encore, au regard de sa fidélité à la figure originelle du Christ. Ainsi, Monseigneur Lustiger, ancien archevêque de Paris élevé par la suite au rang de cardinal, a-t-il déclaré ce qui suit en 1998, lors d’une réception donnée en son honneur à la synagogue Sutton Place de New York :

« Au moment d’aborder le troisième millénaire de l’ère chrétienne, une nouvelle époque de l’histoire de l’humanité a commencé. Une page de l’histoire de l’humanité est en train de se tourner. Dans les relations entre les chrétiens et les Juifs, les Chrétiens ont enfin ouvert leurs yeux et leurs oreilles à la douleur et à la blessure juives. Ils veulent porter le fardeau sans le rejeter sur d’autres et ils n’ont pas cherché à s’innocenter. »

Sur quoi les chrétiens auraient-ils enfin ouvert les yeux et de quoi devraient-ils ne plus chercher à s’innocenter selon l’honorable éminence ? Tout simplement de la terrible jalousie qu’ils nourriraient depuis toujours envers les juifs :

« Une jalousie telle à l’égard d’Israël qu’elle a très vite pris la forme d’une revendication d’héritage. Éliminer l’autre si proche et pourtant si différent ! Les païens devenus chrétiens eurent accès à l’Écriture sainte et aux fêtes juives. Mais un mouvement de jalousie humaine, tout humaine, les mena à rejeter à la marge ou à l’extérieur, les juifs. »

C’est cette volonté de spoliation qui aurait conduit la chrétienté aux pires excès envers les juifs et, selon Aron Jean-Marie Lustiger, il ne serait que temps pour les chrétiens d’en faire repentance et de rendre à qui de droit son rôle de peuple dépositaire du salut des nations, comme il l’indiqua explicitement en 2002 devant le Congrès juif européen, puis successivement devant le Congrès juif mondial et devant le Comité juif américain, exposant ainsi « sa réflexion sur l’Élection et la vocation d’Israël et ses rapports avec les nations ».

Dans son sillage, Monseigneur Francis Deniau, évêque de Nevers et président du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme est donc parfaitement légitime à déclarer en 2004 :

« Aujourd’hui, l’Église a répudié toute “théologie de la substitution” et reconnaît l’élection actuelle du peuple juif, “le peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance qui n’a jamais été révoquée” selon l’expression du pape Jean Paul II devant la communauté juive de Mayence le 17 novembre 1980. »

Ainsi la boucle est-elle bouclée, où l’on découvre que la vocation finale du christianisme ne consiste en rien d’autre que dérouler le tapis rouge à l’Israël éternelle dans sa marche triomphale pour la réalisation de son dessein messianique.

On l’aura compris, les enjeux cristallisés autour de cette question sont immenses et déterminants en cela qu’ils visent ni plus ni moins à disqualifier de manière définitive le christianisme dans son essence, c’est-à-dire en tant que religion universelle de salut et donc, finalement, à le transformer en quelque chose qui ne serait plus le christianisme ; une religion acidulée, compatible avec les représentations et catégories du Maître de ce monde.

Cette vision d’un christianisme secondaire, soumis sur le plan symbolique au judaïsme, est intimement liée à une vision coupable du christianisme face à l’histoire. Pourtant, le vieil adage consistant à mélanger les réalités historiques, aussi violentes soient elle, avec la nature fondamentale du culte chrétien paraît tout à fait fallacieux, et nous pouvons aisément comprendre que cette confusion témoigne d’une volonté de discréditer le christianisme sur tous les plans.

De toute évidence, l’histoire devrait être laissée au soin des historiens. C’est à eux de nous éclairer sur la complexité de ces phénomènes, de nous en dire le pourquoi et le comment, de situer les responsabilités respectives des différents protagonistes et d’en évaluer les conséquences par un travail de recherche scientifique rigoureux et exigeant et par-dessus tout, sans a priori idéologiques, à la manière d’un Bernard Lazare.

Par ailleurs, il faut s’en tenir à la dimension proprement spirituelle et invariante du christianisme, c’est-à-dire aux enseignements professés par Jésus de Nazareth, en nous demandant si ces enseignements constituent oui ou non une rupture et un dépassement radical avec le judaïsme traditionnel impliquant l’instauration d’une Nouvelle Alliance fondée sur un paradigme nouveau dans la relation au divin.

Ainsi, le débat porte avant tout sur :
1. La nature de l’élection divine : qui est élu, comment et par qui ?
2. Le sens de l’élection divine : que signifie porter en soi le signe de l’élection ? Quel est le rôle des élus ?

Comme nous l’apprend l’Ancien Testament, à l’origine, l’élection divine procède de Dieu. C’est lui qui intervient dans la vie d’un homme – prophète ou illuminé – pour l’appeler à la mission, celle-ci consistant toujours dans l’action d’éveiller la conscience du peuple égaré – suite aux évènements de la Chute – afin de le reconduire vers son créateur, Dieu, jusqu’à la Patrie éternelle d’où il est issu. C’est cela que nous conte l’histoire des premiers prophètes : Abraham, Josué, Moïse.

L’émergence de l’idée monothéiste fut un phénomène long et complexe dont les historiens situent le moment décisif dans la rencontre entre ces populations sémites auxquelles l’histoire a donné le nom d’« Hébreux » et l’Égypte des pharaons, dans un monde globalement acquis au polythéisme et structuré à l’échelle humaine de la ville-royaume ou de la tribu, une alliance de villes ou de tribus ethniquement et culturellement homogène constituant un « peuple ».

Et précisément, l’Ancien Testament est plein du récit des événements mythologisés ayant conduit à l’unification du peuple hébreu autour d’une terre et d’un Dieu unique, Yahvé, les deux aspects formant une unité rigoureusement indissociable dans la conception israélite. Investi par la mission consistant à faire triompher le projet divin, le peuple choisi par Dieu, le peuple hébreu, se distingue de tous les autres : il est le peuple élu et donc le peuple composé des « élus ».

Cette conception, qui prévaut encore de nos jours parmi les juifs, établit donc un lien direct et unique entre l’élection divine et l’appartenance au peuple juif. Bien que faisant l’objet d’un débat continu, la transmission élective par le sang reste un fondement majeur de la communauté juive. L’amendement de 1970 à la loi du Retour confirme d’ailleurs la filiation maternelle. Dans la vision juive religieuse – il s’agit d’un pléonasme, un juif non-religieux n’étant plus juif au sens strict du terme, puisqu’il renonce de fait à assumer la mission élective que Dieu lui a confiée et se soustrait ainsi du nombre des élus – c’est donc au « peuple juif » qu’il appartient de réaliser le dessein de Dieu pour l’ensemble des nations.

Au contraire, par la rupture apportée par Jésus et ceux qui entreront dans sa succession, l’élection divine ne s’hérite ni par la naissance, ni par la richesse matérielle, ni par la position sociale, ni par l’observance de sacrifices rituels, mais seulement par la vertu intérieure et l’élévation aux valeurs de l’Esprit. Personne n’est « élu » à priori, seul l’est celui qui conquiert la noblesse intérieure en fidélité au Dieu de l’Amour et cela est offert à tous, juifs ou non, à la seule condition d’en avoir la volonté puisque l’Amour absolu de Dieu pour ses enfants inclut le droit au libre arbitre. Dès lors, la qualité élective s’émancipe totalement de l’appartenance au peuple juif : elle acquiert une dimension universelle, sonnant le glas de l’Ancienne Alliance au profit de la Nouvelle. C’est cette rupture fondamentale à l’égard du judaïsme traditionnel qui donnera naissance au christianisme. Mais ce n’est pas la seule.

En effet, la rupture introduite par Jésus de Nazareth sur le terrain spécifique de l’élection divine repose elle-même sur une révolution bien plus grande encore, instituant ni plus ni moins le retournement total des valeurs et des principes qui régissent la vie humaine. En chassant les marchands du temple, en prononçant le célèbre « Mon Royaume n’est pas de ce monde », il exprime clairement que seul ce qui relève du principe de l’unité et de l’ordonnancement harmonieux de la vie dans l’Être peut se prévaloir de Dieu, que ce soit dans le champ de la vie matérielle ou dans celui de l’Esprit. Dès lors, l’attitude correcte est celle qui accorde à chaque chose et à chaque être sa juste place dans l’ordre de la vie naturelle-organique, enchâssée elle-même dans l’ordre de la vie cosmique. C’est ainsi qu’il faut comprendre le célèbre « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Dans ce cadre, le rôle dévolu aux « élus » se voit lui aussi redéfini en totalité. Désormais, l’élection ne constitue plus ni un privilège ni une marque de valorisation mais, à l’exact opposé, une obligation de servir avec désintéressement et de s’effacer au plan de l’ego, pour la gloire et le triomphe de ce qui est plus grand que soi : la vie divine. Ce positionnement des élus, Jésus l’a synthétisé de la façon suivante, définissant par là-même en quoi consiste leur responsabilité : « Celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »

De fait, en renonçant à la « théologie de la substitution », sous l’aimable pression de certains, l’Église catholique ne se contente pas de jeter un regard critique sur quelques aspects regrettables de son passé, elle tourne délibérément le dos à ce qui fait le cœur même du christianisme, délégitimant ainsi les fondements sur lesquels repose sa raison d’exister depuis deux mille ans.

C’est ainsi que le système global de représentation et de transformation verticales du monde initié par Jésus de Nazareth est aujourd’hui délaissé au profit d’une religion hermaphrodite, dévirilisée, soluble dans ce monde inhumain et amoral, et tout cela au nom de l’amour mal compris. Privés de repaires et de bornes sur leur chemin de vie, les individus que nous sommes n’ont plus qu’à errer au gré des courants nauséabonds de ce monde putride.

Il convient donc de rappeler ce qui suit : si Jésus a en effet placé l’Amour à l’origine et au terme de toute chose, cet Amour-là s’exerce dans le cadre d’une dialectique subtile qui rejette tout compromis avec le Mal mais affirme la possibilité pour chacun d’accéder au bon, au bien et au beau. Si le royaume des Cieux est en effet offert à tous, il ne l’est pas n’importe comment, à n’importe quel prix ni à n’importe quelle condition. Pour y accéder, il convient de se départir de tout ce qui est contraire à l’harmonie de la vie. À ce titre, le christianisme prône la guerre totale contre le Mal et tout ce qui relève de lui.

Ici, rappelons à ceux qui devraient le savoir mieux que quiconque mais qui semblent pourtant l’avoir oublié, que le christianisme est effectivement une religion de combat : celui qui oppose la Lumière aux Ténèbres, à la manière de l’Archange saint Michel terrassant le dragon. Rappelons aussi qu’il ne manifeste aucune forme de mansuétude, de bienveillance ni de tolérance envers tout ce qui relève des principes et des catégories de l’Adversaire, comme nous le rappellent ces paroles sans concession de Jésus-Christ : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ! »

Au final, face à la confusion introduite et entretenue dans les esprits par le manque de fidélité aux principes profonds du christianisme par l’autorité ecclésiastique, le croyant doit s’interroger : à qui et à quelles valeurs cet abandon profite-t-il ?

Alain R.
images/icones/neutre.gif  ( 742268 )Très bon article par Meneau (2014-01-18 20:13:21) 
[en réponse à 742258]


le principe même de la « substitution », celui-ci étant considéré comme la source principale des crimes perpétrés envers les populations juives dans l’Occident chrétien au cours des deux derniers millénaires.


C'est bien là le postulat culpabilisant et faux qui conduit à cette hérésie.


De fait, en renonçant à la « théologie de la substitution », sous l’aimable pression de certains, l’Église catholique ne se contente pas de jeter un regard critique sur quelques aspects regrettables de son passé, elle tourne délibérément le dos à ce qui fait le cœur même du christianisme, délégitimant ainsi les fondements sur lesquels repose sa raison d’exister depuis deux mille ans.


Hélas.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 742274 )Il s'agit d'un reniement par Jean-Paul PARFU (2014-01-18 20:22:17) 
[en réponse à 742268]

comparable au reniement de Pierre !
images/icones/hein.gif  ( 742284 )Hélas Hélas Hélas cet article aurait pu être bon par Ritter (2014-01-18 21:09:45) 
[en réponse à 742258]

Mais plutôt que la théologie de la substitution, aurait-il fallu parler de la théologie de l'accomplissement de la Loi.
La Loi n'a pas été substituée par une autre, la Loi a été accomplie, dans et Par Le Messie.

Par le Christ nous sommes greffés sur le rameau "Israël".

Un juif ne reconnaissant pas, Le Christ comme Messie, ne peut accéder à l'accomplissement de la Loi.

Nous ne pouvons réserver pour nous le fait que là ou le péché abonde la grâce surabonde.

Combien, il semble évident que le Messie, Notre Seigneur Jésus-Christ doit il voir avec plaisir, la conversion d'un de ceux du Peuple au sein duquel il choisit de s'incarner.

Ensuite il est autre chose de constater que la Foi s'altère, mais la Foi s'altère-t-elle à cause des juifs ou de nos faiblesses?

Déjà Notre Seigneur reprochaient à ses disciples leur manque de Foi, il ne leur reprochait pas d'être juif et ce n'était pas le fait qu'il soit juif qui était cause de l'altération de leur Foi.

Il reconnut même dans un occupant, une Foi bien plus grande qu'en aucun enfant d'Israël, était-ce alors car il n'était pas enfant d'Israël ou bien l'était-il sans le savoir?

Un juif de bonne volonté comment ne serait-il pas concerné avant tout autre par le contenu de l'Encyclique Mysticii Corporis?
D'autre part, Loi abolie, alors que Notre Seigneur évoque l'accomplissement et non l'abolition?



images/icones/neutre.gif  ( 742306 )Substitution par Meneau (2014-01-19 11:51:03) 
[en réponse à 742284]

La substitution porte surtout sur le peuple élu. Avant la Nouvelle Loi, accomplissement de l'Ancienne, le peuple élu était le peuple juif. Après l'avènement du Fils de Dieu, le peuple élu catholique s'est substitué au peuple juif dans ce rôle.

On peut (et doit) certes y voir une continuité. Mais c'est cela que veut dire le terme théologie de la substitution : le peuple juif moderne n'est plus le peuple élu de Dieu.

Cordialement
Meneau
images/icones/bible.gif  ( 742310 )Comment Dieu aurait-il pu reprendre sa parole ? par Griffon (2014-01-19 12:55:43) 
[en réponse à 742306]

Ne le savez-vous pas ?
"Même si vous êtes infidèles, Dieu, Lui, restera fidèle".

Si les juifs reconnaissaient le Christ, ils pourraient accéder au Royaume de Dieu, au lieu de l'attendre perpétuellement.
Mais Dieu reste Dieu.

Cordialement,

Griffon.
images/icones/fleur.gif  ( 742317 )Je préciserai si vous le permettez par Ritter (2014-01-19 15:13:35) 
[en réponse à 742310]

Que j'aurais fait une réponse identique et en donnant un exemple plus charnel et historique dans un domaine qui intéresse notre affaire.

Que le descendant de Charlemagne, n'est que l'Avoué alors que le Christ est le vrai Roi, et ne croyons nous pas qu'il est vivant?

Certains Rabbins vont jusqu'à critiquer l'état d’Israël car ils affirment que le retour actuel des juifs en Israël, n'est pas un retour selon la volonté Divine, mais simplement une volonté purement humaine.

Pour Meneau plus particulièrement.

Le fait que les dirigeant du Monde Entier se prosternent devant l'Etat d'Israël ne fait pas de cet état l'Etat que nous attendons, ni du comportement des Juifs celui que nous espérons.



Après l'avènement du Fils de Dieu, le peuple élu catholique s'est substitué au peuple juif dans ce rôle.



Le rôle qui devrait être concerné est celui de la diffusion de la Loi accomplie, allez enseigner, baptiser. Ensuite et encore, Le Christ nous greffe sur le Sarment Israël.

Si le peuple juif n'est pas le peuple élu, sur quoi sur qui sommes nous greffés?

Cordialement.
images/icones/neutre.gif  ( 742359 )Si... par Meneau (2014-01-20 00:44:21) 
[en réponse à 742310]

Si les juifs reconnaissaient le Christ, ils appartiendraient à l'Eglise du Christ, le "nouveau peuple de Dieu" (Nostra Aetate n°4), le "nouvel Israël, celui de l'ère présente en quête de la cité future et qui ne finit pas" (Lumen Gentium).

Ils seraient catholiques.

Cordialement
Meneau


images/icones/fleche2.gif  ( 742288 )Oui, c'est bien là par Vassilissa (2014-01-18 22:13:36) 
[en réponse à 742258]

le cœur de tout, et de tout ce qui se passe en ce moment. Le catholicisme s'est laissé (avec beaucoup de complicités intérieures, très haut placées et bientôt récompensées) transformer en "judéo-christianisme", cette expression scandaleuse lorsqu'elle est vidée de son sens premier, historique.
images/icones/marie.gif  ( 742298 )Je fais remarquer par Jean Ferrand (2014-01-19 10:02:52) 
[en réponse à 742258]

Je fais remarquer en passant que la théologie dite de la substitution (de l'Israël ancien par l'Israël nouveau) ne fait pas partie officiellement de la doctrine catholique. La seule substitution mentionnée dans le Catéchisme de l’Église catholique (N°615) est celle du Christ qui a substitué son obéissance à notre désobéissance. L’Église ne s'est pas substituée à l'Israël ancien, elle lui a succédé. Mais elle l'a en même temps absorbé. N'oublions pas que Jésus, Marie et les treize apôtres (y compris Paul) ou même quatorze (avec Barnabé) étaient tous juifs et fiers de l'être. C'est Marie qui l'a chanté dans le Magnificat : "Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et sa descendance à jamais." (Lc 1,54-55).

Et Zacharie a repris cette antienne dans son cantique à peu près dans les mêmes termes. Je ne vais pas le citer ici en entier.

Il y a identité évidente entre l'Israël ancien et l'Israël nouveau et c'est en ce sens que Paul a déclaré que les dons de Dieu sont sans repentance.

N'oublions pas que nombre de théologiens font démarrer l’Église, ou peuple de Dieu au sens large, dès le Paradis terrestre.
images/icones/vatican.gif  ( 742300 )Un peu de clarté... par Vianney (2014-01-19 10:55:45) 
[en réponse à 742298]

Pie XII, Mystici Corporis Christi (1943) :
D'abord la mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l'Ancienne Loi abolie ; c'est alors que la Loi du Christ, avec ses mystères, ses lois, ses institutions et ses rites, fut sanctionnée pour tout l'univers dans le sang de Jésus-Christ. Car tant que le divin Sauveur prêchait sur un territoire restreint - il n'avait été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (30) - la Loi et l'Evangile marchaient de concert (31) ; mais sur le gibet de sa mort il annula la loi avec ses prescriptions (32), il cloua à la Croix le “chirographe” de l'Ancien Testament (33), établissant une Nouvelle Alliance dans son sang répandu pour tout le genre humain (34). “Alors, dit saint Léon le Grand en parlant de la Croix du Seigneur, le passage de la Loi à l'Evangile, de la Synagogue à l'Eglise, des sacrifices nombreux à la Victime unique, se produisit avec tant d'évidence qu'au moment où le Seigneur rendit l'esprit, le voile mystique qui fermait aux regards le fond du temple et son sanctuaire secret, se déchira violemment et brusquement du haut en bas” (35).

Sur la croix, par conséquent, la Loi Ancienne est morte ; bientôt elle sera ensevelie et elle deviendra cause de mort (36), pour céder la place au Nouveau Testament, dont le Christ avait choisi les Apôtres pour ministres qualifiés (37). Grâce à la vertu de la Croix, notre Sauveur qui déjà, il est vrai, dans le sein de la Vierge était le Chef de toute la famille humaine, en exerce pleinement dans l'Eglise la fonction. “Car par la victoire de la Croix, suivant l'opinion du Docteur angélique, il a mérité le pouvoir et le souverain domaine sur les peuples” (38) ; par elle il a accru à l'infini le trésor de ces grâces que, dans la gloire du ciel, il distribue sans interruption à ses membres mortels ; grâce au sang répandu sur la Croix, il a fait en sorte que, une fois enlevé l'obstacle de la colère divine, toutes les grâces surnaturelles, et surtout les dons spirituels du Testament Nouveau et Eternel, pussent s'écouler du côté du Sauveur pour le salut des hommes, et en premier lieu des fidèles ; sur l'arbre de la Croix enfin il s'est acquis son Eglise, c'est-à-dire tous les membres de son Corps mystique, qui ne peuvent être incorporés à ce Corps dans l'eau du Baptême que par la vertu salutaire de la Croix et passer ainsi sous la dépendance absolue du Christ.
(30) Cf. S. MATTH. XV, 24.

(31) Cf. S. THOMAS, Somme théol. I-II, q. 103, art. 3 ad 2.

(32) Cf. Eph. II, 15.

(33) Cf. Col. II, 14.

(34) Cf. S. MATTH. XXVI, 28, et I Cor. XI, 25.

(35) S. LÉON LE GRAND, Sermo LXVIII, 3, PL 54, 374.

(36) Cf. S. JÉRÔME et S. AUGUSTIN, Epist. CXII, 14 et CXVI, 16. PL 22, 924 et 943 ; S. THOMAS, Somme théol. I-II, q. 103, art. 3 ad 2 ; art. 4 ad 1 ; Concile de Florence : Décret pro Iacobitis, MANSI XXXI, 1738. Denzinger n. 712.

(37) Cf. II Cor. III, 6.

(38) S. THOMAS, Somme théol. III, q. 42, art. 1.

images/icones/croix_byzantine.png  ( 742305 )Oui par Jean Ferrand (2014-01-19 11:41:55) 
[en réponse à 742300]

Oui, la Loi ancienne est morte (elle a été clouée à la croix) et elle a été remplacée par la Loi nouvelle, la loi d'amour, qui est entrée en vigueur le jour de la Pentecôte.
images/icones/4a.gif  ( 742301 )Il ne faut pas jouer sur les mots ! par Jean-Paul PARFU (2014-01-19 10:56:21) 
[en réponse à 742298]

L'Ancienne Alliance est-elle ou non caduque ? Le Messie est-il ou non déjà arrivé, est-ce Jésus-Christ, oui ou non ?

On ne peut pas faire comme si ces questions ne se posaient pas ou plus comme avant ou non par oui ou non ?

Entre les juifs et nous, il y a Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié ! Faire comme s'il n'en était rien est un véritable reniement et un scandale inouï ! Et c'est toute notre religion qui s'écroule !

Il n'y a véritablement que deux pôles religieux sur Terre : l'Eglise et les juifs ! Quand l'Eglise est forte, les juifs sont faibles ; quand les juifs sont forts, l'Eglise est faible ! Nous sommes aujourd'hui dans cette dernière situation et l'Eglise est en pleine tourmente !

images/icones/fleche3.gif  ( 742307 )Jésus-Christ par Jean Ferrand (2014-01-19 11:56:20) 
[en réponse à 742301]

Jésus-Christ est l'aboutissement, en Marie et après Jean le dernier prophète, de l'Israël ancien, mais un aboutissement définitif et irréversible, car divin. Mais il reste en un sens le fruit d'Israël, sans renier son héritage. La Loi est morte en tant qu'ordonnatrice d'observances caduques, mais il reste l'enseignement de l'Ancien Testament. L'Ancien Testament fait toujours partie de nos Bibles, que je sache. Nous ne sommes pas marcionites.
images/icones/neutre.gif  ( 742309 )Juifs anciens et actuels par fidelis (2014-01-19 12:31:39) 
[en réponse à 742307]

Je ne vois pas ce qu'il y aurait de péjoratif ou de vexatoire pour les Juifs, à partir de la Pentecôte et jusqu'à maintenant, à devenir chrétiens. D'ailleurs, comme il a été dit dans un de ces posts, Jésus, ses apôtres et la plupart des premiers prédicateurs de l'Evangile sont juifs, les derniers devenus chrétiens par le don de la Foi. La persistance du judaïsme s'apparente à l'adhésion à l'affirmation du grand-prêtre "Cet homme a blasphémé, il mérite la mort", quand Jésus a reconnu qu'effectivement, Il est "le Christ, le Fils du Dieu vivant". Or c'est bien ce même grand-prêtre qui lui avait posé la question, donc il le savait, mais ne voulait pas l'admettre. C'est une répétition du "Non serviam" de Lucifer qui l'a précipité en enfer. Si l'on considère les Juifs actuels (au sens religieux bien sûr) comme toujours héritiers de l'Alliance divine, on reconnait la justesse de la position du grand-prêtre et on nie la divinité de NSJC. Cela n'a rien à voir avec les persécutions et massacres dont les Juifs ont pu être victimes au cours des siècles.
images/icones/francis2.gif  ( 742311 )Mais n'oubliez pas par Jean Ferrand (2014-01-19 13:42:51) 
[en réponse à 742309]

Mais n'oubliez pas, et c'est la dernière fois que je m'exprime sur ce fil car je sens que je vais me brûler les doigts, que les juifs doivent se convertir avant la fin des temps et trouver le salut.

"Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous vous complaisiez en votre sagesse : une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des nations, et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j'enlèverai leurs péchés." (Rm 11,25-27).



Si l'on aperçoit les prémisses de ce retour, ne doit-on pas s'en réjouir ? Ou au moins prier ?
images/icones/bulle.gif  ( 742315 ) Paul, figure de la conversion des Juifs ? par Michel (2014-01-19 15:03:41) 
[en réponse à 742311]

Je verrais bien comme symboles :
- le roi Saül (de la tribu de Benjamin, tribu qui par la suite formera avec la tribu de Juda, et quelques autres petites fractions, le Royaume de Juda - ceci a son importance) comme symbole de la première Alliance ; à cause de ses fautes, il est dépouillé de sa royauté au profit de :

- David symbole du Christ.

- Saul (de la tribu de Benjamin lui aussi, et Juif - Judaeus - en ce sens que ses racines sont dans le Royaume de Juda), qui persécute les Chrétiens, se convertit, devient Paul, un Apôtre tellement zélé qu'il fait plus de travail à lui seul que les Douze réunis : symbole du peuple juif qui se convertira un jour, et deviendra extrêmement efficace et zélé pour propager la Vérité.
images/icones/fleur.gif  ( 742312 )Il ne faut pas confondre par Jean-Paul PARFU (2014-01-19 13:48:23) 
[en réponse à 742307]

Ancien Testament et Ancienne Alliance!

Vous parlez Ancien Testament, je vous parle Ancienne Alliance et Alliance nouvelle et éternelle.

En outre, c'est l'Eglise de Jésus-Christ qui est l'Israël spirituel. Les juifs actuels sont les héritiers spirituels des Grands Prêtres et des pharisiens.

Mais, ce n'était pas vous Jean qui étiez spécialement visé. Je sais que vous êtes quelqu'un de bien.
images/icones/bible.gif  ( 742334 )Sur l'Ancienne Alliance par Jean-Paul PARFU (2014-01-19 18:53:50) 
[en réponse à 742312]

Voir aussi ici
images/icones/1e.gif  ( 742414 )Pôles? par Rikiki (2014-01-20 17:48:48) 
[en réponse à 742301]

La fameuse "substitution" n'est en fait qu'un élargissement : on passe de Jésus "roi des juifs" non reconnu à "allez enseigner aux nations" (tiens d'ailleurs le mot hébreu pour cela ne serait-il pas... "goyim"?).

Enfin, vu l'ascendance de Jésus, le fait qu'il soit unique médiateur fait aussi que le salut du monde passe encore par un juif.

Le fait que les juifs de confession juive ne reconnaissent pas le Messie ne me semble pas changer grand'chose à l'affaire (à part pour les concernés bien sûr).

Monsieur Parfu, je n'ai lu personne dans le fil qui niait la rupture essentielle entre ceux qui reconnaissent le Christ et les autres.
images/icones/fleche2.gif  ( 742346 )Cependant par Vassilissa (2014-01-19 22:13:34) 
[en réponse à 742298]

l'épître aux Hébreux est assez claire sur ce point, surtout aux chapitres IX et X.